‹ Ostéographie, ou, Description iconographique comparée du squelette et du système dentaire des Mammifères récents et fossiles (volume 3)Chapitre 18 sur 36 · CARNASSIERS: G. FELIS, L · texte numérisé non relu

CARNASSIERS: G. FELIS, L

1 exagération de style qui lui est propre. En effet, dans le passage qu’il a consacré à l’histoire des animaux qui changent de couleur , il se borne à contracter dans une parenthèse ce qu Aristote en avait dit de descriptif.

Depuis lors , ce que les auteurs anciens ont écrit sur un animal de ce nom, ne peut guère servir à le faire reconnaître, si ce n’est Solin qui dit que cest un Loup d Éthiopie , et qui ajoute qu’il est plus faible et moins courageux que le Loup ordinaire.

Peut-être aussi pourra-t-on trouver les indices de quelques-unes des espèces du genre Canis qui ont été distinguées depuis dans les quatre espèces de Loup dénommées , et même signalées par Oppien dans son poème de la Chasse :

i° Le L. sagittaire (Z. toxyterci ) , ayant la tête proportionnellement longue par rapport au corps qui est court, le pelage fauve en dessus, et tout le ventre blanchâtre, étant d’un aspect féroce, vite à la course, et hurlant d’une manière effroyable.

2 ° Le Z. épeivier ( L . circus ) , de taille plus grande, plus allongée, de couleur blanche sur les côtés et sur la queue , et l’emportant sur toutes les autres espèces en vitesse. Il vit dans les montagnes, si ce n’est dans l’hiver , où il en descend pour se rapprocher des lieux habités, et n’allant en quête de sa nourriture que dès l’aurore ou au crépuscule.

3° Le Z. doré (Z. chryson ), nommé ainsi à cause de la couleur brillante de son pelage , qui le rend le plus beau de ce genre d’animaux. 11 est, du reste, cl’une taille bien supérieure à celle du Loup ; il vit dans les montagnes de la Cilicie, sur les monts Taurus et Amanus; redoutant les chaleurs de la canicule, il se cache pendant toute sa durée dans une caverne. Il a la gueule si forte, si tenace, qu’il brise les pierres les plus dures , et même l’airain et le fer.

Oppien définit encore deux autres espèces de Loup sous le nom commun de Acmonas , ayant l’une et l’autre le cou court, le dos large, les jambes et les pieds très-poilus , le museau et les yeux petits , avec le pelage hérissé en forme de soies.

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L’un a le dos et le ventre plus blanchâtres , le tour des yeux noirâtre ; on le nomme quelquefois Ictmon.

L’autre, de taille plus petite, quoique aussi vigoureux, se distingue par sa couleur noirâtre.

Ils chassent principalement les lapins.

Quoique ces signalements soient insuffisants pour savoir s’ils indiquent des espèces véritablement distinctes, on peut cependant croire que la seconde est quelque chose de particulier qui ne peut être le Chacal , à cause de la grande différence de taille.

Quoi qu’il en soit , le nombre des espèces du genre Cornis resta longtemps borné à celles qui se trouvent communément en Europe.

Comme pour le genre précédent, et sans doute pour la même raison, c’est-à-dire à cause de leur emploi dans le commerce des fourrures, les premières espèces nouvelles furent signalées par les naturalistes du Nord, Olaüs Magnus, Albert le Grand et Agricola. On trouve en elfet indiqués dans leurs écrits les Renards que l’on a nommés depuis C. V. isatis , decussatus , etc.

En 1 553 , les voyageurs en Orient, et entre autres Réion, nous firent enfin connaître d’une manière assez complète le Chacal si commun dans tout l’Orient , ou le C. aureus , et cet auteur fit de l’Hyène un Loup marin .

Du reste les savants compilateurs et observateurs Gesner, Aldrovandi, n’ajoutèrent rien de bien nouveau à la liste des espèces connues. Nous voyons cependant que Jonston , admettant l’erreur de Bélon, considère comme espèce de ce genre l’Hyène , sous le nom de Loup marin , en émettant le doute, avec Gesner, que ce pourrait bien être la véritable Hyène.

Jonston a cependant commencé à parler, d’après Nieremberg, des espèces de Renards de l’Amérique , tels que le R. du Mexique , figuré par ce dernier, et probablement le R. tricolore en confondant avec elles les Moufettes, les Zorilles ou J^ulpecula des Espagnols.

Ces espèces ne furent cependant pas reprises par Ray, qui , du reste , dans l’établissement de son Gémis caninum , fut plus malheureux que

G. CARNASSIERS

Chez

les Modernes.

Albert le Grand.

Olaüs.

Scaligcr.

Bel on ,

Aldrovandi.

