CONCLUSIONS
conclusions. En sorte que dans l’état actuel de nos connaissances sur l’ancienneté de l’existence des Primatès à la surface de la terre , à en juger d’après les
traces de diverses sortes qu’ils ont pu y laisser, nous pouvons donner comme à peu près certaines les conclusions suivantes :
i “ Plusieurs espèces de Singes sont signalées dans les écrits des anciens , à dater d’Aristote, il y a deux mille ans passés, et ces espèces sont celles qui vivent encore aujourd’hui dans les pays où ils les ont connues;
2° Les œuvres artistiques les plus anciennes , et sans doute antérieures aux œuvres littéraires, viennent confirmer les mêmes résultats; c’est-àdire que les espèces qui se trouvent le plus communément représentées sur les monuments égyptiens sont celles qui sont encore aujourd’hui apportées en Égypte;
3° Il est donc plus que probable que les Singes conservés à l’état de momie sont dans le même cas ;
4° Des restes fossiles de Primatès ont été trouvés dans diverses parties du monde : de Singes ou Pithèques dans l’ancien continent, de Sapajous dans le nouveau, mais pas encore de Lemurs ou Makis;
5° Parmi les Singes, des os fossiles de ces animaux ont été découverts dans un pays où il en existe encore beaucoup, et d’autres en Europe où il n’en reste plus, si ce n’est dans un point extrêmement limité, et très-probablement à l’état marron ;
6° Il n’a pas encore été trouvé de Sapajous fossiles ailleurs que dans les pays où il en existe encore aujourd’hui de vivants ;
7° Les fragments recueillis dans l’Inde ont pu être rapportés à des espèces qui y vivent encore de nos jours;
8° Ceux trouvés en Europe paraissent appartenir à une espèce particulière , distincte de celles qui existent dans l’Inde , et qui semble intermédiaire aux Gibbons et aux Semnopithèques, ou aux Colobes d’Afrique ;
9° Ceux observés en Amérique appartiennent, suivant M. Lund, à des espèces nouvelles, l’une et l’autre surpassant en grandeur tous les Sapajous aujourd’hui existants ;
xo° Les restes de Singes fossiles dans l’Inde se trouvent pêle-mêle Primatès. 9
PRIMATES
avec des ossements fossiles d’animaux considérés comme perdus, et d’autres certainement encore existants dans ce pays ;
1 1 0 Ceux d’Europe sont dans le même cas , d’après ce qu’en a reconnu M. Lartet et ce que j’ai vu moi-même ;
j 2° Ceux du Brésil sont aussi mêlés avec des os d’animaux récents, quoique beaucoup moins nombreux que ceux d’animaux perdus, d’après M. Lund;
i 3° Ceux-ci sont dans le diluvium des cavernes ;
4° Ceux de l’Inde et d’Europe sont dans un terrain tertiaire moyen d’eau douce, et par conséquent d’une époque bien antérieure à la dernière catastrophe que l’on suppose avoir donné la forme actuelle à nos mers et à nos continents.
On a aussi regardé comme des traces de l’existence des Singes à la surface de la terre , les empreintes très-singulières par leur régularité de forme et de position qui ont été découvertes , il y a peu d’années , à la surface de roches fort anciennes en Allemagne. Il suflit réellement de les voir un moment pour regarder cette hypothèse comme entièrement dénuée de toute espèce de probabilité; aussi d’autres personnes ont-elles pensé que c’étaient des pas de Didelphes , d’autres de Salamandres, et enfin aucune de ces opinions n’étant réellement soutenable, des naturalistes plus hardis les ont attribuées à un animal formant un genre distinct, ce qui était beaucoup plus facile que de prouver l’une (juelconque des opinions émises. Nous reviendrons sur ce sujet lorsque nous serons arrivés à l’histoire des Didelphes , parce qu’un plus grand nombre de paléontologistes pensent que c’était un animal de cette sousclasse , et cela avec aussi peu de raison que ceux qui disent sérieusement que ce sont des traces de Quadrumanes ou de Salamandres.
OBSERVATIONS ET ADDITIONS
OBSERVATIONS ET ADDITIONS
Depuis l’impression de la partie de mon Ostéograpliie des Primatès qui concerne la mosaïque de Palestrine, j’ai appris que la Bibliothèque Royale avait acquis des héritiers de M. L. A. Millin un portefeuille de dessins coloriés, de grandeur naturelle, représentant cette œuvre d’art, et qu’il avait fait faire sous ses yeux lors de son voyage en Italie.
