‹ Ostéite fibreuse des maxillairesChapitre 23 sur 61 · M 44 LE · texte numérisé non relu

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à un kyste, mais les bords en étaient irréguliers. Autre signe, l'os est soufflé, entouré d’une coque osseuse qui est détruite beaucoup plus tardivement que dans les sarcomes.

Lorsque l’on intervient, on trouve sous une coque osseuse plus ou moins épaisse, une tumeur bien limitée, assez facilement énucléable, contenue dans une cavité osseuse. Cette tumeur est tantôt blanchâtre avec ou sans foyers hémorragiques, tantôt rouge brunâtre. Le centre de ces sarcomes à myéloplaxes peut se convertir en une plage hémorragique ou se nécroser. Cette éventualité est rare aux maxillaires. Le Dentu (1) explique le peu de fréquence des hématomes osseux au niveau des maxillaires par la facilité avec laquelle les tumeurs se développent à l’extérieur sans être gênées et comprimées longuement par une coque düre.

La différence avec l’ostéite fibreuse se poursuit encore dans l’image histologique. Nous voyons sur une coupe de sarcome à myéloplaxes que nous possédons, un tissu constitué par une série de cellules de taille et de forme différentes, au milieu d’un feutrage de fibrilles conjonctives. Ça et là quelques travées osseuses. Les cellules sont tantôt du type fibroblastes, tantôt de forme polyédrique. Parfois elles se fusionnent, deux, trois ou quatre, et l’on arrive ainsi à la figure d’un myéloplaxe, ces grosses cellules multinucléées parsèment le tissu en très grand nombre. \

Dans notre coupe, les capillaires étaient normaux. La tumeur que nous avions coupée était d’ailleurs blanchâtre. Dans tous les traités, on signale que les nombreux capillaires sont dépourvus de gaine collagène et constituent de véritables lacunes sanguines bordées d’un épithélium tumoral.

Les myéloplaxes ont donné lieu et donnent lieu encore à de grosses discussions. C’est un élément cellulaire banal, agent de destruction osseuse que l’on rencontre chaque fois que ce processus entre en jeu. Or ce processus existe

(1) Le Deniu. — Tumeurs vasculaires et anévrysmes des os Archives générales de Chirurgie, Janvier 1910).

dans l’ossification, dans l’ostéogénèse, dans les greffes osseuses, dans les ostéites atténuées, dans les maladies métaplastiques, dans les malacies, dans les épithéliomas secondaires des os (Delbet).

Deux théories partagent les auteurs

19 Les myéloplaxes ont été considérés par Malassez comme des éléments vaso-formateurs. Brodowski, Ritter, Pommer sont de cet avis, Konjetzny reprend cette opinion et écrit :

« Les cellules géantes isolées ressemblent tout à fait à des vaisseaux embryonnaires, non encore pourvus de lumière. Dans la transformation du tissu riche en cellules en tissu fibreux pauvre en cellules, on voit les myÿéloplaxes devenir progressivement plus petits. Ils apparaissent comme recroquevillés et finissent par disparaître totalement et à leur place existent de nombreux vaisseaux. Il serait donc possible que ces cellules considérées comme des vaisseaux embryonnaires se développent à nouveau, comme des vaisseaux véritables »

20 Ménétrier s'élève contre cette interprétation et Masson résume ainsi son opinion : «s’il est exact que, souvent, ces cellules ont des rapports intimes avec les capillaires tumoraux, cela n'implique pas qu’elles les forment. Elles les englobent, les détruisent. De ce fait, leur cytoplasma peut être mécaniquement envahi par un flot d'hématies. Celles-ci sont dans la suite digérées et leur dernier vestige sont des granulations de rubigine ».

Dans l’ensemble, il y a tout lieu de croire que le myéloplaxe est un macrophage et Lecène l’appelle un « macrophagocyte géant ».

Que doit-on penser également des sarcomes à myéloplaxes ? Cette appellation doit-elle être conservée ? Doiton, au contraire, les considérer comme des formations inflammatoires ou les rapprocher de l’ostéite fibreuse ?

a) Un certain nombre d'auteurs les maintiennent dans le groupe des sarcomes, tout en leur donnant une place à part, à cause de leur bénignité. Ribbert les appelle des « sarcomes résorbants ». Nous retrouvons cette opinion dans Masson qui divise les sarcomes : en sarcomes sque-

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