DES OS QUI CONSTITUENT LE SQUELETTE
Nous venons de dire que le squelette est l’ensemble des pièces plus ou moins solides, ou des os, qui servent d’appui, de levier, aux puissances locomotrices, et qui, formant un système, un tout évident, si ce n’est par artifice ou par la mort qui a détruit les moyens d’union , occupe avec elles la face interne de l’enveloppe cutanée, dont il est toujours plus ou moins indépendant.
Ainsi un os est une partie dure de ce squelette , plus ou moins séparée, plus ou moins mobile, affectant une position et une forme déterminées par son emploi dans une particularité de la locomotion.
Quand on considère les os comme constituant le squelette, comme partie passive de l’appareil locomoteur, ils ne sont donc jamais complètement séparés et indépendants; ils sont, au contraire, réunis entre eux d’une manière plus ou moins serrée par des faisceaux de fibres plus ou moins considérables, qui servent à les lier, et qui portent en effet le
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nom de ligaments. L’étude de ces ligaments , ce qui constitue ce qu’on nomme en chirurgie la Syndesmologie , est fort importante sans doute dans cette partie de la médecine aussi bien qu’en physiologie , mais elle est à peu près inutile dans le but ostéographique , que nous avons presque exclusivement en vue, parce que les traces de l’insertion de ces ligaments restent rarement assez bien marquées sur les os pour être utilement signalées; aussi leur considération a-t-elle été presque toujours négligée en paléontologie.
Il n’en a pas été de même, et avec juste raison, des modifications que comme articules pièces du squelette ou les os ont éprouvées vers les extrémités par lesquelles ils se touchent d’une manière plus ou moins serrée , et qui , connues sous le nom de surfaces articulaires , constituent les articula- Les articulations, les solutions de continuité du squelette, les intervalles où se pas- tlons sent les mouvements.
Suivant l’étendue et la direction des mouvements qui peuvent avoir lieu dans ces endroits par suite de la disposition statique du corps, et surtout par l’action des puissances musculaires, ces surfaces articulaires présentent des formes distinctes , d’où les articulations ont reçu des dénominations particulières que nous devons au moins définir.
Elles se distinguent d’abord suivant quelles sont complètement im- distinguée» mobiles, presque immobiles, semi-mobiles ou mobiles , ce qui est en rapport avec le degré de discontinuité des os conjoints.
Dans le premier cas, l’articulation a presque complètement disparu, immobiles si ce n’est à l’extérieur, par les progrès de l’âge et de l’ossification , qui ayant envahi l’intervalle membraneux ou fibreux qui les séparait, a soudé les pièces ensemble. C’est ce dont on peut trouver des exemples bien tranchés dans les os du bassin , dans ceux de la tête, etc.
Dans le second cas, la connexion se fait ou par engrenage réci- par engrenage, proque de denticules et d’échancrures des parties articulaires , ou par application de leurs bords amincis, ce qui constitue l’articulation har- par application r monique dans le premier cas et squammeuse dans le second; mais ce genre d’articulation , qui ne peut persister que tant qu’il reste une partie
semi-mobiles
mobiles.
Arlhrodie.
Condyle.
Cynglyme.
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molle intermédiaire, passe aisément au premier par suite des progrès
de l’ossification.
Les articulations semi - mobiles appartiennent à la même section que les précédentes, c’est-à-dire qu’entre les deux pièces en connexion il n’y a pas de solution de continuité; seulement les deux os se touchent beaucoup moins, séparés qu’ils sont par une substance fibreuse intermédiaire , plus ou moins lâche et dans laquelle se perd le mouvement, qui peut être plus étendu et exister à tout âge.
Mais dans le troisième genre d’articulations essentiellement mobiles , et nommé Diarthrose , en termes techniques , il y a entre les pièces articulées une véritable solution de continuité , plus ou moins étendue ; et en cet endroit les os sont revêtus d’une substance particulière fibrocartilagineuse , lisse et recouverte, dans l’état frais, d’une membrane arachnoïdienne dite séreuse, avec glandes synoviales, ce qui constitue ce qu’on nomme un appareil synovial.
