‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologieChapitre 130 sur 171 · L. dü Canada · texte numérisé non relu

L. dü Canada

Le L. de l'Inde

{C. pallipes) .

Dans les Os desextrémilés.

Dans la Tète.

Le Loup du Mexique (C. I atr ans).

Le L. ROUGE (C. catnpestris).

Dans la Tête.

L'Humérus.

Le Radius et le Cubitus.

Métacarpiens.

Les Phalanges.

20 CARNASSÏEBS; CÀNIS ( Lupi ).

J’ai vu trois crânes de ce Loup, dont deux de jeune âge et incomplets à l’occiput, et un autre complet; comme ceux du Loup du Canada, ils sont plus petits que ceux de notre Loup d’Europe.

Le Loup du Mexique ( C. latrans ) , dont j’ai examiné deux crânes, l’un rapporté de la Californie , par M. P.-E. Botta , est bien un Loup par la forme de la terminaison des os du nez ; mais la tête est en général bien plus allongée, beaucoup plus étroite dans toute son étendue, et surtout dans le museau et les os qui le composent. Ceux du nez, par exemple , dont la terminaison inférieure est en outre fort oblique , sont aussi très-aigus à leur partie supérieure. Il faut encore remarquer que les frontaux et les prémaxillaires , également fort atténués à leur extrémité opposée, sont assez près de se toucher; que les apophyses ptérygoides sont un peu plus larges que dans notre Loup d’Europe , et que l’apophyse coronoïde de la mandibule plus verticale est aussi moins courbée et plus pointue. Du reste , aucune autre différence saisissable.

Il n’en est pas de même pour le C. . campestris , dont j’ai pu étudier trois crânes et un squelette ; en effet , non-seulement la tête en totalité , et dans toutes ses parties , est beaucoup plus allongée , plus étroite que celle du Loup d’Europe , et même que celle du Loup du Mexique ; mais ce qui met complètement hors de doute que ce Loup est bien une espèce distincte, c’est que la proportion des membres et des os qui les forment est toute différente de ce quelle est dans le nôtre et dans les autres espèces connues aujourd’hui.

Ainsi l’humérus est tout à fait droit, et surpasse dun cinquième la longueur basilaire de la tête.

Le radius et le cubitus sont encore plus longs, moins courbés, mais plus serrés , plus contigus dans toute leur longueur ; l’olécrâne du cubitus paraît proportionnellement encore plus court.

Les métacarpiens sont également fort élevés , puisque le médian égale les trois cinquièmes de la longueur du radius.

Mais les phalanges ne sont guère plus longues que dans le Loup, ce qui les fait paraître proportionnellement courtes.

Les membres postérieurs partagent, si même ils ne surpassent, l’élévation des antérieurs.

Le fémur est bien plus long et bien plus droit que dans le Loup, mais moins droit encore que dans les Felis , et avec la forme générale de celui des Canis.

Le tibia , encore plus long que le fémur , est assez fortement arqué en avant ; mais sa crête supérieure est peu saillante.

Le péroné est remarquablement grêle et collé presque dans toute son étendue le long du tibia.

Le tarse est à peine plus long que dans le Loup d’Europe ; mais le métatarse égale au moins la moitié de la jambe.

Les doigts sont assez bien comme dans le loup ; seulement le pouce est encore plus petit et plus rudimentaire , dans le seul os métatarsien qui le constitue.

Les espèces de Canis qui, dans la série, se trouvent immédiatement placées au-dessus des Loups, sont celles que l’on pourrait désigner sous le nom de Demi-Loups , et qui en effet én ont tous les caractères , et n’en diffèrent que par la taille , par laquelle ils se rapprochent des Renards.

Le type de cette section est le Chacal, sur l’ostéologie duquel Daubenton a donné quelques détails dans le tome XIII de YHist. nat. de Buffon , p. 268 , d’après un seul squelette qu’il compare surtout à celui du Renard ; mais Guldenstaedt en a donné de bien plus complets comparativement avec le Loup et le Renard, dans son excellente description du Chacal. Nov. Comm. Acad. Pet. XX, p. 47^. An. 177 6.

J’ai eu à ma disposition un assez grand nombre de squelettes entiers et de têtes osseuses de Chacal provenant d’Afrique , d’Asie et même d’Europe.

Au premier aspect , et à juger seulement par l’ensemble du squelette, dans Je nombre et la proportion des os dont il est formé , il est difficile , en le comparant avec celui du Loup , d’apercevoir d’autres différences que dans la grandeur qui est en général beaucoup moindre. Cependant , en examinant la chose déplus près, on finit par reconnaître quelques

Le Fémur.

Le Tibia.

Le Péroné.

Le Tarse.

Les Doigts.

Avec

les Espèces ascendantes.

Le Chacal ( C . aureus).

Considéré d’une manière générale.

F.n particulier.

De la Tête.

Dans ses Appendices.

Supérieur.

Inférieur.

Dans

la Colonne vertébrale.

L'Hyoïde.

22 CARNASSIERS; CANIS ( Lupi )

nuances différentielles qui indiquent un rapprochement ascensionnel

vers les Renards et par conséquent vers les Felis.

