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de la série animale, comme l’indique assez bien le nom de Zoophytes sous lequel ils étaient anciennement connus; il ne reste derrière eux que les Amorphozoaires de M. de Blainville. En effet, sous quelque rapport qu’on les envisage, de locomolililé, de sensibilitéetmême d’appareil digestif, respiratoire, circulatoire, ils sont généralement inférieurs aux Malocozoaires môme les plus dégradés.
M. de Blainville, en se chargeant d’achever l’article Zoophytes du grand Dictionnaire des sciences naturelles, commencé par un autre naturaliste, ne s’était pas dissimulé les difficultés énormes du sujet, car l’histoire naturelle des Actinozoaires était à cette époque trop peu avancée pour permettre d’arriver à un résultat certain et définitif dans leur disposition sériale. Aussi n’a-l-il proposé qu’un système provisoire de classification pour les Zoophytes, qu’il distingue en Zoophytes faux et vrais. Il distribue les vrais en cinq grandes classes, en ayant le soin de faire connaître les motifs sur lesquels il se fonde lorsqu’il combat l’opinion des naturalistes qui se sont occupés de ce type d’organisation ; il ne manque pas en même temps d’exposer les principes sur lesquels il se base pour établir la nouvelle classification adoptée par lui. Ces principes sont les suivants :
Si l’espèce peut être définie une collection plus ou moins nombreuse de variétés plus ou moins fixes, constituée par un nombre variable d’individus qui, semblables dans l’ensemble de l’organisation , et surtout dans toutes les parties de l’appareil reproducteur, peuvent se continuer dans le temps et dans l’espace par la génération ; la variété, au contraire, est une collection plus ou moins nombreuse d’individus d’une même espèce, et qui, pouvant se reproduire, se perpétuer, diffèrent par quelques proportions dans la forme, dans la grandeur et dans la couleur. L’individu de son côté est l’être vivant ou mort, indépendant, adulte ou viril, que nous avons actuellement sous nos yeux et que nous caractérisons en le rapportant à une variété fixe ou non, et, par suite, à une espèce déterminée. Il devient donc évident que la distinction de l’espèce doit porter d’abord sur l’appareil générateur, et que cette distinction sera d’autant plus facilement établie que cet appareil sera plus distinct, plus compliqué, et aura plus de rapports avec les appareils extérieurs.
Mais ce caractère lui-même ne peut pas suffire pour la distribution des espèces d’Actinozoaires en genres, familles, ordres et classes, parce que l’appareil générateur est rarement complet dans ces animaux ; il faut nécessairement avoir recours à la forme du corps qui est tantôt régulière et tantôt irrégulière ; ce qui permet de partager les Zoophytes en deux types : celui des Actinozoaires et celui des Amorplio-
zoaires.
c ÉTUDE SUR 1.A VIE ET LES TRAVAUX
Il faut également prendre en sérieuse considération :
1» La distinction ou la séparation plus ou moins complète des individus;
2° L’existence ou l’absence d’un intestin avec un ou deux orifices, libre ou flottant dans une cavité abdominale;
3° La nature et la position de l’appareil générateur;
4° La fixité des individus simples, agrégés ou réunis;
5° Le nombre et la forme des appendices qui entourent l’extrémité extérieure du corps;
6° La nature de la peau ;
7° Enfin celle du tissu dont le corps des Aetinozoaires est formé.
On comprend aisément pourquoi ces animaux, qui offrent tant de différences dans leur organisation, ne peuvent être que difficilement classés avec rigueur, c’est-à-dire en conformité des principes scientifiques de M. de Blainville qui reposent sur la forme du corps, l’appareil sensorial et l’appareil locomoteur, puisque ces animaux n’ont pas de système nerveux, et que très-souvent même ils vivent clans l’immobilité la plus absolue.
C’est en conséquence par la combinaison des caractères obtenus à l’aide des considérations précédentes que M. de Blainville est arrivé à établir le système qu’il a suivi dans sou Manuel.
En 1835, aucun événement important n’a signalé l’existence de M. de Blainville qui, en continuant ses leçons à la Sorbonne et au Muséum, trouvait néanmoins le temps de faire quelques rapports à l’Institut: uous donnerons pour exemple celui qu’il présenta au mois de décembre de la même année, à propos d’un mémoire de M. Desbayes, intitulé : Observations générales sur le genre Bélemnite , et les instructions relatives à la zoologie pour les naturalistes faisant partie du voyage de circumnavigation de la Bonite, voyage qui s’effectua l’année suivante.