M. Jomard, auquel je devais cet avertissement, a bien voulu dernièrement mettre ce portefeuille à ma disposition , et dès lors il m’a été possible de rectifier ce que j’ai dit à ce sujet , pages 44 et 4^-
T La petite figure de Singe assis sur un rocher, sans nom actuellement, mais qui anciennement portait celui de Satyros , p. 44» a une cjueue assez longue ; ainsi ce ne peut être un jeune Magot , comme je l’avais supposé, mais plutôt un jeune Papion, P. Cynocephalus. Son museau est en effet assez prolongé.
2° L’animal dont la figure est située à l’extrémité de la troisième série, sans nom, mais au-dessus de celui du Crocodile de terre, est beaucoup moins nettement représenté qu’on ne le croirait à en juger par la figure donnée dans la planche de Barberini, copiée par Barthélemy; en effet, dans les dessins de Millin, il ale museau court, la queue et les tarses longs, la gueule largement ouverte, au point que la mâchoire inférieure semble un collier. Mais , en définitive , il est bien difficile de dire ce que c’est.
3° Le Singe accroupi à l’extrémité droite de la seconde série, et qui semble regarder l’Onocentaure par-dessus son épaule , a le museau plus long que ne l’indique la figure de Barthélemy; c’est probablement plutôt encore un jeune Papion dont la queue est cachée, qu’un jeune Magot, comme je l’avais supposé.
4° Le Choiropithecos, que la planche de Barberini nomme Chairopotamos, est certainement un produit de l’imagination de l’artiste.
OBSERVATIONS ET ADDITIONS
5° L’animal figuré sous le nom de Lynx est en effet plutôt un Felis (jue toute autre chose , par la forme de la tête et des tarses.
6° Le Keiron est bien certainement un Singe ; car il est représenté non pas chassant dans un hallier, comme je le supposais d’après la planche de Barthélemy , mais posé sur une branche d’arbre élevé , et comme il a le museau et la queue assez longs, avec une pèlerine de longs poils , c’est sans doute le P. Hamadryas que l’artiste a voulu figurer.
7° Le Sphynga que la figure donnée par Barthélemy représente sans queue , en est réellement pourvu. Il est également posé dans un arbre comme le précédent : il a également le museau assez long et de longs poils autour du cou ; aussi c’est encore le P. Hamadryas ou le P. Sphynx.
D’après ces rectifications, la mosaïque de Palestrine ne représenterait réellement pas le Magot qui n’appartient en effet à aucune partie de l’Égypte.
DES
La singulière famille des Chauves-Souris que Linné, dans sa grande manière de faire, trop peu suivie par les zoologistes modernes, a comprise sous le nom générique de Vespertilio, doit commencer l’ordre des Carnassiers , désigné quelquefois par nous sous la dénomination de Secundates, parce qu’en effet les principaux caractères sur lesquels repose l’établissement des Primatès , se retrouvent chez les Chauves-Souris ; savoir, le nombre et la position des mamelles, la liberté de l’organe excitateur mâle, et même le nombre des dents incisives, qui n’est jamais audessus de deux paires , si ce n’est à la mâchoire inférieure et seulement dans les dernières espèces. Aussi , dans le système mammalogique établi rigoureusement sur le nombre de ces dents, les Vespertilio se trouvèrent placés parmi les Anthropomorpha. Toutefois , comme ces animaux ont éprouvé la modification la plus profonde qu’on ait encore observée dans le type d’organisation mammalogique , pour chercher , poursuivre, atteindre et même avaler leur proie dans les airs et de plein vol, au point de ne pouvoir, pour ainsi dire, plus marcher, on voit comment il a fallu une certaine force d’abstraction scientifique pour reconnaître chez les Chauves-Souris les premiers des Secundatès et même de véritables Quadrupèdes ou Mammifères. Aussi, dans beaucoup de classifications zoologiques anciennes et chez les peuples peu avancés sous ce rapport, comme chez les personnes peu ou mal instruites, les Chauves-Souris sont-elles considérées comme appartenant à la classe des oiseaux. Bien plus , des zoologistes de profession , comme
G. Vespertilio. i
Hermann , par exemple, qui n’ont véritablement pas senti ce que sont de véritables affinités, quoiqu’ils en aient traité longuement, ont vu dans ces animaux une sorte de pointe ou d’avance vers la classe des Oiseaux. C est même cette fausse manière de voir qui a été cause que les mammalogistes systématiques , et Pennant à la tête , ont longtemps placé les Chauves-Souris pour ainsi dire hors de rang , à la fin de la classe, avant les Mammifères aquatiques, dont ils faisaient un appendice vers les Poissons. Aujourd’hui, dans l’état actuel de la science, il y a peu de dissentiment sur les affinités réelles des Chauves - Souris et par conséquent sur leur position dans la série. Nous ne devons cependant pas dissimuler que leur appareil locomoteur a éprouvé des modifications assez profondes , et qui , considérées en elles-mêmes et seules , tendent à faire descendre ces animaux dans la série; mais en les analysant convenablement , on peut aisément s’assurer que c’est par anomalie , pour un but déterminé , et non par dégradation réelle , que ces animaux ont perdu la pronation et la supination de la main , comme nous aurons soin de le faire observer au fur et à mesure que l’occasion s’en présentera.
