‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologieChapitre 131 sur 171 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

ODONTOGRAPHIE.

Le système dentaire des Canis a été étudié, comme on le pense bien, presque de tout temps et de fort bonne heure, par la facilité de se procurer les matériaux d’observation dans notre Chien domestique , et aussi parce que cet animal était devenu le sujet principal de l’art de la vénerie , et encore mieux parce qu’un certain nombre de naturalistes en ont fait , pour ainsi dire , le type de l’ordre des Carnassiers , au moins sous le rapport dentaire. Toutefois on peut encore assurer ici, comme nous l’avons fait à l’occasion des Felis, que c’est depuis l’étude, devenue presque populaire, de la Paléontologie que les dents des Canis ont dû être minutieusement décrites et figurées par MM. Cuvier, l’un dans ses Recherches sur les ossements fossiles , et l’autre dans son Mémoire sur l emploi des dents comme caractères des genres de mammifères , en 1825, et par moi dans Y article étendu sur les Dents, que j’ai publié dans la seconde édition du Nouveau Dictionnaire d Histoire naturelle , en 1817.

Dans le genre Felis nous avons trouvé, sous le rapport du système dentaire , un des termes dont il est susceptible chez les Carnassiers , cest-à-dire le minimum sous le rapport du nombre , le maximum sous celui de la disposition carnassière, avec une anomalie dans le système dentaire de lait. Les Canis, en général du moins , vont nous offrir un autre terme , mais sous le rapport du nombre seulement qui , chez eux , est au maximum , et rentrer dans l’état normal du système dentaire de premier âge, chez les Carnassiers.

D’après cela , le système dentaire des Canis , considéré dans son en-

Histoire

étudiée

surtout par

MM. Cuvier,

H. de Blainvilie.

Généralités.

En totalité.

Dans le Coup.

(C. Lupus).

Comme type.

En général.

formule

dentaire.

En particulier.

rieureinent.

40 CARNASSIERS; CANIS [Lupus).

semble , doit offrir une étendue plus considérable que dans aucun genre de Carnassiers; mais de plus il présente un développement plus complet dans toutes ses parties, aussi bien qu’une combinaison presque à parties égales de dents carnassières et de dents omnivores , ce dont nous avons déjà vu quelque chose dans certains Subursus, toujours plus omnivores cependant, et même chez les Civettes, quoique plus insectivores.

Le Loup, que nous continuons à prendre comme type, est peut-être de tous les Mammifères celui qui doit être regardé comme le mieux et le plus complètement denté, puisqu’il possède, garnissant toute l’étendue de ses longues mâchoires et pouvant agir à la fois, des dents incisives aptes à couper, à ronger, à pincer de la manière la plus commode, par suite de leur forme et de leur disposition avancée à l’extrémité arrondie des mâchoires , et de leur opposition marginale ; des canines bien croisées et encore fort puissantes , quoique bien moins que chez les Felis ; une série d’avant-molaires, une principale et même une première arrière-molaire propre à couper, à trancher la chair, et enfin des arrière-molaires tout à fait plates , tuberculeuses , s’opposant pleinement par la couronne, et par conséquent méritant bien le nom de

La série dentaire du Loup peut être formulée ainsi :

3 + 7 + 7 d°nt 3 + 7 + 3 ’

c’est-à-dire trois paires d’incisives, et une canine en haut comme en bas , ce qui existe chez tous les Carnassiers ; plus six molaires en haut et sept en bas, partagées en trois avant-molaires en haut comme en bas, une principale , deux arrière-molaires à la mâchoire supérieure et trois à l’inférieure.

Voyons maintenant leurs caractères individuels.

A la mâchoire supérieure :

Les trois incisives disposées en demi-cercle, sont en général plus

Incisives, 3.

ODONTOGRAPHIE.

fortes et plus saillantes que dans les autres Carnassiers , toutes les trois étant dans un mouvement de courbure en dehors et en arrière.

La première, la plus petite , la plus verticale, paraît trilobée à la couronne à cause de l’arrêt du talon circulaire dont elle est garnie en dedans : sa racine est longue et très-comprimée.

Sur la seconde , qui est plus forte , l’extrémité du talon ne paraît qu’en dehors , et sa couronne est plus aiguë et plus recourbée ; sa racine est comprimée en couteau.

Enfin la troisième , la plus forte , la plus arquée , est terminée à la couronne en crochet simple , par l’usure du denticule externe , serti cependant à sa base interne par un collet bien marqué et subanguleux en arrière ; sa racine sublriquètre est fortement courbée.

Les canines, quoique assez fortes, ne le sont jamais autant que chez les Felis et les Ursus. Leur coupe est ovale , un peu carénée en arrière, à la limite des deux parties , 1 une plane en dedans , l’autre convexe en dehors, mais toujours sans cannelures ni sillons. La racine plus longue que la couronne est assez comprimée.

Les six molaires , disposées en série assez lâche pour les quatre premières, ne sont contiguës que pour les trois dernières , mais jamais assez serrées pour se chevaucher.