Je ne trouve cependant de bien important, et môme de susceptible d’être noté dans la tête, que plus de renflement cérébral , avec moins de développement dans les crêtes, moins de soulèvement fronto-nasal ; quoique le museau soit plus effilé et par suite les maxillaires et prémaxillaires plus étroits. Les nasaux malgré cela sont un peu plus larges et plus échancrés à leur terminaison ; le bord palatin est aussi quelquefois bifide à son milieu. Les caisses sont généralement plus renflées, plus bulleuses ; le canal auditif externe plus grand , ainsi que les orbites ; les apophyses mastoïdes du temporal moins développées , au contraire des ptérygoïdes plus larges (i) , ainsi que la branche montante du maxillaire , qui est aussi plus courte , surtout dans les individus mâles.

Quant à 1 appendice de la mâchoire inférieure, je trouve à noter que le rocher est surtout très-différent, en ce qu’il est plus large, plus arrondi et moins triquètre. L’arcade zygomatique est moins arquée en haut, l’apophyse coronoïde est un peu plus large; le crochet angulaire est plus saillant en arrière, et enfin peut-être le ressaut du sinus de sa base est-il plus marqué.

Le reste de la colonne vertébrale ne m’a offert qu’un peu plus de largeur dans les deux dernières des vertèbres cervicales intermédiaires , un peu plus d’étroitesse dans les apophyses épineuses subégales des vertèbres lombaires, et par contre plus de saillie dans les apophyses stv- Joïdes des articulaires et de largeur dans les transverses , ce qui est surtout bien marqué pour la dernière , et dont les antérieures ne sont pas bifides , comme dans le Loup , ainsi que le fait observer Guldenstaedt ; enfin plus de gracilité encore dans les vertèbres coccygiennes , au nombre de dix-huit à dix-neuf et même de vingt.

L’os hyoïde est proportionnellement plus large et plus mince dans

( 1 ) Guldenstaedt dit aussi qu’elles sont plus horizon taies que dans le Loup et le Renard , où elles sont verticales; différence que je n’ai pas trouvée.

son corps, et au contraire plus grêle dans les cornes , la seconde pièce des antérieures étant la plus longue des trois.

La série sternale offre certainement un manubrium bien plus long et une huitième sternèbre bien plus forte

Les côtes sont évidemment moins dilatées inférieurement , et par là plus rapprochées de ce quelles sont dans les Felis (i).

Aux membres antérieurs :

L’omoplate est certainement un peu plus large et plus rapprochée de celle de la Panthère dans sa circonscription , surtout par l’avance arrondie de son bord antérieur, et plus d’obtusité de l’angle antérieur et supérieur, comme Guldenstaedt l’avait déjà fait observer.

La clavicule est plate , lamelleuse, moins petite que celle du Loup et un peu courbe.

Quant au reste de leurs os , je n’ai pu y reconnaître que des différences de grandeur , et pas même de proportions , ce que l’iconographie démontrera aux yeux d’une manière indubitable.

J’ai cru cependant apercevoir que le pouce de devant est proportionnellement un peu plus long.

Aux membres postérieurs il m’a semblé que le bassin était un peu plus raccourci , plus large dans toutes ses parties , surtout dans la partie antérieure de l’iléon ; au contraire du pied dont les os sont en général plus grêles , ce qui le rend plus étroit.

Le squelette du C. lagopus ou de l’Isatis , a les plus grands rapports avec celui du Chacal et surtout par la forme de la tête. Les os du nez sont proportionnellement et évidemment plus larges , et se terminent par une échancrure à cornes bien plus égales; les orbites sont un peu plus grands , les apophyses orbitaires plus arrondies et cependant plus saillantes ; la racine du nez plus bombée.

Quant aux os du tronc et des membres , je n’ai trouvé que des différences beaucoup moindres.

(1) Sur un squelette de Chacal de l’Inde de la collection du Muséum , il y a une quatorzième côte très-grêle , et seulement du côté gauche.

Le Sternum.

Les Côtes.

Les Membre* antérieurs.

L’Omoplate.

La Clavicule.

Le Pouce.

Les Membres postérieurs.

L’Isatis (C. lagopus).

L’Amve (C. corsac).

Les Renards.

Le R.ordinaire (C. vulpes), corame type.

Histoire.

En général.

24 CARNASSIERS; CANIS [Pulpes).

Les os de l’avant-bras sont cependant peut-être un peu plus courts ou plus larges, surtout le cubitus à sa partie inférieure, et malgré cela ceux des mains proportionnellement plus grêles.

Je ne connais de l’Adive( C. corsac ), qui est aussi un Chacal, qu’une tête osseuse incomplète ; elle est plus allongée , et les nasaux sont plus étroits. Du reste, la racine du nez est également renflée; les limites supérieures des fosses temporales forment une figure de lyre bien prononcée , et les apophyses orbitaires sont larges et assez excavées.

Au-dessous des Demi-Loups ou des Chacals, se trouve un groupe encore plus distinct par des particularités extérieures, comme la verticalité de la pupille, et la forme longue et cylindrique de la queue; ce sont les Renards, dont le squelette se distingue aussi par sa grande gracilité.

Les zoologistes ont déjà caractérisé dans ce groupe un assez bon nombre d’espèces qui sont indubitables ; mais ils y en ont introduit quelques-unes qui sont tout à fait nominales, ce que notre Ostéographie doit tendre nécessairement à rectifier.

Suivant notre coutume , nous allons choisir pour type de cette section des Canis, l’espèce la plus commune même dans nos climats et dans toutes nos campagnes où elle est attirée par l’abondance de la proie ; c’est-à-dire le Renard ordinaire ( C. vulpes , L. ).

