‹ Ostéite fibreuse des maxillairesChapitre 17 sur 61 · OSTEITE FIBREUSE EN EVOLUTION · texte numérisé non relu

OSTEITE FIBREUSE EN EVOLUTION

Nous allons faire la description de l’image de l’ostéite fibreuse d’après les coupes que nous a fournies la biopsie de notre cas. Elle intéressait la partie vestibulaire spongieuse du maxillaire supérieur d’une femme de 63 ans. Cette image histologique était en tout point comparable à une autre que nous a donnée notre ami Legac, provenant d’une malade du service du Dr Rieffel, âgée de 40 ans, atteinte d’ostéite fibreuse du tibia. Cette dernière coupe a été vue par M. le Professeur Lecène qui a fait sur elle le diagnostic d’ostéite fibreuse.

Nous avons lu ces coupes très attentivement avec notre ami, M. le professeur agrégé Cornil. L'étude que nous en donnons sera toujours faite dans le même ordre. Pour chaque tissu osseux et médullaire, nous décrirons successivement les cellules et la substance fondamentale et pour chaque élément du tissu, nous rappellerons l’image normale, nous donnerons l’image pathologique et nous discuterons les renseignements fournis par les auteurs.

Il nous paraît bon de décrire tout d’abord l’image vue au faible grossissement.

Au faible grossissement. — La coupe montre sous une muqueuse normale, des fibres conjonctives tassées les

unes contre les autres. qui représentent le périoste, puis un fragment osseux qui n’a plus de corticale et dont la disposition générale peut être synthétisée ainsi : il y a raréfaction des travées osseuses qui sont très polycycliques, circmées, en carte de géographie, reliées entre elles pour la plupart. Dans l’intervalle de ces trabécules, on distingue du tissu fibreux à peu près compact, renfermant en outre d’assez nombreux ostéoclastes, encore appelés myéloplaxes. Dans cette association de tissu osseux et fibreux ce dernier prédomine nettement.

Au fort grossissement.

À. Périoste.

Nous rappelons que le périoste normal est formé dans sa partie superficielle par du tissu conjonctif banal, alors que sa couche profonde renferme outre des fibres conjonctives en nappe enchevêtrées, des fibres élastiques fines avec des vaisseaux.

Sur nos coupes, nous retrouvons par places, l’aspect à peu près normal du périoste, avec des fibres collagènes abondantes ; par ailleurs, la substance fondamentale se modifie. Elle affecte une disposition lamellaire et est intriquée parmi des fibres collagènes ce qui paraît dû à la transformation hyaline de celles-ci (la coloration par le bleu de Mallory montre, en effet, qu'elle a une grande affinité éosinophile). Etant donné le voisinage immédiat et parfois même la continuité de ces plages collagènes transformées avec les travées osseuses voisines, il nous paraît plus légitime de considérer cette modification observée comme étant due à la transformation en préosséine de la substance fondamentale.

En certains points, la couche interne du périoste apparaît à peu près normale, notamment en ce qui concerne la disposition des fibres de Sharpey. Les ostéoblastes sont rangés en une seule couche, assez irrégulière d’ailleurs.

Partout les vaisseaux sont normaux.

Nous n'avons pas trouvé dans nos préparations l’ossification périostique à aspect lamellaire, signalée par certains auteurs. Le rôle du périoste a été, en effet, discuté dans l’ostéite fibreuse.

Image d’érosion lacunaire. On voit l'érosion de la travée osseuse

et deux myéloplaxes.

PRG re

Frangenheim lui dénie toute participation. Langenskiol, se montrant en cela d'accord avec Haberlin et Konjetzny, pense qu'il y à une réaction périostée faible, entraînant une légère formation d’os périostique à aspect lamellaire.

B. Région osteo-fibreuse. — II faut considérer dans cette étude, deux zones bien distinctes : les travées osseuses et les aréoles fibreuses.

I. — Travées osseuses. — a) Substance fondamentale. — Dans le tissu spongieux normal, lorsque le trabécule est très mince, il y a seulement dans la substance fondamentale des ostéoblastes très anastomosés, disposés parallèlement aux parois de l’aréole. Lorsque la travée est plus épaisse, elle se vascularise et l’on voit apparaître un ou plusieurs petits systèmes de Havers.

Sur nos préparations, les travées osseuses paraissent moins abondantes que dans un tissu spongieux normal. La substance fondamentale ne revêt en aucun endroit un aspect lamellaire. Les trabécules ont des bords très irréguliers, découpés en carte de géographie, envoyant de nombreux prolongements anastomotiques entre eux. Quelqués-uns de ces prolongements s’étirent, se terminant en quelque sorte par un véritable effilochage en continuité directe avec les fibrilles des espaces inter-trabéculaires.

Il y a aussi une véritable continuité entre Ia fibroglie interstitielle et la substance fondameñtale osseuse. Aïnsi, dans ces points de la coupe, la zone centrale de la travée osseuse se montre très riche en granulations calciques. Au fur et à mesure que l’on se reporte à la périphérie de la travée, on voit, au contraire, les granulations diminuer et la substance fondamendale devenir éosinophile pour se continuer avec les fibrilles de la fibroglie (sur une coupe colorée à l’hématéine éosine). Sur une coupe colorée suivant la méthode Mallory, l’osséine perd ses affinités tinctoriales, alors que la périphérie de la travée se colore en bleu. Dans l’ensemble, les travées ont une calcification diminuée, surtout les travées les plus superficielles ; mais cette décalcification est assez irrégulièrement disposée.

Cellules. — Les ostéoblastes que l’on rencontre dans les trabécules paraissent à peu près normaux. Ils ont

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