Le temps ayant fait justice des doctrines erronées d’É. Geoffroy Saint-Hilaire sur l’oviparité de l’Ornithorhynque, que personne ne serait plus tenté d’admettre aujourd’hui après les beaux travaux, relatifs à cet animal, de Muller, d’Owen, de Maule et de M. de Blainville lui-même, nous ne trouvons pas qu’il soit nécessaire d’arrêter nos lecteurs sur une question désormais vidée et épuisée dans une lettre adressée en \ 835 au rédacteur de l'Echo du monde savant par M. de Blainville. Les questions de polémique vieillissent rapidement, les hommes disparaissent au moins aussi vite; E. Geoffroy Saint-Hilaire a cessé de vivre depuis longtemps; M. de Blainville a succombé, l'Écho du monde savant ne paraît plus, son rédacteur lui-même est mort, et le temps est loin assurément où É. Geoffroy Saint-Hilaire inaugurait
DE M. DE BLAINVILLE
une nouvelle espèce d’anatomie romantique, ou plutôt romanesque, qu’il qualifiait d’exclusivement progressive, en même temps qu’il déclarait drôlatiquement, quel autre mol employer, retardataires et même persécuteurs, les hommes dont les doctrines anatomiques ou physiologiques, basées sur des faits soigneusement observés, marchent par des déductions logiques à la découverte de faits nouveaux. Attaqué sans ménagement et à plusieurs reprises par E. Geoffroy Saint-Hilaire, M. de Blainville lui répondit pour la première fois dans la lettre que nous venons de citer, et de manière à mettre les lecteurs de son côté.
Mais si cette polémique n’a pas contribué puissamment aux progrès de la science, nous sommes heureux de pouvoir affirmer le contraire du mémoire contenant la description de quelques espèces de reptiles de la Californie , précédée de l'analyse d'un système général d'erpétologie et d'amphibiologie , également publié en 1835, par M. de Blainville. Dans celle description, il a fait connaître la classification qu’il avait adoptée pour les Reptiles, dont il séparait avec raison les Amphibiens. Les principes de cette classification avaient été exposés en 1834, à la Faculté des sciences , par M. de Blainville, dans son cours de philosophie zoologique, et il ne paraît pas lui avoir fait subir de changements importants. Antérieurement, au surplus, et dès l’année 1816, dans le prodrome que nous avons cité, M. de Blainville avait formé de ces animaux deux classes essentiellement distinctes, d’après la considération de l’ensemble de l’organisation traduite par des caractères extérieurs, et en établissant des coupes secondaires de même valeur dans chacune d’elles.
Aujourd’hui, la position de ces animaux dans la série ne peut plus être contestée ; tout le monde reconnaît en effet qu’ils doivent être placés entre les Oiseaux et les Poissons, en commençant par les Tortues et en finissant par les Cœcilies ou du moins par les Sirènes; les premières sont évidemment plus rapprochées des Oiseaux et les dernières des Poissons, si l’on a égard aux véritables principes de la zooclassie.
Quant à la distribution méthodique des Reptiles, les mêmes principes, à l’établissement desquels M. de Blainville aura puissamment contribué par ses travaux, nécessitent leur séparation en deux classes aussi faciles à distinguer par les caractères anatomiques que par ceux que l’on regarde comme plus essentiellement zoologiques. Chacune de ces classes, en effet, offre des degrés d’organisation ou ordres qui correspondent les uns aux autres, et la dégradation semble marcher avec le développement du tronc aux dépens des membres; c’est le contraire dans la classe des Oiseaux , où la dégradaion est à peine sensible.
ÉTUDE SUU LA VIE ET LES TRAVAUX
Dans une courte notice insérée dans les Comptes rendus de l'Institut pour l'année 1839, vol. IX, p. G63, M. de Blainville a montré qu’il avait été le premier à proposer d’assigner aux Cœcilies la place qu’il leur a donnée dans la série zoologique , place que tous les zoologistes sembleut maintenant leur accorder.
Dans la description de quelques espèces nouvelles de Reptiles de la Californie, rapportées par M. Botta de son premier voyage de circumnavigation durant les années 1 827, 1 828 et 1 829, à bord du Héros, M. de Blainville a fait l’application des principes professés par lui depuis longtemps, et qui sont nécessairement les mêmes que pour les autres parties de la zoologie. Celte classification comprend les animaux fossiles qui font le passage des Oiseaux aux Reptiles, et qui sont connus sous le nom de Ptérodactyles (Pterodactylia).
