‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologie (volume 2)Chapitre 115 sur 130 · INSECTIVORES; TALPA , SOREX, ERIN AC EUS · texte numérisé non relu

INSECTIVORES; TALPA , SOREX, ERIN AC EUS

me sont malheureusement assez peu connues. Ainsi , j’ai pu observer les dents d’un très-jeune individu de Chrysochlore encore toutes sous la gencive, et toutes étaient comme dans lage adulte, si ce n’est peut-être la dernière dont le germe n’existait pas encore. t;liez Je n’ai pu examiner de Taupe assez jeune pour y trouver autre chose

les Taupes. .

que le système dentaire d’adulte décrit plus haut, ou bien au moment de naître, ou à peine nées, il n’y en avait aucune trace, et j’ai pu voir que lage n’y apporte aucun autre changement appréciable que d’en émousser un peu les pointes.

i.es Une Musaraigne de l’Inde , dont les os du crâne étaient encore parfai-

musakaignes. tement distincts , même dans leurs parties composantes , si ce n’est cependant les os du nez déjà réunis, m’a montré Je système dentaire tout à fait semblable à celui de l’adulte, quoiqu’il fût encore en grande partie couvert par les gencives , et je n’ai pas vu que lage y apportât aucun changement notable.

Les tbpaias. Les Tupaias, autant il est vrai que je puis en juger d’après le crâne d’un individu assez jeune, n’ont aussi qu’un seul système dentaire, poussant tout à la fois , sauf pour la dernière molaire ; mais je crois avoir Les macros- reconnu sur une tête de Macroscélide la preuve que , dans ces animaux , célidks. il y a un premier système dentaire différent du second, non pas seulement parce que le second n’était formé que de neuf dents par absence de la dernière molaire , en haut comme en bas , mais encore parce que l’avant-pénultième et celle qui la précède en haut , mais surtout en bas, étaient assez différentes, plus compliquées, et certainement plus usées que leurs correspondantes sur d’autres têtes; mais comme celles-ci proviennent d’une autre espèce que celle-là, il m’est assez difficile d’apprécier ces différences.

Ce qui paraît certain dans ce genre , c’est que toutes les dents, et surtout les molaires, s’usent à la couronne, avec lage, ce qui produit à celles de la mâchoire inférieure quelque chose de ce qui se voit dans les Anoplothériums et dans les ruminants, c’est-à-dire des espèces de crois¬

sants.

DENTS

Quoique les Hérissons que j’ai examinés fussent rarement complètement adultes, je n’ai pu observer les changements que l’âge apporte au système dentaire de ces animaux.

J’ai été plus heureux pour les Tenrecs, dont j’ai étudié le système dentaire à des âges très-différents, et j’ai pu m’assurer qu’il n’en existe véritablement qu’un. Il est à noter que poussant d’avant en arrière , les premières commencent à poindre que les postérieures n’existent pas encore; de sorte qu’à une certaine époque, il n’y a que quatre molaires, dont une seule arrière-molaire, tandis que toute la partie antérieure est complète. Avec lage , toutes les dents s’allongent et s’élèvent d’une manière assez singulière , sans s’user jamais beaucoup.

L’irrégularité que nous avons remarquée dans le système dentaire des Insectivores doit se retrouver dans la partie radiculaire des dents qui le composent , ainsi que dans les alvéoles creusées dans les mâchoires ; aussi pour éviter d’entrer dans des longueurs presque interminables, nous bornerons-nous à examiner ces deux points de l’odontographie dans les trois genres types presque exclusivement.

Dans les Taupes , les incisives proprement dites n’ont , comme de coutume, qu’une racine conique proportionnellement assez forte; mais toutes les autres dents, même les caniniformes , en ont deux plus ou moins serrées aux deux mâchoires, sauf les molaires vraies de la supérieure qui en ont trois en triangle plus ou moins inéquilatéral.

Chez les Scalops, les choses sont tout autrement. En effet, toutes les dents supérieures , sauf les arrière - molaires n’ont qu’une racine , et les trois de celles-ci sont très-rapprochées. Il rfy a aussi que les trois arrièremolaires de la mandibule qui aient deux racines.

Les Musaraignes présentent aussi, sous le rapport des racines de leurs dents , quelque chose d’encore plus anomal , non pas pour les postérieures qui en ont toujours trois et même quatre en haut , et deux en bas , mais bien pour les antérieures. Les incisives supérieures ont évidemment deux racines très-inégales , l’antérieure bien plus forte que la postérieure , et en partie anastomosées, comme le sont les deux couronnes; les inter-

Les Hérissons.

Les Tknrkcs.

Des Racines des Dents.

Chez

les Taupks.

Chez les Musaraignes.

