‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologieChapitre 133 sur 171 · C. sauvage · texte numérisé non relu

C. sauvage

Chez

les Romains

Strabon , qui sans doute puisa aussi beaucoup dans les écrits des historiens de l’expédition d’Alexandre, Mégasthenes, Néarque , et surtout Onésicrite , ne parle que des grands Chiens des Indes que Sopithes, dans le Cathai, offrit à Alexandre, en lui montrant par quelques exemples célèbres, et repris depuis lors par tous les historiens naturalistes ou non , et entre autres par Diodore de Sicile, livre 17, quels étaient leur force , leur courage et leur férocité. Aussi est-il probable que c’était à des Chiens de cette espèce qu’était confié le cruel office de dévorer les malades et les vieillards par les habitants de la Sogdiane et de la Bactriane, s’il faut en croire Onésicrite, ce qui leur a valu le nom de C. sepulchrales. Strab. , lib. XI , p. 4qb-

Je ne vois pas du reste que cet auteur, qui parle aussi ( liv. 16) du fait rapporté plus haut d’après Ctesias , par Élien , sur les Chiens des Oynomalgi , et nommés par eux Agrii ou sauvages, ait cru devoir faire mention de ces différentes variétés de Chiens , que l’on distingue surtout par les noms de pays , quoique la nature de son ouvrage dût l’y porter.

Nous devons aussi faire remarquer que, sans doute à cette époque, le Chien n’était pas encore employé à la chasse du Lapin , puisque parlant du nombre immense de ces animaux qui infestaient certaines parties de l’Espagne , Strabon dit qu’on avait recours pour leur destruction au Furet venu d’Afrique.

Les Romains furent sans doute assez longtemps à ne connaître de ce genre que les deux espèces sauvages qui existaient, comme elles existent encore en Italie, outre l’espèce domestique qu’ils employaient à la garde des troupeaux, ainsi qu’à celle de leurs maisons et même des forteresses , comme le prouve l’histoire célèbre de l’attaque du Capitole par les Gaulois, et sauvé parla vigilance des Oies, les Chiens étant restés muets. On voit cependant par le peu de mots que dit Varron , du Chien , en donnant l’étymologie du mot Canis, que, outre le Chien de garde, les Romains avaient aussi le Chien de chasse ; du moins Buffon le dit ainsi , mais c’est sur quoi le texte ne s’exprime peut-être pas aussi clairement.

PALÉONTOLOGIE

Quoi qu’il en soit , et quoique les anciens Romains ne semblent jamais avoir eu un goût très-passionné pour la chasse, l’on conçoit très-bien que les fortunes colossales des Lucullus, Sylla , Pompée, César, Octave, Lepidus, durent aussi déterminer le luxe à se porter vers ce genre de plaisir ou d’exercice.

En effet, malgré que Pline ait souvent parlé des Chiens, plutôt, il est vrai, sous le point de vue de leurs qualités intellectuelles et presque morales, que sous tout autre rapport , ce qui cadrait bien mieux avec le plan de son ouvrage, on y trouve cependant çà et là quelques notes intéressantes sur ce genre d’animaux. C’est Pline, par exemple, qui nous apprend que l’une des îles Fortunées, la Canarie, qui a fini par donner son nom à toutes les autres, le devait au grand nombre de Chiens monstrueux quelle nourrissait. D’après le même historien , les Gaulois avaient une race de Chiens provenant du Loup, se réunissant en meutes, suivant et obéissant à un chef; mais est-il certain que ce passage de Pline ait été convenablement interprété?

Cependant Columelle, dans le chapitre de son traité d’agriculture, qu’il a consacré aux Chiens, ne parle encore que de deux des races que l’on connaissait de son temps, l’une servant à la garde delà hassecour, l’autre à celle des troupeaux , et passe sous silence la troisième ou celle des Chiens de chasse , comme n’ayant pas trait à son sujet. Il caractérise du reste assez nettement la première , en disant quelle doit être de couleur noire, avec le corps plutôt carré que long ou court, la tête trèsgrosse de manière à faire la plus forte partie du corps , la poitrine ample et très-hérissée , les yeux noirs et brillants ; les oreilles éloignées et pendantes ( dejectis et propendentibus ) ; les membres antérieurs larges ; les postérieurs épais et hérissés; la queue courte et les ongles très-longs. Il regarde comme peu important que ces Chiens soient pesants et peu agiles à la course.

Quant au Chien de troupeaux , il n’a pas non plus besoin , selon Columelle , d’être aussi svelte et aussi léger que celui qui doit servir à poursuivre les Daims, les Cerfs et autres animaux très-vites, ni aussi

D’après Pline.

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