Des trois avant-molaires, la première est la plus petite, simple , uniradiculée, à crochet unique, assez peu marqué et presque antérieur; la seconde biradiculée , sa racine postérieure un peu plus forte , est plus large, triangulaire, pourvue d’une pointe submédiane avec un denticule postérieur au-dessus du collet qui en simule un second ; la troisième a presque la même forme, seulement elle est un peu plus forte et surtout plus oblique. Elle a également deux racines subégales.

La principale , de beaucoup la plus grosse des trois dernières molaires, est bien évidemment carnassière. Elle est formée d’une très-forte pointe conique antérieure dirigée en arrière, portant un petit tubercule interne tout à fait en avant , et d’un lobe postérieur subtranchant et oblique.

G. Canis. g

Première.

Seconde.

Troisième.

Canines.

Molaires , 6.

Avant-

Troisième.

Principale.

Couronne.

Racines.

Arrière- Molaires, 2.

Première.

Seconde.

Mâchoire inférieure.

Incisives, 3.

Première.

Seconde.

Troisième.

Canine.

Avant- Molaires, 3.

Première.

Seconde et Troisième.

Principale.

42 CARNASSIERS; CANIS [Lupus )

Elle a trois racines , deux tout à fait antérieures subsemblables , et une postérieure bien plus grande comme canaliculée en avant.

Des deux arrière-molaires :

La première est pourvue à son bord externe de deux pointes coniques décroissantes, portées chacune sur une racine proportionnelle assez petite , et en dedans d’un large talon arrondi , creusé de deux fossettes entre quatre tubercules obsolètes, soutenu par une grosse racine large, comprimée et transverse , et la seconde et dernière , bien plus petite , quoique assez bien de la même forme , aussi bien à la couronne qu’à la racine, seulement plus ramassée, a son bord externe bicuspide trèsoblique et à peine aussi large que le talon arrondi et recourbé en arrière avec un tubercule médian , qui en fait la partie interne.

A la mâchoire inférieure :

Les incisives sont plus transverses, plus serrées qu’en haut, et leur racine est longue et très -comprimée. La première en houlette trilobée, quand elle n’est pas usée, la plus petite; la seconde également trilobée sur son tranchant , le lobe médian le plus grand ; la troisième , la plus forte et bilobée , le plus grand lobe en dedans.

La canine en crochet est robuste, avec deux cannelures internes, séparant ce côté plus plat de l’externe plus convexe. Sa racine, très-forte , est un peu courbée sur le plat.

Les trois avant-molaires sont assez bien dans les mêmes proportions entre elles que celles d’en haut; la première est cependant notablement plus petite que sa correspondante, et les deux autres sont un peu plus comprimées , plus régulièrement triangulaires avec les deux racines plus serrées et plus longues.

La principale d’en bas est tout à fait semblable à la dernière des précédentes, sauf la taille notablement plus grande, et les deux denticules du bord postérieur plus prononcés. Ses deux racines sont aussi un peu plus écartées et plus longues.

Des trois arrière-molaires :

La première est carnassière et la plus grande ; elle est large , assez

ODONTOGRAPHIE.

épaisse et formée, pour les deux tiers, d’une partie antérieure divisée Couronne, en deux lobes externes pointus, un peu tranchants, inégaux, le postérieur le plus grand, avec un très-petit tubercule pointu, collé, ou peu détaché , à la racine interne et postérieure de celui-ci , et, pour l’autre tiers, d’un large talon à deux tubercules pointus, géminés, c’està-dire se correspondant l’un en dehors et l’autre en dedans. Il n’y a Racines, cependant toujours que deux racines assez grosses, l’antérieure un peu plus que la postérieure , assez divergentes et celle-là surtout , comme canaliculée à son bord postérieur.

La seconde arrière-molaire , beaucoup plus petite et bien plus basse , seconde,

présente à sa couronne de forme ovale égale aux extrémités , deux couronne,

pointes rangées obliquement en avant d’un talon marqué par le creux d’une fossette , et deux racines subégales et souvent un peu courbées. Racines.

Enfin , la troisième et dernière , la plus petite de toutes les dents du Troisième.

Loup , a sa couronne tout à fait ronde, rebordée , avec une saillie plus Couronne,

ou moins marquée dans son milieu. Elle est uniradiculée , sa racine Rac,ne

conique.

Cette dent, extrême dans l’agencement total des deux séries inférieure et supérieure, est complètement vide ( Dens vacuus dit Linné), c’est-àdire sans connexion aucune avec tout ou partie d’une dent supérieure.

C’est ce que j’ai soigneusement observé dans huit ou dix têtes de Loup d’Europe que j’ai eues sous les yeux.

Les variations individuelles du système dentaire , dans le Loup Variations d’Europe , ne m’ont jamais paru avoir un rapport évid' nt avec le sexe , laTaiüe. mais bien avec la taille ou la force de l’animal, et surtout avec l’âge; mais alors elles ne portaient que sur la grosseur des dents et sur leur degré d’usure Je ne crois pas en avoir jamais rencontré qui portassent sur la proportion des dents entre elles , ou sur celles de leurs parties.

