‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologie (volume 2)Chapitre 114 sur 130 · DE LOS PÉNIEN · texte numérisé non relu

DE LOS PÉNIEN

Malgré la petitesse de la Taupe , j’ai pu m’assurer qu’il existe un os dans le pénis de la Taupe commune , ainsi que Daubenton l’avait indiqué. Il a la forme d’un petit dard obtus , un peu courbé dans le sens vertical, et pourvu dans ce même sens d’une petite crête à sa base.

J’ai pu également m’assurer qu’il n’en existe dans aucune des espèces des autres genres et sous-genres de Sorex, L., et d 'Erinaceus, L.

de l’os du cœur.

Je crois que cet os n’existe dans aucune espèce de cette famille, mais c’est ce que je ne puis assurer, n’ayant pu faire ou faire faire les recherches convenables pour cela.

Le système dentaire des Insectivores est , comme nous avons déjà eu l’occasion de le faire observer, presque toujours anormal sous quelque

Les

Musaraignes.

Les Hérissons.

Les Tenrecs.

De la Jambe.

Du Pied.

Chez la Taupe.

Dans les autres espèces.

48 INSECTIVORES; TALPA , SOREX , ERINACEUS.

rapport , en sorte qu’il est souvent assez difficile de reconnaître la signi - Ses anomalies: fication de chaque dent qui le constitue; et ces anomalies peuvent, en effet , porter aussi bien sur le nombre que sur la forme et la proportion de ces dents. Ce sont même ces différences qui ont porté les zoologistes , en exagérant peut-être l’importance du système dentaire , à former un si grand nombre de coupes génériques dans cette famille qui contient cependant si peu d’espèces.

•le nombre. Pour le nombre total des dents , toujours étudiées d’un seul côté et à chaque mâchoire , on peut dire que l’état normal est de dix , en haut comme en bas , mais qu’il peut descendre à huit en haut et six en bas , par la diminution de deux ou de quatre dans les intermédiaires à la première incisive et à la première vraie molaire , et au contraire s’élever à onze aux deux mâchoires , par l’augmentation d’une incisive ou d’une avant-molaire.

Ainsi, cette différence de nombre peut porter sur plusieurs sortes différentes de dents, sur les incisives en plus ou en moins ; sur les canines, qui manquent rarement, si ce n’est chez les Musaraignes proprement dites; sur les fausses molaires plus souvent que sur toute autre sorte, en plus ou en moins ; et jamais peut-être sur les vraies molaires, toujours au nombre de trois aux deux mâchoires.

<ie forme. La forme des dents des Insectivores pour toutes les sortes , indique assez bien leur usage , étant toutes plus ou moins pointues ou hérissées de pointes, plus ou moins élevées, qui s’entrecroisent ; aussi les incisives méritent rarement ce nom ; les canines encore moins fréquemment ; mais toujours les avant-molaires sont aiguës ou armées de pointes comme les molaires proprement dites.

.le proportions. Quant à la proportion de ces dents, il n’arrive pas toujours que ce soit la première des dents maxillaires supérieures ou celle qui la croise inférieurement, qui ait réellement la forme de canine , quoique les zoologistes leur en aient souvent donné le nom ; dans le cas contraire , nous la désignons par l’épithète de caniniforme.

E» particulier. D’après ces observations préliminaires sur les différences nombreuses

DENTS

que présente le système dentaire chez les insectivores, on voit comment nous sommes , encore mieux que pour les os du squelette , obligé de l'étudier dans chaque genre Linnéen.

G. Talpa, Linn.

Dans les Taupes proprement dites, le système dentaire, au premier chez aspect , paraît plus régulier que dans toutes les espèces de la famille , proprement et cependant on peut y reconnaître aisément anomalie de nombre , de dites disposition et de forme.

Quoique chez ces animaux le prémaxillaire se soude de fort bonne En générai, heure, on peut cependant assurer que le nombre des dents étant de onze, en haut comme en bas, elles sont ainsi réparties : quatre incisives en haut comme en bas, une canine, trois avant-molaires, et trois molaires aux deux mâchoires , ce qui donne la formule .

ce qui n’est pas vu de la même manière par les zoologistes. En particulier.

Des quatre incisives de la mâchoire supérieure, les trois premières incisives: sont bien rangées en cercle, courtes, verticales, serrées, à palette large, supérieuretranchante, un peu plus à la première qu’aux deux autres, et la qua- ment’ trième est tout à fait caniniforme, comprimée , tranchante en arrière , aiguë et un peu arquée.

