‹ Ostéographie, ou, Description iconographique comparée du squelette et du système dentaire des Mammifères récents et fossiles (volume 3)Chapitre 7 sur 36 · CARNASSIERS; G. MUSTELA, L · texte numérisé non relu

CARNASSIERS; G. MUSTELA, L

indiquée dans Olans Magnus, fit réunir sous la dénomination générique de Glouton ou de Gulo. Mais depuis ce temps , les deux espèces d’Amérique ont été de nouveau séparées génériquement sous le nom de Gahctis , par M. Bell, et de Huro par M. Isidore Geoffroy.

Les voyageurs au Gap de Bonne-Espérance rapportèrent aussi d’assez bonne heure les Mustelas de la Sud- Afrique , c’est-à-dire le Rattel décrit pour la première fois par Sparmann en 1777 , et dont Storr a formé le genre Mellwora , auquel est venue se joindre une espèce de l’Inde, et la Zorille que Buffon considérait comme le représentant, dans l’ancien continent, des Moufettes du nouveau, mais qui, offrant quelques particularités des dents, a pu aussi être érigée en genre par des zoologistes qui ont également cru devoir séparer génériquement les Putois d’après la considération rigoureuse du système dentaire.

Plus tard, on connut des espèces de l’Amérique du Nord que Buffon , qui les détermina le premier, nomma Toison. Pecan , etc.; puis successivement on en découvrit dans l’ Amérique moyenne , et enfin dans la Sud-Amérique; en sorte qu’aujourd’hui le nombre des espèces du genre Mustela de Linné peut aisément être porté à trente réparties dans les genres ou sous-genres nommés Mellwora , Gulo , Zorilla , Huro, Putorius , Mustela proprement dit, qui, ainsi réduit, 11e contiendrait plus que cinq à six espèces suffisamment définies. Enfin, dans ces derniers temps, les recherches zoologiques faites dans les Indes Orientales ont amené la connaissance de la singulière espèce dont M. Isidore Geoffroi- Saint-ÏIilaire a fait son genre Melogale , indiquant les rapports de ce mammifère avec les Blaireaux d’une part , et avec les M ustèles de l’autre , tandis que l’Amérique fournissait à M. Lichtenstein un autre quadrupède américain qui , avec le système de coloration des Yiverra , et même leur système dentaire, a cependant tous les caractères des Mustelas; c’est le Bassaris.

Dans cette même division des carnassiers sont comprises , comme Linné l’a fait d’une manière plus ou moins complète , les Loutres ; nous devons donc donner un aperçu historique des travaux des naturalistes sur ce genre d’animaux.

HISTOIRE ZOOCLASSIQUE. 23

Les Grecs connaissaient certainement la Loutre ordinaire, qui se trouve en effet dans toutes les eaux douces d’Europe, et cela sous le nom d’j Enhydris; mais ils jugèrent fort mal de ses rapports, comme cela se conçoit aisément , en pensant que la considération de première importance pour eux était le séjour; aussi lont-ils presque toujours rapprochée du Castor, et c’est même à ce rapprochement erroné qu’est due l’erreur d’attribuer à la Loutre le castoréum, employé depuis si longtemps comme hystérique, ainsi que nous l’apprend Hérodote. Du reste, Aristote n’en dit que fort peu de chose , et rien de son organisation : seulement son nom , sa place parmi les animaux aquatiques , et la force de sa morsure ne permettent pas de douter que c’est bien de notre Loutre qu Aristote a parlé sous le nom cl "Enhydris ; mais il s’en faut beaucoup qui! soit aussi assuré que le Latax soit également une espèce de ce genre, ou même un Phoque , comme le veut Buffon. En effet , l’habitude qu’Aristote attribue à son Latax de sortir la nuit, de couper avec ses dents les arbrisseaux qui viennent sur les bords des rivières , et les caractères cl avoir le corps plus large que la Loutre , la dent forte , et le poil ferme , tenant de celui du Phoque et du Cerf, indiquent plutôt un rongeur qu’un carnassier.

Elien a aussi dit quelques mots des Loutres qu’il appelle Chiens jluviatiles.

11 est bien plus certain que l’animal dont parle Pline sous le nom de Lutra , Lutris , est notre Loutre; mais ce nom ne paraît nullement provenir de celui d’Enhydris employé par Aristote ; et il est même à remarquer que dans ce que dit Pline de la Loutre, rien ne paraît avoir été extrait des écrits du philosophe grec, et qu’il a appliqué le mot & Enhydris aux Serpents d’eau.

L’histoire de la Loutre commence donc encore , comme celle de tous les animaux du Nord de l’Europe , à ce qu’en ont dit Albert le Grand , Agricola , et surtout Belon , qui l’a passablement décrite et figurée.

Depuis lors, et surtout depuis l’anatomie qu’en ont donnée les membres de l’ancienne Académie des Sciences , la Loutre a été considérée

Chez:

les Anciens.

Aristote.

Élien

Pline,

Albert le Grand

belon.

Ray

réd, Cuvier.

Ra files.

Gray.

Ogilby.

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