Daubenton a dit quelque chose de son squelette , p. 94 du t. Vil de X Histoire naturelle de Buffon , et il en a même donné une figure PL VII de ce volume , mais trop réduite pour signifier quelque chose ; Spix en a représenté beaucoup plus convenablement le crâne de profil dans la PI. VI, fig. 17, de sa Céphalogénésie

Le squelette du Renard est comme celui du Chacal, si parfaitement semblable à celui du Loup , qu’il est impossible au premier abord d’en apercevoir les différences , si ce n’est celles de taille, de gracilité et même de blancheur dans tous les os qui le composent; aussi sont-ils en général plus cassants. Si nous prenons cependant quelques-uns de ces os en particulier, nous ne larderons pas à y reconnaître des particularités

différentielles , peut-être plus marquées qu’entre le Chacal et le Loup, et la plupart remonteront assez évidemment vers les Felis.

La tête se reconnaît d’abord par sa forme évidemment plus étroite , En <’arüculierplus effilée, et surtout à la face, subitement avant les trous sous-orbitaires. Le front est aussi moins bombé , moins soulevé par les sinus frontaux. La crête sagittale, les os du nez sont cependant moins grêles que dans les Chacals, et leur bifurcation terminale est bien évidente, quoique les deux pointes soient subégales. On peut aussi remarquer l’apophyse mastoïdienne de l’occipital moins prononcée ; l’orbito-frontale au contraire plus longue et plus aiguë ; le canal auditif un peu plus ouvert; le bord supérieur du squammeux plus droit; l’arcade zygomatique évidemment plus large , et plus arquée peut-être même que dans le Loup ; enfin , la mandibule plus longue , plus étroite avec l’apophyse Mandibule, coronoïde plus verticale , plus anguleuse dans ses deux bords , et l’apophyse angulaire moins en crochet.

Les osselets de l’ouïe ne m’ont non plus offert de différence appré- os de l’Ouïe, ciable que dans un peu plus de longueur du manche du marteau.

Le reste du squelette conserve le même degré de petitesse ou de gracilité que la tête.

Dans la colonne vertébrale les vertèbres coccygiennes , qui sont au vertèbres : ' nombre de vingt, sont notablement plus longues et décroissent moins rapidement que dans le Loup et le Chacal , de manière à former une queue bien plus semblable à celle des Felis.

Aux vertèbres cervicales l’apophyse épineuse est en général plus étroite cervicales, et plus aiguë; mais surtout la lame inférieure de l’apophyse transverse de la sixième est presque aussi profondément échancrée que dans la Panthère.

L’apophyse épineuse des vertèbres dorsales, et surtout des postérieures, Dorsales, est évidemment plus large , au contraire de celle des dixième et onzième qui est très-fine et très-aiguë.

Les apophyses transverses des lombaires sont aussi plus longues , plus Lombaires.

G. Canis. 4

Os hyoïde.

Mkmbres

antérieurs.

Omoplate.

Clavicule.

Humérus.

Radius.

Cubitus.

Phalanges

onguéales.

M. postérieurs.

Dans

le C. Azarœ

26 CARNASSIERS; CANIS (Pulpes).

étroites et plus droites , plus dilatées en fer de hache à l’extrémité ,

que dans le Chacal.

L’os hyoïde et ses cornes, la série sternale et les côtes sont assez bien comme dans cet animal , sauf la gracilité et les courbures plus prononcées.

Aux membres antérieurs, l’omoplate , quoique semblable à celle du Chacal, rappelle cependant un peu celle des Felis dans la saillie coronoïde et dans la bifurcation de l’acromion ; c’est sans doute ce qui a fait dire à Daubenton ( Loc. cit. , p. q4 ) « que l’omoplate du Renard a plus de rapports à celle du Chat qu’à celle du Chien , ce qui n’est cependant pas rigoureusement exact.

La clavicule est à la fois plus développée et mieux dans la forme normale , c’est-à-dire étroite et allongée.

L’humérus est peut-être un peu plus long proportionnellement comparé avec l’omoplate , qui n’en est que les deux tiers , tandis quelle en est les quatre cinquièmes dans le Loup ; son impression deltoïdienne est plus large et plus remontée.

Des deux os de l’avant-bras le radius un peu plus court proportionnellement et surtout moins mince ou plus épais dans son corps est aussi plus arqué ; le cubitus est également moins effilé.

La main ne présente de différences appréciables que dans les dimensions, à l’exception cependant des phalanges onguéales qui sont évidemment plus arquées, plus comprimées et plus aiguës.

Aux membres postérieurs je n’ai pu apercevoir que moins de grandeur dans l’os innominé, le fémur et les deux os de la jambe; mais ceux du pieds ont proportionnellement plus longs, plus grêles, plus serrés , de manière à former un tarse et un métatarse plus étroits ; cela est surtout très-sensible pour le cuboïde , aussi long dans le Renard que sur un assez fort Chacal de taille bien plus grande.

Le Renard d’Azara ( C. Azarœ) , dont j’ai pu examiner le squelette, sur un seul individu , il est vrai , ne m’a pas offert de bifurcation à l’acromion. Le cubitus m’a semblé moins grêle inférieurement que

chez le Renard , un peu comme dans l’Isatis. Enfin les os de la main et du pied , le cuboïde , par exemple , m’ont également paru moins longs et plus larges que dans le C. vulpes.