Gesner,

N ierembera.

Jonston .

Ha y.

Linné,

B u (Ton

et Daubenton.

Fermant.

Erxlcben,

Gmelin.

Fa 11 as.

D’Azzara.

pour la plupart des autres, au point que non-seulement les Loutres s’y trouvent avec les Coatis, les Blaireaux, mais encore les Phoques et même les Lamantins; et cependant, dans sa caractéristique, il avait assez convenablement insisté sur le nombre des dents molaires , qu’il porte à tort à six de chaque côté des deux mâchoires, sur l’absence de clavicules , et sur la présence d’un os dans la verge.

C’est donc encore à Linné que sont dues la réforme et la délinéation convenables de ce genre Canis , en en séparant même la Hyène, qu’il y comprit depuis , dans trois des éditions du S. N., et qui n’en fut définitivement retirée que parBrisson, en 17 56.

Toutefois, le nombre des espèces n’augmenta guère d’une manière un peu notable qu’aprèsla publication des derniers volumes de l’Histoire naturelle de Buffon et de Daubenton , qui eut lieu en 1767. En effet, les zoologistes systématiques y trouvèrent la description et souvent la figure de plusieurs espèces de Renards, de Loups, de Chiens, et cependant, dans la dernière édition du S. N. qui suivit cette publication, le nombre des espèces ne fut porté qu’à huit, en y comprenant les Hyènes.

Mais il n’en fut pas de même dans le Système des quadrupèdes de Pennant, et dans celui des Mammifères d’Erxleben, chez lequel le nombre total des Canis monte à quatorze , sans compter les deux espèces d’Hyène qu’il y range, contre la manière de voir de Pennant, ayant fait entrer les nouvelles espèces de f Amérique du nord, de Sibérie , d’Afrique et même de l’Inde.

En 1789, époque de la publication de la i 3 e édition du S. N., par Gmelîn, une quinzième espèce de plus seulement fut inscrite au delà de celles d’Erxleben.

Depuis ce temps, mais surtout depuis les travaux de Pallas en Asie, de Pennant sur la zoologie arctique et asiatique, de d’Azzara sur les quadrupèdes du Paraguay; depuis les voyages des naturalistes dans le sud et le sud-est de f Afrique, dans le continent et dans l’archipel de l’Inde, dans la Nouvelle-Hollande, voyages nombreux et répétés , entrepris dans le but de rechercher les espèces animales, on a vu successivement

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s’accroître le nombre clés espèces de Canis au point que, dans le catalogue de Jean-Baptiste Fischer, il serait de trente-deux sans les Hyènes ; mais comme il y avait un assez bon nombre de doubles emplois, nous l’avons réduit à moins de vingt dans notre Système du règne animal , en comptant même encore plusieurs espèces incomplètement connues, et qui ne sont distinguées que par des noms.

Quoique Gmelin ait distribué les Canis dans un ordre qui ne parait pas tout à fait arbitraire , ce n’est cependant que dans ces derniers temps que l’on a essayé d’y établir quelques divisions qui ont même été souvent considérées comme génériques.

La première a porté sur les Hyènes, qu’aucun zoologiste ne range plus aujourd’hui parmi les Chiens, à l’imitation de Linné d’abord, puis et surtout de Brisson.

Puis on a séparé les Renards d’après la considération de la pupille verticale dans sa contraction , et c’est à M. Desmarest que cette innovation est due.

Le même M. Desmarest , en ayant égard à la grandeur des oreilles et à l’acuité des ongles, a encore établi (1804) le genre Fennec, formé avec le C. cerclo.

Ensuite sont venus successivement le genre Cynohyœna , établi avec une espèce de l’Inde qui a quatre doigts en avant comme en arrière; puis le G . Megalotis de M. Bennett, d’après la considération du système dentaire, qui est tout différent de ce qu’il est dans les autres espèces, pour un animal du Cap de Bonne-Espérance, dont nous avons le premier signalé cette singulière particularité , et qui, du reste, a tous les caractères extérieurs et ostéologiques des Canis.

Enfin l’absence de la dernière arrière-molaire à la mâchoire inférieure , qui se remarque dans une espèce des sous-Himalayas , le C. pnmœms de M. Hogdson a servi à en former aussi une section distincte, comme M. Isidore Geoffrov Saint-Hilaire a cru devoir en former une sous la dénomination de Prolèles avec la Civette hyénoïde de M. G. Cuvier, qui n’a réellement aucuns caractères de la Civette, et

J. -B. Fischer.

Divisions

génériques.

Hyæna.

Renard.

Fennec.

Cynohyène.

Megalotes.

Protéles.

En général.

En particulier.

Chez

les Anciens.

Aristote.

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