DIFFÉRENCE
Supérieurement. ' 2' .
Inférieurement. \ 2* .
ODONTOGRAPHIE.
Limites de variations qui vont quelquefois à près d’un tiers , et qui ne descendent jamais au-dessous d’un sixième.
Les différences spécifiques que présente le système dentaire des Felis valeur de ces ne sont pas toujours aussi considérables que celles que nous venons de signaler chez les individus de Lion , en sorte que si l’on n’avait que le système dentaire tout entier, et à fortiori une seule partie de ce système , il serait impossible d’assurer l’espèce.
Les différences ne portent jamais sur le nombre qui est toujours rigoureusement le même, à moins d’anomalies ou de monstruosités.
Nous signalerons cependant que tous les véritables Lynx ou Felis à queue en général courte et à pinceaux de poils aux oreilles, manquent toujours, du moins à l’état adulte, de la première avant -molaire supérieure. Je n ose assurer qu’il en soit de même à tout âge , n’ayant dans notre collection aucune tête de jeune Lynx ; mais ce qui me porte à penser quelle existe alors, c’est qu’on en trouve quelquefois des rudiments sur des individus de Lynx adulte. Je puis citer un individu venant des Alpes du Piémont , à ce qu’on m’a assuré , et celui que M. Marcel de Serres et ses collaborateurs ont figuré, PI. VI, fig. s de leurs Recherches sur la caverne de Lunel-Viel. On peut même y ajouter le Lynx dont il est parlé dans les quadrupèdes d’Aldrovandi , et dont le système dentaire, pour le dire en passant, est parfaitement décrit.
On doit considérer comme bien plus monstrueuse l’absence d’une pre- Anoraa,ies in
mière incisive supérieure , dont nous avons trouvé un exemple dans nn crâne d’Ocelot, parfaitement normal du reste. F- Pardaiù à
Si , dans ce genre, il existe quelques espèces qui pèchent par défaut , je S incislves n’en connais réellement aucune encore qui le fasse par excès. Je dois cependant citer une mandibule de Panthère du Cap qui m’a offert une alvéole simple , conique en arrière de la dernière molaire du côté droit ; et une autre de Lynx du Canada , sur laquelle, à la même place , existe réellement une très-petite molaire ronde tuberculeuse , comme nous en avons vu une dans quelques Mustelas , et comme nous en retrouverons dans les Cams. Quant à une avant-molaire à la mandibule , je n’en
G. Felis.
variations.
Anomalies constantes :
Lynx.
Exceptions à cet égard.
connais d’exemple que dans une espèce fossile dont il sera question plus loin.
Dans la Forme: Le /T pe0 JVubicus , dont nous n’avons malheureusement encore
latreînférieure qu’un seul crâne , présente une forme singulière de la seule première mod’un Lion j j inférieure qui lui restait. Cette dent, que nous avons fait figurer
deNubie. 1 1
comparativement avec sa correspondante dans le Lion de Barbarie , est en mamelon circulaire.
Caractères spécifiques tirés de la Forme des Molaires.
Des Cannelures des Canines
De l'Arrière- Molaire supérieure.
De la Tuberculeuse supé-
De la Carnassière inférieure ;
De la grandeur des Dents.
La forme de chacune des dents des espèces de Felis varie peut-être encore moins que leur nombre ; je ne puis même en signaler d’exemple évident que dans le Guépard (F. Jubato )., chez lequel la principale , en haut et en bas, est pourvue à son bord postérieur d’un double denticule , ce qui provient du grand développement du talon basilaire , et fait que cette dent semble quadrilobée en palmette.
On peut encore apercevoir quelques nuances différentielles dans le nombre et la profondeur des cannelures dont les canines sont sillonnées (i), ainsi que dans la proportion de l’avant-molaire supérieure et surtout dans le nombre de ses racines, qui est de deux dans le seul F. Planiceps ; dans la forme et la proportion de la dent tuberculeuse d’en haut, malheureusement fort difficile à exprimer autrement que par de bonnes figures; et enfin dans la proportion du rudiment de talon qui existe quelquefois au bord postérieur de la carnassière den bas. En effet, dans le Tigre par exemple , on doit remarquer au-dessus du rudiment presque effacé du talon , une petite échancrure au-dessous de laquelle le bord de la dent se dilate en un petit lobe fort mince. Quant à la proportion de la place que chacune de ces dents occupe dans la ligne dentaire, j’ai préféré la faire connaître par des tableaux faits avec soin , plutôt que dans des descriptions particulières.