J’ai vu le crâne de plusieurs individus du Renard argenté ( C.cinereo argenteus). La tête de cette espèce est remarquable par la forme de lyre que laissent les lignes de terminaison des fosses temporales à la partie supérieure du crâne , ainsi que par la forme arrondie de l’apophyse angulaire de la mandibule. Du reste, je n’ai pu reconnaître aucune différence appréciable et surtout susceptible d’être exprimée autrement que par l’Iconographie.

Je peux en dire à peu près autant du reste du squelette , du moins d’après celui que j’ai pu examiner.

Les vertèbres cervicales sont assez bien comme dans le Renard commun , l’apophyse transverse inférieure de la sixième étant aussi assez profondément excavée ; les apophyses transverses des lombaires ne sont cependant pas dilatées en fer de hache comme celles des Renards , sans être toutefois bifides comme dans les Loups $ et les vertèbres caudales sont au nombre de vingt-deux.

Les membres antérieurs comme les postérieurs ne sont pourtant pas tout à fait aussi minces , aussi grêles que ceux des Renards.

C’est sans doute parmi les espèces de cette division ou parmi les Renards, que nous devrions examiner le petit animal africain, connu depuis longtemps sous le nom de Fennec ( C. cerda , Gmel. ) , et dont on a fait, on ne sait trop pourquoi , un genre sous le nom de Fennecus ou de Megalotis ; malheureusement nous n’en possédons dans les collections du Muséum aucune partie, pas même les mâchoires, à l’exception du système dentaire , que nous avons pu étudier sur l’individu monté de la collection zoologique du Muséum. Nous sommes seulement certain que c’est un véritable Canis, comme nous avons pu nous en assurer de visu, dans la collection de la Société zoologique de Londres , qui en possède un squelette décrit, si je ne me trompe, par M. Yarrel. Malheureusement je n’ai pas encore reçu le dessin que m’en a promis

Dans le C. cinereoargenteus.

Tête.

Vertèbres

cervicales.

Membres

antérieurs.

Dans

le Fennec (C. cerda).

Certainement une espèce de Canis ,

Non distincte gènérique-

Considèrè â tort

comme une espècedeMaki.

Dans

le C. Mégalo-

tü.

Vertèbres caudales , 20-21.

28 CARNASSIERS; CANIS {Pulpes).

M. O’Gilby ; mais je ne puis croire que les différences ostéologiques soient suffisantes pour appuyer l’établissement d’un genre distinct des autres Renards , quoique cette espèce ait sans doute encore plus de gracilité dans tout son squelette et les phalanges onguéales plus aiguës.

Quoi qu’il en soit , l’histoire zoologique de cet animal offre un exemple remarquable de la faiblesse ou même de l’absence des principes de zooclassie qui existait en France , il n’y a pas encore très-longtemps. En effet , nous avons vu, en 1824, et malgré la description et la figure assez bonnes données par Bruce , dans son Voyage en Abyssinie , un de nos zoologistes les plus heureusement placés pour juger ces sortes de questions , faire un long mémoire pour soutenir que cette espèce de Canis, pour tout le monde , n était qu’un animal de la famille des Makis , du genre des Galagos; au point que M. Cuvier lui-même, dans la première édition de son Règne animal , publiée en 1817, regardait le Fennec comme trop peu connu pour pouvoir être classé , et cependant Illiger avait , d’après Bruce , donné la formule de son système dentaire presque tout entier, absolument comme dans un Canis , et Skielder , qui le premier avait signalé cet animal , l’avait parfaitement intitulé Vulpes minimus Saarensis.

Un autre exemple non moins remarquable de la fausse direction dans laquelle on était naguère en France pour la systématisation naturelle des mammifères, peut être appuyé sur l’espèce de Canis dont il nous reste à décrire le squelette, le C. Megalotis du Cap. En effet , si l’on se bornait à examiner son système dentaire qui ne ressemble en rien à celui des autres Canis , ni pour le nombre ni pour la forme des molaires, on serait tenté de rapprocher cet animal de la famille des Subursus , et cependant toutes les parties du squelette , dans ses plus petits détails , sont d’un véritable Canis de la section des Renards.

L’ensemble des os du C. Megalotis rappelle évidemment celui d’un petit Renard, mais encore plus grêle et plus élancé ou élevé sur pattes. La queue , composée de vingt à vingt et une vertèbres , est seulement un peu plus courte et plus rapidement effilée.

Les apophyses épineuses des vertèbres dorsales sont plus étroites , et nq vont pas en s’élargissant en arrière.

Celles des lombaires sont également plus étroites et plus inclinées en avant ; et les transverses d’une gracilité extrême , la dernière étant peutêtre la plus large.

La série sternale et les côtes sont absolument comme dans le Renard.

L’omoplate est peut-être un peu plus haute , un peu plus étroite , et sa crête fort élevée , surtout vers sa terminaison.

L’humérus est certainement plus long, plus droit, en un mot plus semblable à celui des Felis; mais sans crête épicondylienne , sans canal interne, et même sans trou médian à son extrémité inférieure. L’articulation est du reste en double poulie comme chez les autres Canis.

L’avant-bras est encore plus long que le bras. Le radius très-courbé et le cubitus presque tout à fait postérieur , soudé même dans sa moitié supérieure et très-grêle dans, le reste.

