‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologieChapitre 111 sur 171 · Torquata · texte numérisé non relu

Torquata

F. Cafra.

Hyoïde du F. Calus.

Squelette.

F. Cafra.

Membres:

antérieurs.

postérieurs.

Des

Oto-Lynx.

Leurs espèces.

squelette, ressemble peut-être davantage au Margay et aux Ocelots qu’à notre Chat sauvage, du moins sous le rapport de la tête, à cause de la courbure et de la largeur du chanfrein ; le pincement du nez étant, cependant, encore plus marqué, les orbites plus grands, moins distants; mais surtout le bord palatin est beaucoup plus transverse , avec une pointe médiane comme dans les Chats d’Europe.

Los hyoïde de notre Chat domestique a ses neuf pièces complètes et assez dans les proportions ordinaires, mais, en général, peu aplaties. Je ne le connais pas dans d’autre espèces de cette section (i).

Quant au reste du squelette de ces trois espèces, ceux du Chat d’Europe et de l’Inde sont tout à fait dans la proportion ordinaire ; mais il n’en est pas de même de celui du F. Cafra , dont les membres sont beaucoup plus grêles et plus élancés dans toutes leurs parties. Ainsi, l’omoplate étant de la longueur de celle du Chat ordinaire, avec le bord antérieur droit, l’humérus est d’un quart plus long, le radius égale l’humérus , et le métatarsien du médius égale le tiers de la longueur du radius.

Les membres postérieurs sont assez bien dans les mêmes proportions; l’os innominé est à peine plus long que l’omoplate ; le fémur un peu arqué le surpasse cl’un tiers, le tibia et le péroné fort grêle égalent celui-ci, et le métatarsien du grand doigt surpasse assez la moitié des os de la jambe , ce qui donne au pied une élévation remarquable , proportionnellement égale à ce qui a lieu dans les Lynx et les Guépards.

Le petit groupe des Chats-Bottés , ou mieux des Cato-Lynx, pour employer une expression de Pallas, offre encore de très-grandes ressemblances, sous le rapport du squelette, avec notre Chat d’Europe, et surtout le F. Maniculata qui en a la taille; car le F. Caligata et le F. Chaus surtout, étant beaucoup plus grands, les diflérences paraissent bien plus considérables.

(1) Quant au prétendu ver de la langue du Chat, ce n’est réellement qu’un très-petit corps cartilagineux assez mou, occupant la ligne medio-basilaire de cet organe, sans connexion avec l’hyoïde et qui ne peut être compté en Ostéograpliie.

F. Caligata.

J’ai vu du Chat-Botté (F. Caligata ou Bubastes) , trois crânes et deux squelettes, malheureusement tous provenant de l’Inde.

Du F. Maniculata, qui est plus petit que le précédent, j’ai pu observer trois crânes sans squelette, rapportés du Sennaar, parM. P. E. Botta, deux provenant d’individus sauvages; le troisième d’un animal domesque; un squelette entier provenant d’un Chat d’Égypte, quia vécu à la Ménagerie.

Enfin, du F. Chaus, je n’ai vu qu’un crâne presque entie»1, rapporté d’Egypte par M. Étienne Geoffroy-Saint-Hilaire.

Et sauf la taille fort différente, quoique diminuant presque graduellement depuis le F. Chaus , de la grandeur d’un petit Lynx , jusqu’au F. Maniculata , quelquefois plus petit que notre Chat d’Europe , je n’ai guère pu trouver, entre les crânes de ces trois espèces, de différences que dans la grandeur et un peu dans la force.

Ainsi, pour la tête, le crâne est toujours assez courbé au front, assez pincé au nez; les orbites sont grands, obliques et ovales; les apophyses orbitaires sont assez rapprochées , et même assez courbées ; l’ouverture palatine est large, transverse, avec pointe médiane courte; enfin , l’apophyse angulaire de la mandibule est également large et courte.

Pour le squelette , en comparant celui du Chat à oreilles rousses du Bengale, et celui du Chat d’Égypte, il m’a semblé que la similitude était complète , sauf la grandeur. J’ai cependant noté deux ou trois vertèbres caudales de plus dans le premier que dans le second , l’un en ayant vingt-trois, et l’autre vingt seulement, avec une différence de même sorte dans leur longueur. Ainsi , la queue, qui dans l’un égale en longueur les vertèbres sacrées , lombaires, dorsales, et les trois dernières cervicales , ne dépasse pas la cinquième dorsale dans l’autre.

Le bord antérieur de l’omoplate est aussi bien plus droit dans le Chat d’Égypte que dans le Chat-Botté des Indes.

