C. Agassoe
D’après Jul. Pollux.
devait être uni à une Chienne d’Ibérie. Mais il recommande surtout, comme le meilleur Chien quêteur, Vestigator, un Chien de petite taille que la nation barbare des Bretons ou des Pietés nommait Agassoe , et qui doué d’un odorat extrêmement fin, quêtait ou poursuivait nonseulement les animaux terrestres, mais encore les oiseaux. Il lui donne la taille des Chiens les plus vulgaires des maisons, le corps cambré , le poil hérissé , l’aspect peu vif, mais les pieds armés d’ongles trèsarqués et aigus ( sœvis ).
Quoique Pollux n’ait pas écrit ex professo sur la chasse , la nature de son ouvrage l’a cependant conduit à donner des détails plus circonstanciés peut-être que les poètes que nous avons cités; et il est digne de remarque que malgré la grande augmentation quil a faite au nombre des races admises avant lui , toutes celles-ci et entre autres les Agassoe ne s’y trouvent pas. Malheureusement encore ces races ne sont indiquées que par des noms de pays ou des chasseurs qui les avaient possédées les premiers.
Parmi celles qui sont dans ce dernier cas, il cite les Castors de Xénophon, comme provenant du Chien donné à Castor par Apollon, en ajoutant que de leur croisement avec les Renardins , étaient sortis les Vulpicastors , puis les Ménilaïdes et les Harmodiens, mais sans aucun autre renseignement.
Au nombre des races dénommées d’après leur pays, on trouve les Molossi d’Aristote , les Laconici ou Lacones nés d’un Chien et d un Renard, ce qui les a fait nommer Vulpini; les Indici du même Aristote et deXénophon, provenant, suivant le premier, de l’accouplement dun Tigre et d’une Chienne , mais que Nicander Colophonien, d après Pollux, faisait remonter aux Chiens d’Actéon qui pris de la rage avaient passé l’Euphrate , et s’étaient répandus chez les Indiens ; les C. de Locres de Xénophon , ceux d’Arcadie , des Celtes d’Oppien ; mais , en outre , il cite ceux de l’Argolide , des Celtes , de l’Ibérie , de la Carie , de Cresse , d’Érétrie, ville de Me d’Eubée ou de la Thessalie , d’Orcanie , et d’E-
PALÉONTOLOGIE. 71
lymie, entre la Bactrianeet l’Hyrcanie ; des Psylliciens , ville de l’Achaïe, suivant Pollux.
Ainsi , comme il est aisé de le voir d’après cette simple énumération conclusion, des noms de Chiens de chasse recueillis dans l’Onomasticon de Pollux , on reconnaît que de nouvelles races s’étaient formées par des croisements avec des Chiens de différents pays ; mais rien ne prouve encore que nos races les meilleures , les plus couchantes , et à oreilles larges et tout à fait pendantes , fussent encore obtenues , du moins chez les Grecs , car chez les Latins nous savons que Varron donne des oreilles grandes et flasques aux Chiens de garde ; et nous verrons plus loin que les Égyptiens les connaissaient depuis longtemps, puisqu’ils sont souvent figurés dans les scènes de la vie domestique , représentées dans les tombeaux , ainsi que nous aurons à le faire remarquer, en parlant de l’iconographie de ce genre d’animaux.
Si les Romains ne montrèrent pas d’abord pour la chasse un goût chez aussi passionné que les Grecs, et si par conséquent l’étude des espèces 'ba^are"* de Canis , soit sauvages , soit domestiques , ne fit pas des progrès bien évidents, à en juger du moins par les écrits qu’ils nous ont laissés, il n’en fut pas de même chez les nations barbares qui envahirent l’empire romain vers le siècle de notre ère. Habitant toutes ou presque toutes de vastes contrées couvertes en grande partie de forêts séculaires , elles se trouvèrent dans la même position à peu près que les Grecs à l’époque héroïque de leur histoire , c’est-à-dire quelles eurent nécessairement à se défendre contre les bêtes féroces , nombreuses dans leurs pays, et quelles durent de bonne heure s’occuper de leur donner la chasse , et pour cela de chercher un auxiliaire dans le Chien qui les accompagnait ou qui les avait suivies dans leurs migrations successives , et peut-être dans les races que l’ensemble des circonstances avait dû nécessairement produire.
Nous avons vu plus haut que déjà par les communications avec les habitants les plus reculés de l’Angleterre , avec ceux des Gaules , avec ceux de l’Ibérie , plusieurs races de Chiens domestiques étaient entrées
Chez
les Arabes.
Chez
les Européens au moyen âge.
Albert le Grand.