Le carpe est comme dans le Renard ; mais la main est beaucoup plus allongée , surtout dans les métacarpiens qui sont d’une longueur et d’une gracilité tout à fait particulières.

Les premières et les secondes phalanges sont assez bien comme dans le Renard, mais les onguéales sont encore plus longues , plus comprimées et plus aiguës.

Les membres postérieurs présentent des différences à peu près de même intensité.

L’os innominé est proportionnellement plus long, et son angle antérieur et inférieur est plus arrondi.

Le fémur est long, arqué, comprimé en haut et moins en bas.

Les os de la jambe sont encore plus grêles , et le péroné entièrement soudé au tibia dans sa moitié inférieure.

Le pied est encore plus long, plus grêle et plus serré que dans le Renard , avec le pouce également plus rudimentaire.

Mais c’est surtout la tête qui offre le plus de différences, quoiqu’elle

Dorsales.

Lombaires.

Omoplate.

Humérus.

Radius.

Cubitus.

Carpe.

Os innominé.

Os

de la Jambe.

"Du Pied.

Tête.

Forme

générale.

Orbite.

Os du Nez.

Ptèrygoïdien.

Le Système dentaire.

Dans

le C. Crabier (C. cancrivorus).

La Télé.

La Mandibule.

L'Hyoïde.

30 CARNASSIERS; CANIS ( Lupulus )■

rentre cependant fort bien dans la forme de celle des Renards , et surtout du Renard argenté. Elle est seulement encore un peu plus allongée , l’espace lyriforme supérieur étant plus large; l’orbite est aussi plus circulaire et plus complet dans son cadre, par plus de longueur des apophyses orbitaires. La bifidure de l’os du nez est moins marquée, le trou sous-orbitaire plus avancé, la pointe médiane du bord palatin bien plus longue; l’apophyse ptérygoïde interne plus petite; le trou auditif plus grand; l’apophyse angulaire de la mandibule plus large, plus arrondie, de manière à ce que l’os mandibulaire est presque droit.

Nous verrons plus loin , dans le chapitre consacré à l’Odontographie , combien le système dentaire de ce Renard à grandes oreilles s’éloigne de celui des autres espèces. Avant cela, à présent que nous avons comparé à notre mesure les espèces ascendantes du genre Ganis , il nous reste à en faire autant pour les espèces descendantes vers les Hyènes.

Parmi celles qui appartiennent à la section des véritables Loups , mais que la forme de la tête tend à rapprocher des Hyènes, nous comptons les C. cancrivorus, brachyleles, brachyotos ou procyonoïdes , dont le pouce des pieds de devant est court , remonté, ce qui indique une véritable dégradation , et qui ont cependant une certaine ressemblance avec les Chacals.

Le Chien crabier ( C. cancrivorus ) est dans ce cas plus qu’aucune autre espèce.

Sa tête est assez brève , large , assez arquée et voûtée au chanfrein et surtout entre les orbites, avec un intervalle lyriforme étroit au sincipul, atténuée rapidement au museau avec les lobes du bord libre des nasaux presque égaux ; la mandibule courte presque droite et atténuée en avant dans la branche horizontale, fort élargie dansla verticale, par un renflement assez considérable à l’origine du bord inférieur ; l’apophyse angulaire large et courte.

L’hyoïde offre aussi quelques légères différences dans chacune de ses parties ; mais la plus sensible est dans la brièveté et la largeur de la petite corne.

Aux membres antérieurs :

L’omoplate rappelle un peu celle des Ours pour sa forme parallélogrammique , ses deux bords étant devenus presque parallèles par l’avance de l’antérieur vers le rudiment de l’apophyse coracoïde. L’acromion est au contraire assez comme dans les Felis, c’est-à-dire, un peu bifurqué.

L’humérus redevient court et assez arqué.

Les deux os de l’avant-bras sont peut-être encore plus courts et plus robustes.

Il est de même de ceux de la main qui ont quelque ressemblance avec ceux du Chacal , quoique plus petits.

Les os du pouce sont seulement un peu plus courts.

Quant aux os des membres postérieurs , ils suivent assez bien le même degré de raccourcissement et l’état plus robuste des antérieurs , aussi bien le fémur que le tibia; mais les os du tarse sont peut-être encore plus serrés et plus étroits que dans le Chacal ; ce qui donne aux métacarpiens une disposition analogue , de manière à former une gouttière postérieure plus serrée , plus étroite et plus marquée

Le Chien à oreilles courtes ou C. brachyotos , un peu plus petit que le précédent, d’un sixième environ, rentre aussi assez bien dans la forme du Chacal , sous le rapport de son squelette , et surtout dans la forme de l’omoplate , de l’humérus , des deux os de l’avant-bras et même de la main , sauf que ceux-ci sont proportionnellement plus grêles, et qu’au pouce ils sont encore plus petits; ce que l’on peut dire également pour les os des membres postérieurs, qui sont en effet moins robustes que dans le Crabier.

Mais il n’en est pas tout à fait de même pour la tète qui rappelle assez bien celle de ce dernier dans sa forme générale , un peu plus étroite cependant , mais également pourvue de l’espace sincipital lyriforme. On peut encore trouver quelques nuances différentielles dans le museau plus allongé; l’orbite plus petit, plus rond et plus fermé dans son cadre, par suite d’apophyses orbitaires plus saillantes et plus

L'Omoplate.

L’Humérus.