Le Caracal qui commence la division des Lynx , et dont nous avons pu étudier quatre crânes bien adultes, dont un mâle certain, et trois squelettes souvent avec sexes déterminés, se distingue parce que la partie

F. Maniculata.

F. Chaus.

Leur Crâne.

Leur

Squelette.

Vertèbres

coccygiennes.

Des Espècos de Lynx Crâne.

Caracal (F. Caracal).

F. Lynx.

Son Crâne.

F. Ru fa.

Crâne.

vertébrale de la tête est fortement arquée au chanfrein, le culmen étant interorbitaire. Il en résulte que le nez est fort déclive et assez rapidement, ce qui concorde avec la grande brièveté de la face, qui est du reste assez étroite et assez pincée entre les orbites. Les os du nez sont d’une forme assez particulière; les apophyses orbitaires médiocres; les ptérygoïdes assez courtes, et le bord palatin quelquefois un peu échancré au milieu ; le trou sous-orbitaire est encore médiocre.

Des vrais Lynx, j’ai pu étudier un assez bon nombre de crânes, et un ou deux squelettes, rarement avec des indications certaines de sexe et même d’origine.

Sur trois crânes que nous supposons venir du nord de l’Europe, à cause des différences qu'ils présentent avec le Lynx du Canada, on peut remarquer une courbure plus uniforme dans toute l’étendue du chanfrein, depuis l’occiput jusqu a l’extrémité des os du nez; ceux-ci, plus larges et plus triangulaires, moins étranglés dans le milieu. Les orbites sont aussi proportionnellement plus grands, plus complets dans leur cadre, à cause d’une plus grande saillie des apophyses orbitaires. Le bord palatin est assez constamment échancré dans son milieu. Du reste, sauf un peu plus de grandeur, les autres points caractéristiques ont la plus grande ressemblance. Toutefois, sur l’un de ces crânes que je crois provenir d’un individu femelle , la tête, outre qu’elle est un peu plus petite, est aussi plus étroite, surtout dans la région ptérygo-palatine , et il en est de même des ouvertures nasales antérieures.

Du Lynx du Canada ( F . Rufa), j’ai eu l’avantage de pouvoir examiner cinq ou six têtes de dimensions un peu différentes, mais, malheureusement , rarement avec sexe déterminé. Les différences principales que je pense avoir reconnues dans cette espèce, comparée avec la précédente, sont : un peu moins d’arqûre du chanfrein , ce qui donne à la tète un aspect plus allongé et un peu plus étroit, étroitesse qui est plus marquée entre les orbites et dans le reste de la face , dont le nez est en effet plus pincé; l'orbite, plus petit, est peut-être aussi un peu plus complet dans son cadre; les apophyses ptérygoïdes sont plus courtes; le bord

palatin est droit et même avec un indice de pointe médiane; le bord du trou sous-orbitaire se déverse un peu davantage sur ce trou qui est assez petit.

Je pense que le crâne du Felis Montana, envoyé sous ce nom par M. Lecomte, de la Géorgie, dans la Nord- Amérique, n’est qu’un individu male adulte du F. Rufa, ce que nous avons pu confirmer sur le crâne d’un jeune individu de cette dernière espèce.

Par l’examen du seul individu que nous possédons du F. Pajeros , rapporté du Chili par M. Eydoux , il nous a été facile de reconnaître que c’est une espèce distincte par tous les points caractéristiques. En effet, outre sa grande différence de taille , la tête du Pajeros est subtriangulaire, c’est-à-dire large en arrière et fort atténuée en avant, le crâne proprement dit assez renflé, fort peu ou même à peine rétréci derrière les orbites; l’espace interorbitaire très-large, avec des apophyses orbito-frontales très-courtes; la racine du nez presque carénée , tant elle est pincée par suite de la grande étroitesse de ses os; le museau excessivement court; l’ouverture nasale peu oblique et presque terminale; le bord palatin à peine échancré; et les caisses extrêmement développées, distinguent aisément la tête osseuse de cette petite espèce de Felis du Chili.

Le reste du squelette des Lynx ne nous est connu que par celui d’un individu provenant du Canada , et d’un autre dont le sexe ni la patrie ne sont indiqués. Ce qui le distingne au premier coup d’œil, c’est outre la brièveté et la gracilité de la queue, qui n'est composée que de 1 5 vertèbres décroissantes fort rapidement , la grande élévation et gracilité de ses membres et, par conséquent, des os longs qui les constituent, ce qu’on supposerait difficilement en voyant l’animal couvert de sa peau.

Dans les vertèbres caractéristiques , on doit faire observer que la lame inférieure de la sixième cervicale est assez étroite , plus que dans le Serval de même forme ; la onzième dorsale a une fort petite apophyse épineuse , et les apophyses transver^es de la septième lombaire sont en lame de sabre assez large et excavée.

