K. BORDÉE
R. MACROCÉ- PHALE.
R. KIODOTE.
qu’une paire à la supérieure , et manque de la dernière molaire aux deux ; ce qui en réduit le nombre à 4 (i).
Dans la Roussette de Péron, il y a une paire d’incisives fort petites aux deux mâchoires , surtout à l’inférieure ; la série molaire supérieure manque de la première avant-molaire, et des quatre autres, la première arrièremolaire, plus étroite, est la plus longue d’avant en arrière, tandis qu’à la mâchoire inférieure le nombre et la proportion des molaires sont comme dans la Roussette à crinière, seulement un peu plus serrées, même que dans la R. de Vanikoro, et les antérieures plus en crochets.
La Roussette bordée , dont la tête est encore plus courte que celle de Péron, offre des incisives en même nombre que la Roussette ordinaire, seulement plus petites et plus égales; mais il n’en est pas de même des molaires , il n’y en a que quatre en haut et cinq en bas ; la dernière arrière-molaire manquant aux deux séries; et la précédente, ici terminale, fort petite à la mâchoire inférieure.
C’est la même chose dans la R. macrocéphale (JP. macrocephalus ) , quoique la tête soit plus étroite et plus allongée; mais de plus la première avant-molaire parait tomber de fort bonne heure, ce qui réduit le nombre des supérieures à trois.
Enfin la R. kiodote (JP. mini mus) , qui termine la série des espèces de ce genre, revient cependant au même système dentaire que les Roussettes ordinaires , au moins pour le nombre , en haut comme en bas (2) ; seulement la première avant-molaire est presque égale et sem-
(1) Mais cela ne dépendrait-il pas de l’âge?
(2) M. Temminck a sans doute avec raison relevé une erreur de rédaction échappée à M.Fréd. Cuvier, qui, dans le texte de son ouvrage sur les dents des Mammifères , page 40, dit que la R. kiodote manque entièrement de fausses molaires, tandis que dans le tableau des dents de cet animal, fait par l’ami de M. Fréd. Cuvier, le jeune Saulnier, il en est compté deux de chaque côté à chaque mâchoire. On voit en effet que M. Fréd. Cuvier voulait dire qu’il n’y a pas de fausses molaires anomales, ainsi qu’il s’est exprimé en 1829, à l’article zoologie du Dictionnaire des sciences naturelles. Quant au nombre total des molaires, il nous semble qu’il est réellement de | et non de | , comme on le trouve par faute d’impression dans le premier mémoire de M. Temminck sur les Roussettes.
DENTS
blable à la seconde, et la dernière arrière-molaire est dans le même cas , par rapport à celle qui la précède ; les deux paires d’incisives sont en outre bien plus latérales , surtout inférieurement.
Si , maintenant que nous avons atteint le maximum de la disposition frugivore en remontant des "Vampires aux Roussettes, nous descendons au contraire de ces mêmes Vampires aux dernières espèces de Chauves- Souris , nous trouverons à nous rapprocher de plus en plus des Carnassiers proprement dits.
Dans la section des espèces qui ont les orifices nasaux pourvus de quelques expansions dermiques autres qu’une simple feuille, on trouve souvent quelques-unes des combinaisons dentaires qu’on voit chez les Chauves-Souris sans feuille sur le nez.
Cependant , pour les incisives , elles manquent quelquefois complète- Dans les ment à la mâchoire supérieure, par exemple, dans les Mégadermes et ^ïves** les Rhinolophes, ou au moins paraissent manquer , tant elles sont pe- s"^ricu,etites , mais jamais elles ne sont au-dessus d’une paire (i) ; tandis qu’à la mâchoire inférieure elles sont au moins au nombre de deux paires , inférieurement, comme dans les Mégadermes, les Rhinolophes et les Rhinopomes, et même quelquefois il en existe trois paires, comme dans les Nyctères, qui ressemblent ainsi aux Diclidures. Dans tous les cas , ces dents sont toujours dilatées en palette trilobée à la tranche.
Quant au nombre et à la disposition des molaires, on peut trouver Molaires, dans cette division au moins deux des combinaisons que nous allons signaler dans les Chauves-Souris insectivores à nez simple , dont il nous Dans les
, . . . Chauves-Sourk
reste a examiner le système dentaire. ànezsimpie.