Les quatre incisives de la mâchoire inférieure sont toutes égales , Inférieurement, courtes , petites , bien rangées en demi-cercle ; la première la plus large , et la dernière ou quatrième plus aiguë, plus oblique, et pouvant être considérée comme la canine, si l’incisive caniniforme de la mâchoire supérieure pouvait elle-même être considérée comme telle; mais alors, il n’y aurait que trois incisives en haut comme en bas.

Les trois avant-molaires qui suivent sont petites , aiguës et subégales, Avaut-

la postérieure à peine un peu plus forte à la mâchoire supérieure; MoIaire>

G. Insectivores. 7

INSECTJVORESi TALPA.

Avant- Molaires.

Super ieure-

Inférieurement.

Ohrï-

SOCHLORES.

En général.

En particulier.

Incisives.

Supérieure-

Inférieurement .

Canines.

Molaires.

mais à l’inférieure , c’est au contraire la première qui est notablement plus grande, assez large, un peu caniniforme.

La principale, moins forte que les arrière-molaires , est subtriquètre et à une seule pointe en haut comme en bas, ce qui pourrait la faire regarder comme la dernière avant-molaire.

Enfin , les trois arrière-molaires , dont l’antérieure est la plus grosse et la plus oblique, à la mâchoire supérieure, sont formées par un rebord plus ou moins déclive , se terminant en deux pointes tranchantes et un large talon ; les deux pointes étant subégales à la dent moyenne , la postérieure la plus forte à la première , et au contraire à la dernière qui est en outre bien plus petite que les autres.

Les trois arrière -molaires inférieures sont encore plus semblables entre elles , étant toutes les trois formées d’une partie antérieure soulevée et à trois pointes, l’externe la plus haute, d’une autre postérieure à deux pointes subégales ; mais ici c’est la dent moyenne qui est la plus grosse , les deux autres étant presque égales.

Les Chrysochlores n’offrent d’anomalie que dans la forme et dans la proportion ; en effet , pour le nombre, on trouve dix dents à chaque mâchoire ; trois incisives en haut comme en bas , une canine et six molaires.

A la mâchoire supérieure, la première dent incisive, tout à fait terminale, et bien plus forte que les autres, est verticale, convergente, triquètre; les deux autres, tout à fait latérales, comprimées et pointues à la couronne , la seconde plus forte , avec un petit lobe antérieur.

A la mâchoire inférieure , les incisives ne sont pas moins anomales ; les deux premières terminales , aiguës , comprimées , la seconde plus longue et subcaniniforme , et la troisième, latérale et bien plus petite.

La canine , aux deux mâchoires, est la plus petite de toutes les dents antérieures , et du reste assez pointue.

Les molaires , au nombre de six , ne peuvent que difficilement être partagées en fausses et en vraies.

DENTS

A la mâchoire supérieure , quatre d’entre elles , les intermédiaires , sont formées par une partie externe , subtriquètre, en biseau très-oblique, commençant par deux tubercules en dehors , versant sur une pointe assez forte, moyenne, et par un tubercule pointu formant talon en dedans ; et des deux terminales , l’antérieure , bien plus forte , manque de cette espèce de talon , et la dernière , très-petite, semble n’être formée que par lui.

A la mâchoire inférieure , il n’y a que la première qui soit simple et qui puisse être considérée comme fausse molaire. Les cinq autres , étroites, très-élevées, triquètres, terminées à la couronne par trois pointes dont l’externe est la plus forte , semblent n’être formées que par la partie antérieure des molaires inférieures des Taupes. Elles ne diffèrent entre elles que par la hauteur : la dernière la plus basse , la seconde la plus haute.

Les Scalops, ou Taupes d’Amérique, ont un système dentaire anomal de forme , de proportions et même de nombre , du moins à la mâchoire inférieure ; mais cette anomalie porte surtout sur les parties antérieures. Le nombre total est de dix en haut ; mais en bas , il n’est que de huit , par une diminution de deux incisives.

Des trois incisives supérieures, la première est assez bien comme dans les Chrysochlores, mais les deux latérales sont beaucoup plus petites , l’antérieure encore plus que la postérieure ; mais en bas on ne peut compter, comme véritablement incisive, que la première paire tout à fait terminale , obtuse et un peu déclive , ainsi qu’une seconde caniniforme , comme dans la Chrysochlore.

