CLXXXVII
« vail lorsqu’il écrivait les lignes suivantes dans le fascicule des Paléoiheriums. » « — Nous avons vu comment, dans la série des formes offertes actuellement parmi les Mammifères unguligrades paridigités, les espèces connues sous le nom de Sus et d' Hippopotames demandaient, pour ainsi dire, comme intermédiaires à ceux-ci et aux Ruminants, quelques nuances dans lesquelles le système digital deviendrait de plus en plus bisulque, par la diminution des doigts postérieurs ou extrêmes, aussi bien que par un grand développement des deux intermédiaires, et où le système dentaire perdrait en même temps de sa disposition de plus en plus herbivore. Eh bien! cette forme, cet ensemble de caractères existent, ou peut-être même a existé ! »
Dans YOstéograpliie , l’auteur a expliqué ce qu’il entendait par des espèces animales, dans lesquelles il faut voir, non pas une dégradation des autres espèces de Mammifères, dont le séjour ordinaire est la surface du globe, mais des espèces tout aussi complètes et parfaites à leur façon, quoique modifiées pour un but déterminé et en conséquence parfaitement adaptées à leur séjour. Considérées ainsi, ces espèces forment des groupes anormaux qui ne rompent pas la série, et comme les modifications de l’organisme dans ces espèces ne regardent que l’appareil locomoteur, ces modifications déterminées par une circonstance biologique n’oblibligent pas à les séparer des animaux avec lesquels ils ont le plus de rapport. C’est en vertu de ce principe que les Chauves-souris commencent les Secundates, que les Taupes se trouvent à la tête des Insectivores, les Phoques à la tête des vrais Carnassiers, et que les Paresseux, parnji les Édentés, terminent les Primates, tandis que les Lamentins ou Manales prennent place à côté des Éléphants, dans la grande famille des Gravigrades.
Après avoir montré que les idées de M. de Blainville sur les grands genres ou familles naturelles et sur l’espèce, telles que nous les trouvons exprimées dans l’Ostêographie, et qui consistent à dire que l’espèce est fixe, qu’il existe dans les animaux comme dans les végétaux des familles naturelles, ne s’éloignent pas des idées aujourd’hui dominantes dans la science, M. le secrétaire perpétuel examine le fait qui doit décider entre M. de Blainville et G. Cuvier : existe-t-il ou non des dépouilles des populations nouvelles parmi les restes des populations anciennes? car si les animaux actuels ont été créés en même temps que les animaux perdus, les dépouilles des uns doivent se trouver parmi les dépouilles des autres. Or, en se tenant aux faits connus à l’époque de Cuvier, les créations successives ne pourraient être que bien difficilement contestées. Les Poissons et les Mollusques existent dès les terrains de transition; les Reptiles se montrent dès les terrains se-