‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologieChapitre 137 sur 171 · C. Levrier · texte numérisé non relu

C. Levrier

(1) Casiri, I, c. 1, 321, dit, en effet, qu’lsah-Ben-Ali-Hassa-Asadita a composé un traité complet de chasse et de fauconnerie, remarquable surtout par les connaissances d’histoire naturelle qu’il contient.

PALEONTOLOGIE.

nière parfaite en disant que la tête est longue, plate, et non énorme, Albert les oreilles petites, aiguës et dirigées en arrière, la lèvre supérieure dé- leGrandbordant très-peu l’inférieure , le cou long et souvent plus épais que la tête à son origine , la poitrine énorme et amincie en dessous , la queue médiocre, les membres élevés et plutôt grêles qu’épais, et enfin n’aboyant que rarement.

Le Chien mâtin ( Mastinus) est, suivant Albert, semblable au Loup (d’où l’on doit conclure qu’il avait comme lui les oreilles droites), agissant comme lui dans la génération.

Albert le Grand parle aussi d’une autre race qui est le produit du Mâtin et du Levrier et qui joint la force à l’agilité ; mais il n’essaye en aucune manière de rapprocher l’une ou l’autre de ces races de Chiens de celles d’Aristote , dont il consultait cependant si souvent les ouvrages ; et en effet cela était fort difficile. De même il ne dit pas un mot de leur origine.

Depuis Albert le Grand, jusqu’aux naturalistes de la renaissance, c’est-à-dire jusqu’à Gesner , qui en commence la série , du moins pour les Quadrupèdes , on ne peut guère trouver que les auteurs de Vénerie qui aient porté leur attention sur la distinction des races de Chiens domestiques ; mais sans remonter et même sans se soucier beaucoup de remonter à ce que les anciens avaient dit à ce sujet, Gesner cite en effet parmi les auteurs modernes qu’il a consultés pour la composition de son grand article sur les Canis :

i° L’ouvrage de Bélisaire Aragonais, sur la chasse, et qui, suivant Les Auteurs Gesner , est presque entièrement tiré d’Oppien ; de traités sur

2° Celui de Michel-Ange-Blond, sur les Chiens et la chasse;

3° Le Traité de Fauconnerie et de Vénerie de Guillaume Tardif, dans lequel on trouve , à ce qu’il m’a semblé , une bonne définition des principales races de Chiens, dont la description ou l’analyse sortirait évidemment du plan de notre ouvrage, d’autant plus que les questions qui nous occupent n y sont nullement traitées ou seulement d’une manière fort superficielle.

G. Canis. 10

J. cay- Mais le meilleur ouvrage que Gesner eut l’occasion de citer sur la distinction et la classification des Chiens domestiques , est celui que lui envoya manuscrit un médecin anglais, l’un de ses amis, Jean Cay, et dont il donne même un assez court extrait , accompagné de fort bonnes figures pour le temps. Nous voulons parler du petit traité de Canibüs britannicis, que Cay publia, après la mort de Gesner, à Londres, en 1570, et dont une nouvelle édition a paru en 1729. On peut y voir combien le nombre des variétés de Chiens qui existaient alors en Angleterre était considérable , puisqu’il monte à plus de seize , en y comprenant , il est vrai , non-seulement les Chiens de chasse et ceux de garde , mais encore ceux de rues, qu’il nomme Dégénérés. Cet observateur du reste ne donne pas encore une description absolue de chaque variété, se bornant à les caractériser plutôt d’après leurs usages et leur caractère, que d’après des différences matérielles , et presque toujours sans chercher à la rattacher à celles qui avaient été signalées avant lui , sauf pour le Chien de garde, qu’il pense être le C. Molossus des anciens. c. Agami. Il nous apprend seulement que les Écossais nommaient Jgasœi , une race de Chiens qui chassait à vue, sans doute à défaut d’odorat; et sans faire l’observation qu’Oppien , qui désigne par le même nom un Chien d’Écosse , le caractérise au contraire par une grande finesse d’odorat , au point qu’il lui donne l’épithète de Vestigator; et, de plus, que le C. Lycisque, de Pline, qu’il disait provenir d’un Chien et d’un Loup, ne se trouvait pas en Angleterre, parce que ce dernier animal n’y existait même pas ; mais qu’il n’en était pas de même du Lacœna et de 1 U rcanus , le premier né d’un Chien et d’un Renard (se trouvant fréquemment élevé en Angleterre avec les Chiens dans les maisons, soit par goût , soit par maladie ) , le second (l’un Chien de chasse et d’un Ours , et qui , quoique ennemis , s’accouplent , comme cela, dit-il, a coutume detre ailleurs lorsqu’ils y sont poussés par le rut. Il lui assigne du reste les caractères du Chien indien d Alexandre, le peignant comme ayant un aspect terrible, une cruauté féroce et une ténacité de morsure extraordinaire, c. d’Islande. Cay cite encore comme introduits en Angleterre, quoique étrangers ,

PALÉONTOLOGIE

le Chien d’Islande et celui de Lithuanie , l’un et l’autre hérissés dé longs c de Lithuapoils sur tout le corps. Peut-être était-ce de cette race qu’Élien a parlé sous le nom de Chien des Sarmates.

Depuis l’ouvrage remarquable de Cay , dans lequel toutes les races principales de Chiens furent à peu de chose près désignées, on ne trouve qu’un assez petit nombre d’additions sur cette partie de l’histoire des Mammifères jusqu a Bulfon, c’est-à-dire, jusque vers la moitié du dernier siècle.

En effet, les zoologistes anglais, Charleton et Ray , dont les ouvrages charieion. parurent dans la seconde moitié du XVIIe siècle, adoptèrent complètement J Ray‘

la manière de voir de leur compatriote. Seulement nous trouvons que le premier a fait de plus mention du grand Chien d’Irlande , que Ray dit être le plus grand Chien qu’il ait vu.

11 en fut de même de Linné, dans les premières éditions du Systema Linné naturœ , où il n’admet que neuf variétés ; nous y voyons cependant , pour la première fois , les races qu’il nomme C. Ægyptius , qui paraît être le Chien turc de Buffon , et Mustelinus.

Buffon, dans le plan immense suivant lequel il avait entrepris d’écrire Buffor». l’histoire naturelle par rapport à l’espèce humaine , devait envisager le Chien autrement qu’on ne l’avait fait avant lui , et c’est ce qu’il exécuta en 1755, dans le t. V de son grand ouvrage. En effet, non-seulement il dénomma , décrivit et figura toutes les races de Chiens que l’on connaissait alors en Europe; mais il chercha à les grouper, d’après une idée de filiation et d’éloignement de la souche qu’il regardait comme originelle, et d’après la considération de la forme des oreilles entièrement droites dans la famille du Chien de berger, qui comprend les Chiens Loup, de Sibérie, de Laponie, de Canada, des Hottentots; en partie droites seulement dans la famille des Mâtins, à laquelle il rattache Je grand Danois , le Levrier, et entièrement molles et tombantes dans les Chiens de chasse , courant , braque , basset , épagneul et barbet.