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médiaires en ont également deux, mais fort obliques, l’une en dehors, et l’autre en dedans; l’incisive inférieure est encore plus singulière que la supérieure, en ce qu’ayant aussi deux racines presque horizontales, presque confondues, si ce n’est dans le très-jeune âge, l’inférieure, plus longue et plus épaisse, la couronne bien plus large que celle-ci , déborde la mâchoire , et lui forme comme une sorte de gaine qui l’enveloppe à son extrémité. Quant aux deux fausses-molaires entassées au-dessus de la base de l’incisive, leurs racines sont presque nulles, tant elles sont courtes et larges. Il résulte de cette disposition , telle que je l’ai constatée sur un individu bien adulte de la grande Musaraigne d’Afrique , que , dans les Musaraignes, les dents antérieures font pour ainsi dire partie des mâchoires, et ne s’en séparent jamais.

chez 11 n’en est pas de même dans les Tupaias et les Hérissons, où le système dentaire, sous le rapport de sa partie radiculaire, rentre dansletat normal. Les incisives, en haut comme en bas, ont une seule racine proportionnelle à leur couronne. Il en est de même de la canine, quoique la supérieure , dans le Hérisson , ait un indice de division au-dessus du collet, et de la première avant-molaire; mais la dernière de cette sorte, et les trois premières molaires d’en haut offrent les trois racines ordinaires, l’interne presque double dans les plus grosses, tandis que la dernière dent n’en a plus que deux , du moins dans le Hérisson , car chez le Tupaia elle en a trois. Quant aux molaires inférieures, elles ont toutes, sauf la première du Tupaia et la dernière du Hérisson , deux seules racines , comme de coutume.

chez Les Tenrecs ne diffèrent guère des Hérissons sous le rapport qui nous

i tiNRLcs. QCCUpe en ce moment, que dans la proportion des racines déterminée par celle des couronnes. Il n’y a en haut qu’une avant-molaire et la dernière molaire qui n’aient que deux racines; toutes les autres en ont trois, deux externes très -inégales, et l’interne la plus forte. Quant aux molaires de la mâchoire inférieure, toutes ont deux racines longues, coniques, presque verticales.

Les trous laissés au bord des mâchoires par l’ablation de la partie

Des Alvéoles.

DEISTS.

radiculaire des dents, chez les insectivores, sont en général fort serrés autour des racines; aussi les dents de ces animaux paraissent-elles tomber difficilement.

Chez les Taupes, la série des trous alvéolaires est très-approchée, sans (5>>ez interruption ou barre dune extrémité à l’autre , et composée ainsi : à la mâchoire supérieure , trois arrondis , subégaux , deux plus grands et ovales , six bien plus petits , ronds et groupés deux à deux ; puis une double série , l’externe de sept trous ovales , rapprochés deux à deux , et l’interne de cinq plus grands, un pour chaque groupe externe; à la mâchoire inférieure , dix-huit trous ronds , dont les quatorze postérieurs , de diamètre un peu différent , sont rapprochés deux à deux , d’une manière plus ou moins serrée.

Chez les Musaraignes, la série des alvéoles est bien plus courte et chez les surtout plus serrée. Ainsi , sans compter les incisives dont le mode alvéo- Mdsaraigses' laire ne m’est pas connu , on trouve à la mâchoire supérieure une série simple de trous ronds et petits plus ou moins nombreux , depuis trois jusqu’à cinq , chacun d’eux accompagné d’un bien plus petit , puis une double série, l’interne de quatre plus grands, l’externe de huit , disposés à peu près comme dans les Taupes. Quant aux alvéoles de la mandibule , elles forment une seule série comme dans celles-ci, mais bien plus courte, de dix trous rapprochés deux à deux , les deux groupes antérieurs plus serrés , plus obliques et plus petits.

La disposition des alvéoles chez le Hérisson offre également supérieu- chez rement une série simple de cinq trous arrondis, dont le premier est le lesHERl!,so>splus grand , et le second est plus petit et plus rentré , et au delà deux séries, l’externe de dix trous, assez bien rapprochés deux à deux, les premiers bien plus petits et fort serrés, l’interne de quatre, en général plus grands et comme bilobés. Inférieurement il n’y a que onze alvéoles, les quatre premières serrées , rondes , un peu obliques , les six suivantes deux à deux, plus grandes et verticales, et enfin une dernière évasée et ronde.

Chez les Tupaias , la série alvéolaire est un peu plus compliquée que G, Insectivores. 9

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chez les Hérissons , parce que supérieurement il y a une barre qui sépare les deux premiers trous du premier maxillaire, et qu’inférieurement il y a en tout quatre trous fort serrés.

chez Les Tenrecs proprement dits sont peut-être les seuls insectivores chez

temrkcs. |eS(jUe]s ]a disposition des alvéoles ressemble beaucoup à ce que nous la verrons chez les carnassiers, à cause des barres ou lacunes qui interrompent en haut la série ; d’abord entre les deux ou trois premiers petits trous des incisives, et celui bien plus grand, ovale comprimé de la canine, puis entre celui-ci et les deux trous rapprochés d’implantation de la première molaire, aussi bien en haut qu’en bas. Du reste, les alvéoles des molaires de la mâchoire supérieure forment toujours deux séries , l’externe double en nombre de l’interne , et celles de la mâchoire inférieure une seule de dix trous , dont les deux antérieurs sont les plus grands , les plus arrondis et les plus espacés.

DE L’ANCIENNETÉ

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