‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologie (volume 2)Chapitre 28 sur 130 · CXXXVI · texte numérisé non relu

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adoptée et qu’il a pu assez nettement formuler pour être traduite par l’art logique de la nomenclature.

En effet, les maxima et les minima de l’animalité et de la végétabilité étant appréciés en eux-mêmes et dans les degrés qui séparent les termes extrêmes dont M. de Blainville a donné les caractères, il est facile de montrer que ces degrés ne sont autre chose que la série animale elle-même, à la tête de laquelle se trouve le premier des singes, et à la fin la Tethye ou la dernière des éponges.

Si nous jetons un premier coup d’œil sur l’innombrable quantité d’animaux qui remplissent l’intervalle compris entre ces deux termes à propos desquels il ne peut y avoir et il n’y a en effet aucun dissentiment parmi les zoologistes, nous voyons qu’en comprenant ces extrêmes, trois formes principales se présentent. La première est celle dans laquelle le corps et ses parties sont partagés en deux côtés égaux, et par paires similaires le long d’un plan longitudinal. La seconde, celle où ces parties se disposent radiairement autour d’un centre pris dans le corps même devenu circulaire. La troisième enfin, celle dans laquelle la forme ne peut être définie à défaut de régularité. Ces trois formes fournissent à M. de Blainville les trois premiers divisions du règne animal, qu’il désigne comme des sous-règnes.

Süb-Regnum

Animalia. Zygomorpha (Zygomorphes).

Actinomorpha (Actinomorphes).

ni.

Heteromorpha (Hétéromorphes).

Les Zygomorphes sont pourvus d’un système nerveux évident et de tout ce qui en résulte dans l’organisme animal ; les Actinomorphes ont un système nerveux beaucoup moins évident, et par suite des organes et des fonctions animales moins prononcées ; les Hétéromorphes, sans système nerveux distinct, descendent au dernier degré de structure et de facultés animales.

Les animaux pairs ou Zygomorphes, qui forment à eux seuls presque tout le règne animal , offrent trois types d’organisation de degrés différents , dans chacun desquels la dégradation est évidente, quelquefois même par nuances progressives : ce sont les Ostéozoaires ou animaux vertébrés osseux, les Entomozoaires ou animaux articulés, et les Malacozoaires ou animaux inarticulés ou mous. Il est aussi facile de caractériser les uns que les autres.

Bl. Ost. r

cmnu

ÉTUDE SUR LA VIE ET LES TRAVAUX

Pour le premier type, il n’y a aucun dissentiment chez les zoologistes; il doit être placé à la tête de la série.

Mais il n’en est pas de même pour les deux autres, les zoologistes sont partagés; les uns , M. de Blainville notamment , mettent les Entomozoaires avant les Malacozoaires , et les autres , G. Cuvier par exemple , placent ceux-ci avant ceux-là ; enfin quelques-uns en forment une série double entre les Ostéozoaires et les Actinozoaires.

Pour résoudre la question qui en réalité ne peut être douteuse à nos yeux, M. de Blainville applique à chacun de ses types les principes qu’il a posés, il les mesure à l’aide de son zoomètre, et démontre facilement que les insectes, pris en général, doivent précéder les Mollusques, considérés du même point de vue. Yoici les raisons qu’il en donne, elles méritent d’être rapportées ici, à cause de leur extrême importance. Les animaux articulés (Entomozoaires) conservent depuis le premier jusqu’au dernier la forme la plus animale, c’est-à-dire celle dans laquelle le corps est allongé, semblable aux deux extrémités , tandis que les animaux mollusques (Malacozoaires), qui ont tous celte forme généralement moins distincte, la perdent bientôt pour se raccourcir et prendre une forme subradiaire, au point que des classes tout entières ont été longtemps considérées comme des Zoophyles.

La distinction des parties du corps, ou même du tronc, et surtout celle si importante de la tête, qui existe dans la très-grande partie des animaux articulés, cesse de très-bonne heure chez les Mollusques.