(1) M. G. Cuvier, IV, p. 444, se borne à dire que les Lions, les Tigres, les Panthères, les Léopards , le F. Mêlas et toutes les petites espèces ont ces sillons ou cannelures fort marquées ; mais que, parmi les grandes, les Cougouars, les Jaguars et les Guépards les ont presque effacées , ce qui a besoin d’une explication que nous donnerons plus loin
ODONTOGRAPHIE
Prenant maintenant chaque groupe zoologique en particulier , nous nous bornerons aux observations suivantes.
Dans le groupe des Viverroïdes , nous n’avons de particularités différentielles à signaler que la grandeur proportionnelle et la double racine de la seule avant-molaire supérieure, dans le F. Plamceps, au contraire de ce qui a lieu dans les F. Sumatrana , Hubiginosa , Javanensis, etc., où elle est toujours fort petite, à racine simple.
Dans le Tigre je n’ai trouvé rien à noter de particulier que la petite échancrure du bord postérieur de la troisième molaire d’en bas, dont il vient d’être parlé.
Dans le Jaguar j’ai remarqué sur les dix ou douze crânes que nous possédons de cette espèce, que les canines sont presque lisses de bonne heure ; que la première molaire est ovale obtuse , et que la postérieure est en général épaisse et semi-lunaire.
Dans l’Ocelot et les espèces qui s’en rapprochent , le Chati , le Margay, etc., on peut donner comme caractère différentiel dans le système dentaire, que l’avant-molaire supérieure est plus triquètre et en effet pourvue, dans certains cas, de trois racines, deux en dehors et une en dedans.
Quant à la dernière arrière-molaire, fort étroite, un peu plus en dehors qu’en dedans , il est assez difficile, autrement que par la grandeur, de s’en servir pour distinguer le Chati de l’Ocelot , ou le F. Elegans du F. Tigrina.
Je dois cependant faire observer que , dans un Ocelot gris de la Louisiane, j’ai trouvé cette dent presque ronde et bien différente de ce quelle est dans ceux de la Sud-Amérique et même de Carthagène.
Dans le Serval les cannelures des canines sont en général peu marquées extérieurement , au nombre de deux en haut et d’une seulement en bas, en dehors, mais nulles en dedans. L’avant-molaire est tranchante, et la postérieure ovale sub-arrondie.
Dans un Serval du Cap les cannelures des canines sont plus marquées, mais en dehors seulement, deux en haut, une en bas, et la première mo-
Étude des Espèces.
Couronne dans les Felis viverroïdes :
Leur Avant- Molaire supérieure.
Dans le F. Tigrü.
Dans le F.
Onca.
Dans les Felis oceloïdes.
Leur Avant- Molaire supérieure.
Leur Molaire transverse.
Dans
les Servals :
( F . Serval ).
Serval du Cap.
laire est excessivement petite, équidistante de la canine et de la principale.
F. Fiverrina. Le F. Himalyanci ou Fiverrina est tout à fait dans le même cas, sous le rapport des cannelures des canines; l’avant-molaire est également fort petite, ainsi que la postérieure courte, ovale, presque également arrondie aux deux extrémités.
Dans le F. Dans le Lion on trouve que les cannelures des canines sont toujours très-marquées, au nombre de deux, assez rapprochées en dedans et en dehors, aussi bien en haut qu’en bas.
F. Concoior. Dans le Cougouar, au contraire, elles sont peu profondes et presque effacées, tout à fait nulles en dedans, et réduites en dehors à deux en haut et une en bas. L’avant-molaire d’en haut est fort serrée entre la canine et la seconde molaire; la postérieure ovale, également arrondie aux deux extrémités , et la principale notablement épaisse à son bord postérieur.
