‹ Ossian, uvres complètesChapitre 72 sur 102 · LIVRE iROISIÈMl «In bouclier de Morni, Gaulmélesa rois à ce bruit · texte numérisé non relu

LIVRE iROISIÈMl «In bouclier de Morni, Gaulmélesa rois à ce bruit

| ni;;. il Be lève sur le sommet du Moi.i : il \<ul I- •-,

guerriers, d'une aile à l'autre, se penchant tous i alemble au combat. Deboui sur sa colline obscure,

brille Catl u de la murmurante Atba. [.«es deux rois

ressemblaient à deux esprits du ciel, lorsque debout chacun sur Bon ténébreux nuage, i I > versent lesvents ei soulèvent les mers mugissantes : les vagues bleues

roulent devant eux sillonnées par les baleines, mais pour eux, ils sont calinis et rayonnants et la bi 18€

Boulève légèrement leur chevelure de vapeur.

Quel rayon de 1 ière brille dans les airs? C'est

l.i terrible tj)«t' de Morni. Tu Bèmei la mort sur

tes pas, 6 Gaul, et dans ton courroux, tu enta--' -

les ennemis l'un sur l'autre. Tur-lathon tombe comme un jeune , liéne au milieu de ses branches. Son épouse féconde, endormie dan- le désordre de ses cheveux, au murmure du Morotb, étend en rêve ses bras blancs vers le chef qui revient ; mais ce n'est que son ombre, Oichoma! le chef est terrassé! Ne prête plus l'oreille aux vents pour entendre le bruit du bouclier retentissant de Tur-lathon ; il s'est brisé aux bords de ses torrents et le son s'en est évanoui pour toujours!

La main de Foldath ne reste point oisive : il fraie sa route à travers le sang.Connal le rencontre et ils croisent leurs armes retentissantes. Pourouoi mes yeux les contempleraient-ils? L'âge, ô Connal, a blanchi tes cheveux! Sur les rochers couverts de mousse de Dun-lora, tu fus toujours l'arni desétrangers. Quand les cieux étaient bouleverses, c'est alors qu'étaient étalés tes festins : l'étranger, dehors, entendait les vents et se réjouissait devant ton chêne enflammé. Pourquoi, fils de Duth-caron, es-tu couché dans ton sang? Sur toi se penche un arbre desséché; ton bouclier repose brisé à tes côtés et ton

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sans se mêle aux ondes du torrent, ô toi qui brisais les boucliers !

Dans son courroux, Ossian saisit sa lance. Mais Gaul se précipite sur Foldath. Le faible passe à ses côtes, mais toute sa fureur se tourne contre le chef de Moma. Déjà ilsavaient levé leurs lances mortelles: une flèche arrive, invisible, et perce la main de Gaul. Son fer tombe et résonne sur la terre. Le jeune Fillan accourt avec le bouclier de Cormul ; large, il le place devant le roi. Foldath jette des cris au loin et rallume l'ardeur des combattants : ainsi le vent soulève la flamme aux larges ailes sur les bois retentissants de Lumon.

« Fils de Clatho aux yeux bleus , s'écria Gaul, ô Fillan, tu es un esprit du ciel, qui, descendant sur l'abîme agité, enchaîne les ailes de la tempête. Cormul est tombé devant toi. Tu as atteint de bonne heure à la gloire de tes pères; mais ne t'avance pas trop, ô mon héros, je ne puis lever la lance pour te secourir. Dans Jes combats, je ne suis plus redoutable, mais ma voix retentira au loin ; les nls de Selma l'entendront et se souviendront de mes exploits passés ! »

Sa voix terrible s'élève sur les vents. Les guerriers s'élancent au combat. Souvent, à Strumon, ils l'avaient entendu lorsqu'il les appelait à la chasse des chevreuils. Il se tient, majestueux, au milieu de la mêlée, comme un chêne, au milieu d'un orage, qui tantôt s'enveloppe de brouillards et tantôt montre son ondoyante et large tête : le chasseur pensif dans la plaine des roseaux, lève les yeux et le contemple!

Mon âme te suit, ô Fillan, à travers le sentier de ta gloire ! Tu roules les ennemis devant toi. Foldath allait peut-être fuir, maislanuit descendit avec tous ses nuages. Le cor de Cathmor se fait entendre sur la colline.

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