Pour les incisives , nous aurons à faire la même observation que dans incisives, le groupe précédent , c’est-à-dire que, pouvant manquer à la mâchoire supérieure, elles peuvent aussi être au nombre d’une ou de deux paires,
(1) Il y a des nuances sous le rapport des incisives supérieures. Dans quelques espèces elles sont constamment nulles, dans d’autres elles existent extrêmement petites et gingivales, tandis que dans le R. clivosus, par exemple, elles sont assez fortes pour être implantées dans la lame du prémaxillaire.
mais jamais davantage; tandis qu’à l’inférieure, où elles ne manquent jamais , elles peuvent être au nombre d’une , de deux et même de trois de chaque côté, et ces dents être bilobées ou trilobées à leur tranchant, comme nous venons de le voir dans les Nyctères.
Dans Ainsi les Taphiens , qui commencent la série , n’ont pas d’incisives su-
mni.vs. pélqeurement , comme les Mégadermes, et le nombre des inférieures est de quatre en deux paires et en palettes trilobées. Mais leurs canines présentent une particularité dans la manière dont le collet tranchant est armé de deux pointes.
Dans les Les Noctilions ont au contraire , comme l’avait depuis longtemps obnoctilions. sej,vé Linné en établissant ce genre , deux paires d’incisives supérieures dont l’interne bien plus forte, en crochet conique, aigu, convergent, et une paire seulement d’inférieures épaisses et bilobées avec talon , auquel correspond la pointe de la première d’en haut.
Dans Les Molosses n’ont que la paire interne des incisives supérieures des
les Molosses. Noctdions; tandis qu’en bas il y en a deux paires également bilobées, mais fort petites et quelquefois assez pressées par le grand développement des canines pour qu’une paire disparaisse. Les canines supérieures sont en épée triangulaire à côtés excavés.
Dans les Enfin , dans tout le reste des Chauves-Souris , il y a toujours trois Vespkrtiliohs. paires d'incisives , pressées, imbriquées latéralement, trilobées, à la mâchoire inférieure , et une ou deux paires à la supérieure , différence sur laquelle repose essentiellement la distinction des Nycticées et des Vespertilions.
Dans Quand il n’y en a qu’une paire, comme dans les Nycticées, la dent
ie? Nycticèes. ^ aigUë? assez longue et fortement collée contre la canine, de manière à laisser un espace vide considérable entre les prémaxillaires.
Dans Parmi les espèces qui ont deux paires d’incisives supérieurement , ces
les Nociuies. jents peuvent être très-dissemblables , la première étant plus petite, du moins en largeur, que la seconde, comme dans les Nodules, où celle-ci est excavée à son extrémité par la pointe de la canine inférieure , ou bien au contraire la première la plus grande et profondément bifide,
DENTS
comme dans les Sérotinoïdes , où l’externe est aiguë, ou enfin être subégales, comme dans les Murinoïdes.
La diversité dans les combinaisons de la partie molaire du système Molaire*, dentaire des Chauves-Souris insectivores à nez simple , est encore plus grande peut-être que pour la partie incisive.
Au minimum ces dents sont au nombre de quatre en haut comme en bas, dont une seule avant -molaire, une principale et deux arrièremolaires, toutes s’engrenant d’une manière multiple et fort serrée.
C est dans les Nyctères que nous en prendrons le type. Dans
A la mâchoire supérieure : 4
La fausse molaire unique est forte, pourvue d’une pointe triquètre siptw courbée en avant et outre le talon interne, d’une sorte de talon tran- AvanWtfoiaire. chant en arrière.
La principale a la couronne de sa moitié antérieure à trois pointes, Principale, avec une fossette intermédiaire, et la postérieure à deux seulement réunies par un tranchant oblique plus large de rebord en dedans.
La première arrière-molaire a tout à fait la même forme; mais elle Arrière
est un peu plus forte. Molaires,
L première.
La seconde et dernière est triquètre à trois pointes, et ne représente, seconde, pour ainsi dire , que la moitié antérieure des deux précédentes.
A la mâchoire inférieure : inférieurement
L unique fausse molaire est à une seule pointe large, un peu tri- Avant-Molaire, quètre, tranchante, avec un talon oblique, mince et rentrant.