Les Os de l'Avant- Bras.

de la Main.

du Pouce

Les Membres postérieurs.

Dans le C. a Oreili.es COURTES

( C. brachyolis).

Dans le Tronc.

La Tête.

32 CARNASSIERS; CANIS (. Lupulus ).

aiguës, ce qui donne à l’arcade zygomatique une courbure plus anguleuse.

La Mandibule. Quoique assez semblable , la mandibule présente aussi une différence sensible dans l’apophyse coronoïde plus courbée, dans l’apophyse angulaire plus large et plus plate , et même dans celle du coude encore plus prononcé que dans le Chien crabier.

Dans Je ne connais du C. brachytcles ou Chien guaracha <lu Brésil , qu’une

(fi^brachyote- tête osseuse bien complète, hors les condyles occipitaux. Sa forme les). générale rappelle encore très-bien celle du Chien crabier, mais plus i.aTete. forte pjus allongée, surtout à la face, ce qui fait que le chanfrein est bien moins rapidement déclive et plus relevé vers sa terminaison nasale ; il s’ensuit aussi que l’arcade zygomatique est plus longue et un peu plus surbaissée ; les apophyses fronto-orbitaires sont aussi moins saillantes ; du reste, la crête occipitale, l’espace lyriforme, les os du nez , le bord palatin , sont fort semblables. U n’en est pas tout à fait de même de l’apor.a Mandibule, physe angulaire , de la coronoïde , et même du coude de la mandibule.

La première est bien plus large , plus arrondie ; la seconde moins étroite , surtout au sommet , et le troisième un peu moins marqué que dans le Crabier.

Dans Le Chien primitif ( C. primœvus ) , ainsi nommé par M. Hogdson ,

lB C*ulay\HI Parce qu’ü lui semble que cette espèce a pu être la souche sauvage du (c. primœ- Chien domestique de tout le versant méridional des Ilimalayas , et ! " v même du Dingo de la Nouvelle-Hollande , ne nous est également connu dans son squelette que par la tête osseuse qui en est, il est vrai, la partie principale.

i.a Tète. Quand on la compare avec celle d’un Loup , on observe quelle s'en éloigne assez fortement par sa brièveté et la déclivité presque sans courbure de son chanfrein pour se rapprocher de celle du Crabier, et peutêtre encore mieux de l’Hyène, formant ainsi quelque chose d’intermédiaire aux deux genres. Elle est, en effet, large et courte dans ses deux parties, sans coup de hache ni relèvement frontal; les os du nez sont plus larges, les prémaxillaires plus courts, les orbites moins grands,

plus longs et un peu plus complets dans leur cadre. Les caisses sont moins renflées, et la mandibule a quelque chose d’intermédiaire à celle du La Mandibule. Loup et à celle du Grabier, étant un peu plus en bateau que dans celui-ci, et cependant ayant le coude assez marqué, et l’apophyse angulaire presque comme dans celui-là.

Enfin, la dernière espèce, rangée dans le genre Canis sous le nom Lec.HYÉNoïDE de C.pictus, et dont, à cause du manque de pouce en avant comme (c' pictws)en arrière , on a fait un genre sous la dénomination de Cynohyœna , qui indique très-bien ses rapports, est le grand Chien sauvage en Abyssinie, et dans la partie la plus méridionale de l’Afrique.

Nous devons d’abord faire observer que, comme cette espèce n’a pas observation le singulier pénis des chiens, ni même la bibolure de la racine du bord prel,m,na,re postérieur de l’oreille, nous ne voudrions pas assurer que, malgré la similitude complète du système dentaire , le squelette de cet animal fût réellement celui des Canis, de manière qu’il fût à leur égard la contrepartie du Megalotis.

Nous n avons vu , en effet, qu’une partie de la tête osseuse d’un seul Dans la Tête, individu de sexe inconnu. Cette tête est encore plus courte, plus brusquement déclive, du moins depuis le front, que dans le C. primœvus,ce qui fait supposer que le rapprochement de celle des Hyènes est encore plus grand. Toutefois, la gouttière fronto-nasale est très-forte, plus que dans aucune autre espèce de Canis, et, par conséquent, autrement que dans les Hyènes, où il n’y en a pas de traces. Les os du nez sont assez bien, comme dans le C. primœvus, larges , surtout dans leur moitié supérieure.

On peut en dire autant du bord palatin , et même de la mandibule , qui , La Mandibule, sauf plus de largeur pour le premier , de force et de brièveté pour la seconde, sont assez bien intermédiaires à celui-ci et au Loup.

Du reste du squelette, je n’ai pu étudier que les extrémités , et même Les Os sans le carpe ni le tarse complets ; cependant il m’a semblé qu’il y avait au et moins autant de rapprochement à faire avec la Hyène qu’avec le Loup , le pouce n’étant ni plus ni moins rudimentaire en avant qu’en arrière.

Je ne puis qu’assez difficilement en dire autant du dernier animal, que ,^e/”0TE,LE r 1 ’ 1 [C. Lalandii).

G. Canis. 3

34 CARNASSIERS; CANIS ( Proteles ).

je crois devoir ranger dans le grand genre Canis , tel que je l’ai circonscrit. En effet, le Protèle ( C. Lalandiî) , auquel je lais allusion en ce moment, offre un système digital tout pareil à celui des Canis ordinaires, aussi son squelette est-il presque en tout semblable au leur , comme il va nous être facile de le montrer , et surtout à l’aide de l'Iconographie.

