X. Apodes
C’est dans ce type que M. de Blainville range les Lépadiens et les Oscabrions ou Cliitons, que les zoologistes avaient rangés si longtemps parmi les Mollusques, et qu’il place les premiers parmi les Hétéropodes , intermédiaires aux Décapodes et aux Teiradécapodes, les seconds parmi les Malentomopodes.
Le type III renferme les Malacozoaires , formant eux-mêmes trois sous-classes sous le nom de : I, Céphaliens; II, Céphalidiens ; III, Acêphaliens.
Après ce type, M. de Blainville passe au type quatrième. Les Actinozoaires, qu’il
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divise en cinq classes, disposées sérialement au surplus d’après la forme du corps de chaque espèce dont les individus finissent par se grouper de manière à ne plus former qu'une masse commune. Ces cinq classes sont : 1* les Cirrhodermaires, 2° les Archnodermaires , 3° les Zoanlhaires , 4° les Polypiaires, 5° les Zoophytaires.
Le dernier type, le type cinquième, renferme les Amorphozoaires qui terminent le règne animal, et dans lesquels il serait difficile de reconnaître de véritables animaux si l’on n’était descendu, comme le dit si bien M. de Blainville, jusqu’à eux par des degrés presque insensibles, quoique indubitables.
Mais si comme ce grand maître l’a démontré pour les groupes un peu considérables des cinq types d’organisation qu’il a établis, il est facile de reconnaître une dégradation des uns aux autres, on peut également la reconnaître pour les familles d’animaux qui forment les groupes et pour les espèces elles-mêmes. Ainsi la série animale conçue ù priori peut être facilement démontrée « posteriori.
Dans l’introduction au Species des Mollusques que M. de Blainville se proposait de publier dans la collection des suites à Buffon , à laquelle il a donné le titre suivant : Sur les principes de la zooclassie ou de la classification des animaux , il a établi que l’histoire des animaux pouvait être élevée au rang de science, autant et plus peut-être que l’astronomie, considérée cependant comme la seule des connaissances humaines qui mérite le titre de science. L’astronomie, en effet, n’est une science que parce qu’elle repose sur un principe, car une masse de faits, quelque nombreux qu’ils soient, ne constituent pas une science, à moins qu’ils ne puissent être subordonnés à un principe qui permette d’en apprécier la vérité ou la fausseté. La zoologie peut-elle être comparée sous ce rapport à l’astronomie? Peuton en un mot espérer à notreépoque, et après les nombreux travaux qui ont été faits dans les différentes branches de la zoologie, de pouvoir établir le système du règne animal comme les géomètres sont parvenus à établir le système du monde? C’est là ce que M. de Blainville s’est demandé et ce qu’il croit avoir résolu.
Il est donc pour nous du plus haut intérêt d’examiner comment M. de Blainville, très-peu de temps avant sa mort, est arrivé à un résultat d’une aussi grande importance.
Le système du monde comprend l’ensemble harmonique de tous les corps célestes agissant et réagissant les uns sur les autres, par leur masse, leur forme et leur position, tandis qu’au contraire le système des animaux n’est et ne peut être qu’une série dans laquelle tous ces animaux se rangent, se placent dans un tout autre ordre, sans doute, mais dans l’une comme dans l’autre de ces deux parties
DE M. DE BLAINVILLE
de la science humaine, suivant une loi déterminée par un principe. Seulement le système des animaux est bien autrement compliqué que celui des corps célestes, bornés surtout à ceux de notre monde solaire. Le premier de ces deux systèmes comprend en effet, non-seulement la forme, qui même est autre que géométrique, mais en outre la structure, la nature et la disposition de la matière, pour former des organes : il renferme jusqu’aux fonctions de ces organes, jusqu’aux actes de ces animaux sur le monde extérieur, qui lui-même réagit sur eux.
Dans l’une comme dans l’autre de ces sciences, le principe sur lequel elles reposent doit être en effet unique et de nature également inconnue. En astronomie, c’est la pesanteur ou la gravitation.
En zoonomie, c’est la sensibilité ou la sensation.
En astronomie, la gravitation est le principe; l’effet produit est le résultat d’une propriété générale, la pesanteur inhérente à la matière et agissant suivant une loi susceptible d’être rigoureusement mesurée.