Des os en gè- La nature des os qui entrent dans la composition du squelette des
Leur naiure Chauves - Souris est véritablement la plus opposée possible à ce quelle est chez les Mammifères aquatiques , comme les Cétacés , dont tous les os sont complètement et entièrement celluleux , sans cavité médullaire distincte , et avec une couche éburnée fort mince. Ici , en effet , les os longs des membres paraissent complètement fistuleux, comme ceux des Oiseaux; c’est-à-dire que la plus grande partie de leur intérieur est remplie par un réseau cellulo-fibreux tellement lâche ou peu serré qu’il disparaît complètement par la dessiccation. Malgré cela , ces os sont entièrement remplis de moelle : quoiqu’ils soient fort remarquables par leur grande légèreté , au point que la totalité du squelette d’une grande
Roussette, de la taille environ d’une petite Mangouste, ne pèse guère que 78 grammes, tandis que celui de ce dernier animal en pèse
Une autre particularité qui rapproche encore les os du squelette des Chauves-Souris de ceux des Oiseaux , c’est la rapidité de l’ossification et le peu de durée de la distinction des épiphyses, qui se soudent de trèsbonne heure au corps de l’os , et aussi de la séparation des os de la tête.
Par suite de cette disposition , et surtout parce que les Chauves- Souris ont le tronc fort court , et les doigts des mains profondément modifiés et plus ou moins incomplets ; le nombre total des os , en prenant surtout notre mesure dans le Vampire (F. spectrum, Lin.) est moindre que dans la plupart des Mammifères de l’ordre précédent ; il ne monte guère en effet qu’à deux cent sept en considérant même la tète comme formée de ses quatre vertèbres et de ses appendices décomposés eu leurs éléments.
La disposition particulière des os du squelette des Chauves-Souris est telle que la locomotion et même la station ne sont nullement troncales ; que l’une et l’autre sont même difficilement quadrupèdes , à cause de la prodigieuse inégalité des membres , et qu’au contraire elles sont , et surtout la première, facilement exécutées au moyen des antérieurs considérablement étendus, aussi bien en eux-mêmes que dans les replis de la peau qui en réunissent les parties principales entre elles , avec le tronc lui-même et avec les membres postérieurs en totalité, et ceux-ci entre eux.
La colonne vertébrale des Chauves-Souris en général , et considérée dans son ensemble, est courte , souvent tronquée, par absence de queue, et ne présente guère que trois courbures bien prononcées : l’une céphalique et anguleuse inférieurement au point de jonction de la tête avec le reste du corps; la seconde supérieure et très-fort prononcée au cou, et enfin la troisième en sens inverse , c’est-à-dire la concavité en dessous , dans tout le reste de la colonne, et même souvent à la queue quand elle existe, bridée par la membrane inter-fémorale. D’où il résulte que le tronc des Chauves-Souris au repos prend une forme globuleuse ou
Leur mode d'ossification.
Leur nombre
Leur ensemble ou réunion en Squelette.
Série
supérieure.
Colonne
vertébrale.
En général.
En particulier
dans
le Vampire
( V . spectrum,
La Tête en général.
Ses Vertèbres :
occipitale.
pariétale.
frontale.
% CHÉIROPTÈRES; VESPÊRTILIO.
ramassée, le tronc étant enveloppé par les membres antérieurs comme
dans un manteau.
Le nombre total des vertèbres qui la composent est , dans l’espèce que nous prenons pour type, le V. spectrum L. , de trente -six, en y comprenant la tête pour quatre, savoir : sept cervicales, onze dorsales, sept lombaires, trois sacrées et quatre coccygiennes; ce qui donne au corps de cet animal une forme comme tronquée et conique , fort large en avant, surtout à la poitrine, et assez étroite en arrière.