Après avoir ainsi décrit , pour ainsi dire individuellement , chacune Les Espèces, des dents molaires du Loup , nous devons dire quelque chose de leurs ^génèrates^ proportions entre elles, et par rapport à la carnassière par exemple, parce que c’est à l’aide de cette considération qu’il nous sera possible

Sur la proportion .

De

la disposition carnivore.

Omnivore.

D'une manière générale.

Spéciale.

Suivant l’Ordre.

Parallèle au système digital.

de caractériser réellement les espèces de Canis, et d’indiquer leur disposition dans le genre quelles constituent.

Lorsqu’on considère ces espèces comme formant une partie de la série animale, et que la considération porte exclusivement sur le système dentaire, on doit aisément reconnaître que ce système est une certaine combinaison de la disposition carnassière ou tranchante , et de la disposition omnivore ou tuberculeuse ; or, cette combinaison dépend nécessairement non pas des avant-molaires qui restent toujours carnassières au même degré et qui ne varient pas de nombre ; mais bien des principales et des arrière-molaires. La disposition la plus omnivore dépendra donc i° du nombre et de la proportion des dents omnivores en totalité, dans leur ensemble, avec l’étendue des dents mixtes; 2° de la proportion dans celles-ci de la partie carnassière tranchante et de la partie omnivore ou tuberculeuse; plus la première l’emportera sur la seconde , plus la dent sera carnassière , et dans le cas contraire omnivore. Quant aux dents entièrement omnivores ou tuberculeuses, elles seront susceptibles de deux sortes de variations, et d’abord dans le nombre ; ainsi , qu’il y en ait trois , deux ou une , la disposition omnivore sera au summum , au medium , ou au minimum , la prédominance de la disposition carnassière étant en sens inverse; mais en outre la tendance à l’une ou l’autre disposition, pourra être déterminée par la proportion de l’étendue de la ligne dentaire occupée par les dents tranchantes et les tuberculeuses ; plus celles-ci et moins celles-là en occuperont , plus la disposition omnivore l’emportera sur la carnivore.

D’après cela on voit que la série des espèces, à partir du Loup, que nous avons pris pour type , et disposée entre le genre Felis et le genre Hyène, devrait être, en remontant, dans la direction de l’accroissement de disposition carnassière , puisqu’elle est plus forte dans le premier que dans le second; mais pour marcher parallèlement avec le système digital , c’est dans l’ordre inverse que nous allons exposer les différences que le système dentaire offre chez les espèces de Canis.

ODONTOGRAPHIE.

Dans le Loup ordinaire d’Europe , nous avons vu que dans la principale et les deux arrière-molaires supérieures , la proportion était telle qu’il y a égalité entre l’espace occupé par la carnassière seule et les deux arrière-molaires à la fois. C’est en effet ce que j’ai remarqué sur dix ou douze crânes ; mais il n’en est pas tout à fait de même pour le Loup noir , C. L. Lycaon ; pour celui du Canada , C. L. Canadensis , et surtout pour le Loup de l’Inde, C. L. Indicus. Sur deux individus du premier , deux également du second , et quatre du troisième , la carnassière a perdu d’une manière assez notable; c’est-à-dire qu’au lieu d etre égale en largeur , elle est sensiblement plus petite , d’un sixième peut-être , que les deux tuberculeuses.

Cependant, avant de décider que ce soit un caractère spécifique, je me hâte d’ajouter que sur un crâne de Loup commun d’Europe , j’ai trouvé la même disproportion ; et que pour les autres dents , et même pour celles de la mâchoire inférieure de ces Loups de pays si éloignés, je n’ai pu observer de différences véritablement appréciables.

Quoi qu’il en soit , au - dessus de cette espèce doit être placé le Loup du Mexique , comprenant celui de la Californie , dont le crâne est bien plus petit, et surtout plus effilé que dans notre Loup. Chez lui la proportion de la ligne dentaire dont il est question est encore plus en faveur de la partie tuberculeuse. Il n’est pas besoin d’ajouter que toutes les dents sont bien plus petites que dans un Loup , même de plus petite taille.

Dans le Loup du Brésil , la largeur de la principale ne dépasse pas même la moitié de la couronne de la seconde et dernière tuberculeuse.

Le Chacal offre à peu près la même proportion entre les dents citées ; mais en outre toutes sont en général proportionnellement plus courtes, plus ramassées , plus serrées , quoique plus petites cependant chacune à chacune.

Un crâne du C. mriegatus de M. Ruppell , m’a offert la même disproportion.

J’ai eu le rare avantage de confirmer cette observation sur un indi-

Dans les espèces de Loup d’Europe.

Du Canada.

De l’Inde.

Du Mexique ou de

la Californie (C. latrans).

(C. campestrü).

les Chacals.

D’Europe.

D'Afrique.

D'Asie.

Dans l'Adive (C. Corsac).

Le C. Azarœ.

L’Isatis (C. lagopus).

Le Renard

(C. vulpes).

Le Fennec (C. Cerda).