En générai. Considéré d’abord dans son ensemble, et comparé avec celui de la Civette, du Loup et de l’Hyène, il est évident qu’il a bien plus de ressemblance avec celui du Canis qu’avec l’un des deux autres , par la brièveté du tronc, surtout dans la région lombaire, et par celle de la queue, ainsi que par l’élévation des mains et des pieds, qui sont certainement dans la proportion ordinaire des Canis.

En particulier. La tête courte et large, et par là assez différente de celle du Loup , Dans a Tete rappelle, au contraire , un peu la forme du crâne du Chien crabier d’Amérique par la manière dont le chanfrein , doucement arqué dans toute son étendue, tombe, en s’excavant légèrement en avant, pour former un museau raccourci. On peut même reconnaître une certaine analogie i.es Os du Nez. dans la manière dont se produisent la crête occipitale, et l’intervalle supérieur des fosses temporales. Mais on trouve des différences assez grandes dans la forme des os du nez bien plus scaléniformes , le sommet supérieur très-aigu, et la base plus large et oblique ; dans l’orbite plus circulaire, plus complet dans son cadre, par l’avance presque égale des deux apophyses orbitaires , et surtout de celle du jugal , qui lui-même est plus large et plus court, et ressemble ainsi un peu à ce qu’il est dans les La Mâchoire Felis. La mâchoire supérieure est également singulièrement large , et cela supérieure. cjang tQUS leS os qui la constituent. Ainsi , l’apophyse ptérygoïde interne, très-saillante, est un peu dolabriforme ; le palatin et le maxillaire, parleur grande étendue , forment une voûte palatine à bords parallèles , remarquable par sa largeur et son excavation, se rétrécissant assez peu aux

(1) M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire a déjà donné une description étendue du squelette de cet animal , dans son Mémoire sur le Protèle (Mém. du Muséum, tome XI ) , en le comparant avec ceux de la Civette, du Chien et de l’Hyène, insistant principalement sur sa ressemblance avec celui-ci ; mais il n’en a représenté aucune partie.

prémaxillaires, dont la branche montante est courte et très-aiguë.

Cette forme de la face osseuse du Protèle et de ses mâchoires , même à l’extrémité, rend assez difficile de concevoir la comparaison qui en a été faite avec celle du Renard et de la Civette par les zoologistes.

Cet élargissement du museau et du palais a nécessairement déterminé quelque chose de semblable dans l’appendice maxillaire inférieur: il commence , en effet , par une caisse considérable, contre laquelle s’applique, d’une manière fort serrée, un os mastoïdien fort épais. Le squammeux est court dans son apophyse jugale; mais celle-ci s écarté fortement en dehors, afin que les branches de la mandibule se disposent de manière à correspondre aux bords maxillaires , c’est-à-dire à former par leur écartement une sorte de parabole ou de fer à cheval très-ouvert, au sommet duquel la mandibule se rétrécit presque subitement dans une partie de la symphyse pour s’élargir transversalement à sa terminaison. Chaque côté a du reste assez bien la forme de celui de la mandibule du Chien crabier, avec moins de hauteur cependant et plus d’obliquité de l’apophyse coronoïde, un peu plus de saillie de l’apophyse angulaire, et moins d’arrêt dans le coude. Elle est aussi plus étroite dans sa branche horizontale.

Cette disposition des deux mâchoires est sans doute en rapport avec un élargissement proportionnel de la langue , ce qui , joint à la forme si anomale des dents, fait présumer quelque particularité biologique singulière dans l’espèce et peut-être dans l’état de la nourriture de cet animal.

Le reste du squelette rentre presque complètement dans ce qui existe chez les Canis.

Aux vertèbres cervicales , l’apophyse épineuse de l’Axis est longue , très-basse , presque rectiligne à son bord supérieur , et nullement convexe, comme dans les Civettes. Le lobe interne de l’apophyse transverse de la sixième est court et arrondi , plus semblable à ce qu’il est chez le Loup que chez celle-ci, où il est échancré. Du reste, les apophyses transverses des intermédiaires sont également courtes et arrondies, et les

La Mâchoire inférieure.

Caisse.

Mastoïdien.

Squammeux.

La Mandibule.

Branche

horizontale.

Verticale.

Vertèbres

cervicales.

Axis.

Sixième.

Inter¬

médiaires.

Troncales.

Dorsales, 14.

Lombaires, 6.

Sacrées, 2.

Goccygiennes,

Omoplate.

Humérus.

Radius.

Cubitus.

Carpe.

Phalanges.

36 CARNASSIERS; CAN1S ( Proteles ).

épineuses, quoique larges à la base, sont très-peu élevées, disposition

qui est particulière à cet animal.

Les vertèbres du tronc sont au nombre de quatorze dorsales et de six lombaires , comme dans les Felis , et non pas comme dans les Canis , ni dans les Civettes , et encore moins comme dans les Hyènes.

Leurs apophyses épineuses sont en général courtes ; les onze premières dorsales rétroverses , et les trois dernières plus courtes encore et un peu inclinées en avant comme celles de toutes les lombaires, vertèbres qui sont généralement courtes et dont les apophyses transverses croissent de la première à la dernière , la plus longue et la plus large.

Je ne vois pas trop pourquoi M. Isidore Geoffroy a admis que ces apophyses deviennent des tiges très-allongées , et qu’il compare à ce qui a lieu chez les Hyènes.