F. Jagua- Le Jaguarondi a ses canines supérieures presque droites , presque comrondl- primées, et également peu cannelées. La première molaire est aussi fort serrée , et la dernière de forme ovale , mais un peu plus pincée extérieurement.
Dans le Dans ]a Panthère je n’ai non plus rien trouvé de particulier, c’est-à-
F. Pardus r r
dire qui s’éloigne de ce que nous avons observé dans l’espèce type. La
première molaire d’en haut , qui est d'ailleurs équidistante , m’a paru cependant pourvue d’un petit talon en arrière; et la postérieure, un peu variable, est en général de forme triquètre assez étroite, plus mince en dedans qu’en dehors.
Certaines Panthères, celles de Java surtout, ont deux avant-molaires supérieures, l’une et l’autre petite , et dont l’antérieure , habituellement usée, est sans doute celle de lait qui a persisté.
Dans les Felis Le groupe des Chats proprement dits ne m’a non plus rien offert de
proprement
dits. bien caractéristique; les canines sont assez médiocrement cannelées; l’avant-molaire petite, équidistante, et la transverse toujours aussi fort
ODONTOGRAPHIE.
petite , mais très-grêle dans le Chat d’Europe , et presque réniforme dans ceux du Bengale et du Cap.
Dans les Chats-Lynx , les cannelures des canines m’ont paru fort prononcées, deux en dehors et deux en dedans, moins cependant chez le Chat d’Égypte que chez le Chat et le Bubastes. Dans tous les trois , la première molaire est très-petite , mais la postérieure est notablement plus forte dans le F. maniculata.
Dans les Caracals, je n’ai trouvé de digne d’être signalé, que dans une tête provenant d’un individu de l’Inde : il y a une troisième racine médio-interne à la seconde molaire , ce qui n’existe pas dans le Caracal de Barbarie , non plus que dans celui du Sénégal , mais sur le Caracal indien , comme sur celui d’Afrique, la canine d’en haut a deux cannelures en dehors et deux en dedans, tandis que l’inférieure n’en a qu’une en dehors.
Dans les Lynx, les canines sont encore généralement plus fortement cannelées (i), moins cependant chez les Lynx du Canada et d’Europe, mais dans le Pajeros elles le sont pour ainsi dire au maximum. En effet , il y en a cinq à celles d’en haut , trois en dehors et deux en dedans, et à celles d’en bas deux en dehors et trois en dedans.
Dans un Lynx d’Europe qu’on m’a assuré venir de Turin, il y aune très-petite avant-molaire de chaque côté , et la postérieure est plus grosse que dans aucune autre espèce de ce genre , et d’une forme assez particulière.
Enfin, c’est dans le Guépard que le système dentaire offre le plus de différence aux deux mâchoires , en ce que les dents molaires sont en général plus larges, plus minces, et que les tubercules ou lobes étant plus prononcés, plus détachés, il semble qu’il y en a un de plus au
(1) MM. Marcel de Serres, Dubreuil et Jean-Jean , donnaient d’abord comme caractère distinctif des canines du Lynx , de n’être point cannelées ; mais la figure consacrée à la tête du Lynx , PI. VI de leur ouvrage , en montre de plus prononcées peut-être que pour les autres espèces représentées dans la même planche ; et ils ont eux -mêmes rectifié leur erreur dans un autre passage du même livre.
Dans les Cato- Lynx.
Dans les Lynx.
F. Caracal.
Indien.
Africain.
F. Lynx-
Leurs cannelures.
F. Pajeros.
Lynx de Turin.
Dans le F. Jubala.
Molaires.
bord postérieur des principales, et que la dernière d’en bas est pourvue canines d’un talon. Les canines sont du reste presque entièrement lisses ; la première molaire est très-petite, et la dernière triquètre, assez épaisse, quelquefois presque ronde.