La sensibilité en zoonomie est le résultat d’une faculté, ayant pour substratum une matière de nature et de disposition particulières, le système nerveux, faculté dont l’action est susceptible d’être appréciée, mais jamais rigoureusement mesurée.
La pesanteur, en acte où la gravitation est liée à la forme des corps célestes qui entrent dans la composition de notre monde solaire.
La sensibilité en acte détermine la position d’un animal dans l’ensemble des êtres qui constituent le règne animal, et nécessairement fait une série de ces êtres.
La pesanteur en acte détermine la quantité, la direction et la persistance des mouvements des corps célestes, mais non la production pour laquelle il faut toujours avoir recours à la puissance créatrice initiale.
La sensibilité en acte détermine par son alliance nécessaire avec l’irritabilité, qui en est une conséquence immédiate et inhérente à un tissu particulier, la production immédiate et la direction intermittente du mouvement de tout ou partie de l’animal.
Ainsi, comme le dit excellemment M. de Blainville, à ces différents points de vue, le système du monde et le système des animaux, quoique marchant parallèlement, diffèrent d’une manière tranchée, en ce que, la forme, nécessairement géométrique dans les corps célestes, ne l’est jamais et s’en éloigne de plus en plus dans les animaux, à mesure qu’ils le sont pour ainsi dire davantage.
La limite dans les corps planétaires est indéfinie et dépendante du système ou Ost. Bl. s
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des autres corps qui les constituent ; dans les animaux elle est définie et dépendante, non des autres, mais de soi.
La disposition dans les premiers est nécessairement universelle, c’est-à-dire qu’ils sont groupés suivant les trois dimensions, et cependant dans une certaine harmonie, et au contraire nécessairement sériale pour les animaux. Le mouvement est communiqué dans les corps célestes et suivant des lois uniformes, il est au contraire spontané dans les animaux et suivant des règles de moins en moins rigoureuses et de moins en moins susceptibles d’être calculées.
Pour arriver en conséquence àla connaissance du système céleste, on a dû prendre et l’on a pris une marche contraire à celle qui doit être adoptée pour le principe d’après lequel le système des animaux peut être démontré. Aussi M. de La Place a t-il suivi, dans son ouvrage de la Mécanique céleste, la marche de l’invention ; l’homme en effet s’est occupé en premier lieu de l’étude apparente des corps célestes : cette étude l’ayant conduit à celle de leurs mouvements réels, il a établi les lois de ces mouvements, et en dernier lieu la théorie de la pesanteur céleste.
Si, comme cela paraît être une chose reconnue de tout le monde, le mouvement a dû êlre communiqué aux astres qui roulent sur nos têtes, il a dû l’être par celui dont les cieux racontent la gloire, car ces corps célestes n’ont pas et ne peuvent pas avoir même de mouvement spontané ; dès lors, ne doit-on pas admettre à priori que les êtres animés dont les mouvements sont volontaires ont dû être créés par la même intelligence? Et conséquemment, ce premier point étant admis, il ne reste plus qu’à démontrer que les animaux l’ont été sur un plan harmonique, c’est-à-dire en série ou sur un plan de dégradation.
C’est en ce moment la plus importante question de la science zoologique que celle de savoir, non pas si les animaux ont été créés, mais s’ils l’ont été de manière à former une ligne sériale ascendante ou descendante. Ce sera la gloire de M. de Blainville d’avoir posé nettement et catégoriquement cette question en face d’adversaires ou de contradicteurs qui niaient résolûment l’existence de cette série, les uns parce que, comme G. Cuvier, ils lui préféraient la théorie des quatre embranchements, les autres parce qu’ils admettaient l’unité de plan de l’organisation, comme Étienne Geoffroy-Saint-Hilaire, le premier peut-être par réserve d’esprit, le dernier par excès d’audace et en exagérant certaines vérités de détails ; tous les deux enfin et leurs nombreux disciples, parce qu’ils n’avaient pas entièrement saisi et suffisamment compris ce que M. de Blainville entendait par série animale.
C’est trop souvent faute d’un examen suffisant qu’on arrive à ne pas s’entendre, et c’est ici le cas plus que partout ailleurs. Aussi les opinions les plus
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