‹ Ostéographie, ou, Description iconographique comparée du squelette et du système dentaire des Mammifères récents et fossiles (volume 3)Chapitre 19 sur 36 · U CARNASSIERS; G. HYÆNA , L · texte numérisé non relu

U CARNASSIERS; G. HYÆNA , L

dont le système dentaire est si anomal dans la partie molaire , qne ce dernier a pu dire que ce n étaient que des dents de lait petites et usées, et qu’il ne doutait pas que clans leur état normal elles ne ressemblassent à celles des Civettes , présomption que l’observation n’a nullement vérifiée.

Quant à la position du genre Canis dans la série des Carnassiers, on peut concevoir combien elle a du varier suivant que le principe de leur distribution était tiré du système dentaire ou du système digital.

Art. 8. — Des Carnassiers du G. Hyæna (Brisson).

Les Hyènes que nous venons de voir avoir été longtemps confondues dans le genre Canis , dont elles diffèrent cependant par un grand nombre de caractères tant extérieurs qu’intérieurs , et même par Linné , dans sa manière large de systématiser l’ensemble des êtres créés , sont des animaux dont l’histoire nous est parvenue , composée de beaucoup plus de faussetés que de vérités , non-seulement dans leur histoire naturelle , mais encore dans celle de leur organisation , quoique la plupart de ces faits faux reposassent sur quelque chose de spécieux.

Chez les naturalistes anciens , qui ne connurent guère ce que plus tard on a nommé les rapports naturels des êtres et la partie systématique de la science , les Hyènes , dont le nom , grec d’origine et sans étymologie connue , nous est parvenu tel que les Latins l’avaient accepté , étaient considérées en elles-mêmes ; et il paraît en outre qu’ils avaient distingué de bonne heure les deux espèces vivantes que nous connaissons aujourd’hui. Seulement, quoique Aristote , dans sa manière sévère d’envisager la zoologie , ait rejeté l’op inion des deux sexes attribués à chacun de ces animaux , en montrant quelle n’est fondée que sur une apparence , il n’en dit que fort peu de chose ; cependant ce qu’il en dit , la grandeur et la couleur du Loup , le poil plus épais et une crinière qui se prolonge dans toute la longueur du dos , ne permet pas de douter que l’animal auquel nous donnons le nom d’Hyène, ne

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soit bien le même qu’ Aristote a nommé ainsi , et quelquefois Glaucus.

On doit tirer la même conclusion de ce qu’en a dit Pline, puisquil se borne, comme de coutume, à traduire à sa manière les passages d’Aristote, en y joignant, il est vrai, tous les faits apocryphes de l’histoire de cet animal , qu’Élien augmenta notablement ; on peut même dire qu’ils existent encore pour la plupart aujourd’hui chez les Arabes , et dans l’Orient où ils sont nés peut-être , et d’où ils sont passés chez les médecins de cette nation , et par suite ne se sont pas amoindris en arrivant jusqu’à nous.

Oppien , comme le fait justement observer M. G. Cuvier, avait cependant ajouté ce dernier trait à la description d’Aristote , des lignes transverses noires; mais on ne pouvait encore discuter convenablement tous ces renseignements; aussi, dans les écrits des naturalistes d’avant la renaissance, époque à laquelle le merveilleux était justement ce que l’on recueillait et l’on admettait plus aisément, comme dans ceux d’Albert le Grand , de Vincent de Beauvais , de Thomas de Cantorbéry , l’on conçoit que ces fables , puisées dans les auteurs arabes , durent encore plutôt augmenter que diminuer, et c’est en effet ce qui eut lieu.

Cependant Bélon , qui avait obtenu , sans dire par quelle voie , une description et une figure passables de l’Hyène rayée , d’après un animal qui avait sans doute vécu en Angleterre ( car il dit dans sa description : cicurem diü • vixisse aiunt , et plus haut , m Oceani Bntanmci littore aliquanclô conspectum ), ne la reconnut pas pour la véritable Hyène des anciens ; il lui donna même le nom de Lupus aquaticus , en traita dans son Livre des Aquatiles , publié en i553, et décrivit, sous le nom de Hyène des anciens, la Civette, comme nous l’avons vu plus haut, trompé par la poche au musc, qui comme dans l’Hyène se trouve dans les deux sexes, mais autrement placée, ainsi qu’il aurait pu le voir dans la description d’Aristote.

Gesner lui-même, qui souvent a réussi à établir des rapprochements fort difficiles avec une rare sagacité , après avoir montré que la prétendue Hyène de Bélon n’était pas celle des anciens, mais bien la Civette,

Pline.

Élien.

Oppien.

Bélon ,

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