Le sacrum n’est formé que de deux vertèbres seulement, et la queue de vingt et une , toutes courtes et décroissant rapidement d’épaisseur.

Les membres généralement élevés rappellent presque complètement ceux des Canis.

L’omoplate est étroite et ressemble cependant assez à celle de la Civette. Son acromion est un peu bifurqué et la tubérosité coracoïdienne est très-épaisse.

L’humérus est tout à fait celui d’un Canis, peut-être un peu plus droit cependant , avec un trou médian et sans canal interne ni crête externe.

Les deux os de l’avant-bras sont encore plus dégradés que dans les Canis et autant que dans les Hyènes; le radius plus antérieur, plus large, plus contigu au cubitus , qui , comme dans celles-ci , est robuste et triquètre , sans la division bicorne du bord antérieur de l’apophyse olécranienne , qui est au contraire arrondie.

Le carpe est élevé ; le métacarpe comme dans les Canis, ainsi que le pouce; mais les phalanges sont plutôt comme dans la Hyène, par la brièveté et la subégalité des secondes. Outre les sésamoïdes ordinaires de

OS SÉSAMOÏDES.

l’articulation métacarpo-phalangienne, M. Isidore Geoffroy en décrit en dessus dans les tendons de l’extenseur commun.

Aux membres postérieurs , dont la proportion avec les antérieurs est celle des Canis :

Le bassin est fort court et l’iléon dilaté dans sa partie antérieure un peu comme dans la Hyène (i).

Le fémur est un peu moins courbe que dans le Chien, mais dans les mêmes proportions

Le tibia ressemble peut-être plus à celui de la Hyène , sauf la taille , parce qu’il manque à sa partie supérieure de la crête si brusquement arrêtée chez les Canis. Quant au péroné , il est tout à fait comme dans ceux-ci et dans la Hyène , grêle et collé dans sa moitié inférieure contre le tibia, ce qui est tout autrement dans la Civette.

Le pied rentre entièrement dans la forme de celui des Canis, par l’étroitesse du calcanéum, et par celle du métatarse et des doigts. Les secondes phalanges sont cependant moins courtes.

DES OS SÉSAMOÏDES.

Cette sorte d’os est sans doute à peu de chose près dans le genre Canis, comme dans les autres Carnassiers digitigrades. Nous allons cependant noter ici quelques différences.

Ainsi au carpe nous en avons trouvé deux sur le Loup : l’un dans l’abducteur du pouce, et qui , pisiforme, s’articule avec la tubérosité seule du scaphoïde à sa partie inférieure, et un autre plus petit à l’extrémité du tendon du cubital antérieur, et articulé avec l’uncifornie.

Nous devons aussi noter que les sésamoïdes sous-articulaires de la

(1) Quant au quatrième os de la cavité cotyioïde, et que M. Isidore Geoffroy paraît regarder avecM. Serres comme l’analogue de l’os marsupial des Didelphes, c’est, suivant moi , l’épiphyse de l’extrémité articulaire de l’iléon comme je l’ai démontré il y a déjà plusieurs années dans mon cours d’anatomie comparée au Muséum.

Iléon.

Tibia.

Péroné.

Os du Pied.

Du Carpe. Interne.

Externe.

Sous Articulaires des Doigts.

Rotule.

Du Jarret

Du Pied.

Dans le Loup.

Le Chacal d'Alger.

L’Isatis.

Le Renard.

Le Chien hyènoïde.

base des doigts , sont proportionnellement plus forts que dans les Carnassiers moins digitigrades.

Aux membres postérieurs .

La rotule du Loup est bien plus étroite et bien plus épaisse que dans les Felis de même taille.

Les deux sésamoïdes pisiformes des tendons des gastrocné miens existent toujours; mais je n’ai pas trouvé celui du muscle poplité.

Au pied , je n’ai pas non plus rencontré le sésamoïde du tendon du long péronier , remplacé sans doute par le tubercule apophysaire du cuboïde.

Enfin , les sésamoïdes basilaires des doigts sont comme à la main.

DE LOS PÉNIEN

Parmi les Carnassiers digitigrades, c’est peut-être dans les Canis que l’os pénien est parvenu à son plus grand développement , et 1 on ne connaît pas encore une espèce qui n’en soit pas pourvue.

Dans le Loup cet os est long , doucement arqué , atténué et coupé carrément en arrière, s’élargissant et s’excavant fortement en dessus, dans le reste de son étendue , tandis qu’en dessous il est subcaréné.

Dans un Chacal d’Alger, la forme de l’os du pénis est la même ; mais il est beaucoup plus droit.

Celui de l’Isatis est plus court , plus évasé , sa gouttière commence à l’extrémité tronquée , pour finir presque à l’autre ; enfin il est plus caréné en dessous.

Sur un Renard d’Alger , l’os pénien ressemble beaucoup à celui du Chien de ce même pays; il est seulement un peu plus court et la carène inférieure est plus prononcée et plus pincée.

Je n’ai point observé cet os dans les autres espèces ; mais il est plus que probable qu’il existe dans toutes et de forme très-rapprochée.

D’après ce qu’en disent les voyageurs qui l’ont observé, le Chien

ODONTOGRAPHIE.

hyénoïde en serait cependant dépourvu , ce qu’on pourrait présumer être de même pour le Protèle.

Page 1