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J'ai retrouvé ma ribina que j'ai chantée jadis! Avec elle, j'ai partagé le chagrin qu'éprouve le Russe, sur le sol étranger!
Dans son élégant sarafane! rouge, illuminée par la clarté d’un jour ensoleillé, voici ma belle plus brillante, revêtue d’un coloris plus éclatant.
En silence, avec tendresse et empressement, nous nous sommes souhaité la bienvenue. Pour plaire à son poète, fidèle aux usages de l'hospitalité de jadis, elle m’a offert, heureuse de s’en dépouiller en ma faveur, une grappe du raisin de notre pays, un écho vivant de nos jardins.
Quant à moi, hôte inattendu, je suis venu à elle avec mes années fanées, hélas! mes nouveaux chagrins et, enfin, les blessures d’une âme inguérissable.
Lorsque mes traces sur cette terre disparaîtront dans le silence du tombeau; lorsque le temps relèguera dans l’ombre tout ce qui semble nous appartenir ;
Tout cependant ne sera pas submergé par le torrent impétueux des années si promptement fugitives. ]] me restera, du moins, une petite place dans l'amitié tendre des cœurs qui me sont proches.
1] arrive parfois qu'au milieu des plaisirs d’une jeunesse insouciante, en une journée des plus claires, furtivement, l’ombre d’un nuage surgit du fond de notre cœur.
Quand la tristesse visitera tes pensées, ma chère enfant, quand mon souvenir, tel un léger nuage, traversera ton ciel; peut-être, alors, te rappelleras-tu notre promenade, te rappelleras-tu le Léman et sa nappe bleue toute miroitante, la cime des montagnes multicolores, le splendide spectacle de l’automne, l’azur du firmament et, en même temps, ma chère petite-fille, songeras-tu aussi au sorbier qui m’est cher, ce qui fixera ta pensée sur ton vieux grand-père?