La principale et les deux arrière -molaires, qui se ressemblent sous Principale ce rapport, ont leur partie antérieure soulevée, à trois pointes dont etArrière' deux internes, un peu moins élevées, et la postérieure plus petite et plus basse, en talon oblique; seulement ce talon est plus arrondi à la postérieure, qui est aussi un peu plus petite, surtout que la pénultième plus épaisse.
Dans une autre combinaison on pourrait trouver une fausse molaire Molaires,
de plus à la mâchoire supérieure seulement, ce qui donnerait {; mais -
je ne connais encore aucune Chauve-Souris qui l’offre naturellement.
O. Vespertiuo.
Molaires,
(Système sérotinoïde) décrit.
Dans les Nootiuons.
Dans les Rhiisopomes.
Dans
les Molossks,
MVOPTé.RKS.
Dans quelques Nïcticées.
42 CHÉIROPTÈRES; F ES PERTILIO.
On conçoit cependant quelle puisse se rencontrer dans la combinaison de j, et où, par âge ou par accident, une fausse molaire inférieure serait tombée.
Mais si cette combinaison n’existe pas , ou mieux n’est pas encore connue, il n’en est pas de même de celle où une fausse molaire de plus que dans la première se montre à la mâchoire inférieure seulement, ce qui donne Elle se trouve en effet dans plusieurs divisions établies par les zoologistes; savoir, dans les Rhinopomes de la division des Rhinodermes, dans les Noctilions, et dans une partie des Molosses et des Nycticées, et même chez de véritables Chauves-Souris, comme la Sérotine; ce qui a fait donner à cette combinaison le nom de Sérotinoïde.
La première avant-molaire, qui s’ajoute dans cette combinaison, est petite, intercalée d’une manière plus ou moins serrée à la canine , et à la seconde avant-molaire, pouvant l’être de manière , ou bien à être presque cachée , comme dans les INoctilions , chez lesquels elle est conique obtuse, ou bien à être complètement dans le rang, et par conséquent vue en dehors, comme chez les Sérotines, où elle est même assez forte et pointue.
Le Rhinopome microphylle appartient aussi à cette section ; seulement les tubercules sont plus aigus, les barres plus tranchantes, et la seule avant-molaire supérieure offre , à la partie antérieure de sa base , une petite pointe simulant une dent.
Les Molosses de la division des Mops, à laquelle on a donné le nom générique de Myoptère , ont aussi deux avant - molaires à la mâchoire inférieure. Et tout le système a beaucoup de rapports avec celui des Sérotines; seulement, la fausse molaire supérieure est plus longue et plus oblique.
Quelques espèces de INycticées sont dans le même cas; par exemple, la Chauve-Souris de Bélanger, dont le système molaire est en outre moins aigu, plus serré, la première avant-molaire étant beaucoup plus petite que l’autre et très-pressée.
DENTS
Une quatrième combinaison de la partie molaire chez les Chauves- Molaires, Souris insectivores à nez simple consiste en ce que les fausses molaires j sont au nombre de deux à chaque mâchoire, ce qui porte le nombre (Systeme n°ctotal des molaires à f . On la trouve même dans un bien plus grand nombre d’espèces que la précédente.
Mais cette augmentation d’une avant - molaire à la mâchoire supérieure semble se faire , pour ainsi dire , graduellement ; cette dent pouvant être extrêmement petite , obtuse , gemmiforme et entièrement hors de rang, en dedans ou en dehors de la série dentaire, ou bien être plus développée, aiguë et comprise dans le rang.
A la première disposition qui fait que la nouvelle dent n’est pas vi- i" disposition, sible en dehors appartiennent :
La Barbastelle, à laquelle quelques zoologistes n’ont assigné que quatre molaires supérieures , tant la dent gemmiforme est petite;
Les Noctules, où elle est un peu plus forte et un peu moins rentrée;
La Pipistrelle , où cette dent est encore un peu plus forte et presque dans le rang.
Certaines espèces de Nycticées, le V. Blossevillii , par exemple, chez lesquelles elle est tout à fait interne, cachée et gemmiforme.
Les Mégadermes, ou du moins le Mégaderme Lyre, où elle est également très-petite et non visible.