Quant à la forme de ces surfaces articulaires et par conséquent des extrémités des os quelles terminent, elle est assez variable , et c’est elle qui détermine l'étendue et la direction des mouvements.
On distingue trois sortes principales d’articulations mobiles , et beaucoup d’autres trop diversiformes pour être spécifiées dans un ouvrage de la nature du nôtre.
On appelle articulation en tête ou en genou celle dans laquelle l’extrémité d’un des os en connexion est en forme de sphère saillante , et celle de l’autre creusée en cavité de même forme. C’est XArthrodie des chirurgiens.
Ils nomment Condyle ou articulation condyloïdienne celle dans laquelle l’extrémité des deux os ou des deux groupes d’os articulés est ovale, convexe sur l’un et concave sur l’autre.
Enfin la troisième espèce est le Gynglyme dans lequel il y a pénétration réciproque d’éminences et de cavités entre deux extrémités d’os , ou quelquefois de deux éminences et de deux cavités semblables. Dans les deux cas le mouvement ne peut être que rigoureusement angulaire.
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La forme et la direction de ces différentes sortes d’articulations mobiles sont de la plus haute importance en chirurgie et en physiologie, comme nous l’avons déjà fait remarquer, mais elles ne le sont pas moins en Ostéographie et en Paléontologie, parce quelles ne varient dans une même espèce animale que dans des limites assez restreintes; d’ailleurs comme elles sont en harmonie avec d’autres pièces du squelette, on voit comment , de l’existence de telle ou telle articulation entre deux os , on en peut conclure à une connaissance approchée de telle ou telle autre pièce, et ainsi admettre ou rejeter le rapprochement d’un fragment fossile , avec son correspondant chez un animal récent.
Considérés en particulier, les os se partagent d’après leur forme générale et d’après leur position dans le squelette qu’ils constituent.
Sous le premier rapport, on les distingue dans les écoles en os longs, en os plats et en os courts , dont la définition est facile parce quelle est stéréotomique. On peut encore mieux l’admettre en Paléontologie qu’en chirurgie. Les os longs sont ceux dont l’un des diamètres l’emporte beaucoup sur les deux autres : les os courts sont ceux où les trois diamètres sont de plus en plus semblables , et les os plats ceux où deux des diamètres ou au moins l’un d’eux est bien plus court que les deux autres.
Ces derniers entrent en général dans la composition des cavités , les seconds dans celle des axes du tronc et dans certaines parties des membres , tandis que les premiers sont exclusivement employés dans la formation de ceux-ci.
Sous le rapport de la position des os dans le squelette , on peut les partager en os médians ou situés dans l’axe , et en os latéraux placés de chaque côté des premiers.
Ceux-ci, toujours symétriques, c’est-à-dire formés de deux côtés parfaitement similaires à tout âge, se distinguent eux-mêmes suivant qu’ils sont supérieurs ou inférieurs au canal intestinal ou à l’axe du corps.
Les os latéraux ne sont au contraire jamais symétriques, c’est-à-dire qu’ils ne sont jamais partageables en deux parties égales par un plan lon-
Dans leur forme partagés en
Os
longs , courts, plats.
Dans
leur position , et distingués
Os médians ou
symétriques, dorsaux ou sternaux,
pairs
ou latéraux.
Des
Os médians,
des Vertèbres.
Définies en général.
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gitudinal; mais ils sont toujours disposés par paires, l’un à droite et l’autre à gauche, du reste autant semblables entre eux qu’il est possible , avec la différence qui tient à ce qu’ils n’appartiennent pas au même côté.
Les os médians constituent la base essentielle de l’animal vertébré ou le tronc et les os latéraux , les appendices simples ou complexes , libres ou engagés.
La considération de la symétrie ou de la non-symétrie des os est la plus importante et par conséquent la première à mettre en jeu, lorsqu’un fragment d’os est présenté à un ostéographe et à un paléontologiste. Est-il symétrique, ce qu’il est toujours facile de décider, c’est une vertèbre ou une sternèbre ; ne l’est-il pas , c’est un os d’appendice , ce qu’il est quelquefois un peu moins aisé de décider : par exemple, dans le cas des os dont est formé le doigt médian.
