‹ Ostéite fibreuse des maxillairesChapitre 18 sur 61 · HAS ES · texte numérisé non relu

HAS ES

conservé leur aspect dentelé et ont une disposition assez irrégulière. Leur nombre semble diminué.

Ces caractères méritent de nous arrêter. Pour tous les auteurs,’ il existe, en effet, dans l’ostéite fibreuse à côté du tissu osseux ancien, un tissu osseux néoformé, ostéoide.

1° Celui-ci présente une substance fondamentale sans aspect lamellaire, comme feutrée. Elle est mal calcifiée, comme le mettent en évidence les méthodes tinctoriales électives.

20 Les ostéoblates sont moins nombreux, moins äentelés. Ils ne revêtent plus une disposition lamellaire, mais piexiforme, étant donné l’irrégularité de leur groupement.

L'’insuffisance de calcification est un signe de grosse importance. Mais il peut être aussi bien interprété dans le sens d’une décalcification par ostéite raréfiante que dans le sens d’une néoformation insuffisamment calcifiée.

Quant aux modifications cellulaires, nous les retrouvons sur certaines travées osseuses de nos préparations.

IT. — Aréoles spongieuses. — Sur un os normal, les aréoles du tissu spongieux sont comblées par la moelle osseuse variable suivant l’âge et suivant les os. La cellule initiale est le lymphocyte, d’où naïît une triple lignée cellulaire. .

L'une ostéogène donne des ostéoblastes ; la seconde se termine par l’hématie et la troisième par le polynucléaire.

Nous ne parlerons pas de la moelle ostéogène qui disparaît dès que l’ossification est terminée. La moelle rouge hématogène renferme de nombreuses cellules myélogènes et quelques*cellules graisseuses. Elle ne persiste chez l'adulte que dans les os plats, dans certaines épiphyses, dans les vertèbres, les côtes, le sacrum et le sternum.

Partout ailleurs, chez l'adulte, la moelle est devenue un tissu de soutien jaune, graisseux. Il subsiste un réticulum fin, avec des cellules fixes. Les vaisseaux sont réduits à de fins capillaires, de calibre régulier. L'élément essentiel est alors la' grosse cellule adipeuse.

Enfin, chez le vieillard qui perd ses réserves adipeuses, le tissu graisseux est transformé lentement en tissu conjonctif ordinaire, avec des cellules fixes et de fines fibres conjonctives, sans fibres élastiques, avec une substance fondamentale abondante (1).

Tout différent est le tissu qui occupe les aréoles de nos coupes. {1 s’agit d’une moelle fibroide. Or, la biopsie a été

(1) Dubreuil. — Leçons sur les organes lymphopoietiques, hématopoétiques, p. 42, éditées par la Gazelle Hebdomadaire des Sciences Médicales de Bordeaux.

faite sur le maxillaire supérieur dans sa portion vestibulaire, formé normalement de tissu spongieux rempli de moelle graisseuse.

a) Cellules. — L'étude de notre coupe montre :

1° L'absence pour ainsi dire totale de la lignée myéloïde. Il ne persiste que de très rares lymphocytes et myélocytes ;

2° L'absence totale de cellules graisseuses ;

30 La présence au contraire de nombreux fibroblastes et ostéoblastes ainsi que de très nombreux ostéoclastes.

En effet, les éléments qui occupent la partie centrale des aréoles, sont fusiformes, allongés, tassés les uns contre les autres, groupés en tourbillon, ayant l’aspect de fibroblasles anaslomotiques. Ces cellules possèdent un noyau, assez grand, parfois ovale, parfois plus allongé et dans ce cas un peu incurvé, avec un ou deux nucléoles. La chromatine est répartie en tout petits grains.

Tous les auteurs insistent sur la régularité de disposition de ces cellules, sur l’absence de polymorphisme, et de modifications nucléaires (pas de gros grains de chromatine, pas d’hyperchromatose ni de mitoses atypiques, autrement dit, pas les petits signes de malignité bien décrits par Lubarsch).

Dans la partie périphérique de l’aréole fibreuse, les cellules revêtent un aspect polyédrique des plus nets et n’ont plus d’anastomoses entre elles. Quelques-unes de ces cellules paraissent incluses dans la travée osseuse, séparées d'elle seulement par de minces fibrilles.

Outre ces cellules, on est frappé par la grande abondance des ostéoclastes, encore appelés myéloplaxes. Le plus habituellement, ces cellules sont accolées à une travée osseuse et l’on assiste nettement au processus de destruction. Ils déterminent de véritables érosions, de larges encoches dans lesquelles ils viennent se loger. Ces ostéoclastes ont une forme arrondie, ovale ou irrégulière avec des ramifications courtes. Leurs noyaux sont ovales et répartis irrégulièrement dans le protoplasme, parfois remplissant toute la cellule, d’autres fois n’existant qu’au centre, Fait important, ces myéloplaxes ont un protoplasma

Sr AE

nettement basophile qui s’oppose à l’éosinophilie de la travée osseuse.