46 CARNASSIERS; CANIS {Pulpes).

vidu de Morée , trois d’Alger , autant du Sénégal , deux du Gap , un

d’Abyssinie, un d’Arabie, et trois de l’Inde, de taille, d’âge et de sexes

différents.

L’Adive, autre petite espèce de Chacal (C. Corsac), ne m’a présenté, sous le rapport du système dentaire en général, et dans celui de la proportion des parties carnassière et omnivore , aucune autre diffé rence appréciable avec ce que nous venons d’indiquer dans le Chacal , qu’une grandeur moindre pour chaque dent.

Le Chien d’Azara (C. Azaiæ ), dont j’ai vu cinq et même sept crânes bien complets , en y comprenant , il est vrai , deux de Renards jaunes du nord d’Amérique , ressemble tellement au C. aureus , sous le rapport du système dentaire, que l’on pourrait le considérer comme de même espèce, si la forme de la tête n’était pas sensiblement différente.

L’Isatis ( C. Lagopus ) , quoique ne pouvant être éloigné des Chacals , sous tous les autres caractères , présente cette particularité dentaire , qu’il y a égalité d étendue entre la carnassière et les deux tuberculeuses d’en haut; et, de plus , la dernière d’en bas est d’une petitesse proportionnelle extrême

Le Renard commun , qu’il vienne d’Europe, d’Afrique, d’Arabie ou d’Asie, m’a offert assez bien la même disproportion dans les parties du système dentaire , examinées en ce moment , que dans le C. Azarœ , c’est-à-dire une prédominance marquée des deux tuberculeuses sur la carnassière.

J’ai trouvé quelque chose de semblable dans le Fennec ( C. Cerda), dont les incisives, au contraire des canines fort grêles , sont un peu plus larges proportionnellement que dans notre Renard ordinaire. Les avantmolaires sont dans le même cas , triangulaires , plus larges à la base , surtout celles d’en bas. La principale ou carnassière d’en haut a ses deux lobes externes subégaux , et le talon interne plus prononcé même que dans le Renard ; mais la carnassière inférieure ou première arrièremolaire, à sa partie antérieure , est plus soulevée, plus aiguë, plus in-

ODONTOGRAPHIE.

sectivore surtout clans son lobe externe postérieur. Quant à la proportion des deux tuberculeuses, elles est certainement en faveur de cellesci, dont la dernière, en haut comme en bas, est au moins médiocre par rapport à celle qui la précède.

La disproportion augmente d’une manière extrêmement marquée dans le Renard argenté (C. cinereo-argenteus), dont j’ai examiné au moins quatre crânes. En effet chez lui la largeur de la carnassière dépasse à peine celle de la première tuberculeuse.

Les trois espèces de petits Chiens , que l’amoindrissement du pouce pourrait faire réunir sous le nom de Chiens brachytèles, offrent , sous le point de vue qui nous occupe, la particularité commune d’avoir la carnassière notablement diminuée au contraire des deux tuberculeuses.

Dans le Chien crabier ( C. cancrivorus ) cette disposition est trèsmarquée, et de plus, la dernière tuberculeuse d’en bas est notablement plus grosse que dans aucune autre espèce de ce genre, à l’exception du C. megalotis.

Le Chien du Brésil (C. brachyteles ), quoique plus gros que le précédent , en diffère assez peu sous le rapport qui nous occupe. Les avantmolaires sont cependant bien plus espacées.

Dans le petit Chien du Japon , qui a reçu le nom de C. brachyotos, à cause de la petitesse de ses oreilles, la proportion des dents tuberculeuses d’en haut est encore plus grande que dans le Chien crabier, et par conséquent au contraire de la carnassière , mais la dernière tuberculeuse d’en bas est excessivement petite.

Enfin , dans letat de nos connaissances actuelles sur la série formée par les espèces de Canis, nous trouvons le Chien à grandes oreilles {C. megalotis ), chez lequel la disposition omnivore est au summum, non-seulement parce que les carnassières sont tout à fait au minimum en elles-mêmes; mais aussi relativement aux tuberculeuses, dont le nombre est augmenté d’une aux deux mâchoires. Il en résulte que le système dentaire de cet animal a une certaine analogie avec celui de quelques petits Ours.

Le Renard argenté (C. cinereoargenteus).

Le Crabier (C. cancrivorus)-

Le Guaracha (C brachyteles).

Le C. du Japon

(C. brachyotos).

Le C. megalotis.

Incisives

Canines.

Avant-

Molaires.

Principale.

Arrière-

Molaires.

48 CARNASSIERS; C/tNIS ( Megalotis ).

Sa formule dentaire est :

-H - 1- - dont - -I - 1- -

c’est-à-dire une arrière-molaire de plus que dans les autres Canis.

Les incisives ont assez peu le caractère de celles des Canis , en ce que les supérieures sont petites, subégales, espacées et entières, peut-être cependant par usure ; mais les inférieures sont bilobées.

Les canines de même, et n’étant en effet pas plus comprimées, ni carénées que dans les Renards.