La tête , dont la longueur, comparée à celle du tronc , semble réellement disproportionnée par sa grandeur, puisqu’elle en est au moins la moitié , présente une structure évidemment plus rapprochée de ce qui existe chez les Carnassiers, que de ce que nous avons vu même dans les dernière Lémuriens, en ce que l’arc de la vertèbre occipitale, trèsélargi en avant par un interpariétal considérable et fort aplati en arrière , offre une crête sagittale très-prononcée, fortement rétroverse, et se joignant obliquement à des mastoïdiens en crête élargie et excavée en dessous. Son corps ou os basilaire est aussi très-large , presque carré et un peu excavé sur les côtés.
Le corps de la vertèbre pariétale est également assez large et assez court, sans apophyses ptérygoïdes bien marquées; ses ailes, également fort petites , plus même que celles de la vertèbre frontale , sont plates et percées de deux grands trous pour la cinquième paire; mais les pariétaux sont, au contraire, étendus, renflés, se rétrécissant en avant pour contribuer à l’étranglement post-orbitaire.
La vertèbre frontale est longue et étroite ; aussi son corps semble-t-il n’être que le commencement du vomer : ses ailes sont cependant assez larges , et entrent pour une assez grande partie dans la formation de la paroi postérieure de l’orbite, et le trou optique dont elles sont percées est grand et ovalaire. Quant au frontal , il est peu large , surtout par absence de toute apophyse orbitaire externe, et d’ailleurs il est fortement étranglé vers le milieu de sa longueur, derrière les orbites.
La vertèbre nasale est assez longue; le vomer fort peu élevé; tandis
nasale.
OS DU SQUELETTE. à
que les os du nez, étroits, un peu aplatis à leur extrémité frontale, un peu divergents en dehors, se rétrécissent à peine à leur terminaison, sans surplomber le moins du monde l’orifice nasal.
Les appendices masticateurs, qui constituent l’autre partie de la tête scs Appendices
. ou Mâchoires :
du Vampire, sont en général longs et étroits.
La mâchoire supérieure commence en arrière par un palatin posté- supérieure, rieur assez épais et triangulaire ; elle se continue par un palatin anté- postérieur, rieur , dont la lame horizontale s’avance assez en s’arrondissant dans la composition du palais ; mais qui , en se réunissant à son congénère dans la ligne médiane , prolonge le canal nasal assez loin en arrière au delà de la ligne dentaire; le lacrymal est au contraire assez petit, arrondi, mar- Lacrymal, gino-orbitaire, et percé d’un trou fort étroit au bord d’une sorte d’enfoncement presque facial. Le jugal est encore plus petit; puisqu’il est Jugai. réduit à une petite pièce losangique, très-étroite, placée entièrement dans l’arcade zygomatique, entre l’apophyse malaire du maxillaire et celle du squammeux.
Le maxillaire, bien plus long que haut , fort étroit dans sa lame hori- Maxillaire, zontale, est au contraire assez élevé dans sa partie verticale, qui tend à s’imbriquer sur le nasal. Le prémaxillaire est encore fort peu développé, rrèmaxiiiaire. transverse, un peu oblique ; sa branche verticale à peine élevée au-dessus de l’horizontale.
La mâchoire inférieure , considérée en totalité , est encore plus longue inférieure, et plus étroite que la supérieure.
Le rocher, par lequel nous commençons toujours sa description , quoi- Rocher que ce soit un os d'enveloppe phanérique , est ici presque détaché et d’une forme sub-circulaire ; en dedans il offre une fossette cérébelleuse, et un canal auditif considérables , et en dehors une fenêtre ovale , fort petite et très-distante de la fenêtre ronde encore plus petite et sous forme d’une petite rimule. On voit assez peu prononcée dans cet animal la saillie inférieure du limaçon qui devra se renfler dans les Chauves-Souris inférieures.
La caisse, en grande partie membraneuse, et par conséquent peu ou caisse point adhérente, n’est constituée que par un cercle du tympan assez
Os de l'Oreille.
Étrier.
Enclume.
Marteau.
Temporal.
Mandibule.
Ses Apophyses.
Condyle.
Angulaire.
Coronoïde.
Symphyse.
Cavités
et Loges Céphaliques.
Cérébrale.
Cérébelleuse.
Basilaire.