La peau si distincte de la couche musculaire, sous-posée chez la plupart des premiers, se confond avec elle chez tous les derniers, sans exception.

L’appareil sensorial, complet dans plus de la moitié du type des animaux Articulés, se réduit à sa partie fondamentale dans les trois quarts et plus des Mollusques; les organes des sens de l’ouië et delà vue n’étant que rudimentaires, deviennent de simples témoins sans fonctions réelles.

L’appareil locomoteur est absolument dans le même cas, au point que dans les Mollusques il n’y a jamais de membres proprement dits, mais seulement des expansions cutanées, et que la translation, quand elle existe, se fait à l’aide d’un plan musculaire du ventre, tandis que dans les insectes, la locomotion comme la translation sont exécutées très-souvent, sans aucune participation du tronc, par les membres seulement.

Dans l’appareil de la digestion, là préhension, la mastication des aliments, parfaite dans ceux-ci, est très-incomplète même chez lesrplus élevés de ceux-là.

DE M. DE BLAINVILLE

Le canal intestinal a ses deux orifices terminaux et opposés dans les premiers; et souvent, au contraire, l’un et l’autre sont très-rapprochés et antérieurs dans un grand nombre des seconds.

Dans les parties accessoires de l’appareil de la génération et même dans ses parties essentielles, la même prédominance des animaux articulés sur les Mollusques se continue, les uns ayant souvent des organes d’accouplement et d’accouchement que n’ont jamais les autres, et ceux-là étant très-fréquemment bisexiés dioïques, fort rarement unisexiés, tandis que ceux-ci sont, au contraire, assez rarement bisexiés dioïques et fort souvent unisexiés.

Aussi la biologie comparée de ces deux types d’animaux concorde-t-elle parfaitement, ce qui ne pouvait être autrement, avec leur organisation, pour démontrer la supériorité animale de l’un sur l’autre.

C’est ce dont on peut aisément s’assurer en comparant le séjour si varié chez les animaux articulés, et presque constamment aquatique pour les Mollusques ; la locomotion et la translation presque' toujours existantes dans les animaux Articulés, à moins qu’il y ait parasitisme, particularité si rare chez ceux-ci, et au contraire d’une grande fréquence chez ceux-là, dont un assez grand nombre sont même fixés au sol ; la nourriture fréquemment solide, cherchée, poursuivie, choisie des uns, et souvent moléculaire et accidentelle des autres; l’acte de la génération si animal pour ceux-ci et si végétal pour ceux-là; enfin le produit de la génération placé dans des circonstances choisies et calculées pour un très-grand nombre d’animaux articulés , et presque toujours abandonné aux chances du hasard chez les animaux Mollusques.

G. Cuvier avait étudié les Mollusques, qui constituent un de ses embranchements, avec plus de soin que les insectes, puisque dans son règne animal, tout ce qui concerne ceux-ci est l’œuvre exclusive ou presque exclusive de Lalreille. Aussi plaçait-il les Mollusques avant les animaux articulés; mais cette erreur n’est plus imitée aujourd’hui, et c’est, sans contredit, aux travaux de M. de Blain ville sur la série animale que la zoologie doit les progrès qu’elle a faits à cet égard, car il est impossible d’avoir signalé avec plus d’autorité les raisons qui démontrent la nécessité de placer les derniers avant les premiers.

Dans la série animale, M. de Blainville s’éloigne encore de G. Cuvier, qui ne reconnaissait dans le règne animal que quatre grandes formes, quatre grands types : le type vertébré, le type articulé, le type de masse ou mollusque, le type rayonné ou d’étoile. M. de Blainville y trouve au contraire cinq types de création bien dis-

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CTL

tincls, quoique subordonués eux-mêmes à un plan général de dégradation. Ces cinq types sont les suivants :

Type I.

Les Ostéozoaires.

Type II.

Les Entomozoaires.

Type III.

Les Malacozoaires.

Type IV.

Les Actinozoaires.

Type V.

Les Amorphozoaires ou Sphérozoaires.