Les avant-molaires sont à peu près dans le même cas; seulement elles sont plus petites , moins espacées que dans les autres espèces de Canis; du reste elles croissent graduellement de la première à la troisième, sont tout à fait simples et triangulaires en haut comme en bas, mais seulement un peu plus étroites inférieurement.

Mais c’est dans la forme de la principale ou carnassière d’en haut , et de la première avant-molaire ou carnassière d’en bas qne les différences commencent à être plus marquées. Elles consistent en ce qu’en haut la partie antérieure de la dent, c’est-à-dire sa partie carnassière, a considérablement augmenté d’étendue, puisqu’elle constitue la dent tout entière, celle-ci n’étant cependant pas plus large que la première tuberculeuse; et qu’en bas cette carnassière, moins changée et moins réduite cependant , est devenue presque insectivore , les trois pointes ou tubercules pointus de la moitié antérieure étant également soulevés et le talon étant entièrement formé de deux pointes.

Quant aux tuberculeuses au nombre de trois à chaque mâchoire , celles d’en haut sont tout à fait semblables, sauf quelles décroissent sensiblement delà première à la dernière, ayant deux denticules presque égaux en dehors , et un large talon en dedans. Celles d’en bas décroissent encore plus rapidement. Les deux premières à deux collines iransverses bicuspidées, et la dernière à peu près de même forme , mais la colline postérieure réduite à n’être qu’un petit talon.

ODONTOGRAPHIE.

Si, maintenant que nous avons atteint le summum du système dentaire omnivore dans la série des Canis , nous examinons les espèces descendantes à dater du Loup notre type; nous trouverons des nuances différentielles bien moins nombreuses, puisqu’elles ne consistent réellement que dans celles qu’offrent deux espèces de ce genre.

La première, qui est connue sous le nom de Chien hyénoïde {C. pictus ), et dont le squelette nous a offert une dégradation du système digital , dans l’absence du pouce, même aux pieds de devant, n’est pas aussi descendue sous le rapport du système dentaire , que le Chien de l’Himalaya ( C.primœvus ), qui a cependant cinq doigts en avant, ce qui est une preuve de plus que ces deux systèmes sont indépendants, et ne marchent pas parallèlement dans leur dégradation.

Le système dentaire du Chien hyénoïde est en effet tout semblable à celui du Loup, sauf plus de rapprochement et plus de force pour chacune des dents. Nous devons cependant noter que la proportion de la carnassière supérieure , et des deux tuberculeuses qui la suivent , n’est pas plus à l’avantage de celle-là que dans le Loup d’Europe , puisqu’il y a égalité; mais que la dernière tuberculeuse est, proportionnellement avec la première, fort petite, sensiblement plus que dans un Loup.

En bas je trouve peut-être encore moins de différence , si ce n’est dans la troisième incisive proportionnellement plus petite , et dans la première avant-molaire plus haute, plus aiguë, ainsi que dans les denticules antérieurs et postérieurs des deux autres et de la principale qui sont évidemment plus prononcées , même dans un sujet dont les carnassières sont assez usées.

Nous terminerons par le Chien de l’Himalaya ( C.primtivus) , chez lequel l’étendue de la carnassière supérieure est proportionnellement au maximum, puisqu’elle dépasse notablement celle des deux tuberculeuses, dont la dernière est même très-petite, à peine triquètre ; mais de plus , en bas , cette même dernière tuberculeuse n’existe plus , et la carnassière est d’une largeur plus grande que dans aucun Canis, surtout proportionnellement avec l’unique tuberculeuse presque ronde. Du

G. Canis. 7

Le Chien hyénoïde (C. pictus).

Supé¬

rieurement.

Le C. de l'Himalaya ( C. primœvus).

Le Protèle (C. Lalandii

Jfyénoïdes).

Considéré d une manière erronée par MM. G. et Fréd Cuvier.

Comme Dents de lait usées,

ou Dents persistantes retardées.

50 CARNASSIERS, CANIS ( Proteles ).

reste les incisives, les canines, les avant-molaires et les principales sont

comme dans le Loup et dans les autres espèces de Canis de grande

taille.

Enfin, une dernière espèce de Canis ( Proteles Lalandii) , dont il nous reste à décrire le système dentaire, est tellement anomale, sous ce rapport, que dans les premiers temps où elle fut connue, les zoologistes répugnaient à admettre qu’il provînt d’un animal adulte. En effet, M. G. Cuvier, qui la regardait comme devant appartenir plutôt à la famille des Civettes qu’aux Hyènes, au point qu’il proposait (Ossem., t. IV, page 388, 1825) de la nommer provisoirement Genette Hyénoïde (1), disait : « Les crânes que nous possédons n’ont que des dents de lait » petites et usées , parce que leurs dents persistantes ont été retardées , » comme il arrive assez souvent aux Genettes , en sorte que nous ne » pouvons en donner de description caractéristique ; mais nous ne » doutons pas que dans leur état normal elles ne ressemblent à celles » des Civettes et des Genettes ; » et plus tard , dans la seconde édition de son Règne animal ( t. I, p. 1 58 , 1829), il se bornait encore à le mentionner seulement, non plus avec les Civettes, mais entre les dernières Mangoustes et les Hyènes, sous le nom d e Proteles Lalandii , que lui avait donné M. Isidore Geoffroy ( Mèm. du Mus. , t. XI , p. 334 > PI. XX ), en ajoutant: «Les individus qu’on a observés, et qui étaient » encore jeunes , n’ont offert que trois petites fausses molaires et une » arrière-molaire petite et tuberculeuse. Il semble que leurs dents » étaient avortées, comme il arrive souvent aux Genettes. » Ainsi, M. Cuvier reconnaît comme erronées les deux assertions qu’il avait d’abord avancées en 1825, savoir : que c’étaient des dents de lait usées, parce que les dents persistantes avaient été retardées, comme cela arrive