La canine est évidente à la mâchoire supérieure , et même elle en a un peu la forme , quoique peu développée ; mais à la mâchoire inférieure, elle est nulle , à moins que de considérer la seconde incisive comme telle , ce qui est moins probable.

Les six molaires à la mâchoire supérieure se distinguent nettement en trois avant-molaires , dont la première très-petite et la dernière triquètre , beaucoup plus forte , et en trois molaires véritables , un peu

Inférieurement.

Scalops.

F.n général.

En particulier.

Incisives :

supérieures.

inférieures.

Canines :

supérieure.

inférieure.

Molaires :

supérieures.

CONDYI.ÜRES.

En général.

En particulier Incisives :

supérieures.

Molaires :

supérieures.

comme dans les Taupes, décroissantes de la première à la dernière, et formées de deux parties presque semblables, à trois tubercules pointus, deux en dehors, un en dedans, et séparées par une fossette triangulaire assez profonde.

Les six molaires inférieures sont également facilement distinguables en trois avant-molaires simples , subsemblables, aiguës, croissantes de la première à la troisième, et en trois arrière-molaires, presque comme la Taupe d’Europe , avec cette différence que les couronnes sont plus élevées, ce qui les fait paraître comme cannelées dans leur longueur.

Les Taupes-Musettes ou Condylures rentrent davantage, sous le rapport du système dentaire , dans la forme de celui des Taupes , même sous le rapport du nombre, du moins, puisqu’il est de onze à chaque mâchoire : quatre incisives , une canine , trois avant-molaires et trois molaires ; mais il y a quelque différence de formes et de proportion.

Les quatre incisives supérieures sont entièrement latérales ; une première avancée, en palette large, comprimée, convergente et tranchante; une seconde excessivement petite , obtuse , gingivale ; une troisième , caniniforme; une quatrième versante, plus courte, aiguë et subcaniniforme.

Les inférieures, également latérales, sont : deux premières avancées en palette élargie, la première plus que la seconde; une troisième extrêmement petite , gingivale , et une quatrième aiguë et subcaniniforme.

La première maxillaire, équidistante de la dernière incisive et de la première avant-molaire, est tout à fait semblable à celle-ci aux deux mâchoires ; seulement , cette dent et les avant-molaires sont un peu moins compliquées en haut qu’en bas, le talon en crochet de la base postérieure , et la pointe médiane étant , dans celles-ci , plus large et à deux pointes. Du reste, la dernière avant-molaire est notablement plus forte que les autres.

Quant aux trois molaires proprement dites, en haut comme en bas,

DENTS

elles sont absolument comme dans la Taupe d’Europe, seulement un peu plus comprimées.

Le système dentaire du Desman des Pyrénées, le seul que nous connaissions un peu complètement , rappelle encore assez bien celui de la Taupe et du Condylure, du moins pour le nombre, onze à chaque mâchoire ; assez bien même pour la forme des molaires proprement dites , tandis que , pour les autres parties du système , c’est avec le Scalops que le rapprochement se fait le mieux.

La première incisive supérieure est , en effet , comme dans ce dernier , mais encore plus robuste et rigoureusement triquètre, tranchante sur ses bords ; les deux suivantes sont encore de même fort petites , mais subégales.

Les trois correspondantes inférieures sont les deux antérieures plus avancées , terminales , et une plus petite , latérale.

La première maxillaire supérieure , notablement plus forte que les autres, correspond évidemment à la canine du Scalops; celle qui la croise en bas est tout à fait semblable à la dernière incisive.

Avant les trois molaires véritables qui sont en haut formées par un double W avec un talon interne excavé , et à l’inférieure presque comme dans les Taupes, on trouve aux deux mâchoires quatre avant-molaires, dont la seconde un peu plus forte, mais bien moins que la quatrième, est de forme triquètre , surtout à la supérieure.

La grande espèce de Musaraigne , dont M. Brandt a formé le genre Solénodon, me semble, sous le rapport qui nous occupe en ce moment, assez rapprochée du Desman des Pyrénées, d’une part, et de la Chrysochlore de l’autre; et, en effet, son système dentaire, par défaut d’une troisième avant-molaire, est réduit à dix à chaque mâchoire.