La seconde disposition , dans laquelle la première avant-molaire supé- s* disposition, rieure est fort petite et hors de rang en dehors , se remarque dans une espèce de Rhinolophe, le grand Fer-à-Cheval ( V . Jerrum equinum L.); elle est alors fort visible; mais quelquefois on a réellement assez de peine à la distinguer.
Les autres espèces de cette combinaison présentent la troisième dispo- 3* disposition, sition où cette même dent, plus courte et plus aiguë, est régulièrement dans le rang, seulement avec des proportions un peu différentes.
Ainsi, dans les Taphiens, et, entre autres, dans le T. longimanus, elle est subtriquètre , et la couronne est armée d’une pointe antérieure trèsbasse et d’un talon large à deux mamelons fort peu marqués.
Molaires,
(SystèmeSemi-
murinoïde).
Molaires,
Système mûri noïde).
44 CHÉIROPTÈRES; VESPERTlLlO.
Certaines espèces de Molosses, comme le M. Cestoni, ont aussi cette première dent en série, mais beaucoup plus petite que la seconde et très-aiguë; les inférieures étant très-fortes , quoique assez inégales.
C’est que j’ai également observé, pour la première fausse molaire supérieure , chez notre petit Rhinolophe (B. bihastatus) , où elle est fort pointue, ainsi que dans le R. cruménifère, où elle est au contraire à pointe mousse, sertie par un rebord circulaire (i).
On a pu donner le nom de Semi-Murinoïde à une cinquième combinaison des molaires , à celle dans laquelle le nombre des avant-molaires est encore augmenté d’une à la mâchoire inférieure seulement , ce qui le porte à |. On ne l’a encore trouvée que dans les véritables Vespertilions à | incisives, et la dent nouvellement intercalée est toujours dans le rang. Seulement sa grandeur proportionnelle varie par rapport à celle des deux autres.
Dans cette combinaison, la première supérieure est toujours dans le rang , et celles de la mâchoire inférieure sont toutes les trois fort aiguës; la seconde la plus petite , comme on le voit dans l’Oreillard ( V auritus L. ), dans le V. macrotis , qui est sans doute la même espèce de l’Amérique septentrionale, et dans les V. horrens (Fréd. Cuv.) , V Schreibersii (Natter.), dans le V. lugubris (LeComte, etc.).
Enfin la dernière combinaison que présente le système dentaire , celle dans lequel il est le plus compliqué , le plus rapproché de ce que nous trouverons parmi les carnassiers , se compose de trois avant-molaires en haut comme en bas , ce qui donne £ pour la totalité des molaires.
Elle ne se trouve, comme la précédente , que chez les véritables Vespertilions à y incisives, et toutes les fausses molaires sont en série.
Les différences spécifiques porteront alors sur la proportion de ces trois dents avant-molaires.
Dans le Murin de nos pays {V. murinus, L.) , c’est l’intermédiaire ou
(1) Je n’ai trouvé cette disposition que dans une seule espèce de véritable Chauve-Souris de l'Amérique septentrionale, dont le squelette a été envoyé au Muséum parM. Le Sueur, et dont je ne connais pas l animal.
DENTS
la seconde qui est la plus petite et la plus rentrée, aussi bien en haut qu’en bas.
Dans la Chauve-Souris gentille ( V. lepidus , Gerv.) , c’est tout autre chose ; en effet, en haut, c’est la première qui est notablement la plus petite, et gemmiforme, tandis qu’en bas c’est également elle; mais c’est l’intermédiaire qui est la plus élevée, toutes trois étant fort aiguës.
Chez la Chauve-Souris Limnophile {V. limnophilus, Temm.) les deux premières d’en haut sont beaucoup plus petites que la troisième , l’intermédiaire encore un peu plus que l’autre; mais les trois inférieures sont comme dans le Murin.
En sorte que l’on peut donner comme résultat analytique du système Résumé sur le dentaire chez les Chauves-Souris : systta?re.den
Les incisives varient en haut de zéro à une et deux paires, et jamais au-dessus, aussi bien chez les Roussettes et les Phyllonyctères que chez les Lophonyctères et les Leïonyctères (1).
En bas elles peuvent varier de zéro à une et à deux paires dans les Roussettes et les Phyllonyctères , et même jusqu’à trois paires dans un petit nombre de Lophonyctères et dans un grand nombre de Leïonyctères.
Les canines ne manquent jamais dans aucune espèce.