Buffon va plus loin , en pensant que le climat a pu produire dix-sept des trente variétés qu’il a reconnues dans le Chien domestique. Il

admet que les espèces à oreilles droites, provenant du Chien de berger, appartiennent aux climats septentrionaux ; que les espèces à oreilles tout à fait plates et tombantes sont des climats tempérés et essentiellement d’Europe, supposant que le grand Braque du Bengale est d’origine européenne ; et enfin que les espèces à oreilles fléchies à la pointe , sont également des pays tempérés.

Les treize autres variétés admises par Bufïbn sont considérées par lui comme des Métis des dix-sept principales.

Enfin, traitant la question si le Chien domestique constitue une espèce distincte, ou s’il doit être considéré comme un Loup dégénéré, il conclut d’expériences tentées pour la première fois à ce sujet , que c’est une espèce distincte.

Daubcnton. Daubenton , qui a ajouté les descriptions d’un certain nombre des races de Chiens admises par Buffon, ne fut pas tout à fait aussi heureux que lui dans sa première classification , ayant eu égard à la longueur du museau, et peu ou point à la forme des oreilles ; en sorte que commençant par le Levrier, il a fini par le Dogue. Du reste, il s’est peu occupé de la question d’origine , qui avait tant occupé son célèbre collaborateur.

Zimmermann. Pendant un très-long temps après la publication de l’article de Buffon, la disposition des races de Chiens , leur filiation du Chien de berger fut généralement admise par tous les zoologistes. Seulement l’expérience ayant démontré que le Loup s’accouple certainement avec la Chienne , et le Chien avec la Louve et les produits étant féconds , comme Buffon le démontra lui-même dans ses suppléments, un certain nombre de zoologistes, et entre autres Zirmmermann , soutinrent l’opinion que le Chien domestique ne constitue pas une espèce distincte , et que son origine remonte au Loup de nos forêts , animal qui en effet se trouve à peu près partout, et malgré l’énorme différence qui se remarque entre les nombreuses races de Chiens.

Guidenstaedt. Cependant , par suite d’observations plus étendues , plus complètes , la question put être examinée d’une manière plus approfondie , et entre autres par Guidenstaedt , dans un mémoire ad hoc , inséré dans les actes

PALÉONTOLOGIE

de l’Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, pour l’année 1777, et dans lequel il soutient, dans une argumentation serrée et spécieuse, comme nous le verrons plus loin , que l’origine du Chien domestique est le Chacal ( C . aureus , L.).

Cette opinion ne fut cependant adoptée que par Pallas , et même Panas, auparavant il s’en présenta une troisième, suivant laquelle les variétés de Chiens ne proviendraient pas d’une seule souche sauvage , et c’est Blu- Biumenbach. menbach , si je ne me trompe , qui la soutint le premier. Ce célèbre , et justement célèbre naturaliste , en faisant l’observation que le Basset et le Levrier montrent une conformation trop particulière, trop bien adaptée à certains usages, pour que l’on puisse considérer ces propriétés conformes à une fin, comme les conséquences fortuites d’une simple dégénération , se vit conduit à admettre qu’il pourrait bien y avoir plusieurs espèces dans le C. familiarisa comme Erxleben en avait émis le Erxieben. doute

Cette manière de voir pouvait s’appuyer sur ce que depuis la publication de l’ouvrage de Buffon , plusieurs espèces de Chiens domestiques redevenus sauvages , avaient été signalées : l’une aux îles Falckland , et dans la Patagonie, par Bougainville ; une seconde à la Nouvelle-Hollande , par Solander ; une troisième au Groenland ou mieux à Terre-Neuve , par Biumenbach. Cependant la question n’avança pas beaucoup , au point que Gmelin , quoiqu’il ait accueilli sans critique , ici plus encore que Gmelin. partout ailleurs, toutes les variétés de Chiens domestiques qui avaient reçu des noms chez tous les peuples d’Europe , depuis Gesner et Aldrovande, jusqu’à Ridinger, ne fit aucune mention de ces nouvelles variétés.

Il en fut à peu près de même pendant la fin du XVIIIe siècle , les pre- Soninni , etc. miers continuateurs ou nouveaux éditeurs de Buffon , et les auteurs de Dictionnaires d’histoire naturelle , n’osant pas attaquer la question au fond et chercher si on pouvait la résoudre; les uns continuant à considérer le Chien domestique comme formant une seule et unique espèce dont la souche sauvage est entièrement perdue , et dont les nom-

breuses races existantes dans toutes les parties du monde ne seraient que des variétés ; tandis que d’autres , admettant ce second point, pensaient que la race sauvage , la race type était le Loup ou bien le Chacal.

Enfin , quelques-uns soutenaient que les différences si considérables que présentent les races principales de Chiens tenaient à ce quelles provenaient de différentes espèces sauvages , le Loup , le Chacal , et même le Renard.

Mais les partisans de chaque opinion s’étaient assez peu occupés de lui donner des bases un peu satisfaisantes, lorsque M. F. Cuvier, en 1817, reprit le sujet d’une manière différente , en faisant entrer dans la résolution de la question une considération nouvelle , celle de l’intelligence , traduite par la grandeur du crâne , surtout dans sa partie essentielle , et à en juger par la manière dont se disposent les pariétaux. Ainsi , abandonnant la considération de la longueur du museau adoptée par Ray; celle des oreilles qui au fond est la base de la classification de Buffon, et que, pour le dire en passant, je ne pense pas être aussi artificielle que le suppose M. F. Cuvier, il accepte, mais sans le prouver le moins du monde, que le Chien est une espèce animale dont la souche originelle n’existe plus à l’étal sauvage; tous les Chiens que l’on connaît à cet état aujourd’hui, soit en Amérique, soit en Afrique, soit dans l’Inde, n’élant suivant lui que des Chiens marrons; en effet, leur système de coloration n’est pas constant ou est fort variable, et ils rentrent aisément en domesticité.

Il établit ensuite que toutes les races de Chiens à letat marron, comme à letat domestique, chez les peuples les plus civilisés, comme chez les plus sauvages , ne constituent, ou n’appartiennent qu’à une seule espèce, ce que prouve la facilité avec laquelle les races les plus éloignées produisent entre elles, au contraire de ce qui a lieu chez les Mulets.

Prenant ensuite sa nouvelle mesure pour base de sa classification des Chiens domestiques , il en établit trois races principales , auxquelles se rattachent toutes les autres :

PALÉONTOLOGIE. 79

i 8 Les Matins. Ayant les pariétaux tendant à se rapprocher , mais d’une manière insensible , en s’élevant au-dessus des temporaux , et les condyles sur la même ligne que les molaires :

Comprenant le Chien de la Nouvelle-Hollande, le Mâtin, le grand Danois, le Levrier.

2° Les Épagneuls. Dont les pariétaux , à partir de la section temporale , s écartent , se dilatent en dehors , ce qui donne plus de capacité à la boite cérébrale ; les condyles au-dessus du niveau de la ligne dentaire.

Section qui renferme avec l’Épagneul , qui en est le type, le Barbet, le Chien courant, le Chien de berger, le Chien Loup, les Bassets, les Braques, et l’Acco ?

3 Les Dogues. Ayant la capacité cérébrale très-petite par le. rapprochement rapide de la courbe pariétale , les sinus frontaux très-grands et le museau très-court , comprenant comme type le Dogue de forte race, le Dogue proprement dit et le Doguin.