Des trois incisives supérieures , la première est comme dans les deux espèces citées; mais les deux latérales sont encore plus fortes que dans le Desman; et à l’inférieure, la seconde, qui est beaucoup plus grosse que les deux autres, extrêmement petites, et presque autant que la pre-

Desman.

En général.

En particulier.

Incisives :

supérieure?.

inférieures.

Canines :

supérieures.

inférieures.

Molaires ; supérieures.

inférieures.

Solénodon.

En particulier.

Incisives :

supérieures.

inférieures.

Canines :

supérieure, inférieure.

Molaires :

supérieures.

inférieures.

Musaraignes.

En général.

54 INSECTIVORES; SOREX.

mière supérieure, est creusée à l’intérieur, sans doute par l’action de celle-ci , d’une sorte de canal d’où le nom du genre a été tiré.

La première maxillaire d’en haut est assez forte, comme dans le Desman ; mais celle qui la croise en bas l’est moins ; peu différente des avant-molaires , comme dans la Chrysochlore.

Les molaires d’en haut ont certainement, dans leur forme générale, plus étroite dans un sens , plus large dans l’autre , plus de ressemblance avec ce quelles sont dans les Chrysochlores que dans toute autre espèce , et de plus , elles sont en même nombre ; mais dans le Solénodon , la première est bien plus dissemblable ; et au contraire , la dernière bien plus semblable aux intermédiaires , qui sont également bien moins comprimées d’avant en arrière.

Il y a plus de ressemblance pour les molaires inférieures avec celles de la Chrysochlore. En effet, c’est le même nombre; seulement, dans le Solénodon , il n’y en a que quatre au lieu de cinq qui aient la couronne compliquée, les deux antérieures étant à une seule pointe d’avantmolaire ; et de plus , la couronne des vraies molaires est augmentée d’un talon plus ou moins considérable en arrière de sa partie soulevée , tricuspide , talon dont aucune trace n’existe chez la Chrysochlore.

Le système dentaire des Musaraignes véritables est plus difficile à ramener au type commun que celui des espèces précédentes , à moins d’admettre, comme je l’ai proposé quelque part, que chaque incisive, unique dans ces animaux, n’en représente au moins deux et même trois; aussi peut -on dire que ce genre d’insectivores est encore plus anomal que les Taupes, puisque l’anomalie porte sur le nombre, la forme et la proportion.

Le nombre total des dents des Musaraignes varie de huit à dix en haut, et n’est jamais au-dessus ni au-dessous de six en bas; mais toujours il y a quatre molaires postérieures qui ne changent pas, et qui sont fondamentales comme dans tous les Insectivores ; en sorte que la diminution dans le nombre total et la variation ne portent que sur celles que nous avons nommées intermédiaires.

DENTS

Je prendrai le type du système dentaire de ce genre dans le S. vulgaris, type du G. Sorex de Wagler, parce qu’il est plus complet. Le nombre réel des dents est de dix en haut et de six en bas; mais en comptant les dentelures des incisives, on en trouverait onze en haut, trois incisives, une canine , trois fausses molaires , une principale et trois arrière-molaires ; et huit en bas : deux ou trois incisives , point de canines , deux avant-molaires et trois molaires vraies.

En acceptant cette manière de voir, c’est avec les Condylures que l’on pourrait trouver plus de rapprochement. Ces observations faites, passons à une description absolue.

La dent considérée comme incisive unique, à la mâchoire supérieure, est large , comprimée , fortement recourbée en crochet pointu à son extrémité , et un peu convergente ; elle offre , à sa racine , un lobe tranchant et subanguleux.

Celle de la mâchoire inférieure est encore plus longue, horizontale dans son corps , en forme de gaine , emboîtant surtout en dehors le prolongement terminal de la mandibule; son bord supérieur, subtranchant , présente deux denticules obtus , ce qui , avec l’extrémité recourbée et plus pointue, en forme trois décroissant de saillie du premier au dernier.

Entre cette incisive et la première molaire vraie se trouvent, en haut, cinq dents intermédiaires, toutes très-petites, la première peut-être incisive , un peu plus grande et plus aiguë que la seconde , peut-être la canine, et les trois autres décroissant au point que la dernière, plus interne , est assez difficile à voir sans une grande attention.

A la mâchoire inférieure , les intermédiaires ne sont qu’au nombre de deux fort pressées, à couronne sub tranchante , subsquammeuses au bord externe , la seconde notablement plus forte que la première , qui semble continuer le bord supérieur de l’incisive.