Les molaires ne sont jamais au-dessous de quatre à chaque mâchoire, et au-dessus de six; mais toutes les combinaisons intermédiaires peuvent se trouver; toutefois les différences en nombre ne portent que sur celui des avant-molaires, car il y a toujours une dernière avant-molaire, une principale et deux arrière-molaires, du moins au delà des Roussettes, qui manquent quelquefois de la dernière arrière-molaire.
Aussi 1 on trouve | molaires dans les Phyllonyctères , les Lophonyctères et dans les Leïonyctères.
(1) Par ces mots Phyllonyctères, Lophonyctères et Leïonyctères, je désigne les Chauves- Sourisdont le nez est pourvu d’unefeuille (Glossophage,Desmodus, Sténoderme, Phyllostome), d une sorte de fer à cheval (Mégaderme , Rhynolophe , Nyctère) , ou bien est entièrement lisse (Taphien , Noctule, Molosse, Chauve-Souris).
Anomalie
dans
le Desmodus.
Incisives
supérieures.
Inférieures.
Canines.
Molaires :
supérieures, 2.
inférieures, 3.
46 CHEIROPTERES; VESPERTILIO.
La combinaisons { se voit aussi dans quelques espèces de ces mêmes groupes , mais plus souvent chez les Leïonyctères.
Celle de { se retrouve aussi dans les trois groupes.
Celle de £ par addition d’une avant-molaire de plus en bas qu’en haut ne se retrouve que dans les véritables Chauves-Souris.
Il en est de même de celle de f qui complète le système dentaire des espèces les plus voisines des carnassiers , par l’introduction d’une troisième avant-molaire à la mâchoire supérieure.
Quant aux anomalies que ce système peut présenter, je n’en connais encore que dans l’espèce de Phyllonyctères , dont on a formé le genre Desmodus.
Dans cette espèce curieuse, qui sous ce rapport rappelle ce qui existe dans l’Aye-Aye , les incisives ne sont qu’au nombre de deux en une paire, en haut, très-fortes, arquées, pointues, tranchantes, convergentes, implantées, non-seulement dans le prémaxillaire, mais encore dans tout le maxillaire lui-même.
En bas il y en a quatre en deux paires, séparées en deux paquets, pour laisser passer dans l’intervalle médian la pointe des supérieures. Elles sont du reste bilobées, médiocres, l’interne un peu plus grande que l’externe.
Les canines plus normales sont assez fortes, peu courbées, aiguës, comprimées , surtout les supérieures qui sont en outre élargies et tranchantes au bord postérieur.
Les molaires sont encore plus singulières , d’abord pour le nombre réduit à deux en haut et à trois en bas. Les deux supérieures égales , aplaties, en cône tranchant; des inférieures, les deux antérieures qui peuvent être considérées comme avant-molaires, sont à une seule pointe triangulaire , et la première renversée sur la seconde. Quant à la troisième, espèce de principale , elle est assez large , comprimée et bilobée à son tranchant.
En sorte que dans cette anomalie du système dentaire , dont nous ne connaissons pas l’utilité pour l’animal, mais qui est certainement en
DENTS
rapport avec quelque particularité dans la matière alimentaire, il semble que ce sont les vraies molaires qui manquent, sauf la principale d’en bas, les fausses étant restées; particularité que je ne connais encore dans aucun autre mammifère, si ce n’est peut-être dans le Chien hyénoïde.
II nous reste maintenant à exposer les principales différences que l’àge Différences apporte au système dentaire des Chauves-Souris , suivant ses degrés de dàge' développement et d’usure, ainsi que la marche de sa disparition.
Les Chauves-Souris ont réellement deux systèmes dentaires comme la i« Système plupart des mammifères, un de jeune âge et l’autre dage adulte; mais (,enlairece que le premier offre de remarquable, c’est qu’il n’existe presque que sur l’animal, encore contenu dans le sein de sa mère ou à l’état de fœtus, et qu’il est très-incomplet.
Le système dentaire du jeune âge des Chauves-Souris, sur lequel j’ai fait et fait faire des recherches depuis 1837 dans mes laboratoires, me semble n’être jamais formé de plus de deux incisives en haut comme en bas, un peu diversiformes, suivant les groupes; d’une canine en crochet et d’une seule et unique molaire, également en crochet, beaucoup plus petite et distante de la canine, à chaque mâchoire.
