CARNASSIERS; MUSTELA , L
Fur o.
.strabon.
Venator capta Marte superbus adest ,
mais seulement , suivant Gesner et M. Dureau de Lamalle dans cet auteur, et sans aucune description.
Si ces interprétations étaient hors de doute , les naturalistes grecs et latins n’auraient pas connu la Belette , et dans l’apologue d’Ésope , où il ne peut être bien évidemment question que de cet animal, Phèdre aurait employé le nom de Mustela par approximation. Cependant quelques auteurs , et entre autres Scaliger et Agricola , pensent que l’animal nommé Mus ponticus-albus par Aristote pourrait bien être l’Hermine ; mais que peut-on dire sur la simple note (liv. Vlïl , ch. 17, et liv. IX, ch. 5 o) que cet animal se tient caché pendant quelque temps, comme le Loir, et qu’il rumine, quoiqu’il ait des dents également aux deux mâchoires, à moins que, comme l’a pensé Gesner, ce ne soit plutôt quelque espèce d’Ecureuil ; ce qui a été assez généralement adopté.
M. Dureau de Lamalle rapporte à la Belette ce que dit Aristote de son Gale , qu’il est blanc dans les parties inférieures du corps , comme \ T clis., caractère qui n’appartient en Europe qu’à la Belette et à la Fouine , or, celle-ci étant YIctis ; donc, suivant lui , le Gale ne peut être que la Belette.
Nous devons encore faire observer que si l’on ne peut avoir de certitude sur la connaissance par les anciens de plusieurs des très-petites espèces de Mustèles actuelles, il n’en est pas de même pour le Furet; en effet , Strabon , qui écrivait dans le premier siècle de notre ère , en parlant des Lapins d’Espagne , et des animaux qui les chassent , comme importés d’Afrique, emploie l’expression de Gales agrias , mais sans prétendre que ce soit la même chose que l’animal nommé Gale par Aristote. Gesner pense avec raison que c’était au moins une espèce voisine : aussi quelques commentateurs ont-ils traduit Gale par Furo, et Pline le désigne par le nom de Vwerru, que nous avons vu être certainement appliqué par lui au Gale d Aristote ; en sorte que , avec les renseignements que nous ont laissés les anciens sur les animaux du genre Mustela , il est bien difficile
HISTOIRE ZOOCLASSIQUE. 21
d’assurer au juste quelles espèces ils ont connues ( i ). Il n’en est pas de même des premiers naturalistes du Nord; on voit en effet qu Albert le Grand, Agricola , et surtout Gesner, ont parfaitement désigné et souvent décrit la Marte , la Fouine, le Putois, le Furet , le Perousasca ou Marte de Pologne , aussi bien que la Belette et l’Hermine. Albert le Grand avait même parfaitement connu le changement de couleur de ces deux dernières espèces pendant l’hiver.
Aldrovandi , et son commentateur et éditeur Ambrosini , n’eurent donc pas de peine à les distinguer chacun sous un nom propre , en y ajoutant la Marte de Sibérie ou la Zibeline que le commerce avait introduite en Europe, et qu’ Agricola (cle Anim. subt p. 40) semble avoir désigné le premier sous 1 a. dénomination de Zobels.
Il fut donc très-facile à Ray, lorsqu’il chercha à introduire dans l’étude des corps naturels la marche systématique, d’établir son Gênas mustelium , que Linné, trente ou quarante ans plus tard, nomma plus simplement Mustela , et dans lequel ont été successivement rapportées des espèces de contrées plus ou nloins éloignées.
Les premières furent les petits animaux Carnassiers du Nouveau-Monde que l’odeur extrêmement puante qu’ils exhalent en certaines occasions, a fait nommer Moufettes , signalées par les premiers voyageurs dans ces pays, et que Linné considérait comme appartenant à son G. Vivorra , ce qui fut imité par un assez grand nombre de zoologistes , jusqu’au moment où M. G. Cuvier crut devoir en constituer un genre distinct en 1 8 1 7,
Vinrent ensuite ces grandes espèces de l’Amérique méridionale que Buffon nous fit connaître sous les noms de Tayra et de Grison , et qu’une certaine ressemblance avec une autre espèce encore plus forte de l’ancien continent, et plus anciennement connue, puisqu’elle est déjà parfaitement
(1) Voici cependant les conclusions des Mémoires de M. Durean deLamalle : Gale et Mustela signifient tantôt le Chat privé et tantôt la Fouine privée ; avec l'épithète d 1 lotis , Sylvesttns ou Martes , la Fouine et la Marte sauvage ; quelquefois le nom de Gale seul indique le Putois ou Belette. Tantôt avec l’épithète d ’Agria, le Furet, et avec celle de Tartessia la Civette ou la Megale.
Chez
les Modernes.
Albert le Grand.
Agricola.
Gesner,
Aldrovandi ,
Kay.
Buffon.
Sparmann.
Isul. Geoffroy.
Loütrks.