OBSERVATION I
Mlle C..., âgée de 26 ans, est atteints de deux furondes qui sont incisés lé 20 octobre 1923. Presque en même temps /apparaissent des douleurs diffuses dans les membres inférieurs douleurs qui gènent la marche, sans toutefois obliger là malade à s’aliter. Mais le 31 octobre, les douleurs se locaiisent aux articulations des genoux et aux tibio-térsiennes, qui,
augmentées de vdume, rendent tout mouvement impossible.
La température s'élève à 39°, l’insomnie est absolue, et M. le
Professeur agrégé Brule institue un traitement salicyle aliant
jusqu’à 6 grammes par jour.
Au bout de trois à quatre jours, les douleurs et le gonfle-
ment des tibio-tarsiennes et du genou droit ont disparu. La température est descendiue au-dessous de 38°, maïs le genou
gauche reste gonflé et les douleurs à son niveau augmentent plutôt d'intensité. À ce moment apparaît une rhino-laryngite avec angine qui va durer ciniq à six jours, tandis que éa fièvre remonte progressivement pour atteindre et dépasser 39° et que l’on peut constater un gros foyer de congestion pulmonaire gauche.
Le 12 novembre, apparaît une lymphangite de la cuisse et de la jambe avec gros œdème descendant jusqu'aux pieds et
remontant à la ceinture. Les douleurs sont extrêmement vi-
ves et le Docteur Brule diagnostiquant une arthrité suppurée
os
du genou gauche, appelle M. le Docteur Mocquot. L'opération d'urgence est décidée. La malade est transportée au pavillon Bouilly et Te 14 novembre, le Docteur Mocquot pratique | 1° une large arthrotomie externe avec ouverture de l’articu-
‘lation remplie de pus, ouverture d'une grosse collection suip-
purée dans le creux poplité ayant dénudé la face postérieure du fémur avec fusée purulente inféro-externe vers la jambe;
contre-ouverture de cette fusée en arrière vers le péroné; 2° une
arthrotomie interne: avec lavage de l'articulation au chlorure de magnésium, draînage des décollements avec des lames de caoutchouc, sans draînage de l’articulation elle-même.
On installe un appareil à extension continue, et dès le len-
- demain on pratique une injection de vaccin anti-staphylocoe-. cique en attendant la préparation d’un auto-vaccin, l'examen
“bactéridogique du pus ayant montré la présence de staphylocoque doré. Une hémoculture pratiquée auparavant avait été négative. à À Les douleurs du genou diminuent à Ha suite de 1 ’inten-
vention, mais il apparaît des dowfeurs aw niveau du bras
droit sur lequel on applique dies pansements à l’éther. Cependiant, il ne se produit Iqu'unie légère détente de la courbe thermique qui affecte l’allure septicémique avec oscillations de 1 à 2 degrés autour de 39. L'état général est médiocre. La cuisse gauche reste volumineuse, douloureuse, et le 15 décembre, pensant à une ostéomyélite, on intervient à nouveau par une incision au bord externe de la cuisse, prolongeant l'incision de l’arthrotomie. Le fémur est trépané. Le tissu, spongieux est tout infiltré, de pus, pas trop du côté de l’épiphyse, où l’on arrive dans la profondeur sur du tissu sanglant, mais dans fe canal médullaire, l’infiltration purulente remonte et
la trépanation est poursuivie sur le tiers inférieur du fémur
environ. Large ouverture et évidemment complet du canal médullaire, drainage ayec- des lames de caoutchouc et tamponnement.
A ce moment se développent deux abcès superficiels : l’un au niveau de l’aisselle droite, l’autre au niveau de la cuisse
js
droite, celui-ci étant complètemant indoflore. LH sont incikés et cicatrisent en une huitaine de jours. La température baisse et oscille entre 3895 Je soir et 37°5 Je matin. |
On continue l’auto- vaccin jusqu” au début de j janvier: Le 5 janvier une ascension thermique à 40° se produit en rapport avec une nouveïre poussée congestive du poumon gauche qui
à per rsiste pendant tout le mois de janvier 1924.
Sa «zuérison marque lle début d’une période d'amé"oration progrekssives les douleurs locales ont nothibllememt diminué. . L'état général s'est amél'orté et la température est descendue progrestivement au-dekeouls die 38 [le soir, chiffre qu’elle ne dépassera qu'exceptionmellement. Ilx mahadk est rafnen ée
chez elb, l’appare:l à extension eontinfue est remplacé par un.
simpre apparef de soutien permettant de surélever la jambe qui s'œdématile dès: qu'ells est posée à plat. Une radiographie em: févrikr 1924 montre 1° ostéomyé je du fémur gauche trémané danis sa partie inférieure. L'ostéite ditfuise s'étend: à toute la diaphyise plus marquée aux extrémités
de cette Idfaphyse avec hyperostose et ostéite raréfiante. Le
‘condyle externe du fémur est partiellement détruit.
AU mois d'avril, la malade ecmméence à se lever avec des béquäiles. La température szmble revenue à la mormale, mais T1 suppuration connue La maladé, au mo de juin, est *oniduke à Saint-Servin. Du fait de l’héliothérixpie, la suppuration diminue, la cicatrisation progresse, mais en août 1924, à la partie moyenne et externe de la cuisse gauche, apparaît un abcès incisé ‘par le Docteur Spilmann, qui guérit en un mois. De nouveaux abcès se forment à la suite, toujours au niveau de la cuisse gauche, et donnent issue à des esquilles. En octobre 1924, abcès de la partie supérieure de la cuisse au niveau du pli fessier qui s’est d’ailleurs fistulisé et persiste actuellement. Toujours ‘en octobre, de petits abcès de la face externe de la partie supérieure de la cuisse vite cicatrisés. En nmaiï 1926, abcès du creux poplité ouvert spontanément. Plusieurs de ces abcès sont rattachés par la ma’afle à des coups qu'elle se serait donnée.
“Malgré ces abcès, à la suite de nouvelles cures marines en
bei Lo) CA et
5-1926, un traitement par rayons witra- viollts en octobre 1025, la cicatrisation, quoique très lente, se {at progressive-
ment, mais de temps em temps de nouvelles esquifies sont éli-
mines. :
Cette amklioration est d'ailleurs constatée par des radiogra-
phies successives. En octobre 1924 on notait déjà des progrès
notables de C’ossification de la partio inférieure de la diaphy-
se, Mais deux zones claires à la partie supérieure de la diaphyse traduisent l'existence de cavités osseuses. La radiographie. montre en outre une ankylose osseuse fémoro-tibiale.
\- En janvier 1925, on note toujours ‘uné zone de raréfaction
osseuse au-dessous du grand trochanrter. En mai 1925, on
\ diaphyse.
constate les progrès de recalcification du fémur surtout dans sa partie supérieure. Les zones claires notées précédemment semb'ent s’effacer. Ë
: En octobre 1925, ces zones ne sont plus visibles, par contre
il semble persister une cavité dans le tiers inférieur de la ; a
En janvier 1926, l’aspect est à eu près semblable à celui
des radiographies précédentes. La cavité du tiers antérieur de la diaphyse semble s’effacer. Cependant en octobre 1926 cette cavité persiste toujours. Actuellement, on note l’'exis-
tencz de deux fistules : l’une à la face postérieure de la cuisse
au niveau du pli fessier, l'autre au'niveau du prolongement
de l’arthrotomie externe, donnant toutes deux issue à une
quantité minime de pus.