Dans les Roussettes, les deux paires d’incisives supérieures sont en cro- Dans les chets, l’externe un peu plus forte que l’interne; la canine a la même Rodssettesforme , mais encore un peu plus forte et plus crochue. Enfin , la seule molaire , la plus grêle de toutes , est aussi un peu recourbée à la pointe.
A la mâchoire inférieure , on voit également deux paires de très-petites incisives, rapprochées ou séparées en deux paquets, suivant l’espèce; une canine et une fausse-molaire comme en haut.
Je n’ai cependant pas trouvé cette dernière sur un jeune sujet de P. marginatiis, qui était pourvu, il est vrai, à la fois, de toutes les autres dents de sa seconde dentition. Serait-ce parce quelle tombe la première?
Sur un Sténoderme à lunettes (S. perspicillatum) , les deux paires de Dans les dents incisives supérieures sont très-différentes de celles de la seconde s™0D£RMKS dentition ; la première est en palette profondément bifurquée , la seconde en crochet très-aigu. Je n’ai vu ni canines ni fausses molaires. Quant à la
Dans les Rhwolophes.
Dans les NOCTIUOPiS.
Dans
les NïCTICÉES.
Dans les Vespertilions.
2e Système dentaire modifié.
48 CHÉIROPTÈRES; F ES PERTILIO.
mâchoire inférieure, je ne puis assurer que les deux paires d’incisives que j’ai fait représenter fussent de première dentition ; cependant je le crois.
Je ne connais le premier système dentaire d’aucune espèce de Phyllostome.
Dans les Rhinolophes, du moins dans un fœtus du grand Fer-à-Cheval, je n’ai trouvé aucune trace de la première dentition , quoique la seconde pointât à peine hors des alvéoles; en sorte qu’il faut croire que si elle existe , c’est à un état de fœtus extrêmement peu avancé.
LesNoctilions m’ont offert, en haut, deux paires d’incisives bien régulièrement espacées : l’externe un peu plus forte que l’interne , contrairement à ce qui existe dans la seconde dentition.
Les jeunes Molosses m’ont présenté une particularité remarquable , en ce que, dans le très-jeune âge , il y a supérieurement deux paires d’incisives fort petites; et, comme elles peuvent exister en même temps que l’incisive de remplacement , il en résulte qu’à une certaine époque de la vie de ces animaux il y a trois paires d’incisives à la mâchoire supérieure, comme j’ai eu l’occasion de l’observer sur les Molosses ourson et véloce; tandis qu’à l’inférieure il n’y en avait que deux bilobées , comme celles de la seconde dentition , et fortement serrées par la base des canines (i).
Chez un Nycticée de Bélanger, à l’état de très-jeune âge, j’ai pu observer trois paires d’incisives en haut comme en bas; mais alors il y en a probablement une qui est de première dentition , et les deux autres de seconde.
Enfin, dans les Chauves-Souris proprement dites, il semble qu’on ne trouve que la petite dent fausse-molaire , ce qui est sans importance , le reste du système dentaire ne pouvant donner lieu à aucune équivoque;
Le second système dentaire des Chéiroptères en général paraît pousser
(1) M. Temminck dit positivement que dans le jeune âge de ces animaux le nombre des incisives est d’abord de trois paires, puis de deux , puis d’une , et enfin se réduit à rien ; ce qui me porterait à croire que dans le premier cas il a compris à la fois les dents des deux den-
DENTS
à la fois, du moins pour toute la partie molaire, comme je l’ai déjà indiqué dans un rapport à l’Académie en 1837.
Avec lage il éprouve quelques modifications qu’il est utile de signaler, pour éviter des erreurs de zooclassie.
D’abord , pour le nombre , les changements ne paraissent guère avoir lieu que pour les incisives, qui, pressées à mesure que les canines émergent de la mâchoire, et se rapprochent par la base, finissent par s’entasser, se serrer au point de disparaître dans un ordre plus ou moins régulier. C’est ce qui paraît certain pour les Molosses qui, avec une paire d’incisives, restent tels, et deviennent Nyctinomes , lorsqu’ils en ont deux, pour le Monophylle deStedman, espèce de Phyllostome, dont les dents incisives inférieures tombent avec lage, et peut-être même pour la Roussette dePallas, type du genre Céphaîote des zoologistes modernes.