Quoique cette nouvelle considération paraisse reposer sur quelque chose déplus spécieux que la généalogie proposée par Buffon, elle est encore loin dêtre adoptée; ainsi M. Tilesius, dans un mémoire sur trois Canis, Nova Acta cur. XI, p. 3g5 , revient à l’idée que Pallas avait soutenue, après Guldenstaedt cependant, que le Chacal est la souche de tous les Chiens domestiques, et que par conséquent ceux-ci ne constituent pas une espèce distincte, et tout dernièrement, M. Ehrenberg, dans ses Symbolœ physicœ , Mamm. II , est revenu à l’opinion contraire, qui! y a plusieurs espèces confondues dans l’espèce domestique , et que chacune d’elles a pour type le Canis sauvage dans le pays dont elle est originelle; et il donne à l’appui de cette opinion les espèces de Canis qu’il a observées dans les pays que traverse le Nil. Ainsi , suivant lui , le Chien domestique, en Basse-Égypte , a pour type sauvage l’espèce de Loup de ce pays, qu’il a nommé C. Lupaster, tandis que le Chien domestique, en Nubie, celui que les Dongoliens emploient à la chasse, est bien plus petit, plus vif, plus grêle, toujours de couleur fauve, et a les

Tilesius.

M. Ehrenberg.

plus grands rapports avec le Canis sauvage de ce pays, que M. Ehrenberg a nommé C. Sabbcir, et qui me paraît être un Chacal, conclusion Au fait, dans cette longue discussion sur les différentes races et un peu déjà

sur l’origine , la souche du Chien domestique , question sur laquelle nous reviendrons , les opinions en présence ne pouvaient être véritablement démontrées, parce que le critérium de la distinction des espèces de Canis n’avait pas été posé. Nous verrons à la fin de ce mémoire , lorsque nous aurons suffisamment étudié les espèces vivantes et les espèces fossiles, si le problème est véritablement soluble , et comment nous pouvons atteindre à sa résolution. En ce moment, il nous suffira d’avoir montré que le Chien domestique , que ce soit une espèce distincte on non, est signalé depuis la plus haute antiquité historique , et que le nombre de ses variétés de forme et d’usage, a augmenté notablement, à mesure que la civilisation a demandé à cet animal des services plus variés et plus étendus.

Jusqu’ici, dans cette histoire des traces que le genre des Canis a laissées dans les écrits des anciens, nous n’avons eu en vue que le C.familiaris ou le Chien domestique. Voyons aussi les autres espèces.

Du Loup Le Loup » qu’il soit ou non la tige du Chien des anciens Celtes , comme le pensait déjà Pline , est signalé avec toutes ses principales qualités chez tous les écrivains qui ont parlé du Chien comme gardien des troupeaux , puisque c’était surtout contre lui que celui-ci était appelé à les défendre, chez Dans nos livres sacrés le Loup est nommé Luchs, d’après Bochart, d’où l’on suppose qu’est dérivé le mot grec Lukos , et par suite celui de Lycaon : mais chez les Hébreux il n’est fait mention de cet animal que comme ennemi des troupeaux, ou que comme un objet de comparaison; ainsi, lorsque Jacob (Genèse, chap. 4 9> vers* 27) bénissant Benjamin , fait allusion à la rapacité du Loup qui doit rendre le soir la proie qu’il a enlevée le matin.

D’après M. l’abbé Maupied , le Loup s’appelle en hébreu Zeeb ou Zaab , mot qui, suivant lui, pourrait venir de Zabah , égorger; il est, en général, considéré dans la Bible, et surtout par les prophètes.

PALÉONTOLOGIE

comme un animal rapace, ravissant sa proie pour répandre Je sang, sortant le soir pour tout dévaster, courant avec vélocité, par conséquent avec tous ses véritables caractères.

Mais il n’en est pas de même chez les Égyptiens et par suite chez les chez Grecs. En effet, chez les premiers, le Loup était considéré comme le les É8yptiens. symbole du Soleil, produisant la lumière, et c’est même dans ce sens que les étymologistes dérivent le mot lukos de luke , qui , chez les anciens Grecs, signifiait la lumière du point du jour, époque à laquelle le Loup se met en quête pour exercer ses déprédations. Aussi la ville de Lycopolis était exclusivement consacrée à Apollon, sous le symbole du Loup; et dès lors celui-ci considéré comme un animal sacré. Cette interprétation donnée à la dénomination de la ville de Lycopolis, n’est cependant pas adoptée par tous les auteurs qui se sont occupés de ce sujet. On lit même dans Hérodote ( II , p. 67 ) , que les cadavres des Loups étaient enterrés dans le lieu même où on les trouvait , et non pas portés exclusivement dans une ville particulière , comme les Chats , à Bubastes. Eusèbe (. Préparation évangélique , liv. II , part. 1 , p. 5o , B. c.) , émet l’opinion que le Loup n’était consacré en Égypte qu’à cause de sa grande ressemblance avec le Chien , et parce que Isis , étant avec son fils Orus, sur le point de combattre Typhon , Osiris vint des enfers à leur secours sous la forme d’un Loup, ou bien parce que les Éthiopiens, descendus en Égypte comme ennemis , furent arrêtés par une grande multitude de Loups, ce qui fit donner le nom de Lycopolis au nome où cela arriva.

Quoiqu’il en soit, car ce point est assez peu important pour nous en chez ce moment , il est certain que les plus anciens poètes et historiens grecs les Grecs' ont indubitablement parlé du Loup sous le nom de Lycaon , et cela dans un grand nombre d’endroits de leurs ouvrages , soit comme sujet de comparaison , soit comme se trouvant dans les lieux qu’ils décrivaient ; à plus forte raison les historiens naturalistes , comme Aristote par exemple , qui avaient à décrire les particularités d’organisation et de mœurs de cet animal.

Il paraît même probable qu’ils l’ont quelquefois envisagé comme

G. Canis. il

82 CARN ASSIE KSj CANIS [ Thos ).

symbole , l’associant à Apollon , dans l’histoire de Latone sa mère , ou

dans la sienne propre.

Leurs mythographes ont un certain nombre de fables où il est question du Loup, et surtout celle de Lycaon , roi d’Arcadie, qui ayant servi à Jupiter les membres d’ Areas , né de ce dieu et de Calliste, sa fille , fut changé en Loup.

chez Les Latins nous ont aussi laissé dans leurs écrits de toute nature, des

les Latins. {)reuves évidentes que l’animal qu’ils désignaient sous le nom de Lupus , et dont l’étymologie est dérivée du grec Lukos, est bien le même que nous connaissons sous ce nom , à peine modifié , dans notre langue , et encore moins dans la langue allemande , où le Loup se nomme Luchs.

Pour eux, comme tout le monde sait, cet animal est de plus devenu le symbole du dieu Mars , à cause de sa férocité et de son ardeur pour le carnage , conséquemment à l’histoire plus ou moins apocryphe tle l’allaitement de Rémus et Romulus, fondateurs de Rome, par une Louve , et au principe plus réel que cette ville obtiendrait l’empire du monde par la force des armes ; leurs enseignes conservées et leurs médailles sont là pour prouver que c’était bien le Loup de nos forêts qu ils avaient choisi comme symbole.