Les molaires supérieures sont : une principale large, épaisse, trapézoïdale , ayant le bord externe déclive , tranchant , à trois denticules, dont les deux antérieures plus prononcées, et le bord interne ex-

En particulier.

Dans

le S. vulgaris..

Incisives :

supérieure.

inférieure.

Intermédiaires :

supérieures.

inférieures.

Molaires :

supérieures.

INSECTIVORES; SOREX.

inférieures.

Dans

le 5. fodiens.

Dans

le S. araneus.

Tcjpaias.

En général.

En particulier.

Incisives :

supérieures.

inférieures.

Canines :

supérieures, inférieures.

Molaires :

Supérieure-

trêmement bas et subtrilobé; deux arrière-molaires presque semblables entre elles, à couronne large, carrée, les deux bords plus nettement anguleux que dans la principale ; et enfin une quatrième et dernière trèspetite, très-basse et triangulaire à la couronne, à peine bidentée en dedans.

Les molaires inférieures ne sont qu’au nombre de trois, décroissant assez rapidement de la première à la dernière, et formées de deux parties séparées en dehors par un sillon profond , l’antérieure non soulevée à trois cornes , la postérieure à deux subtranchantes.

Dans les Sorex de la division des Crossopus , nous avons déjà fait observer que la différence ne porte que sur les dents intermédiaires supérieures qui ne sont qu’au nombre de quatre par l’absence de la première , et sur ce que l’incisive inférieure est conique en corne recourbée , sans denticules à son bord supérieur.

Enfin , dans la division des espèces à trois dents intermédiaires, comme le S. araneus , type du genre Crocidura de Wagler, la seule différence porte sur ce que , outre la première , la cinquième disparaît également , l’incisive inférieure étant aussi dépourvue de denticules.

Les Tupaias ou Glisorex rentrent bien davantage dans la disposition normale , mais chez eux commence le rapprochement avec les Hérissons. Le nombre est cependant assez différent, puisqu’il est de neuf en haut par absence de la troisième molaire, et de deux en bas.

Les incisives supérieures sont latérales, coniques, un peu courbées, aiguës, fort distantes, la première plus forte que la seconde.

Les inférieures sont au contraire comprimées, aiguës, les deux premières subégales , serrées, déclives et terminales , un peu comme dans les Makis ; la troisième bien plus petite et latérale.

La première maxillaire supérieure est de mêmes forme et grandeur que la première avant-molaire ; mais la correspondante inférieure est caniniforme au moins pour l’élévation ; elle est aussi assez pointue.

Il n’y a plus que six molaires supérieurement, deux avant-molaires, dont la seconde triquètre avec rebord , bien plus forte que la première ;

DENTS

et trois molaires: les deux premières subégales, subsemblables, triangulaires , tridenticulées au bord externe avec deux pointes obtuses au milieu et un large talon en dedans, et la troisième, beaucoup plus petite, triangulaire, presque équilatérale , mais oblique.

A la mâchoire inférieure , les molaires sont également au nombre de six : trois fausses , dont la première fort petite et la troisième subcompliquée, formée d’une partie antérieure à trois cornes et d’un très-petit talon en arrière; et trois vraies : les deux antérieures subégales presque parallélogramiques , et la postérieure bien plus petite et triangulaire oblique; mais toujours formées par une partie antérieure à trois pointes, et une postérieure ou talon à deux.

Les Macroscélides, qui semblent à l’extérieur n’être que des Musaraignes à longs pieds , présentent pourtant un système dentaire tout à fait particulier; il est cependant normal pour le nombre, étant composé de dix dents à chaque mâchoire ; mais par la forme et les proportions , il a quelque chose de celui des Hérissons.

Les trois incisives de la mâchoire supérieure sont tout à fait latérales , assez équidistantes , verticales , subconiques , la première sensiblement plus forte que les deux autres subégales. Les deux de la mandibule sont aussi presque semblables entre elles , mais assez déclives et un peu en crochet élargi , surtout la seconde.

Les canines sont anomales au moins de forme; en effet, la première maxillaire supérieure est assez large, courte, oblique à la couronne et pourvue de deux racines; et l’inférieure, qui la croise en avant , est encore plus petite , un peu déclive comme les incisives.