Des racines Nous avons insisté jusqu’ici principalement sur la couronne du sysdes Dents. t£mo ({entaire des Felis, nous avons maintenant à ajouter quelque chose sur la partie radiculaire et sur les alvéoles dont est creusé le bord des mâchoires.
aux incisives. Les incisives n’offrent rien de particulier dans l’unique racine dont chacune est pourvue.
aux canines. Qn peut en dire autant des canines. Seulement leurs proportions ,
ou mieux leur longueur, est peut-être plus grande, comparée à leur
couronne , que dans les autres Carnassiers.
aux Molaires. Pour les molaires, il y a au contraire dans leurs racines quelque
chose qui est particulier à ce genre.
supérieure- ^ ]a mâchoire supérieure :
ment :
Avant Molaire L’avant-molaire du Lion n’a jamais qu’une racine, et c’est le cas du trèsa une racine, gran j nom]3re des eSpèces , la proportion de cette racine étant en rapport à deux raci- avec ]a couronne; mais dans les F. Plamceps , il y a deux racines bien distinctes et plus ou moins connées dans les espèces voisines, F. Javaà trois racines, nensis, Sumatrana et Rubiginosa, tandis que dans le groupe des Oceloïdes, en y comprenant le Margay , cette même dent en a véritablement trois, deux en dehors et une en dedans, il est vrai plus ou moins rapprochées. Je les ai surtout observées d’une manière tout à fait manifeste dans un petit Chat voisin du Margay, dont je n’ai eu à ma disposition qu’une partie de la tête revêtue de peau.
i’rincipaie. La principale n’a que deux racines, la postérieure plus grosse que l’antérieure , et en outre épaissie à son côté interne par la connexion intime de la racine interne, d’où il résulte que celle-ci n’existe pas.
Arrière- vio- La première arrière -molaire, ou carnassière, est la seule qui ait ses
l'remière trois racines bien distinctes : deux externes, la postérieure bien plus grosse,
ODONTOGRAPHIE.
et surtout plus large que l’antérieure, et une interne, la plus petite des trois, et tout à fait antérieure, sous le talon.
Enfin , la seconde et dernière , ou la tuberculeuse , n’a qu’une seule racine transverse comme la couronne dans le Lion , mais quelquefois partagée en deux chicots divergents au sommet.
A la mâchoire inférieure :
Les trois molaires ont, comme à l’ordinaire , deux seules racines, subégales à la première , la postérieure un peu plus forte à la seconde , et l’antérieure beaucoup plus que la postérieure à la troisième ; caractère particulier à cette dent chez les Felis et les Hyènes seulement. La disproportion étant assez bien en rapport avec le développement du talon, il arrive aussi quelquefois , par exemple dans le Tigre , que les deux racines de la carnassière inférieure se réunissent complètement , de manière à n’en plus former qu’une fort large.
Les alvéoles étant nécessairement en rapport de nombre, de grandeur et de proportion avec les racines qui portent la couronne , on voit comment c’est dans le Lion et dans toutes les espèces de ce genre que l’on doit en trouver le moins grand nombre sur le bord des mâchoires. Ainsi , supérieurement , après les trois trous ovales , serrés en ligne droite , creusés dans l’incisif, l’externe bien moins petit et plus rond que les deux internes , et celui beaucoup plus grand et subcirculaire de la canine, percé entre deux intervalles pleins plus ou moins serrés, on voit une série externe de cinq trous qui vont en croissant d’avant en arrière; puis en dedans une autre série de deux , fort éloignés , un vers le milieu de la ligne dentaire, et un terminal, transverse ou arrondi, souvent bilobé en trou de serrure.
A la mâchoire inférieure, les alvéoles sont, comme à l’ordinaire, beaucoup plus simples, puisque après les trois premières petites, étroites, serrées sur le même rang, que suit immédiatement celle de la canine, puis une barre assez considérable , viennent six trous groupés deux à deux , le dernier bien plus petit que l’avant-dernier.
11 n’est sans doute pas besoin d’ajouter que, s’il existe quelques difïe-
seconde.
Inférieure-
Avant-Molaire.
Principale.
Arrière Mo¬
des alvéoles :
sont en petit nombre.
ment.
Inférieure-
Pou r les Incisives.
Canine.
Molaires.
Rapport avec la Couronne.
Des