Du Chacal Une troisième espèce de ce genre qui a dû aussi être signalée depuis

{Th0S)' longtemps par les anciens, est celle que nous connaissons aujourd’hui sous le nom persan de Chacal ou de C. aureus , et que les Grecs paraissent avoir désignée par le nom de Thos , comme il ne sera pas inutile d’essayer de le démontrer.

chez Aristote. Aristote parle du Thos en trois endroits de son Traité des Animaux .

Premier Dang celui QÙ egt qUestion de l’ensemble des viscères (liv. Il,

ch. 17 ), et où après avoir dit que tous les animaux qui ont des dents aux deux mâchoires, c’est-à-dire dans toute leur étendue, ou qui nen manquent pas à la supérieure, par opposition avec ceux qui en manquent à celle-ci , n’ont qu’un seul estomac , comme l’Homme , le Cochon, le Chien , l’Ours, le Lion et le Loup , il ajoute dans une phrase distincte :

PALÉONTOLOGIE

le Thos a tous ses viscères comme ceux du Loup. Quin eticim Thos omnici viscera Lupo similia obtinet. Passage sur lequel il n’y a aucune difficulté , et que tous les commentateurs et traducteurs ont entendu de la même manière.

2° Dans le second passage (liv. 111, chap. 35), à la suite des particula- second,

rites d’accouplement , et surtout de gestation, des Mammifères Carnassiers, savoir : du Renard , du Loup, du Galè , de l’Ichneumon , de la Panthère ou du Panther, après avoir dit que les Thos sont fécondés ( implentur ) comme les Chiens, et qu’ils produisent deux, trois ou même quatre petits qui naissent aveugles, il ajoute la description de cet animal , et en continuant sa comparaison avec les Chiens , par cette transition : Quod ad ejus speciem attinel , caudam versus porrigitur , sed humûior est ; celeritate quoque præstat , quanquam cruribus brevibus ; nam propterea quod agilis est, prosdire longe potest.

Mais ici les manuscrits et les commentateurs ne sont pas tout à fait interprété d’accord. différemment

Par

Gaza avait traduit le premier paragraphe , le plus important : Cor- Th. Gaza. pore longior et cauda porrectior est , sed proceritate brevior. Ce que BufFon Boffon. admet en rendant ce passage de la manière suivante : Le Thos a le corps et la queue plus longs que le Chien avec moins de hauteur.

Scaliger dit seulement : Caudam versus porrigitur , sed humilior est , scaliger. ce qui veut dire que le corps du Thos s’allonge vers la queue , et est plus bas, mais sans faire mention d’aucune particularité de celle-ci; et c’est , suivant Schneider , la version la plus exacte.

Gesner paraît avoir cependant entendu le passage autrement , puis- c. Gesner. qu’il le traduit ainsi : Oblongus est à capite ad caudam vel extremum corpus , altitudine brevior. Ce qui portait la différence seulement sur Je tronc.

C’est aussi la manière dont Wotton l’avait interprété : Corpus illi ad wotton. caudam porrectius est, sed minus procerum.

Enfin Camus , dont le texte grec est, suivant Schneider , le plus exact , dit : Le Thos a le corps allongé du côté de la queue, et plus ramassé

Camus.

Troisième

passage.

Quatrième.

Si CARNASSIERS; CÀNIS { Thos ).

dans la partie du haut. Ce qui n’est certainement pas dans Aristote , et

qui n’est pas même facile à comprendre.

3° Le troisième passage de celui-ci , dans lequel il est question du Thos , fait partie du liv. IX , chap. i , où Aristote parle des amitiés et des inimitiés des animaux les uns pour les autres. Il se borne à dire que le Lion et le Thos sont en guerre, parce qu’étant tous deux Carnivores, leur nourriture est la même. Passage que les modernes ont nécessairement interprété de la même manière.

Enfin , dans ce même chapitre (i) , et tout à la fin, après un long article sur les mœurs du Lion , article qui vient singulièrement après une histoire étendue des abeilles , se trouve un paragraphe entièrement consacré au Thos , et dans lequel il parle de ses rapports avec l’Homme , dont il est un des amis, sans l’attaquer ni le craindre, avec les Chiens et les Lions auxquels il fait la guerre, ce qui empêche qu’il ne se trouve dans le même lieu qu’eux.

Aristote ajoute ensuite sans liaison et sans en donner la raison , que les petits Thos l’emportent sur les grands. Que veut-il dire par là , et en quoi consiste cette prééminence ?

Enfin, il termine en ajoutant que quelques personnes pensent quil y en a deux ou trois espèces et même plus, mais que véritablement , comme certains poissons , oiseaux et même quadrupèdes , les Thos changent à des époques déterminées, ayant en hiver une autre couleur qu’en été , étant même nus dans cette saison , tandis qu’ils sont vêtus dans la première.

Tous les auteurs sont encore d’accord sur cette interprétation.

Tels sont réellement les seuls éléments que nous possédions pour résoudre le problème ou la question de savoir quel est l’animal qu Aristote a nommé Thos. En effet , tout ce qui y a été ajouté depuis n en est qu’un commentaire plus ou moins dissimulé par abréviation ou, au

(1) Chap. 31, Schneider.

44, Vulg.

69, Scaliger.

PALÉONTOLOGIE

contraire , par extension , comme il va nous être facile de le démontrer.

Mais auparavant voyons à chercher si avant Aristote ce nom n’était pas Avant Aristote, employé par les Grecs , et pour quel animal.

L’étymologie du mot Thos, écrit avec un oméga ou un omicron , n’est pas assez certaine pour qu’il soit possible d’en tirer quelque indication ; nous ne nous y arrêterons donc pas, et nous passerons de suite à chercher par qui ce mot a été employé.

Homère paraît être le premier qui en fait usage, du moins on Dans Homère, trouve ce nom dans l'iliade pour désigner un animal carnassier, mais sans épithète caractéristique, et seulement dans une comparaison, aussi belle que juste , d’un Lion fondant tout à coup sur une troupe de Thos acharnés sur un Cerf blessé et aux abois , et les mettant en fuite , avec Ajax , se précipitant seul sur une foule deTroyens qui entourent Ulysse blessé, et le délivrant de ses ennemis.

Ce passage d’Homère suffit cependant pour montrer que le Thos était un animal carnassier, sans doute du genre des Chiens, puisqu’il s’associait en troupes nombreuses pour attaquer une proie de taille un peu considérable; et comme l’on trouve dans un autre vers d’Homère les mots Lycoi et Thos à la fois, il est évident que c’était autre chose que le Loup proprement dit.

Nous trouvons encore le Thos cité par Hérodote ( Hist liv. I) au Hérodote, nombre des bêtes sauvages qui existent en Afrique. Il dit en effet que, outre beaucoup d’autres bêtes sauvages, on y trouve des Dyctères, des Thos et des Panthères : mais il ne dit pas ce que Valla a ajouté au texte grec, que les Thos proviennent de l’accouplement de la Hyène et du Loup.

Théocrite (i 5o-i 70 av. J.-C.), en énumérant les signes de douleur Théocrite. que donna la nature entière à la mort de Daphnis, cite aussi les Thos et les Lycoi comme hurlant leurs gémissements , et les Lions les rugissant, et plus loin , dans la même idylle première , il énumère encore les Loups, les Thos et les Ours, dans les adieux que le berger qui chante fait au sujet de la mort de Daphnis.

