CARNASSIERS; MU ST EL A , L
Aristote, en parlant des animaux qui ont la verge osseuse, cite le Loup , le Renard , l’/c&setle Gale . Il décrit YIctis , Hist. an ., IX, 6 , en disant qu’il est de la taille des petits chiens de Malte , qu’il est semblable au Gale pour l’épaisseur du poil ét la blancheur de la partie inférieure ; à quoi il ajoute qu’il devient très-privé , et qu’il mange les oiseaux comme les Chats ( Ailuros) ; ainsi la taille et la couleur des parties inférieures portent à regarder l’Ictis comme la Fouine, ou le Mustela foina des zoologistes , à moins que ce ne soit plutôt le petit Carnassier que les habitants de la Sardaigne nomment Bocca-Mele, à cause de son avidité pour le miel (i).
Quant au Gale qu’ Aristote se borne dans ce passage à comparer à ffctis pour l’épaisseur du poil et la blancheur de la partie inférieure, à quoi il ajoute , dans différents endroits , que les Gales des bois font la guerre aux Rats, qu’ils sont ennemis des Chats-Huants et des Serpents; qu’ils étranglent les oiseaux sans bruit, et qu’ils transportent leurs petits avec leur gueule, ce qui explique le préjugé populaire que ces animaux accouchent par la bouche ; Gesner et, depuis, tous les zoologistes en ont fait la Marte proprement dite; mais dernièrement M. Dureau de Lamalle , pour appuyer l’opinion que c’était notre Putois ( M. Putorius , L. ), cite un passage d’Aristophane, où ce nom de Gale est employé pour désigner un animal auquel il veut comparer une vieille femme à laquelle la peur fait exhaler une mauvaise odeur; mais depuis, notre confrère a pensé que c’était plutôt la Belette, comme l’avait fait Camus.
Les naturalistes romains n’ont latinisé aucune de ces dénominations grecques , et se sont servis des noms de Mustela , de Vie erra , de Martes
(1) Voici le passage d’Aristote d’après la traduction de Gaza : lotis genus mustelœ rusticœ , quod Vwerram interpretor , magnitudine est , quànt melitensis Catellus minor, sed pilo , forma, albedine partis inferioris et morum astulia mustelœ similis ; mansuescit majorera inmodum ; ojficit alvearibus ; raellis enim avida est; aoes etiam petit. Ut J élis génitale ejus osseum est , niante dixi , et medicamento urinœ sdllationibus esse putatur ; datur per ra-
inent a ex o/no.
HISTOIRE ZOOCLASSIQUE. 19
et de Felis, dont l’origine et l’étymologie sont à peu près inconnues, ou du moins bien obscures , et qui ont été acceptées par les naturalistes
modernes.
Au lieu du mot Gale que l’on suppose être notre Putois ou notre Belette , Pline paraît avoir substitué celui de Vio erra. En effet , dans le passage d’Aristote , cité plus haut , Pline dit gemtaha ossea sunt Lupis, Vulpibus , Mustelis et Vwerrîs ; ce dernier mot étant évidemment à la place du Gale d’Aristote, et celui de Mustela remplaçant la dénomination d Lctis.
Dès lors le nom de Mustela appartiendrait à Y lotis des Grecs ou à la Fouine ( M. Foina)- et en effet Pline ledit lui- même dans le passage où il distingue deux espèces de Mustela , différentes de grandeur, que les Grecs nomment Ictidœ ; l’une sauvage ou sylvestre , 1 autre qui vit dans nos maisons, transportant et changeant de place chaque jour ses petits , et poursuivant les Serpents.
D’après cet article , qui pourrait encore fort bien reposer sur différents passages cl’Aristote , on voit que les Latins semblent avoir distingué une espèce de plus; et comme Pline compare ses deux espèces d’Ictides ou de Mustelas suivant que l une habite les bois ou nos maisons , les zoologistes ont admis assez généralement que l’espèce des bois était notre Marte proprement dite, et que celle des maisons était notre Fouine, qui vit en effet constamment encore autour de nos habitations.
Cette opinion est d’ailleurs fortifiée par une observation de Palladius , qui, en parlant des moyens de détruire les Taupes, qui viennent s’établir au milieu des plants d’artichauts , dit que la plupart des horticulteurs se servent de Mustèles privées; et ces Mustèles paraissent à M. Dureau de Lamalle être plutôt la Fouine que la Marte , celle-là étant moins sauvage et vivant même dans nos habitations.
Le nom de Martes , dont nous avons tiré le nom que nous donnons à l’espèce sauvage, se trouve aussi chez les auteurs latins, dans ce vers de Martial,
Fit erra.
Mustela.
Marte*,