Les molaires de la mâchoire sont au nombre de six , trois fausses et trois vraies; des trois antérieures, la première a la forme de la canine , seulement un peu plus petite; la seconde aussi, mais au contraire plus forte, surtout plus épaisse en arrière, ce qui est encore bien plus marqué pour la troisième. Quant aux trois molaires vraies , décroissant rapidement de la première à la dernière, elles ont leur couronne basse plus ou moins excavée suivant lage, et partagée entre deux demi -colonnes ter- G. Insectivores. 8

Inférieurement.

iVUCKOSCÉ-

LIDES.

En particulier.

Incisives :

supérieures.

Canines :

supérieures, inférieures.

Molaires .

supérieures.

INSECTIVORES ; ERINACEUS.

inférieures.

Hérisson.

En général.

Incisives ; supérieures, inférieures.

Canines :

supérieures, inférieures.

Molaires :

supérieures.

minées en pointe par un sillon aussi profond en dedans qu’en dehors.

Les molaires de la mandibule sont au nombre de sept , quatre fausses et trois vraies , ce qui , joint à la forme , rappelle un peu ce qui existe dans les Anoplothériums. Les quatre avant-molaires se ressemblent assez bien dans la forme générale comprimée à deux racines , mais les deux premières subsemblables entre elles diffèrent des deux autres , d’abord par la grandeur bien moindre , et ensuite parce qu’il n’y a pas d’indice de talon ou crochet à la base antérieure de la pointe de la couronne . ce qui est trèsmarqué pour les deux autres, la dernière de celles-ci étant plus forte que l’avant-dernière.

Quant aux trois avant-molaires, elles décroissent comme en haut de la première à la dernière, quoique un peu moins rapidement; elles sont également formées de deux parties séparées par un sillon profond en dehors comme en dedans; mais la partie antérieure, un peu plus soulevée que la postérieure , offre aussi trois pointes assez marquées, tandis que celle-ci n’en a que deux, assez bien comme dans les autres Insectivores.

Chez les Hérissons proprement dits, le système dentaire est encore aussi anomal au moins que dans les Tupaias ; en effet , le nombre total de dix en haut n’est que de huit en bas , par le manque de l’incisive et de l’avant-molaire intermédiaires, et la forme et la proportion des canines ne sont pas encore dans l’état normal.

Les trois incisives de la mâchoire supérieure sont complètement latérales, simples, coniques, verticales, la première notablement plus longue que les deux autres; les deux de la mandibule sont déclives, surtout la première, bien plus longue et plus large.

La première maxillaire est très-petite, à deux racines et une seule pointe , comme les avant-molaires , et celle qui lui correspond en bas est plus large et oblique à la couronne , imbriquant la dernière incisive.

On compte trois avant-molaires en haut, dont les deux antérieures simples et subsemblables, et la troisième, sorte de principale, est carrée

DENTS

à sa base et triquètre, tranchante à la couronne oblique; tandis qu’en bas il n’en existe que deux , une première très-petite et une dernière triquètre, soulevée et à trois cornes à sa partie antérieure, avec un talon simple pour la postérieure.

Des trois vraies molaires d’en haut, la première et la seconde ont leur couronne carrée, surtout celle-là, avec un tubercule mousse à chaque angle , le postérieur s’échappant en outre en un lobe tranchant dirigé en dehors et en arrière ; et la troisième beaucoup plus petite est oblique et subtranchante à la couronne.

A la mâchoire inférieure , les deux premières également de même inférieures, forme, si ce n’est que l’antérieure est notablement pins forte, ont toujours le caractère insectivore, c’est-à-dire la partie antérieure soulevée à trois pointes, et la postérieure en talon à deux; quant à la troisième bien plus petite , c’est le talon qui est plus élevé que la partie antérieure presque rudimentaire.

Le système dentaire des Gymnures rentre presque tout à fait dans celui des Hérissons pour la partie postérieure ; mais il devient plus normal pour l’autre, se rapprochant sous ce rapport des Tenrecs. Il en diffère surtout pour le nombre total qui est de onze dents en haut comme en bas : trois incisives , une canine , quatre avant-molaires et trois molaires.

Les trois incisives supérieures sont encore tout à fait latérales, comme dans les Macroscélides , toutes les trois simples et en crochet , mais la première bien plus longue que les deux autres. Les deux premières inférieures sont étroites, déclives, subterminales, et la troisième latérale, plus petite et en crochet.

Gymnukes.

En général.

En particulier.

Incisives :

supérieures.