On peut suivre assez souvent le passage entre les ostéoblastes isolés péritrabéculaires et les myéloplaxes formés par leur conglomération. Au contraire, en de très rares points, situés à la périphérie d’une travée osseuse, les ostéoblastes semblent encastrés dans une logette, dont les parois ont perdu les affinités tinctoriales de l’osséine pour prendre celles de la substance collagène. | 20 Vaisseaux. — Dans ce tissu interstitiel, existent de nombreux vaisseaux capillaires dont la cavité centrale est parfois large ; mais beaucoup sont réduits à un simple fourreau endothélial.

Nous n’avons pas retrouvé sur nos préparations d’oblitération de la lumière vasculaire, ni d’altération appréciables des parois, ni, à plus forte raison d’hémorragie périvasculaire. Ces lésions ont été décrites par Petrow (1) qui fait ainsi relever l’ostéite fibreuse d’une lésion primitive des vaisseaux ?

30 Subslance fondamentale. — Tous ces éléments sont noyés dans une Substance fondamentale formée par des fibres conjonctives très nombreuses. C’est un fin réticulum fibrillaire, une véritable fibroglie. Ces fibrilles sont quelquefois disposées concentriquement par rapport à un vaisseau; très souvent elles affectent une image en tourbillon.

Cette étude anatomo-pathologique ne serait pas com plète, si nous n’indiquions les autres formations qui ont étédécrites dans l’ostéite fibreuse et qui n’existaient pas dans notre cas personnel.

1. Langenskiold a signalé des amas pigmenlaires, ferrugineux, brun-jaunâtre, extra-cellulaires, mis en évidence par une coloration au bleu de Berlin ;

2. Cet auteur note également des concrélions calcaires (observation 7) qu'il croit élaborer au niveau des gaines

(1) Petrow (de Petrograd). — Arch. f. Klin. Chirurgie, tome CXXIII, 15 Mars 1923, p. 849.

On voit sur cette partie de la coupe de quelle manière insensible les fibres

conjonctives se continuent avec la substance fondamentale osseuse,

vasculaires. Elles entourent parfois complètement le vaisseau.

3. Dans quelques cas, on a pu trouver sur des coupes d'ostéite fibreuse du tissu carlilagineux et dans des régions osseuses qui ne doivent pas en contenir normalement. Tous les auteurs considèrent ces formations comme le fruit de la métaplasie conjonctive.

49 Cavilés pseudo-kystiques. — Ces cavités prennent une importance considérable dans la maladie osseuse de Reklinghausen. Elles peuvent même exister à l’état isolé ; ce sont alors les kystes solitaires, non parasitaires des os. Lecène et Lenormant (1) les rattachent à la fonte progressive du tissu conjonctif peu vascularisé qui est anormalement développé dans les espaces médullaires. Il s'agirait en somme d’une véritable nécrose infractoïde d’un territoire déterminé.

Pour Konjetzny (2), ils seraient dus à la résorption d’épanchement sanguin, aussi discute-t-i] |a pathogénie des kystes solitaires comme ressortissant uniquement de l’ostéite fibreuse.

Il ne s’agit donc pas de kystes véritables, puisqu'il n’y a pas de poche avec revêtement épithélial. La cavité osseuse est au contraire irrégulière, tapissée par une couche conjonctive interne et entourée par un tissu ayant la structure de l’ostéite fibreuse. Son contenu est séreux ou séro-hématique, avec caillots. Il ÿ a prédominance de l’élément lymphocytaire.

Ces kystes sont fréquents au niveau des os longs, mais ils peuvent également exister au niveau des 0s du crâne (2 cas cités par Frangenheim (3) sur 5 observations et 3 cas

de Petrow sur 3 observations (4). Nous n'en connaissons

(1) Lecène et Lenormant (loco citalo).

(2) Konjetzny. — Die sogenannte « lokalisirte ostitis fibrosa (Ein beitrag zür Kenntnis der solitaren Knochen cysten) » ( Arch. für Klinische Chirurgie, 1922, p.567.)

(3) Frangenheim. — L'’ostitis fibrosa cystica der Schädels ( Bertrage zür Klinische Chirurgie, 1914).

(4) Peirow. (Arch. für Klinische Chirurgie, 15 Mars 1923, p. 849.)

ME Has

ce 1% RCI ZT

Page 1