Comme on le voit, au lieu de se borner à la description des espèces de Reptiles nouvellement recueillies, M. de Blainville, envisageant la science erpétologique dans toute son étendue, en posait les véritables bases, en même temps qu’il continuait à introduire dans la série les animaux fossiles qui devaient combler les lacunes faciles à observer dans l’ordre harmonieux que forment entre eux les êtres animés.
Les vues aussi profondes qu’étendues qu’il avait sur l’ensemble du règne animal ne le rendaient que plus propre à démêler les véritables espèces des simples variétés, et à déterminer quels sont les caractères qui doivent servir à la distinction des espèces d’animaux fossiles si facilement créées par les géologues. Guidé par ces principes , M. de Blainville a publié, en 183G, une dissertation Sur quelques espèces de Singes confondues sous le nom d’Orangs-Outangs, en montrant que ces animaux, très-distincts entre eux, ont été néanmoins confondus sous le même nom, mais qu’il n’est pas encore possible d’établir une synonymie rigoureuse des espèces généralement admises.
Dans une autre note il a donné la description de la tête de Chameau fossile découverte dans m grès de l' Himalaya, qui ne saurait être une espèce différente du Chameau actuel vivant en domesticité. Le Chameau est un de ces animaux qui, comme le chien, ne paraît plus exister à l’état sauvage; ce fait incontestable sert à expliquer la disparition des êtres organisés qui n’ont laissé de traces de leur passage sur la terre que dans quelques-unes des couches dont celle-ci est formée.
M. de Blainville a porté le même regard investigateur Sur les prétendues empreintes des pieds d'un quadrupède dans le grès bigarré d'HUdburghausen en Saxe, dans lesquelles il a vu, et sans doute avec raison, des vestiges de végétaux fossiles.
DE M. DE BLAINVILLE
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Presque en môme temps il a déterminé la place que doit occuper le genre Chionis ou bec en fourreau (le Cbleoramplie blanc des auteurs, Annales des Sciences naturelles, 2' série, Zoologie, vol. VI, p. 7), dans le système ornithologique, qui renferme les Ostéozoaires ovipares auxquels M. de Blainville a donné le nom de Pennijères, nom tiré de la modification du système plianérique de ces animaux, et qui définit très-bien la classe tout entière.
Les Oiseaux ayant été modifiés pour des circonstances biologiques spéciales , puisqu’ils doivent pour la plupart vivre au milieu des airs, et qu’un assez grand nombre sont disposés tout à la fois pour passer leur existence dans deux milieux bien différents, l’air et Peau, il en résulte que la dégradation, parmi les animaux de cette classe, doit être moins évidente que dans les quatre autres classes d’Ostéozoaires.
Sans doute si l’on considère isolément les oiseaux il devient aisé de les caractériser, mais il est plus difficile d’en former un ordre sérial, car pour l’établir, il faut d’un côté avoir égard au développement proportionnel du cerveau et du crâne, à celui de l’oreille externe, et d’un autre côté à la disposition du système digital, qui, composé normalement de quatre doigts, trois en avant et un en arrière formant talon, peut se modifier de manière à devenir un reste de main divisée en deux parties opposables, ce qui forme une espèce de rame, par la dépendance réciproque de tous les doigts: il convient également de prendre le système cutané en considération. Tous les autres caractères sont plutôt anatomiques que zoologiques, et conséquemment ils ne doivent être employés qu’à défaut des autres, plutôt pour les confirmer que pour les établir.
M. de Blainville a divisé les oiseaux en neuf ordres, sans se dissimuler à luimême, au surplus, que quelques-uns d’entre eux sont réellement artificiels, et que, dans cette division du règne animal, il n’existe peut-être pas une dégradation sériale sensible, notamment entre les Échassiers et les Palmipèdes, quoiqu’il paraisse exister des différences saisissables entre les espèces animales qui constituent la classe des oiseaux tout entière.
II est beaucoup plus facile de reconnaître que les oiseaux ont été admirablement organisés pour les milieux differents dans lesquels ils sont destinés à vivre. Leurs plumes servent à les porter dans les airs, leurs yeux à les diriger et à leur faire apercevoir les objets les plus éloignés, leurs pattes au contraire servent à les soutenir facilement sur les eaux dans lesquelles ils vont chercher leur nourriture. Ces pattes sont quelquefois assez modifiées pour leur permettre de s’en servir en guise de main comme certains quadrupèdes. Doués d’instincts merveilleux, comme un
ÉTUDE SUR LA VIE ET LES TUAVAUK