Ces derniers, nommés Amorphozoaires, à l’état adulte ou agrégés, et Sphérozoaires, à celui de premier âge ou d’individus isolés.

Pour G. Cuvier, chacun de sesquatre embranchements reposait sur un plan particulier distinct, qui, suivant lui, loin de se laisser ramener à celui des autres, formait quatre plans, quatre types, quatre formes dans le règne animal , autant de formes en un mot qu’il en existe dans le système nerveux des êtres organisés considérés en général. Ces embranchements, ces plans, ces types, ces formes, sont pareils les uns aux autres et de même ordre, parce que les êtres qu’ils reuferment offrent dans leur structure des ressemblances et des différences pareilles ou équivalentes.

Au contraire , pour M. de Blainville les cinq types qu’il admet sont rangés sérialement, ils sont subordonnés à un même plan général et ils vont se dégradant des uns aux autres, aussi bien que dans chacun d’eux, mais là en formant des degrés véritables, tandis qu’ici ils ne sont distingués que par des nuances plus ou moins grandes, quoique toujours distinctes. Il ne faut pas, en effet, croire que la série animale admise par M. de Blainville puisse jamais être comparable à une série logarithmique, c’est-à-dire à une série telle qu’entre chaque terme on puisse en intercaler d’autres à l’infini. Ce n’est pas même une série géométrique où les degrés sont toujours dans une raison égale, quelque longue qu’elle soit, et non sécables en demi, tiers et quart. En effet, les degrés d’animalité ou les espèces animales sont des êtres définis, c’est-à-dire limités dans l’espace, même sous le rapport de la grandeur; ils sont composés d’un certain nombre d’organes réunis

DE M. DE BLAIN VILLE

sous une forme déterminée, et agissent sur le monde extérieur d’une manière également déterminée.

Les grands degrés de cette série sont des types d’organisation, dans chacun desquels les premières espèces d’un type subséquent peuvent être ou semblent être supérieures aux dernières du type précédent, et cependant ne pas devoir être placées avant celles-ci, parce que c’est le type entier qu’il faut considérer, pour ainsi dire dans sa moyenne, pour déterminer la supériorité ou l’infériorité de l’une par rapport à l’autre.

C’est à l’aide de ces principes, de ces règles qui ont été trop souvent mal saisies par les naturalistes qui combattent l’existence de la série animale, que M. de Blainville a formé les cinq types d’animalité que nous venons d’indiquer et qu’aucune circumvallation ne sépare certainement.

Mais pour les établir sur des bases incontestables, il était nécessaire de reconnaître préliminairement que la zooclassie semble offrir des exceptions; ce sont ces exceptions auxquelles M. de Blainville a donné le nom d 'anomalies, mot qu’il a employé à défaut d’autres et qui ne rend pas nettement sa pensée : car il entend par anomalies les modifications de telle ou telle partie de l’organisme destiné à vivre dans des circonstances particulières.

En employant cette expression nous désignons une exception aux règles, aux lois générales établies par la puissance divine, aperçues et formulées par l’esprit humain; ces exceptions seront moins nombreuses à mesure que les véritables lois du règne animal tout entier seront mieux connues, ou qu’elles seront établies sur des bases plus solides.

Une observation d’une autre nature tend d’ailleurs à diminuer considérablement le nombre des anomalies; cette observation consiste à reconnaître que dans chaque type d’organisation, et surtout dans les classes où les ordres qui les constituent, quoique la grande majorité des espèces soit construite et disposée dans chaque degré d’organisation pour vivre et chercher sa nourriture dans un ensemble de circonstances généralement le même (ce qui fait que les espèces aériennes sont toujours supérieures aux espèces aquatiques), on peut cependant-, et cela dans un même groupe, trouver des espèces qui auront été disposées pour chercher leur nourriture animale ou végétale dans la terre (la taupe), dans les arbres (le paresseux), dans l’air (les chauves-souris), ou même dans l’eau (les phoques), ou quelquefois même pour échapper à la voracité des autres animaux (les poissons volants). Ce sont ces modifications qui ont été considérées comme des anomalies, et qui sont devenues pour la plupart des zoologistes systématiques un véritable écueil,

ÉTUDE SUR LA. VIE ET LES TRAVAUX

parce qu’ils ont perdu le point de départ de toute classification, qui est l’bomme, terme de la création ainsi que M. de Blainville l’a mis hors de doute.