(1) Ce qui me paraît singulier, c’est que, dès 1821, M. Fréd. Cuvier, dans son article Hyène du Dictionnaire des sciences naturelles , parle de cet animal sous le nom de Civette Hyénoïde, que lui aurait donné son frère , et qu’il décrit son système dentaire comme dans un état si complet d’anomalie, qu’il est presque impossible de lui trouver quelque analogie dans tout le règne animal , mais sans le moins du monde les considérer comme des dents de lait.

ODONTOGRAPHIE.

assez souvent dans les Genettes, ce qu’il croyait au point de ne pas douter que dans leur état normal elles ne ressemblent à celles des Civettes; assertions d’une haute gravité, scientifiquement parlant, et qu il aurait dû relever textuellement lui-même ; car je ne connais aucun exemple de dents persistantes retardées pas plus dans les Genettes que dans un autre Carnassier. Je ne connais pas davantage de dents avortées, comme il arrive souvent , suivant M. Cuvier, dans les Genettes. Je n’en ai jamais trouvé de telles , et j’ignore même ce que M. Cuvier peut entendre par là.

Au reste, toutes ces explications hypothétiques sont tombées devant le fait accepté par M. Isidore Geoffroy lui-même, dans une note insérée dans les comptes rendus des séances de l’Académie des sciences, fin de janvier J 840 , que le Chien Protèle, dont nous possédons maintenant cinq à six crânes bien adultes et deux du second âge , offre la partie molaire de son système dentaire à l’état constant d’anomalie indiqué par M. Cuvier. Nous avons déjà trouvé quelque chose de semblable dans l’Aye-Aye , parmi les Makis , et encore mieux dans l’espèce de Chauve- Souris Sténodermes, que M. deNeuwied a nommées Desmodus.

La formule dentaire du Protèle est :

+ + dont -

Supérieurement , les incisives en demi-cercle assez avancé , sont petites, bien rangées, et assez bien entre elles dans les mêmes proportions que dans les C. brachytèles, c’est-à-dire un peu plus subégales que dans le Loup ; et toutes les trois épaisses et régulièrement bilobées à la couronne.

La canine est assez forte , conique , peu comprimée et assez pointue.

Les molaires sont complètement anomales de nombre et de forme.

Elles sont au nombre de quatre seulement , petites , débordant à peine la gencive , et fort espacées.

Une première avant-molaire à une seule racine longue, conique, un

Convenable¬

ment

par M. Isid.

Geoffroy.

Supé¬

rieurement.

Incisives.

Canine.

Molaires.

Première.

Seconde.

Principale.

Arrière-

Molaires.

Inférieurement

Incisives.

Canines.

Molaires.

Première.

52 CARNASSIERS; CAN1S ( Proteles ).

peu courbée, portant une couronne simple, conico-obtuse , un peu

comprimée , incisiforme ;

Une seconde avant - molaire de même forme à peu près à la couronne, mais évidemment plus grosse et plus haute, à deux racines peu séparées ;

Une troisième plus basse , que je crois la principale , et qui est subtriquètre à deux et peut-être trois racines connées, sans talon postérieur et triangulaire subtranchante ;

Après un intervalle qui sans doute représente la place de la première tuberculeuse, vient la quatrième dent réelle de forme subtriquètre presque ronde à la couronne , et soutenue probablement par trois racines connées, et la plus petite des quatre.

En sorte qu’il serait possible de trouver les six dents des Canis , en considérant comme une seconde avant-molaire une plus petite dent que la première , mais de même forme , qui se trouve d’un seul côté , il est vrai, entre cette première et la seconde , et sur un seul crâne de la collection ; mais c’est ce qui sera plus difficile pour la mâchoire inférieure.

Les trois incisives un peu déclives subtransverses, bien rangées et subégales, courtes, épaisses, sont sans doute bilobées , ce qui est certain pour la première , du moins dans le jeune âge.

Les canines sont comme celles d’en haut assez fortes , coniques et très-divergentes en dehors, ce qui donne à l’extrémité delà mandibule quelque chose de celle de certains Sangliers.

Les molaires, au nombre de quatre, s’entre-croisent avec les supérieures , de manière que l’antérieure est entre la première et la seconde d’en haut , la seconde entre la seconde et la troisième, et les deux dernières entre celle-ci et la quatrième.