Il est probable que le genre Atalapha ne repose que sur des individus de Chauves-Souris de New-York {V. noveborcicensis) , qui avaient perdu toutes leurs dents incisives.
L augmentation de la place occupée par les canines semble aussi porte r son effet dans le sens longitudinal , c’est-à-dire sur la première fausse molaire. Dans certaines espèces , en effet , cette première dent tombe d’un côté ou de l’autre. Je n’en connais cependant encore d’exemple que dans les Roussettes et quelques Chauves-Souris proprement dites.
Quant aux changements déterminés par l’usage et qui altèrent la couronne, je n’en ai vu de bien manifestes que sur les molaires vraies et chez les espèces qui se nourrissent de fruits: chez les Roussettes , par exemple, ces dents perdent entièrement leur disposition valléculaire , par l’abaissement de leur rebord. Dans les Sténodermes, tels que je les ai définis en y comprenant quelques Phyllostomes, dont la nourriture consiste également en fruits, ce sont les pointes de la couronne qui s’usent, et qui en s’abaissant produisent sur celles-ci une seule excavation à bords relevés, particularité qui nese voit jamais chez les véritables Phyllostomes.
11 nous reste enfin , pour terminer cette odontographie des Chauves- Souris, à donner la description des racines des dents qui constituent les G. Vespertilio. 7
Dans
le nombre des Incisives.
Des Molaires.
Dans la forme de la Couronne.
Des Racines des Dents.
Du 1" système dentaire.
Du 2° système dentaire.
Incisives.
Canines.
Molaires.
Chez les Roussettes.
Les
Phyllostomks.
50 CHÉIROPTÈRES; FESPERTILIO.
deux systèmes dentaires de ces animaux, et par suite à signaler la disposition et le nombre des alvéoles qui en résultent au bord des os des mâchoires.
Les incisives, les canines et la fausse molaire qui constituent le premier système dentaire des Chauves-Souris , étant toujours simples , n’ont qu’une seule et petite racine, dont on verrait à peine les alvéoles également simples au bord des mâchoires, si ces os étaient alors véritablement solides, en supposant même que les dents de lait fussent autrement que gyngivales.
Dans la seconde dentition :
Les incisives n’ont jamais non plus qu’une seule racine conique, assez peu longue, ces dents n’ayant que fort peu d’elforts à supporter.
Les canines ont également leur racine constamment simple , mais beaucoup plus longue et plus robuste qu’aux incisives ; du reste , plus ou moins conique ou comprimée, suivant la forme de'la couronne.
Les molaires ont, comme les précédentes, des racines proportionnelles en grosseur et en complication à celles de la couronne.
Dans les Roussettes, toutes les dents molaires supérieures et inférieures ont , sauf la première , aux deux mâchoires , deux racines simples, un peu divergentes, l’antérieure à peine plus grande que la postérieure.
Chez les Phyllostomes , la partie radiculaire des dents est évidemment plus compliquée, surtout à la mâchoire supérieure. En effet, les deux avant-molaires seules ont deux racines, la postérieure plus large surtout à la seconde; et les deux suivantes en ont trois divergentes, une petite en avant et en dehors , et deux autres en arrière plus larges , ou lamelliformes, surtout l’interne; et enfin la dernière en a également trois, mais transverses comme la couronne , et celle du milieu bien plus grêle que les extrêmes.
Quant à la mâchoire inférieure , toutes les dents , sauf la première , ont deux racines seulement, comme dans les Roussettes.
DENTS
Les Sténodermes sont tout à fait dans le même cas pour la mâchoire inférieure, malgré la différence dans la forme de la couronne; quant aux supérieures, la première n’a qu’une racine, comme à l’ordinaire, mais triquètre; la seconde en a deux, dont la postérieure presque divisée; la troisième ou principale en a trois courtes, deux antérieures et une postérieure bien plus épaisse ; la première arrière-molaire revient à deux fort plates , et enfin la dernière n’en a qu’une.
Le grand Rhinolophe a au contraire toutes ses dents molaires supérieures , sauf la première si petite , à trois racines , deux externes et l’autre interne, plus large pour le talon; toutes les inférieures, sauf la première, n’en ayant toujours que deux.