CARNASSIERS; CANIS ( Thos ).

Chez les His'o riensou Poêles.

Naturalistes anciens.

Pline.

Mais ce qui tendrait à prouver que cet animal ne se trouvait pas en Grèce , ou même peut-être qu’il n était pas digne du triste honneur d’être chassé , c’est que Xénophon ne le cite nulle part dans son Traité de la Chasse, tandis qu’il parle de Pardalos, de Lynx, de Panthères, d Ours, comme existant dans les montagnes de la Macédoine, le mont Olympe, soit dans la Grèce , soit dans la Syrie.

Depuis Aristote , au contraire , il est un grand nombre d’auteurs qui ont dit quelque chose du Thos ; mais, ou bien c’était d’après le célèbre auteur du Traité des Animaux , ou bien il n’est pas certain que ce qu’ils en ont dit appartienne bien évidemment à l’animal que celui-ci avait en vue.

Pline d’abord, dans l’unique passage qu’il a consacré au Thos, n’a fait évidemment que contracter à sa manière ou dans son style habituel , les trois ou quatre passages d’Aristote. Il n’en parle en effet que dans le chapitre où il est question du changement de couleur des animaux , et sa description est même entre parenthèses : Thos (luporum id genus est procerius longitudine , brevitate crurum dissimile , velox saltu , vencitu vivens , innocuum ho mini) habitum , non colorem mutant, per hiemes hirti, œstate nudi. C’est-à-dire : Le Thos (espèce de Loup, plus large de corps, plus court de pattes, agile au saut, vivant de chair, innocent à l’Homme) change d’aspect et non de couleur ; sa peau , velue en hiver, devient nue en été.

Dans ce passage, on voit que Pline a évité ou passé sous silence la difficulté de savoir si le plus de longueur portait sur le tronc seulement jusqu’à la queue, et non également sur la queue elle-même : à moins de supposer que le manuscrit de l’ouvrage d’Aristote qu’il possédait ne parlait nullement de la queue.

Solin , qui copie ordinairement Pline , ne le fait pas au sujet du Thos, dont même il ne prononce pas le nom ; mais on voit , par le peu qu’il dit de son Lycaon et de ses Loups d’Éthiopie, que c’est du Thos d’Aristote et de Pline qu’il a voulu parler ; et alors le Thos se trouverait en Éthiopie, particularité jusqu’alors non signalée, et qu’il a prise dans

PALÉONTOLOGIE. 87

P. Mêla. Mais est-il certain que le Lycaon et le Lupus El/uopicus soient le même animal que le Thos ?

On ne trouve rien de nouveau dans ce qu’Arrien , dans son traité de Rebus indicis , dit du Thos.

Il n’en est pas de même chez Oppien ; mais ici l’art du poète commence à dénaturer le peu de vrai que l’on possédait sur notre animal problématique; en effet, il le décrit comme né d’une Panthère, pour mère, et d’un Loup pour père , avec la tête, et peut-être la forme du corps de celui-ci, et la robe tachetée de celle-là. Dès lors, on voit comment par la suite sera formé le nom de Lycopanther, que quelques auteurs ont substitué à celui de Thos. On peut aussi apercevoir déjà comment sous cette dénomination l’on comprendra le Loup cervier ou le Lynx des zoologistes modernes, et peut-être mieux la Hyène tachetée.

Le même Oppien , dans son poème de la Pêche, liv. Il, parle encore du Thos dans une comparaison : Thoes collecti cervum invadunt ; mais il est évident, comme Gesner l’a fai t observer, que c’est d’après Homère.

L’article unique et fort court dans lequel Élien parle du Thos, et où il dit qu’il est tellement ami de l’homme, qu’il le vénère, si par hasard il s’est porté dessus, et qu’il vole à son secours, s’il vient à être attaqué par quelque animal féroce, semble plutôt indiquer un chien que tout autre animal; mais ce n’est plutôt très-probablement qu’une exagération de ce qu’avait dit Aristote, augmentée encore par Phile, comme le voulait la nature même de son ouvrage.

Ainsi jusqu’ici tout ce que l’on sait du Thos ne repose que sur ce que celui-là en avait dit, et l’on conçoit qu’il en soit de même pour les lexicographes et les commentateurs anciens et du moyen âge.

Nous voyons déjà dans l’espèce de dictionnaire de Julius Pollux , que de son temps (180 ans après J.-C.), on conservait l’idée que le Thos était du genre Canis. En effet, dans le chap. XIII du liv. V de l’Onomasticon , il nous apprend que pour exprimer la voix de l’Ours, du Pardalos, du Pantheros, on dit rugir ; mais que pour les plus petits carnassiers, comme les Renards, Thoes et Loups, on dit ( latrare ), aboyer et rugir.

Arrieii

Oppien.

Élien.

Phile.

Chez les Lexicographes et Commentateurs.

Jul. Pollux.

CARNASSIERS; CANIS ( Thos ).

Hesychius.

Les Scoliastes d'Homère.

Eustathe.

les Modernes.

Albert le Grand.

Théod. Gaza.

Lupus cervarius.

Hesychius, grammairien grec, dont on ignore au juste lepoque où il vivait, a aussi défini le mot Thos : Bestia Lupo similis ou Fera ut Lupus.

Les Scholiastes anciens d’Homère, lorsqu’ils sont arrivés adonner l’explication du mot Thos , employé, comme nous l’avons vu, dans l’Iliade, ont préféré le considérer comme une espèce de Felis plus faible que le Lion ; ainsi au mot Thos , ils ont mis comme explication celui de Pantherion.

Eustathe, dans ses Commentaires sur l Iliade, liv. Il , dit que le Thos est semblable au Loup ; mais admettant l’idée d’Oppien, il le nomme Ly copanthère, le supposant né du Loup et du Panthère.

Ainsi, jusque-là , comme je l’ai annoncé plus haut , aucun trait n’a été ajouté à ce qu’ Aristote avait dit du Thos , et nous allons voir qu’il eu a été de même depuis.

Et d’abord, cherchons dans les écrivains qui, en Europe, ont précédé la renaissance, et surtout dans Albert le Grand , qui, comme cela a été mis hors de doute , d’abord par Camus, et ensuite par M. Jourdain, n’a presque composé son Histoire des Animaux que sur celle d’Aristote, mais d’après une traduction latine de Michel Scott faite sur une traduction arabe, et nullement sur le texte grec.

Albert n’a pas employé le mot de Thos ; mais comme l’a fait remarquer Gesner, il a attribué les particularités signalées par Aristote dans celui-ci , au Lynx ; ainsi les traducteurs arabes du Traité des Animaux d’Aristote, paraissent n’avoir pas substitué un nom à celui de Thos. Au reste , il est bien connu que les Arabes , et comme eux Albert le Grand , ont très-souvent défiguré les noms des animaux et même de leurs parties à un degré presque incroyable

11 n’en fut pas de même du premier traducteur du Traité des Animaux d’après le texte grec , Théod. Gaza ; car partout où Aristote a employé ce nom , il a mis celui de Lupus cervarius , dénomination que l’on trouve pour la première fois dans Pline, liv. 1, ch. 35, pour un animal qu’il ne définit que par des particularités fabuleuses sur la manière dont il mange, mais dont un individu, venu des Gaules, fut montré dans le

PALÉONTOLOGIE. 89

cirque de Pompée et dans les jeux célèbres qu’il y donna. Or, l’on voit comment , par la suite , on a pu appliquer ce nom à un autre animal carnassier, le Lynx, qui existe en effet en France, et dont Pline n’a pas parlé sous son véritable nom ; et cela avec d’autant plus de raison , que l’on indique pour caractère essentiel du Lynx d’avoir des pinceaux de poils aux oreilles, comme le Loup cervier des Gaules.

