‹ Ostéite fibreuse des maxillairesChapitre 11 sur 61 · NOUS · texte numérisé non relu

NOUS

ciales qui en résultent dépendent évidemment du siège des lésions. è

En cas d’atteinte des maxillaires supérieurs, la région jugale devient proéminente. Les dépressions sont nivelées. La peau s'étale sur l’hypertrophie osseuse et les sillons habituels du visage sont supprimés.

Si les deux maxillaires supérieurs sont touchés ainsi que leur branche montante, le visage prend un aspect léonin. Mais cet aspect est rarement réalisé alors qu'il est la caractéristique de la léonliasis ossea. Ce n’est que tardivement, lorsque l'hypertrophie a gagné la cavité orbitaire que l’on peut avoir dela protrusion ou dela latéro-déviation d’un œil.

L'hypertrophie du maxillaire inférieur se traduit ordinairement par une hyperostose fusiforme, déformant suivant les cas la région mentonnière ou la partie inférieure de la joue. Mais toujours les téguments restent sains et mobilisables sur les plans profonds.

Examen intra-buccal. — On aperçoit par l'examen intrabuccal la tuméfaction osseuse qui est recouverte par une muqueuse saine. Au début, c’est une petite saillie plate et limitée, bientôt elle s’étale, mais n’atteint pas un volume comparable à celui des ostéomes de la léonliasis ossea. Il est impossible de fixer les limites de cette hÿperostose. Ses bords se confondent progressivement avec l’os avoisinant. Elle n’a pas de frontières précises. Au palper, on la sent lisse, dure, de consistance osseuse. La pression ne provoque pas de douleurs.

Au maxillaire supérieur, cette hypertrophie comble la fosse canine, tuméfie la tubérosité et peut atteindre les apophyses ptérygoïdes. Elle peut se cantonner à l’infrastructure des maxillaires supérieurs, faisant bomber la portion alvéolaire de los dans sa partie vestibulaire et palatine.

Dans d’autres cas, c’est la superstructure qui est atteinte. L’apophyse malaire du maxillaire supérieur, le malaire et l’arcade zygomatique, augmentent alors de volume.

Au maxillaire inférieur, tout l’os peut être pris, mais le plus habituellement le coroné et le condyle se trouvent respectés.

Ostéite fibreuse. — Radiographie du maxillaire supérieur droit, cliniquement hypertrophié (Obs. I). Cas Cunéo et Ruppe.

nec")

Ostéite fibreuse (vue du maxillaire non hyper-

fibreuse, — Vue médiane supérieur, gauche, trophié).

Ostéite (OBS. I)

Léontiasis ossea (Malade d’Apert et Bordet)

Léontiasis ossea

{Cas Lemaître, Rouget et Ruppe)

RC Tan à re ner

jura

Rhinoscopie antérieure. — On ne manquera pas de pratiquer la rhinoscopie antérieure pour vérifier s’il y a atteinte du vomer et de la paroi externe des fosses nasales.

Transillumination. — La transillumination des sinus maxillaires présente un grand intérêt. Si elle montre de l’opacité, l’absence de triangle lumineux sous-orbitaire et de transmission de la sensation lumineuse, on peut être convaincu que le sinus est comblé par l’hypertrophie osseuse, à moins que l’infrastructure soit à ce point épaissie qu'elle empêche la transillumination des sinus.

Exploration de la sensibilité. — Il est de règle dans toute lésion des maxillaires d'explorer les territoires sensitifs des nerfs qui les traversent. Les troubles dans le domaine du mentonnier, du sous-orbitaire ou du plexus dentaire supérieur renseignent sur l'extension du processus dystrophique. Iei tout se borne à de légers troubles hyperesthésiques, encore qu'ils soient rarement notés.

Exploration de la voûte crânienne. — Sachant la fréquence de la multiplicité des lésions de l’ostéite fibreuse, on ne manquera pas de palper la voûte cranienne. C’est au niveau du frontal, du pariétal, du rebord sus-orbitaire que l’on retrouvera le plus habituellement les lésions.

Exploration du squelette. — Enfin, l’exploration du squelette doit être pratiquée systématiquement, surtout si l’on sait que le malade a fait des fractures spontanées dans son enfance. Il est même indispensable de ne pas se contenter de l'examen clinique (car souvent les os sont peu ou pas déformés) et de pratiquer un examen radiologique complet.

Page 1