Les canines ont bien tous les caractères de cette sorte de dents étant canines, en haut comme en bas longues, étroites et aiguës, et la supérieure plus large à sa base est encore pourvue de deux racines.

Desquatre avant- molaires supérieures, trois sont très-petites, simples, Molaires

. . antérieures.

coniques et subégales; mais la quatrième, bien plus épaisse, tnquetre, Slipérieures.

CO INSECTIVORES; ERINACEUS.

avec talon interne, qui la rend tétragonale àla base, est absolumentcomme

dans le Hérisson.

inférieures. Mais il n’en est plus de même des quatre inférieures correspondantes , c’est plutôt avec les Tenrecs que le rapprochement se fait plus convenablement. De ces dents les deux premières sont petites, coniques, obtuses et très-basses, et au contraire les deux postérieures et semblables sont presque aussi élevées que les canines, postérieures. Quant aux trois molaires , en haut comme en bas , elles sont presque supérieures, comme dans le Hérisson , avec la différence que la dernière est proporinfèrieures. tionnellement bien moins petite; comme au reste un coup d’œil jeté sur les figures l’apercevra aisément.

tenrecs. Enfin chez les Tenrecs le système dentaire parvient au plus haut degré de régularité chez les insectivores, étant composé de quatre sortes de dents aussi bien normales dans leur position que dans leur forme.

tendrac. Une espèce, le Tendrac, conserve cependant encore une nuance différentielle, en ce qu’il y a une incisive de moins en haut comme en bas et que les canines méritent un peu moins ce nom. Du reste ces différences ne sont presque que spécielles.

Tenrec. Chez les Tenrecs proprement dits le système dentaire , quoique régu- En général, lier, et par là se rapprochant de celui des carnassiers véritables, tient En particulier, aussi d’une manière assez évidente à celui des Didelphes. Il est composé de dix dents en haut comme en bas , trois incisives , une canine et six molaires.

Incisives : Des trois incisives supérieures toutes assez petites, comprimées en

supérieures, ja première, terminale, est un peu plus large, à palette tran¬

chante, subbilobée, convergente; avec l’âge, la troisième disparaît par suite du développement de l’excavation qui sert à loger la canine inférieure.

inférieures. Les incisives inférieures sont également fort petites, bien rangées, subterminales, un peu en palette lobée, du moins pour les deux premières; mais elles conservent encore le caractère insectivore par la

DENTS

forme en crochet comprimé de l’externe, et par sa séparation des autres.

Les canines prennent au contraire, par leur forme allongée, compri- canines, mée, arquée, pointue, tous les caractères de celles des carnassiers.

Les molaires ne sont pas tout à fait dans le même cas ; en effet , on ne Molaires : peut pas encore les distinguer nettement en avant -molaires, en principale et en arrière - molaires. On peut cependant admettre deux faussesmolaires et quatre vraies.

De celles-là , presque semblables en haut et en bas , la première , plus fausses, petite, fort distante de la canine et non de la seconde, est à une seule pointe presque médiane et deux racines , et la seconde subtriquètre est à la fois bien plus épaisse et plus élevée même que les molaires, ce qui rappelle un peu ce qui existe dans les Didelphes.

Quant aux molaires vraies , en haut , toutes les quatre sont subégales , vraies assez petites, les trois antérieures triangulaires, avec deux pointes en dehors, et une moins marquée en dedans, et la dernière est ovale, trans verse , étroite , mais la plus épaisse de toutes ; tandis qu’en bas toutes les quatre sont presque semblables , formées d’une partie antérieure fort étroite , soulevée , à cornes courtes et d’un assez large talon bien plus bas.

J’ai déjà fait remarquer plus haut les différences principales que le chez Tendrac présente sous le rapport des deux premières parties du système dentaire ; je dois ajouter que pour les deux autres , la différence est moindre, et ne consiste guère qu’en ce que les fausses-molaires sont moins écartées , et que ces dents , ainsi que les molaires vraies , sont plus étroites d’avant en arrière, et plus larges de dehors en dedans, comme l lconographie peut aisément le démontrer.

Chaque genre , et souvent chaque espèce d’insectivores offrant quelque chose d’anormal dans quelques points du système dentaire , nous avons été obligé de le décrire presque dans chacune d’elles ; mais il n’existe réellement pas d’insectivore qui doive être considéré comme absolument anormal , comme le Desmodus parmi les Chauves-Souris.

Les différences que lage apporte au système dentaire des Insectivores

Différences d âge.

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