Quoique ce rapprochement du Thos et du Lupus cermrius de Pline ait été adopté par la plupart des traducteurs d’ouvrages grecs où le mot Thoes est employé, il fut cependant critiqué par un certain nombre de commentateurs et de naturalistes , qui ont pensé que le Thos d’Aristote était le carnassier du genre Loup que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de Chacal.

C’est Niphus, commentateur de la traduction d’Aristote par Gaza, qui parait avoir eu le premier cette idée. En effet, il dit ( Hist . Anim ., lih. IX, cap. 44) que Ie Thos est une espèce de Loup que les Grecs nommaient ordinairement Panther , que les Arabes connaissaient sous le nom de Loup d'Arménie, et les Turcs sous celui de Cicala. C’est, ajoute-til, un animal vil, plus petit que le Loup, et pour toute chose dégénéré de celui-ci.

J’ignore où Niphus, professeur de philosophie, qui vivait en Italie, dans le premier tiers du XVIe siècle, a trouvé les éléments de son commentaire; mais il est évident que c’est lui qui a fourni la première idée que le Thos n’est que notre Chacal , le Canis aureus de Linné , opinion qui a été acceptée par Buffon.

Mais avant que l’on pût l’appuyer sur des probabilités un peu satisfaisantes, il fallait d’abord que celle de Gaza fût réfutée, et c’est ce que firent successivement Gesner , qui a consacré à ce sujet un assez long article dans lequel on ne peut qu’admirer sa rare et solide érudition ; les anatomistes de l’ancienne Académie des sciences ; le père Hardouin , dans ses commentaires sur Pline ; mais aucun de ces auteurs ne se hasarde à émettre son opinion sur ce qu’était réellement le Thos.

Daléch amp propose bien d’en faire laGenelte, mais cette manière de G. Canis. 12

Niphus.

(Chacal ) C. aureus.

Opinion

adoptée

par C. Gesner.

Daléchamp.

CARNASSIERS; CANIS ( Thos ).

voir était trop en opposition avec ce qu’a dit Aristote , pour quelle pût être adoptée. Il n’en a pas été de même de celle de Niphus, que c’est le Chacal.

j. Bochart. Bochart , depuis la publication des Lettres de Busbeck, en Orient, appuya cette manière de voir, et en effet, il trouva dans le Chacal un animal du genre des Loups, un peu au-dessous de la taille du Loup ordinaire , marchant en troupes.

Hardouin. C’est aussi l’opinion du P. Hardouin : et Buffon a consacré plusieurs Biiiron. pages du chapitre de son histoire du Chacal , à soutenir que le Thos est le Chacal proprement dit , le grand Chacal, et que le Panther est l’Adive, en rapportant les passages d’Aristote cités plus haut , mais interprétés un peu différemment qu’on ne l’avait fait avant lui ; ainsi traduit-il qu’ils s’accouplent comme le Chien, tandis qu’il y a seulement implentur , et que le Thos a le corps et la queue plus longue que le Chien, tandis que la plus grande partie des commentateurs et des traducteurs ne parlent pas de la queue. Au reste, Buffon ne donne réellement pas de raisons pour conclure comme il le fait.

Voyons donc, en n'employant que ce qu’a dit Aristote, car ce qu’on y a ajouté depuis ne mérite aucune considération, si nous trouverons réellement des preuves suffisantes que le Thos est le Chacal.

Faiis à l’appui. En faveur de cette opinion , il faut admettre:

i 0 La similitude des parties internes avec ce qui a lieu chez le Loup ;

2° Le mode d’accouplement, semblable à celui du Chien, ou du moins les rapports des sexes;

3° La taille moindre que celle du Loup ;

4° L’habitude de se réunir en troupes pour attaquer une proie trop forte pour l’un d’eux, d’après Homère;

5° Sa coexistence avec le Loup dans le même pays, puisqu’Aristote le comparait avec lui, et que Théocrite les énumère ensemble ;

6° Sa grande agilité et sa facilité à sauter;

7° A quoi on peut ajouter l’existence actuelle et reconnue du Chacal dans tout l’Orient, l’Asie Mineure, dans la Perse, l’Inde, l’Afrique, en un mot

PALÉONTOLOGIE. 91

dans tous les lieux dont Aristote et les anciens ont connu les animaux ;

8° Son amitié pour l’Homme , en regardant comme exagéré ce que Élien , et surtout Philé , ont ajouté à ce qu’a dit Aristote à ce sujet. En effet, la ménagerie du Muséum possède en ce moment un Chacal élevé en domesticité , à Alger, et qui , extrêmement doux , montre dans tous ses gestes de familiarité absolument les mêmes habitudes que le Chien domestique.

Contre cette opinion , on peut opposer : contradic-

i ° Le corps plus long que celui du Chien , même proportionnellement, et encore mieux , la queue plus longue. Ce serait en effet plutôt le contraire ;

2° Moins de hauteur, à cause des jambes plus courtes, ce qui certainement n’est pas ; les jambes du Chacal étant grêles et élevés ;

3° Ses combats, ou mieux, son état de guerre avec les Lions et même avec les Chiens; en effet, quelle guerre un animal plus petit que le Loup pourrait-il faire au Lion? Un seul, dans la comparaison d’Homère, suffit pour mettre en fuite une troupe de Thos;

4° Leur non-coexistence avec les Lions et les Chiens. En effet, certainement aujourd’hui partout où est le Chacal se trouvent des Chiens et presque toujours des Lions;

5° Le changement de couleur et la mue suivant la saison , particularités singulièrement passées sous silence par Buffon, paraissent plutôt appartenir ou indiquer le Lynx qu’un Chacal; cependant , sauf un peu d’exagération , cela peut également avoir lieu chez le Chacal , animal qui vit en grand nombre dans les montagnes du Caucase.

Dans ces raisons pour ou contre, nous n’avons pas fait entrer :

Le nombre des petits , 2 , 3, \ , et leur naissance à l’état de cécité, parce que cela peut aussi bien avoir lieu pour les Lynx que pour le Chacal.

En sorte que, si l’on pouvait avoir une confiance absolue dans la des- conclusion, cription d’Aristote , en supposant même que le texte n’a pas été altéré par les copistes dans la succession des siècles , on voit qu’il serait assez difficile d’admettre l’identité absolue du Thos et du Chacal.

Chez

les Hébreux.

Du Renard

(C. vwlpes).

Chez

les Hébreux.

92 CARNASSIERS; CANIS (Thon).

Cependant, en considérant que la description peut être fautive, en plusieurs points, de quelque part que vienne l’erreur, et qu’il est impossible de croire que le Chacal , si commun dans tout le Levant , ait pu échappera la connaissance des anciens (i);

J’admets donc comme très-probable que le Thos est le Chacal des orientaux et notre Canis aureus , ce que Guldenstaedt avait également admis , comme presque tous les zoologistes le font aujourd’hui.

