I .ivr.K HUITIEME
précipitai iur lei pai d'Alnecma. L'ennemi roule devant moi COQ ' un loin billon de Innicc.
Le soleil sort de son nuage : les cent torrents de Moi-lena brillent Les bleues colonnes de vapeur* s'élèvent lentement Le long de la colline étincelante.
Où sont les rois puissants? Ils ne sont ni près «lice torrent, ni pics de cette forêt! J'entends !»• cliquetis des armes. Ils combattent dans ce brouillard. Telle esi la lutte des esprits dans un nuage nocturne, quand ils se disputent l'empire des vents d'hivei et le roulis des vagues écumantes.
J'accours. La brume grise s'élève. Majestueux et rayonnants ils se tenaient sur les rives du Lnbar, Cathmor B'appuyait contre un rocher, et son bouchera demi détaché recevait l'eau qui tombait de la mousse du rocher. Vers lui s'avance Fingal : il voit le sang du héros; son épée tombe lentement à son côté ; sombre dans sa joie , il parle :
« Le fils de Borbar-duthul se rend-il ou lève-t-il encore la lance? Ton nom est connu daDs Atha, la verte demeure des étrangers. Il est venu, comme la brise des déserts, à l'oreille de Fingal. Viens à ma colline des fêtes : le puissant succombe quelquefois. Je ne suis point un feu qui dévore l'ennemi terrassé et je ne me réjouis point de la chute (]u brave. Il m'appartient de fermer les blessures; je connais les herbes des montagnes : sur les cimes j'ai cueilli leurs têtes fleuries, lorsqu'elles se balançaient sur les rives des torrents solitaires. Mais tu es sombre et silencieux, ô roi d'Atha, ami des étrangers! »
« Près du torrent d'Atha, répondit Cathmor, s'élève un rocher couvert de mousse. Sur sa tête est l'ondoiement des rameaux, sous la course des vents Sombre, dans ses flancs , est une caverne où coule un ruisseau bruyant. De là j'ai souvent entendu les
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pas de l'étranger qui se rendait à la salle de mes fêtes. La joie , comme une flam me, se levait d.;ns mon sein, et je bénissais l'écho du rocher. Que ce soit ma sombre demeure, dans ma verte vallée! De là, je monterai sur la brise qui poursuit la barbe des chardons ; ou , du sein des brumes errantes, je regarderai couler les ondes bleues d'Atha. »
« Pourquoi le roi parle-t-il du tombeau? Ossian! le guerrier n'est plus! Que la joie, comme un fleuve, aille au-devant de ton âme, ô Cathmor, ami des étrangers! Mon fils, j'entends l'appel des années: elles saisissent ma lance et semblent me dire en passant : u Pourquoi Fin gai ne se repose-t-il pas dans son palais? Te plais-tu toujours dans le sang et dans les pleurs de l'affligé? Non ! sombres années, Fingal ne se plaît point dans le sang. Les pleurs sont des torrents d'hiver qui désolent mon âme. Mais quand je veux me livrer au repos, arrive la voix puissante de la guerre : elle me réveille dans mon palais et me rappelle sous les armes. Mais elle ne m'y rappellera plus! Ossian , prends la lance de ton père. Lève-la dans les combats, quand l'orgueilleux se présentera devant toi. Ossian, mes pères ont guidé mes pas et mes actions sont agréables à leurs yeux. Partout où j'avance pour combattre, je vois descen dre sur la plaine leurs colonnes de brouillard. Mais mon bras a délivré le faible, et le superbe a senti que ma fureur était une flamme. Jamais sur le vaincu mon œil ne s'est réjoui. Aussi, mes aïeux viendront me recevoir aux portes de leurs palais aériens, majestueux dans leurs robes de lumière et les veux brillants d'une douce tendresse. Mais ils sont pour le guerrier superbe, comme la lune obscurcie dans les cieux , qui illumine sa face rouge des feux errants de la nuit, w
u Père des héros , Trenmor, habitant des tourbillons de vent, je remets ta lance à Ossian : que ton