‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologie (volume 2)Chapitre 106 sur 130 · V. coccygiennes · texte numérisé non relu

V. coccygiennes

26 INSECTIVORES; SOREX.

Dans les espèces à cinq intermédiaires, comme le S. vulgaris d’Europe, je ne vois pas même de différences dans le nombre des vertèbres costifères. Il paraît cependant que la Musaraigne d’eau n’a que treize vertèbres dorsales.

Mais il n’en est pas de même en remontant le type ; par exemple dans le S. brevicauclatus ou Talpoïdes de la Nord-Amérique , la forme de la tête est certainement plus large et plus déprimée que dans les autres espèces.

Mais les différences sont bien plus évidentes dans plusieurs autres points du squelette chez le Desman, qui est évidemment une sorte de genre intermédiaire aux dernières Taupes et aux Musaraignes.

L’ensemble du squelette et surtout la forme de la série vertébrale est cependant bien plus soricoïde que talpoïde, à cause de la grande longueur de la queue. Mais il n’en est pas de même de la tête , qui , dans sa forme générale , rappelle tout à fait celle du Condylure , le crâne étant large et déprimé et tout à fait lisse ; bien plus , il existe une arcade zygomatique complète et filiforme comme dans les Taupes.

Les vertèbres cervicales sont aussi , comme dans ce genre d’animaux , fort courtes, en forme d’anneaux, sans apophyse épineuse , ni même transverses un peu prononcées.

Les vertèbres dorsales ne sont qu’au nombre de treize; mais les six lombaires sont au moins aussi hérissées que chez les Musaraignes par les trois sortes d’apophyses , mais surtout par la saillie des sur-articulaires.

Les cinq vertèbres sacrées , savoir : deux entre les iléons et une entre les iskions , constituent , par la réunion de leur apophyse épineuse , une crête élevée et puissante.

Mais c’est surtout par les vertèbres coccygiennes , leur grand nombre et leur forme , que le Desman des Pyrénées diffère de tous les Insectivores ; elles sont en effet comme cannelées par des sillons longitudinaux, un supérieur , deux latéraux plus profonds, et un inférieur, sans traces d’apophyses autres que deux petits cylindres longitudinalement collés sous le joint de deux vertèbres , et remplaçant les os en V. Ces vertèbres ,

du reste , décroissent peu à peu de longueur et de diamètre , de manière à constituer une queue conique et fort pointue.

La série sternale est courte et n’est composée que de six sternèbres courtes et subcarrées ; la première un peu carénée et fortement élargie en avant, et la dernière au contraire longue et spatulée.

Le thorax , dans son ensemble , est court , brièvement conique , fort dilaté en arrière, élargi sur les côtes et déprimé comme dans les Taupes.

Les membres antérieurs participent de ceux de ce genre et de ceux des Musaraignes.

L’omoplate est presque aussi longue et étroite que dans la Taupe , mais son apophyse acromion est , comme dans le Condylure , bifurquée , la branche postérieure large, spatulée et déjetée en dehors.

La clavicule est droite et assez courte.

L’humérus est évidemment plus court, plus robuste que dans la Musaraigne et par conséquent un peu plus semblable encore à celui de la Taupe.

Les deux os de l’avant-bras et même la main rappellent davantage la Musaraigne ; cependant les secondes phalanges sont plus courtes que dans celle-ci, au contraire des onguéales qui sont plus longues.

Aux membres postérieurs, le bassin est plus court dans sa partie antérieure que dans la postérieure. Supérieurement, il s’articule par l’iléon avec deux vertèbres sacrées, et en arrière par une autre, avec l’iskion; mais en outre, les branches pubiennes , fort longues, se joignent entre elles tout à fait en arrière sous les tubérosités iskiatiques , de manière à donner à ce bassin quelque chose de celui de l’Autruche.

Le fémur est très-court, fort dilaté et aplati à ses extrémités, et surtout supérieurement par un troisième trochanter considérable.

La jambe est assez bien comme dans la Musaraigne , mais proportionnellement plus élevée et plus grêle.

Mais c’est surtout le pied qui est bien plus long que dans ce genre , et principalement par le grand allongement des métatarsiens ; cepen-

Série

inférieure ; Sternèbres, 6.

Thorax.

Membres

antérieurs.