Des différentes pièces qui entrent dans la composition du squelette , les os symétriques supérieurs à l’axe du tronc, et qui ont reçu le nom de Vertèbres , sont évidemment les plus essentiels ; aussi les zoologistes en ontils tiré la dénomination caractéristique de tout le premier type de la série animale. En effet , presque toutes les autres parties du squelette peuvent ne pas exister, elle seule est constante , parce qu’en même temps quelle fait partie de l’appareil locomoteur, par la manière dont elle est composée elle sert d’enveloppe ou d’étui protecteur à la partie centrale du système nerveux de ce type d’animaux.
Une vertèbre , considérée d’une manière générale , et par conséquent dans son état complet, est un os court, médian, symétrique, formant un corps, partie principale de la vertèbre, aux deux faces opposées de laquelle , externe ou dorsale , interne ou ventrale , s’applique un arc plus ou moins développé , d’où, résultent deux canaux , l’un au dos , l’autre au ventre.
La proportion de ces trois parties est en rapport direct avec le développement de l’organe à protéger, c’est-àdire du système nerveux en dessus et du système vasculaire en dessous , et avec celui de l’appareil locomoteur ; c’est-à-dire que quand celui-ci est au summum , le corps
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de la vertèbre atteint tout le développement dont il est susceptible, au point de rester quelquefois seul comme à la queue; aussi jamais ne manque-t-il entièrement , même quand les arcs supérieurs ou inférieurs atteignent leur maximum , comme on le voit aux vertèbres céphaliques pour les premiers , et aux vertèbres coccygiennes pour les seconds.
Les vertèbres, dont la série constitue la colonne vertébrale, se joignent les unes aux autres bout à bout , principalement par le corps , de manières très-diverses ; c’est-à-dire en se soudant complètement entre elles d’une manière tout à fait immobile , comme on le voit dans la composition de la tête et du sacrum, ou d’une manière semi-mobile, au moyen d’une substance qui passe de l’une à l’autre; ou enfin d’une manière complètement mobile , par arthrodie ou par condyle.
Outre le mode principal d’articulation des vertèbres entre elles, elles peuvent encore se joindre au moyen de l’arc osseux dorsal , soit d’une manière mobile à l’aide de surfaces articulaires condyloïdiennes , soit d’une manière immobile , et quelquefois par toute la circonférence de l’arc, comme cela a lieu constamment à la tête.
En considérant l’axe vertébral du corps d’un animal vertébré, on voit que les vertèbres qui le composent forment deux cônes opposés base à base , l’un beaucoup plus court ayant son sommet en avant et constituant la tête, l’autre bien plus étendu, dont le sommet est en arrière, formant ce que l’on nomme généralement le tronc; et comme ces vertèbres, par quelques dispositions de forme, correspondent assez bien à des particularités de la forme extérieure de l’animal que l’on désigne sous le nom de tête , de col , de poitrine ou thorax , de ventre ou abdomen , de bassin et de queue , on distingue les vertèbres en autant d’espèces sous le nom de céphaliques, cervicales, dorsales ou thoraciques, lombaires , sacrées et coccygiennes , distinction qui est assez loin de rester également tranchée dans les cinq classes d’ostéozoaires , si ce n’est pour les premières sortes , et peut-être pour les dernières.
Quoi qu’il en soit, on caractérise ordinairement en prenant la mesure dans l’homme :
De leurs connexions entre elles ,
par le corps ,
De
leur ensemble constituant
opposés :
la Tête en avant,
le Tronc en arrière ,
composés
de
Vertèbres.
Des Vertèbres céphaliques,
dorsales ou thoraciques,
coccygiennes ou caudales.
Os médians sternaux ou Sternèbres.
Partagés en deux groupes :
guttural
(Hyoïde),
thoracique
( Sternum).
DesOslatéraux ou pairs , ou Appendices.
à la Tête , Mâchoires;
H OSTÉOGRAPHTE EN GENERAL.
Les vertèbres céphaliques , par leur position tout à fait antérieure , par leur décroissement d’arrière en avant , par la petitesse proportionnelle de leur corps et la grandeur de leur arc supérieur, et parce quelles sont toujours plus ou moins articulées d’une manière immobile aussi bien par leur corps que par leur arc.