Elles vont assez bien en décroissant de grandeur de l’antérieure à la postérieure.

Après un intervalle en forme d’échancrure semi-lunaire et tranchant sur ses bords, la première, la plus élevée, la plus déjetée en

ODONTOGRAPHIE.

dehors, est triangulaire, simple à la couronne, et probablement à

une seule racine.

La seconde un peu moins haute , mais un peu plus large à sa cou- Seconde, ronne triangulaire , est certainement pourvue de deux racines serrées , et d’une sorte de talon.

La troisième est un peu plus petite que la précédente , mais de même Troisième, forme et également à deux racines (i).

Enfin , la quatrième , la plus petite et la dernière , formée de deux Quatrième, parties presque égales , l’antérieure , cependant un peu plus grande , n’a véritablement qu’une racine, quoique M. F. Cuvier lui en donne

deux (2).

Après avoir fait connaître les différences que le système dentaire système adulte des Canis offre dans la série des espèces , il nous reste à décrire ^nt,^e celui du jeune âge ou de lait.

En examinant ce système chez les Felis , nous avons fait remarquer En générai et l’espèce d’anomalie que toutes les espèces de ce genre présentent sous œi^fdes Felis! ce rapport et qui consiste en ce que les molaires d’en bas ne sont alors qu’au nombre de deux , la principale et une arrière-molaire ; les Canis rentrent dans la règle générale des Carnassiers , comme nous allons le voir , et d’autant plus aisément que chez eux , pendant que le système dentaire de lait existe, les mâchoires et surtout la mandibule offrent un espace vide considérable en avant et en arrière de la série des molaires , espace où pousseront la première avant-molaire et les deux tuberculeuses persistantes. En particuUei,

Le nombre et la disposition des dents de lait chez le Loup ,et sans i" degré.

Dans le Loup comme type.

(1) M. Fréd. Cuvier la décrit comme ayant deux petites pointes à la base de la grande; mais c’est qu’il a probablement décrit une dent de lait.

(2) Dans son article Zoologie du tome LIX, p. 447, du Dict. des sc. nat., 1829, il dit que leur système dentaire est à peu près avorté, et il le fait consister, supérieurement, en trois dents pointues, et une quatrième qui ressemble à la tuberculeuse des Chats ; inférieurement , en trois dents pointues, analogues à celles d’en haut ; mais certainement il y en a quatre , comme il l’avait d’abord reconnu.

54 CARNASSIERS; CANIS (Lupus).

doute dans toutes les autres espèces, peuvent être exprimés par la formule suivante :

supé- Supérieurement :

rieurement.

Incisives. Les incisives croissent assez peu de la première à la troisième ; les deux premières subégales sont assez nettement trilobées pour ressembler à un trèfle dont les deux lobes latéraux seraient plus petits que le médian. La troisième , plus grande et assez arquée, n’a qu’une auricule externe.

canine?. La canine est grêle, conique, en ciochet arqué, et sans traces de carène ou de sillons.

Molaires : Des trois molaires , l’antérieure beaucoup plus petite que les autres

Molaires. et très-disiante , plus de la canine que de la principale , est triangulaire à une seule pointe médiane et deux racines entre deux talons, le pos-

Principaie. térieur le plus large ; la principale est la plus forte et formée de deux lobes tranchants inégaux , l’un en avant triangulaire , élevé , avec un talon antérieur peu marqué , et un second interne presque obsolète , l’autre en arrière fort bas , tranchant , oblique , un peu comme dans la

Arrière- principale d’adulte; l’arrière-molaire est une dent tuberculeuse assez

Molaire.

semblable à la première de l'adulte , c’est-à-dire formée de deux denticules mousses en dehors et d’un large talon en dedans, avec une sorte de denticule antérieur produit par la saillie du collet, inférieurement. Inférieurement :

Incisives. Les trois incisives sont bilobées inégalement , le petit lobe en dehors à la tranche ; la première bien plus petite que les deux externes subégales.

camne. La canine est en crochet avec un arrêt à la base de sa carène interne.

Molaires : Des trois molaires , l’antérieure est assez petite , triangulaire , bi-

Moiaire. radiculée et fort distante, comme en haut, de la canine et de la prin-

Prmcipaie. cipale , avec une pointe subantérieure entre deux talons; la principale

ODONTOGRAPHIE.

a la même forme , seulement plus grande et biradiculée , avec un talon plus prononcé ; la troisième est assez semblable à la première Arrièrearrière-molaire ou carnassière d’adulte, c’est-à-dire, quelle est com- Mola,re

posée d’une moitié antérieure à trois pointes , deux externes , tranchantes , fort inégales , et une plus petite interne et postérieure , avec un large talon en arrière , ce talon excavé au milieu de deux pointes marginales.

J’ai vu ce premier degré sur un Chacal du Bengale , avec toutes les comparées, mêmes particularités , à l’exception de la principale et arrière-molaire DansleGhacal supérieure, dont le talon est interne bien plus large.

Dans un Renard d’Europe, du même âge, c’est assez bien la même Dans chose que dans le Chacal, seulement le talon supérieur est plus étroit, leRenard et l’inférieur plus large peut-être et plus multidenticulé à la marge.