Nous ne pouvons malheureusement pas le suivre dans la caractéristique qu’il a donnée avec sa supériorité ordinaire des cinq types d’animaux désignés sous le nom d’Ostéozoaires , d’Entomozoaires , de Malacozoaires , d’Actinozoaires et d’Amorphozoaires. Le premier type caractérisé par l’existence des os dont l’ensemble forme le squelette, par la disposition surintestinale du système nerveux et la disposition non articulée de la peau, se trouve nettement partagé en cinq classes et même en sept, en y comprenant les animaux qui ne nous sont connus qu’à l’état fossile. I.e même type forme deux sous-types, les vivipares ou mammifères et les ovipares. Les classes du type entier sont établies à l’aide de considérations tirées de la structure de l’enveloppe cutanée, tantôt pourvue de poils, de plumes, de scutelles, tantôt entièrement nue, quelquefois soutenue par des écailles. Les animaux ovipares sont rangés sérialement en vertu d’une troisième considération tirée de l’organe de la respiration, toujours aérien dans les deux premières classes, d’abord aquatique avant d’être aérien dans la troisième, ce qui lui a valu son nom d’amphibiens ; et enfin seulement aquatique et à tout âge chez les poissons.

Pour les animaux qui n’existent plus qu’à l’état fossile, le seul caractère qu’on puisse employer est tiré du système osseux, le seul connu et encore rarement dans son entier. La classe elle-même des animaux vivipares se trouve subdivisée en trois sous-classes, d’après la considération concordante du produit de la génération; ces trois sous-classes sont nommées, d’après la considération de la forme de la matrice :

Monodelphes.

Didelphes.

Ornithodelphes.

En seconde ligne la considération du système dentaire complet, c’est-à-dire formé de plusieurs sortes de dents, comme dans l’homme, tantôt incomplet, c’està-dire lorsque les dents ne sont que d’une seule sorte ou manquent totalement, permet de partager les Monodelphes en Bien dentés et Mal dentés.

Enfin, en troisième ligne, M. de Blainville prend en considération la main, composée de quatre doigts et d’un pouce opposable, puisse dégradant jusqu’à n’être plus formé que d’un ou deux seuls doigts utiles, ce qui concorde avec l’existeuce ou l’absence de la clavicule et même avec la forme des ongles; et ainsi se trouvent établis les ordres des Primates , Secundates , Tertiates et Qualernates.

DE M. DE BLAINVILLE

Des principes semblables à ceux que nous venons d’énoncer ont guidé M. de Blainville pour l’établissement de la classe deuxième des Ostéozoaires, celle des Pennifères ou des Oiseaux, dont il a formé neuf ordres distincts, disposés sérialement des plus intelligents aux plus idiots.

La classe troisième renferme les Ptérodactyles, animaux fossiles dans lesquels M. de Blainville voit un degré d’organisation intermédiaire aux Oiseaux et aux Reptiles.

Les Reptiles forment la quatrième.

Les Ichthyosauriens , animaux fossiles assez imparfaitement connus , la cinquième.

Les Amphibiens, la sixième.

Les Poissons, la septième, qui termine le premier type d’organisation.

Après les Ostéozoaires, subdivisés comme nous venons de le dire, et qui dans toutes les classes offrent des anomalies qui ne sont pas toujours explicables, notamment dans les poissons, M. de Blainville place le type deuxième formé des Entomozoaires, qu’il range dans l’ordre de leur dégradation; ces animaux forment les classes suivantes disposées d’après le système locomoteur qui est toujours en rapport avec le système sensorial :

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