Quant à l'hyoïde, nous apprenons encore de Daubenton ( Buffon , IX,

Du

F. Montana.

F. Pajeros.

Son Crâne.

Du Squelette des Lynx.

Dans

le F. rufa.

Vertèbres coccygiennes.

Sixième

cervicale.

Onzième

dorsale.

Septième

lombaire.

Hyoïde.

Humérus.

Radius.

Main.

Tibia.

Dans

le F. Lynx.

Sa gracilité.

Du F. Caracal.

p. 261), que cette partie du squelette, chez le Lynx, ressemble davantage à celle du Cougouar qua celle du Jaguar; mais que les pièces intermédiaires des grandes cornes sont proportionnellement plus courtes , ce qui est parfaitement vrai, la pièce basilaire étant presque au* si longue que celles-ci , à peu près comme dans le Caracal , dont l’hyoïde ressemble beaucoup à celui du Lynx.

L’bumérus est d’un tiers plus long que l’omoplate, un peu moins rectiligne à son bord postérieur que dans le Serval; le radius est à peine moins long que l’humérus et très- comprimé, tout à fait plane à sa face postérieure ; la main est du reste assez bien comme dans le Serval , cependant avec les os bien moins grêles et les phalangettes plus normales.

Aux membres postérieurs le fémur est d’un tiers au moins plus long que l’os innommé , qui , lui-mème , est court. Le tibia égale presque le fémur en longueur, et le pied, de l’extrémité du calcanéum à celle des secondes phalanges médianes, est aussi long que le tibia. Du reste, ses os sont assez comme dans le Serval, sauf un peu plus de grosseur proportionnelle.

Ce que je viens de dire du squelette du Lynx repose sur l’examen d’un individu provenant du Canada ( F rufa)\ mais en le comparant avec celui d’un Lynx, qui est très-probablement de l'Europe septentrionale, je trouve que celui-ci est non-seulement bien plus grand, mais encore bien plus grêle dans toutes ses parties, ce qui se lit même dans les apophyses épineuses et transverses des vertèbres et surtout aux os longs des membres, la proportion différentielle augmentant assez régulièrement de l’omoplate ou de l’os innominé à l’bumérus , ou au fémur , au radius ou au tibia, et au mêlai carpien ou au métatarsien médians; et comme le diamètre ne suit pas la même loi , les os des membres semblent encore plus longs et plus grêles. Les côtes elles-mêmes sont d’une gracilité remarquable.

Quant au squelette du Caracal , c’est avec les Lynx qu’il a le plus de rapports, quoique le nombre des vertèbres caudales soit de vingt et une ; mais on peut trouver, dans la forme des apophyses transverses des ver-

tèbres lombaires, plus de ressemblance avec ce quelles sont dans le Guépard.

Le Pajeros nous a offert , dans son squelette , outre quelques particularités de proportion qui l’éloignent assez des véritables Lynx , celle d’avoir l’humérus percé , non-seulement au condyle interne comme chez tous les Felis, mais encore au-dessus de la cavité olécrânienne ; ce que je ne connais encore dans aucune autre espèce de même genre. Je ferai aussi remarquer, dans le rudiment du premier métatarsien, une proportion un peu plus grande et même une forme plus phalangifère , quoiqu’il n’y ait pas encore de phalanges polliciales.

Nous devons dire ici quelques mots du squelette d’une petite espèce de Felis que nous ne connaissons que, sous ce rapport, et que l’absence de la première avant-molaire supérieure nous a fait ranger avec les Lynx ; la tête, en effet, avec la forme raccourcie de Chat, a cependant le front et même le nez des Lynx ; mais ce en quoi cet animal en diffère, c’est qu’il est pourvu d’une queue remarquable par sa longueur. Elle est, en effet, composée de vingt-sept vertèbres, elles-mêmes fort longues, en sorte qu’elle surpasse le tronc et la tête de quelques centimètres.

En comparant ce squelette avec celui du F. Sumatrana , de même taille à peu près, on trouve assez de ressemblance. Je noterai cependant que les apophyses transverses des vertèbres cervicales sont plus étroites et plus allongées, de sorte que celle de la sixième est, comme dans le Lynx , échancrée à son bord antérieur. La onzième dorsale n’a aucune trace d’apophyse épineuse. Les lombaires ont aussi leurs apophyses transverses en sabre excavé , recourbées en avant.

Je dois aussi noter que dans cette espèce seulement j’ai encore trouvé une particularité qui n’existe dans aucune autre connue jusqu’ici; c’est qu’elle a quatorze paires de côtes, la dernière, il est vrai, fort petite, ce qui partage les vingt vertèbres troncales en quatorze dorsales et six lombaires , au lieu de treize dorsales et sept lombaires.