L’ordre de la chute et du remplacement de ces dents est absolu- Ordre de remment comme dans tous les carnassiers normaux ; c’est-à-dire que , avant p,acement qu’aucune des trois molaires vienne à tomber, la première avantmolaire de remplacement pousse dans l’intervalle de la canine et de l’avant-molaire , en même temps ou un peu avant que les deux premières incisives tombent et soient remplacées par la première d’adulte.

A un degré plus avancé on peut trouver la première arrière-molaire » degré, supérieure poussée ; les trois molaires de lait encore en place , tandis qu en bas la carnassière et même la première tuberculeuse sont en voie de sortir.

Enfin , plus tard la principale ou carnassière d’en haut se montre 3* degré, lorsque celle de lait est tombée, en même temps que sortent les incisives , puis les secondes avant - molaires et enfin les canines et la dernière arrière-molaire.

J ai vérifié sur un jeune Adive au second degré de disposition den- suri’Adive. taire, sur un Renard et un Crabier au même point de cette com- LeRenard. binaison , c’est-à-dire ayant encore les molaires , les canines et même Le crabier. partie des incisives de lait, que tout se passait comme chez le Loup,

c’est-à-dire que Ja première avant- molaire pousse d’abord , puis la carnassière , en haut comme en bas , tandis que les molaires de lait sont encore en place. Quant à la forme de chacune de celles-ci, elle est parfaitement semblable à ce quelle est dans le Loup, te Protèie. Dans le Protèle, j’ai également trouvé que les molaires de lait sont normales , quoique celles d’adulte ne le soient que fort difficilement. En effet, elles sont au nombre de trois, disposées comme dans les autres espèces. Une première avant-molaire à deux racines en haut comme en bas; une principale plus forte, mais assez bien de même forme; enfin une arrière-molaire complexe à trois racines et à couronne formée de ses deux parties.

Des alvéoles. 11 nous reste à décrire les alvéoles dont nous n’avons parlé que d’une manière fort générale dans l’Ostéographie.

chez le Loup Dans le Loup et dans tous les Canis normaux , les alvéoles dont comme tjpe. ^ percé le bord des mâchoires , sont plus nombreuses que dans aucun autre genre de Carnassiers.

a la Mâchoire A la mâchoire supérieure on peut aisément en compter une série supérieure. ma,.g{naie externe de quinze , trois inégales pour les incisives, en avant série externe, d’une plus grande pour la canine; après une première simple et petite suivent deux à deux , l’antérieure la plus petite, celles des deux avantmolaires, de la principale et des deux arrière - molaires, et enfin en interne. dedans une autre série postérieure de trois pour les trois dernières dents , les seules triradiculées; seulement ces groupes de trois alvéoles sont bien plus serrés pour la dernière tuberculeuse que pour la principale.

a la Mâchoire A la mâchoire inférieure , les alvéoles ne forment toujours qu’une seule série de trous ; trois antérieurs fort rapprochés et étroits , un bien plus grand qui suit immédiatement, et après un court intervalle une série de douze , le premier et le dernier simples , et les deux intermédiaires plus ou moins rapprochés , deux à deux , subégaux pour le premier groupe, inégaux, le postérieur le plus grand, pour les deux

ODONTOGRAPHIE.

suivants , un peu plus petit pour le quatrième et surtout pour le cinquième.

Ce que je viens de décrire est tiré du Loup qui nous sert de type; pour les autres espèces qui ont le même système dentaire, de nombre et de forme, il est évident que les seules différences à signaler ne consistent que dans la grandeur , dans le degré de rapprochement des alvéoles et des groupes quelles forment.

Pour les espèces qui ont un plus grand nombre de dents, et déformé différente , comme le C. megalotis , il est évident que les alvéoles sont autrement disposées. En effet, dans cet animal, le bord de la mâchoire supérieure en offre dix-sept à Ja série externe et quatre à l’interne postérieure , puisqu’il y a trois dents tuberculeuses derrière la principale et comme elle triradiculées. A la mâchoire inférieure le nombre est également augmenté , puisqu’il est de dix - sept trous , les cinq premiers simples, les dix suivants deux à deux, le postérieur en général plus grand et enfin les deux derniers simples, mais en trous de serrure, parce que les deux racines des dernières molaires sont connées.

Enfin, dans les espèces de Canis, qui n’ont que six molaires en bas et en haut , par manque de la dernière tuberculeuse , on voit que la différence pour la série alvéolaire ne différera de celle du Loup que par l’absence d’un trou simple à sa partie postérieure. C’est le cas du C. pnmœvus.

Les alvéoles du Protèle sont les plus singulières de toutes , et d’abord par leur petitesse et ensuite par leur disposition, semblables pour les incisives à ce qui a lieu chez les autres espèces, mais espacées et difficilement perceptibles pour les molaires.

Dans les autres Espèces.

Chez le C. megalotis.

Supérieurement.

Chez

le C. pri- ■ mœvus.

Chez

le Protèle.

G. Canis.

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