Omoplate.

Clavicule.

Humérus.

Os de

l’Avaut-bras, de la Main.

Des Membres postérieurs.

Bassin.

Fémur.

Jambe.

Pied.

INSECTIVORES ; SOREX.

dant les secondes phalanges restent encore les plus courtes, comme dans les Taupes, les onguéales étant plus longues quelles.

macroscélide. si maintenant nous continuons l’examen comparatif du squelette des Sorex en descendant la série, nous trouvons les Macroscélides ou Musaraignes Gerboises.

v. cèpha- La tête, assez raccourcie, toujours triangulaire et fort large en q arrière, rappelle un peu celle des Taupes dorées , par le grand dévelop¬

pement de toute la loge auditive, l’état bulleux et la grande saillie de la caisse , par la petitesse et la finesse du museau , ainsi que par l’état complet du cadre orbitaire et de l’arcade zygomatique.

Appendices Les mâchoires ne sont pas moins particulières.

céphaliques :

supérieur. La supérieure commence en dessous , par une apophyse ptérygoïde interne fort saillante , par un palatin large , rebordé et en grande partie membraneux, ce qui forme deux trous ovales allongés; en dessus par un lacrymal non distinct, et surtout par un os malaire assez large, remontant en avant, de manière à former une grande partie du bord inférieur de l’orbite. Le maxillaire est, du reste, médiocre et large et le prémaxillaire l’est aussi, comme dans la Musa¬

raigne.

inférieur. Nous avons déjà fait remarquer la grande étendue de la caisse large et bulleuse ; son orifice est énorme.

Le rocher est grand , ovale , avec un sinus considérable entre les canaux en dedans , et un limaçon ovale , globuleux de trois tours , très-saillant en dehors. La fenêtre ovale plus grande que la ronde ; mais l’un et l’autre notablement larges.

Les osselets de l’ouïe ne me sont pas connus.

Le temporal ou squammeux est assez étendu dans sa portion crânienne, et son apophyse zygomatique quoique courte est assez large.

Mandibule. Quant au mandibulaire , la branche verticale ne semble divisée qu’en deux lobes , l’un formé par une apophyse angulaire en crochet, l’autre montant, ne se divisant qu’au sommet, en une apophyse coronoïde extrêmement petite et sub-aiguë, à peine plus élevée que le

condyle. Quant à la branche horizontale de la mandibule, elle est longue , assez large , et un peu convexe sur ses deux bords.

La colonne vertébrale des Macroscélides diffère beaucoup moins de v. cervicales.

celle desDesmans.

En effet , les vertèbres cervicales sont comme dans ces derniers. Les dorsales ne sont également qu’au nombre de treize, dont les sept ou huit dernières ont leur apophyse épineuse élevée et dirigée en arrière. Les sept vertèbres lombaires ont, au contraire, leur apophyse épineuse antéroverse large, contiguë et élevée, surtout la dernière. Les apophyses transverses des trois ou quatre postérieures sont aussi assez développées. Les vertèbres sacrées sont au nombre de six, mais les trois antérieures seulement ont leurs apophyses trans verses soudées , et leur apophyse épineuse étroite et presque distante. Enfin , les vertèbres coccygiennes au nombre de dix -sept sont longues, étroites, formant des espèces de nœuds à leurs articulations , mais sans aucune apophyse.

L’hyoïde, qui commence la série des pièces sternébrales , présente un corps assez large, assez plat, un peu arqué; des cornes antérieures fort longues, de trois articles, dont le basilaire, bien plus court et le terminal le plus long , se terminant en houlette ; des cornes postérieures courtes , droites et sub-aiguës.

Le sternum du Macroscélide est remarquable parce qu’il se compose de six sternèbres; et la première étant en forme de T étroit et allongé, les intermédiaires sont tout à fait plates , les dernières presque carrées ; le xiphoïde toujours plus allongé et en spatule.

Les côtes, au nombre de treize, dont sept sternales, sont comme dans les Musaraignes ordinaires.

Les membres antérieurs sont assez bien dans le même cas; mais ils sont beaucoup plus grêles, et surtout bien plus petits , comparativement avec les postérieurs.

L’omoplate et la clavicule sont comme dans le type ; mais la première proportionnellement plus grande.

Page 1