Enfin , la noctule , parmi les véritables Chauves-Souris , étant tout à fait dans le même cas , c’est-à-dire ayant trois racines aux quatre dents supérieures, et deux à toutes les inférieures, sauf l’antérieure, on en peut conclure que , dans toutes les autres espèces de Chauves-Souris, ce sera à peu près la même chose, sauf pour les premières avant-molaires, qui n’auront jamais qu’une seule racine. C’est ce dont on peut s’assurer chez les Murins (K Murinus ) , par exemple, où supérieurement les deux premières avant-molaires n ont qu une racine , la troisième et les quatre molaires vraies en ayant trois ; et inférieurement , où les deux premières avant-molaires seules n’ont qu’une racine.
La disposition radiculaire des dents des principales espèces de Chauves- Souris étant établie, il sera aisé d’en conclure la disposition des alvéoles creusées au bord des mâchoires.
Chez les Roussettes dont le système dentaire est complet, c’est-à-dire formé de — incisives, -j- canine et | molaires, la série des alvéoles, assez profondes, est ainsi formée : en haut comme en bas, de deux petits trous ronds pour les incisives, un plus grand pour la canine, un quatrième excessivement petit derrière l’alvéole de celle-ci en haut , mais plus grand en bas, et ensuite huit autres trous rapprochés deux à deux, le postérieur un peu plus grand que l’antérieur.
Dans les Sténodermes , on trouve encore, en haut comme en bas, les
Les
Sténodermes.
Les
Rhinolopbes.
La Noctui.e.
Le Morin.
Des Alvéoles.
Chez les Roussettes.
Les
Sténodermes.
52 CHÉIROPTÈRES; VESPERT1HO.
deux trous ronds des incisives, celui plus grand des canines assez bien comme chez les Roussettes ; mais au delà, tout est différent, surtout à la mâchoire supérieure. En effet , on n’y distingue que des fossettes assez peu profondes , mais fort larges à leur entrée. D’abord une plus petite, puis deux fort rapprochées pour les deux racines de la seconde fausse molaire, puis deux beaucoup plus larges dans le fond desquelles on voit trois enfoncements peu profonds.
Les Quant à la mâchoire inférieure, on y observe aisément une série de
hm.lostomks. Qnze trous t presque également serrés, les deux premiers beaucoup plus petits pour les incisives, le troisième, le plus grand, pour les canines , et les huit autres croissant un peu jusqu’au cinquième pour décroître ensuite.
i es Les alvéoles dentaires des Phyllostomes sont assez bien comme chez
les Sténodermes , sauf quelques différences dans le nombre et dans la proportion des trous. La ressemblance est cependant plus marquée à la mâchoire inférieure qu’à la mâchoire supérieure.
Les Dans les Rhinolophes , les différences sont encore plus grandes pour le
Vkspertilions. ...
nombre et aussi pour la disposition des trous qui , pour les molaires vraies,
sont groupés trois à trois à la mâchoire supérieure.
C’est tout à fait la même chose chez la Noctule et chez les Murins, ce qui produit une série marginale externe de sept trous , et une interne de quatre supérieurement , car, inférieurement, il n’y a toujours qu’une série de petits trous fort serrés , au nombre de treize. Chez les Murins qui ont une avant-molaire de plus en haut comme en bas, la série externe des alvéoles supérieures sera de douze , tout compris , et de quatorze à la mâchoire inférieure.
Le» Enfin , dans le Desmodus nifus , l’anomalie de son système dentaire a
Dbsmodus.
dû se traduire dans les racines des dents et dans leurs alvéoles. Les premières sont toutes simples et même fort petites, si ce n’est pour les incisives supérieures et même pour la canine supérieure , qui les ont trèsfortes et en cône. Quant aux racines des molaires, celle de la dernière inférieure est seule à deux racines connées.
DENTS
Quant aux alvéoles , leur singularité surtout supérieurement sera plus aisément saisie par l’examen des figures que nous en donnons que par de longues descriptions. On verra ainsi en haut deux fentes : l’une antérieure pour l’incisive, la suivante pour la canine , puis deux petits trous ronds fort rapprochés ; et en bas , une série de six trous : les trois premiers à peu près ronds, et les trois autres ovales; l’antérieur plus grand à cause de l’obliquité singulière de la dent qui s’y implante.
DE L’ANCIENNETÉ