L’Écriture sainte parle en effet, en plusieurs endroits, du Chacal, et dans le passage où il est question, sous le nom de Schualim (Jug. XV , 4)» de 3oo quadrupèdes coureurs à la queue desquels Samson attacha des torches enflammées et qu’il lança ensuite dans les vignes et les moissons des Philistins, il est probable, comme le présume Bochart lui-même, p. 197, et surtout Rosenmuller et Ehrenberg, que c’étaient de véritables Chacals, d’autant plus que, encore aujourd’hui, ces animaux sont extrêmement communs en Palestine, qu’ils y vivent en troupes et que leurs hurlements sont continuels.

Mais si quelques doutes ont pu se conserver longtemps sur l’identité du Thos des anciens avec le Chacal ou le C. aureus , et par conséquent sur l’ancienneté des traces que cette espèce a laissées dans l’histoire écrite , il ne peut en être de même pour le Renard , C. V ilpes.

Toutefois , quoique les Septante aient traduit le mot Suel, Schouel ou Scheel , Schuelim , au pluriel, partout où il se trouve dans le texte hébreu de nos livres sacrés, par celui de Vulpes , il est probable , comme il vient d’être dit plus haut, que c’est du Chacal qu’il était question, comme l’indique même le nom persan d’où nous avons tiré ce dernier nom. En effet , c’est le Carnassier le plus répandu dans tout l’Orient , tandis que le Renard y est bien plus rare. Dès lors les animaux à la queue desquels Samson fit attacher des bouchons de paille enflammée, et lancer contre l’armée des Philistins pour l’effrayer, étaient sans doute des Chacals et

(1 Le titre du célèbre recueil d’apologues de Bidpai , d’origine indouse suivant M. de Sacy, Catila et Dinnia, est le nom de deux Chacals

PALÉONTOLOGIE

non des Renards , ceux-Jà, bien plus faciles à se procurer, comme vivant en troupes, que ceux-ci toujours plus ou moins solitaires. Ainsi il semble que les Hébreux n’ont fait aucune mention du véritable Renard (i).

Les Égyptiens me paraissent dans le même cas que les Hébreux , c’est- l es Égyptiens, à-dire ne nous avoir laissé aucun indice certain qu’ils aient distingué le Renard, malgré que cet animal, espèce ou variété, existât, comme de nos jours, anciennement en Égypte , ainsi que nous l’apprend Aristote , et avant lui Hérodote.

Quant aux Grecs, qui le nommaient Alopex, on peut assurer que tes Grecs, sans interruption ce nom a été employé chez eux , par les poètes , aussi bien que par les historiens naturalistes et géographes , depuis Homère jusqu’à Oppien , pour désigner notre Renard d’aujourd’hui , du moins à en juger cependant plutôt d’après le caractère fin et rusé qu’ils lui assignent, et ce que signifient les différents noms qu’ils lui ont donnés, que d’après une description caractéristique.

On peut, sans craindre de se tromper, en dire autant des Latins, qui Les Latins, ont désigné cet animal par la dénomination de Vulpes , nom que Varron

(1) Au reste voici la note à ce sujet que je dois à l’amitié de M. l’abbé Maupied , telle qu’il a bien voulu me la remettre et qui me semble confirmer ma manière de voir.

Le nom hébreu est Schoual ou Schoal, qui peut venir de schoal, creux ; scheol , tombeau , en arabe Shaar, creuser-, peut-être aussi de Schouâ , crier. Ce mot semble être la racine du nom du Schacal; mais il y a peut-être quelque doute à élever. Le texte hébreu en effet parle un grand nombre de fois d’un animal sous le nom de Schackal , qui se trouve presque toujours associé, dans les comparaisons , au Lion; on a traduit ce mot Schackal par Lionne, mais n’est ce pas à tort? ainsi, dans ce passage d’Osée, ch. 5, V. 14 , Je serai comme un Schackal sur Ephraim, et comme un Lionceau sur la maison de Juda -, il semble que c’est d’un animal particulier et non d’un Lion comme le veulent les traducteurs, qu’il est question; dans Job., ch 4, v. 10 , on lit : le rugissement du Lion , le cri du Schackal et V arrogance des Dragons ont été étouffés. Il semble qu’il s’agit ici de trois animaux ; cependant on a traduit Schackal -peu- Lionne.

Ainsi , les deux mots Schaual et Schackal se rapprochent beaucoup, le Schoual a été traduit par les Septante par Alôpex , mais d’un autre côté le texte hébreu dit du Schoual, que ceux qui ont été tués par le glaive (sans doute les cadavres des armées) sont le partage des Schoual ; que le Schoual saute par-dessus les petits murs , qu’il se promène dans les ruines et habite les déserts ; toutes choses qui ne peuvent se rapporter qu’aux Schacals et non aux Renards. Mais ailleurs il est dit aussi que le petit Schoual dévaste les vignes.

Du C. Hyénoïde

[C. piciw).

Dans les ouvrages d'art.

Le Chien.

En écriture.

Chez

les Chinois, les Égyptiens.

En Peinture.

Chez

les Égyptiens.

dit être une contraction de Volipes ou de pied léger. En effet, il est bien certain que le Vulpes est l’Alopex des Grecs, puisque partout où Pline traduit un passage d'Aristote, où il est question de cet animal, il emploie le nom latin pour le nom grec, ce que fait également Phèdre à l’égard d’Ésope.

Nous voyons ensuite ce nom de Vulpes devenir le Volpe de la langue italienne , la plus immédiatement dérivée de la langue latine.

Enfin , une dernière espèce de ce genre qui me paraît avoir été signalée par les anciens, est celle que nous connaissons aujourd’hui , et depuis un assez petit nombre d’années sous le nom de C. pictus,e t dont ont parlé Élien et Solin, comme habitant la Haute-Égypte. En effet, le caractère qu’ils assignent à cet animal, de varier si considérablement dans sa coloration, qu’il était impossible de la décrire par des paroles, ne peut évidemment convenir qu’à ce Chien , d’abord découvert au Cap , et depuis lors retrouvé en Abyssinie par M. Ruppel.

M. G. Cuvier a dit, dans ses notes sur Pline, que c’était très-probablement la Hyène tachetée, mais, à ce qu’il me semble , à tort.

L’Artistique confirme d’une manière indubitable ce que nous venons de voir établi par la Biblique ; mais comme la première est le plus sou vent une suite de la seconde et quelquefois même après un temps assez considérable, les conséquences à en tirer sont beaucoup moins importantes.

Le Chien est reproduit dans tous les modes de l’ Artistique, en peinture, en plastique et en glyptique.

Chez les Chinois, le Chien a servi de modèle à l’un des caractères figuratifs les plus anciens de leur écriture, et qui même est devenu la clef de tous ceux qui indiquent les animaux quadrupèdes.

Chez les Égyptiens, il se trouve également comme signe hyéroglyphique , et la forme de sa queue ne permet pas de douter que, comme chez les Chinois, c’est le Chien domestique d’appartement qui a servi de modèle.