Aux membres antérieurs, l’omoplate a son bord antérieur fortement arrondi, l’humérus notablement plus long que l’omoplate et que le

Du F. Pajeros.

Son Trou olécranien.

Du Felis longicaudata.

Comparé au F. Sumatra.

Vertèbres dorsales, 14.

V Lombaires,

Membres antérieurs.

postérieurs.

Güépard ( F. Jubata ), dernière espèce des Felis.

Nombre des os.

Particularités du crâne.

De la colonne vertébrale.

radius, qui est large et robuste ainsi que le cubitus. La main et ses os conservent ce caractère et sont de même longueur que dans le F. Sumatrana avec lequel je continue la comparaison et dont les os longs sont au contraire évidemment plus courts : du reste, ses phalanges secondes sont assez peu modifiées.

Les membres postérieurs offrent aussi à peu près les mêmes disproportions, c’est-à-dire que le fémur et le tibia étant sensiblement plus longs que dans le F. Sumatrana , les os du métatarse sont de même longueur, mais, commeles autres os, plus épaisou plus robustes. Les phalanges deviennent au contraire pluslongues, et les secondes un peu moi; s modifiées.

Enfin le Guépard, espèce par laquelle nous terminerons la série des Felis, se distingue en effet de toutes les autres par plusieurs caractères importants de son squelette qui indiquent évidemment un passage vers les Canis.

Ce n’est cependant pas dans le nombre des os, qui est tout à fait le même que dans les autres Felis. On peut noter comme particularités différentielles, d’abord, la forme arquée et raccourcie de toute la tête, puis le singulier soulèvement de l’espace front-orbitaire et la déclivité du chanfrein en arrière sans crêtes sagittale et occipitale bien prononcées ; en avant un nez large, peu pincé et assez canaliculé au dos; le bord palatin large et échancré au milieu ; les apophyses ptérygoïdes petites , en crochet ; les caisses fort petites quoique les os de l’oreille soient assez bien comme dans le Chat; ainsi que le trou sous-orbitaire souvent divisé en deux ou en trois et toujours fort petit.

Ensuite, dans le reste de la colonne vertébrale: la longueur du corps des vertèbres en général et surtout aux lombes; au col, l’atlas ayant son trou pour l’artère vertébrale au-dessus du bord ; les apophyses transverses des vertèbres cervicales courtes et ramassées, surtout la sixième; l’apophyse épineuse de la dixième dorsale très-inclinée, bifurquée à . a pointe, et louchant presque celle fort courte de la onzième; enfin les vertèbres lombaires remarquables par la longueur et la forme étroite

de leurs apophyses transverses, l’antérieure plus grande et la postérieure plus petite que dans les autres espèces. Le nombre de vertèbres caudales est d’au moins vingt-six.

Il faut aussi noter que les côtes sont assez élargies et que les sternèbres sont fort comprimés, un peu comme dans le Serval.

Quant à l’hyoïde , il est composé de ses neuf pièces comme dans le plus grand nombre des espèces de Felis, et elles sont en général assez robustes, c’est-à-dire proportionnellement larges pour leur longueur.

Aux membres antérieurs , l’omoplate a une forme particulière, ovale par l’arrondissement du bord postérieur et l’abaissement de l’antérieur avec une crête très-élevée; l’humérus très - comprimé et arqué dans sa partie supérieure , est remarquable par l’étroitesse de l’inférieure ; aussi la poulie, également fort étroite, est-elle presque entièrement occupée par la tête à la fois large d’un radius arqué et presque de même largeur en haut qu’en bas et fortement rapproché contre un cubitus très-grêle et très-mince également arqué ; du reste les os de la main sont assez bien comme dans les Lynx , un peu plus serrés peut-être dans les métacarpiens, les secondes phalanges plus courtes, et les troisièmes surtout moins hautes dans leur pointe, bien moins cachée en outre par la gaine de la base.

Les membres postérieurs ont encore peut-être plus d’élévation que les antérieurs. L’os innominé est assez court, mais le fémur et le tibia surtout sont notablement plus longs que lui. Le fémur , un peu courbé , n’est plus comprimé comme dans les autres Felis. Le tibia n’offre rien de bien particulier, mais il n’en est pas de même du péroné, qui est extrêmement grêle, presque filiforme et appliqué dans une grande partie de son étendue sur le tibia. Les os du pied sont aussi plus longs , plus serrés, surtout dans les métatarsiens, qui sont aussi plus courbés dans un sens, plus droits et aplatis dans un autre que chez les autres espèces de ce genre. Les phalanges sont du reste assez bien comme à la main.

G. Felis. 7

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