DES ICHNEUMONS
Les anciens connaissaient sous cette dénomination qui lui a été continuée jusqu’à nous , l’animal qui sert de type à ce groupe , et qui , signalé de temps immémorial dans la Basse-Égypte, s’y trouve encore aujourd’hui abondamment , au point d’être souvent encore à l’état domestique , comme il l’était autrefois ; bien plus , rangé par les anciens Égyptiens au G. Carnassiers. 4
Viverra, L.
En général.
Chez
les Anciens.
Chez
les Anciens.
Aristote.
Chez
les Modernes.
P. Gilles.
P. Belon.
Hasselquist.
nombre des animaux sacrés, il se trouve encore aujourd’hui conservé à l’état de momie.
Le nom d’ichneumon que les Grecs ont donné à cet animal , et qui signifie chercher , a remplacé celui de Hnès, sous lequel il était anciennement connu à Héliopolis, et l’a été par la dénomination arabe de Nems, qui porte sur l’odeur que cet animal répand.
Malgré cela, ce que les anciens naturalistes nous ont laissé sur l’Ichneumon est fort peu de chose.
Aristote, en effet, n’en parle guère qu’à l’occasion du nombre îles petits, qu’il dit être le même que dans les chiens, et au sujet de la précaution singulière qu’il prend pour combattre l’aspic.
C’est aussi à quoi se sont égalemen t à peu près bornés Diodore de Sicile , Strabon, Élien et même Pline; mais ils y ont ajouté deux autres fables, l’une, sur la manière dont l’ichneumon s’y prend pour détruire le Crocodile dont il était considéré comme l’ennemi , ce qui l’avait fait mettre . dit-on , au nombre des animaux sacrés ; l’autre sur son prétendu hermaphrodisme, qui repose du moins sur une particularité d’organisation , l’espèce de poche ou de cloaque qui élargit la terminaison de l’intestin.
C’est donc des temps modernes que date une connaissance un peu complète de cet animal curieux, et c’est , à ce qu’il me semble , P. Gilles qui , à son retour d’un voyage en Orient , en donna la première description dans une de ses lettres au cardinal d’Armagnac , d’après un individu vivant dont il était accompagné à son paissage du Caire à Alexandrie. Peu de temps après , Belon , qui faisait le même voyage par ordre du cardinal de Tournon, en publia une description plus complète , accompagnée d’une figure très-reconnaissable , p. 97 de ses Observations publiées en 1 553, et dans son Histoire des Aquatiles, la même année.
Ces notions, recueillies par Gesner, Aldrovandi et Jonston , furent longtemps tout ce que la science posséda sur l’ichneumon. Mais depuis le voyage d’Hasselquist , en iyôo, qui l’a encore décrit sur les lieux, il a été introduit fréquemment dans nos ménageries, où il a pu être étudié dans son organisation comme dans ses mœurs et ses habitudes.
HISTOIRE ZOOCLASSIQUE. 27
Ray en faisait une espèce de Mustela , ainsi que Brisson ; mais Linné ayant formé avec un certain nombre d’espèces de ce genre sa division générique des Viverras , l’Ichneumon y a passé; ce qui a été imité par la très-grande partie des zoologistes jusqu’à M. de Lacépède, qui le premier en a formé une division générique sous le nom de Mcingusta , changé en celui A'Herpestes par Uliger en 1 8 1 1.
Mais dans cet intervalle de temps on distingua successivement, d’abord les V. tetradactyla , Galera , Major , Mungo , Ne/ns , œgyptiaca et fasciata (Buffon et Daubenton) avant 1789; javanica (Etien. Geoffroy) 1 8o5; obscura (Fréd. Cuvier) 1 825 ; Vaiïlantii ( Smith ) 1829; melanura( Martin) 1 836 ; olivacea et elegans (Isid. Geoffroy) 1839.
Sans compter toutes celles que nous regardons pour la plupart comme doubles emplois de quelqu’une des précédentes, et qui ont été observées surtout par MM. Ehrenberg ou Ruppell,en Abyssinie; Smith, dans la Sud-Afrique; Ogilby, Waterhouse, dans l’Afrique Occidentale.
Toutes ces espèces ont été jusqu’ici rangées à peu près sans ordre, quoique plusieurs, d’après la considération de quelques différences peu importantes dans le système digital ou dans le système dentaire, aient été regardées comme des types génériques. C’est ainsi que le genre Surikate a été établi par M. Desmarest en 1 804 , avec le M. tetradactyla de Linné; le genre p^ansire ou Athylax , par F. Cuvier en 1825 , avec le M. Galera ; le G. Crossarchus par le même avec le M. obscura ; le G. Eupl'ere , par M. Doyère, avec une espèce de Madagascar; le G. Cynictis, par M. Bennett, avec les V. V^aillantii et melanura ; et, dans ces derniers temps, par M. Isidore Geoffro y-Sain t-Hilaire, les G. Ichneumia avec les M. albicauda , elegans et Galictis avec le M. fasciata.