Pituitaire.
Temporale
interne.
Ethmoïdale.
élargi et bulleux en dessous , formant un canal auditif externe médiocre,
arrondi et sans rebord saillant.
Les osselets de l’ouïe sont , comme à l’ordinaire , un étrier à branches très-grêles, et laissant un grand trou entre elles, une enclume à racines ou bras assez inégaux; et un marteau dont l’apophyse de Raw, presque aussi longue que le manche, naît d’un col extrêmement élargi et comme palmé. Je ne puis assurer avoir vu l’os lenticulaire.
Le temporal, très-peu élevé et semi-circulaire dans sa partie squammeuse, s’élargit en se portant fortement en dehors pour produire une apophyse jugale mince , grêle , tout à fait horizontale, présentant à sa base une cavité glénoïde large, arrondie, avec une apophyse postérieure très-prononcée , et un trou veineux considérable en arrière de celle-ci.
Quant à la mandibule , sa branche verticale n’est , pour ainsi dire , qu’un élargissement , qu’un épatement de l’horizontale , fortement excavée en dehors par la fosse massétérienne. Le condyle est tout à fait transverse et au niveau de la ligne dentaire; l’apophyse coronoïde triangulaire est peu élevée , et l’angulaire est en crochet s’écartant en dehors. La branche horizontale plate, haute, convergente, touche celle du côté opposé dans une étendue assez considérable ; ce qui forme une symphyse ovale : ses deux bords sont à peu près parallèles , si ce n’est à l’extrémité, où l’inférieur se recourbe assez brusquement, formant, avec celle du côté opposé , un menton extrêmement resserré.
Les fosses et cavités produites par les vertèbres et les appendices céphaliques, sont dans des proportions telles que c’est l’aire cérébrale qui est plus grande que l’aire maxillaire, ce qui est encore augmenté par l’excessive minceur des parois du crâne. La loge cérébelleuse n’est pas séparée de celle du cerveau par une cloison osseuse de l’occipital; la fosse basilaire est à peine excavée ; la pituitaire l’est un peu plus , mais sans apophyses clinoïdes. Les fosses temporales internes sont à peine distinctes des frontales , mais la fosse ethmoïdale est au contraire assez grande, assez profonde et percée d’un grand nombre de trous.
La loge auditive est au plus médiocre , par le peu d’étendue de la
Auditive.
caisse , sans traces de sinus dans les os environnants , dont la minceur est extrême.
L’orbite est également médiocre, latéral, séparé de celui du côté opposé par un espace considérable, et largement confondu avec la fosse temporale , par suite de l’absence totale d’apophyse orbitaire au frontal et au jugal. L’orifice du canal lacrymal est fort petit , au contraire du trou sphéno-palatin.
La cavité nasale est médiocre dans sa partie olfactive ou supérieure; et , en effet , les cornets supérieurs , quoique assez compliqués, sont courts, et l’inférieur plus allongé n’est formé que de deux lames recourbées en sens inverse. Mais le canal sur-palatin est au contraire fort long, commençant en avant par un orifice assez large, et se terminant en arrière en fer à cheval, très-étroit, bien au delà de la terminaison de la ligne dentaire.
L’étendue et la forme de la cavité buccale suivent nécessairement celles du canal nasal. Aussi est-elle longue et étroite , soit au palais , soit entre les branches de la mâchoire inférieure. Les trous palatins postérieurs sont presque indiscernables, tant ils sont petits et divisés en trois ou quatre ; mais les incisifs dont la forme est ovale , sont assez grands et indivis.
Enfin, la tête du Vampire, considérée en totalité, offre, dans la manière dont la face se joint au crâne, un angle fort peu considérable , puisqu’il s’élève au plus à quinze degrés; mais son articulation avec le reste de la colonne vertébrale, 11’est pas tout à fait terminale. Son orifice vertébral oblique est du reste remarquable par la grandeur de son diamètre, ce qui écarte considérablement les condyles. Quant à l’orifice nasal , il est également assez grand et en forme de trèfle , peu marqué ou presque circulaire, entièrement circonscrit par les prémaxillaires et les nasaux.
Les vertèbres cervicales, en général, sont remarquables par leur grande largeur, le peu d’épaisseur de leur corps, la minceur et l’aplatissement
Oculaire.
Nasale
Cornets
supérieurs.
inférieur.
Buccale.
La Tête en totalité.
Angle facial. Articulation vertébrale.
Orifice
vertébral.
nasal.