Les vertèbres cervicales, par leur position entre. les précédentes, et les vertèbres thoraciques ou costifères , par leur mobilité constante , sauf chez quelques cétacés, et moins exclusivement peut-être parce que la base de leur apophyse transverse est percée d’un trou.
Les vertèbres dorsales ou thoraciques sont celles qui sont pourvues d’appendices costiformes articulées avec elles diversement.
Les lombaires, celles qui suivent, et qui n’ont plus de côtes, même incomplètes.
Les vertèbres sacrées ne se distinguent des précédentes qu’en ce quelles donnent articulation plus ou moins solide aux membres postérieurs.
Les vertèbres coccygiennes enfin , terminent le cône postérieur et décroissent toujours plus ou moins notablement de la première à la dernière.
La seconde série des os médians ou symétriques, celle qui est inférieure à l’axe du corps, porte dans mon système anatomique le nom de Sternèbres.
Toujours bien moins nombreux que dans la série vertébrale, ils ne sont jamais formés que par un corps ou pièce médiane sans arc osseux supérieur ni inférieur.
Ils ne s’articulent jamais entre eux d’une manière mobile , rarement même semi-mobile.
Ils forment deux groupes constamment distincts , l’un en avant sous la racine de la tête et connu sous le nom & Hyoïde ; l’autre plus ou moins reculé , qui constitue le Sternum , élément inférieur de la poitrine.
Les appendices qui peuvent s’ajouter sur les parties latérales de ces deux séries de pièces médianes, portent le nom de mâchoires à la tête, de cornes à l hyoïde, de côtes vertébrales ou sternales au tronc, et enfin
OSTÉOGRAPHIE EN GÉNÉRAL. 9
de membres, quand ces appendices, plus ou moins complexes suivant leur degré de développement , sont libres à leur extrémité terminale.
Les mâchoires, qui ne manquent jamais dans ce type, quelque déformées quelles paraissent, sont les appendices de la seconde et de la troisième vertèbre céphaliques; d’où les noms de mâchoire supérieure ou antérieure pour l’une, et celui de postérieure ou d inférieure pour l’autre , par lesquels on les désigne suivant la position qu’on donne à l’animal.
Elles ont pour caractère commun de netre jamais libres à l’extrémité , ou du moins detre complètement retenues, et d’être plus ou moins complexes, c’est-à-dire formées d’un certain nombre de pièces jointes ensemble par diverses sortes d’articulations.
La mâchoire supérieure, généralement la plus immobile, pouvant se joindre à la tête par trois racines , une inférieure palatine, une latérale zygomatique , et une troisième supérieure lacrymale, est, dans son état complet, formée de trois pièces placées bout à bout et recevant les dents, pièces nommées dans l’homme l’apophyse ptérigoïde interne , le palatin , le maxillaire et le prémaxillaire ou incisif.
La mâchoire inférieure, à son état de plus grande complication , naît sur les côtés de la troisième vertèbre céphalique , par l’os temporal , appliqué contre elle, par les osselets de l’ouïe en connexion avec le bulbe auditif ou rocher, se prolonge par l’os de la caisse, le cercle du tympan , et se termine par les deux parties ou branches de la mandibule , dont l’antérieure seule porte les dents.
Les appendices trachéliens, plus ou moins complexes, plus ou moins nombreux, suivant le nombre des sternèbres hyoïdiennes, vont se joindre d’une manière plus ou moins immédiate sous la dernière vertèbre céphalique.
Les appendices thoraciques peuvent être de deux sortes, cest-à-dire naître ou s’articuler avec les vertèbres ou avec les sternèbres, et se rencontrer ou se joindre les uns les autres, ce qui constitue des cotes vraies
à lu Gorge
( Cornes) ;
au Thorax
(Côtes).
b. Libres :
Membres.
DesAppendices
céphaliques
des Mâchoires en général.
Distinguées
antérieure ou supérieure,
inférieure ou Mandibule.
DesAppendices
gutturaux.
DesAppendices thoraciques ou Côtes,
distinguées