Chez les Égyptiens , dans les peintures qui ornent leurs tombeaux ou dans certains personnages de leur mythologie , on trouve des figures que l’on attribue au Chien; ainsi dans celle d’Anubis, par exemple, qui

PALEONTOLOGIE.

était représenté avec un cou et une tête de Chien, ou mieux, sans doute, de Chacal.

Mais c’est surtout dans les tombeaux que M. Rosellini a trouvé le Chien plus fréquemment représenté, le Chien mâtin, et surtout le lévrier, pour lequel les Egyptiens semblent avoir eu une sorte de prédilection , soit à côté ou. sous la figure de son maître , souvent avec le nom propre de l’un et de l’autre ; soit dans de grandes chasses aux quadrupèdes : par exemple, celles représentées dans les tombeaux des militaires Rôti etNevothph, à Beni-Hassein, et dont il a tiré la plupart des figures de Chiens qu’il a données dans son ouvrage. Nous avons copié les principales , mais sans assurer que la coloration ait toujours été faite d’après nature. Quant à la forme , qui mérite sans doute bien plus de confiance, il est digne de remarque qu’on y trouve un bon nombre de nos races actuelles de Chiens, et que M. Rosellini fait remonter l’érection de ces tombeaux à plus de deux mille ans avant J.-C.

Chez les Grecs , dans les peintures des vases dits étrusques , représentant des chasses au Sanglier , la plus fréquente de toutes chez les anciens, comme celle qui demande plus de courage, il m’a semblé que c’était presque toujours le Chien de garde ou le Limier, qui est représenté dans les vases peints publiés par Hamilton ou par Gérard.

Sur les bas-reliefs et les statues qui ont pour but d’offrir quelques traits des histoires mythologiques , dont il a été parlé plus haut, ou de caractériser quelque héros ou dieu, comme Esculape, Adonis, Endymion , Méléagre, la variété figurée diffère , ainsi que sur les médailles de quelques villes, comme sur celles d’Épidaure, suivant Eckel; de Ségeste , en Sicile ; de Cydonie , en Crète , etc.

Chez les Latins , les représentations du Chien avaient sans doute lieu à peu près dans les mêmes circonstances que chez les Grecs , puisqu’ils suivaient le même système de religion ; mais comme les grandes richesses auxquelles ils étaient parvenus , avaient donné naissance à la forme artistique mosaïque , et que cette forme permettait de représenter des scènes très-étendues, les artistes y firent entrer souvent des animaux

Dans

les Tombeaux.

Chez lesGreos.

Vases étrusques.

En Sculpture.

Sur les Médailles.

les Latins.

Dans

la Mosaïque.

et des chasses. Aussi dans celle de Palestrine , que nous avons eu déjà l’occasion de citer, on voit la représentation de deux Chiens, l’un qui paraît être le Lévrier d’Égypte , accompagnant Adrien à son entrée dans ce pays; l’autre qui est en chasse et courant pour saisir un oiseau qu’un chasseur paraît avoir atteint, et qui semble être le Chien de Dongola. i.e loop. Le Loup a sans doute aussi été plusieurs fois représenté dans les ouvrages d’art des trois grands peuples de l’antiquité , chez lesquels seuls les images étaient permises. Mais il faut convenir qu’il est souvent assez difficile de décider si c’est un Loup ou un Chien qui a été figuré. fhez Dans la mythologie des Égyptiens , qui avaient une ville (Ly copolis)

les Égyptiens.

dédiée au Loup, ou mieux peut-être à Horus ou Apollon , sous le symbole du Loup, il est certain que cet animal a dû y être représenté fréquemment. On le trouve surtout figuré comme gardien , ainsi sur un bas-relief, dans le Muséum Borgianum, il est à côté d’une tiare, ou comme une divinité tutélaire, avec Horus et Harpocrate.

Dans la chasse aux Quadrupèdes du tombeau de Rôti , à Beni-Hassein , M. Rosellini représente (Tav. XV, f. 1) un animal qu’il regarde comme un Loup, surtout parce que dans l'inscription hiéroglyphique qui est audessus, il lit le mot Uonsc , qui est le nom du Loup en Copte, les Grecs. Les Grecs ayant beaucoup moins de mythes, dans lesquels entre le Loup , que de ceux où il est question du Chien , on voit pourquoi l’Artistique , chez eux , a moins souvent reproduit le premier animal. Cependant, comme ils avaient un Apollon Lycien, on voit comment ils ont pu être conduits à représenter le Loup, comme indiquant aussi une bonne garde, ce qui tend à faire croire que cet animal était déjà chez les Grecs considéré comme la tige du Chien domestique, les Romains. Mais c’est surtout chez les Romains que le Loup a été le plus fréquem¬

ment représenté de toutes manières : la tradition véridique ou allégorique ayant propagé que le fondateur de Rome et son frère avaient été allaités par une femelle de cette espèce.

Les collections archéologiques possèdent en effet un grand nombre de bas-reliefs et de statues en marbre ou en bronze qui nous donnent de

fort beaux portraits du Loup de nos pays , le plus souvent de sexe femelle et allaitant Remus et Romulus.

Le Chacal , qui ne paraît avoir été rattaché à aucune histoire mytho- Le chacal. logique chez les Grecs et les Latins , n’a pas dû être figuré par eux ; mais il me semble qu’il n’en est pas de même chez les Égyptiens; en effet chez beaucoup de figures d’Anubis, d’hiéroglyphes, et même bien des sta- leS E6yptiens tuettes égyptiennes en bronze ou autre matière, me paraissent représenter le Chacal plutôt que le Loup et le Renard (i). M. Rosellini rapporte à cet animal une figure, pl. XV, M. C., plus svelte que celle d’un Loup, et accompagnée d’un mot en hiéroglyphes, dans lequel il lit Sib , qui, suivant lui, est le nom spécifique du Chacal, conservé, chez les Arabes d’Égypte, dans celui de Dhib (2).

Quant au Renard, ou trouve, à ce qu’il parait, fort peu de monu- Le Renard. mentsqui le représentent ; M. Rosellini n’en signale pas dans les grandes chasses des tombes de Beni-Hassan. On m’a cependant montré au cabinet Médaille, des antiques, une médaille d’une ville grecque nommée Alopeconessos, et sur laquelle est figuré un animal qui ressemble en effet beaucoup à un Renard , surtout par la forme de la queue. Nous l’avons fait représenter.

On conçoit aussi que si quelque artiste avait voulu reproduire le mythe de Céphale et Procris, à son dénouement, il eût nécessairement représenté un Renard poursuivi par un Chien ; mais aucun archéologue , si je ne me trompe , n’a cité de monument qui aurait trait à cette fable.

On doit enfin rapporter au Renard à grandes oreilles , ou au Fennec, Le fennec. plusieurs figures des tombeaux égyptiens qui ont été données par M. Rosellini , dans son grand ouvrage sur les monuments égyptiens ; et entre autres celle de l’extrême droite du quatrième rang, pl. XV, des

(1) Ce sont sans doute les C. sacer et C. Anubis de M. Ehrenberg.

(2) Suivant M. P. E. Botta, ce mot Dhib est le nom du Loup, aussi bien en Arabe qu’en Hébreu , et celui du Chacal est Ebn-Aosis, tiré sans doute de son cri , comme celui d’Ayé, en Hébreu.

G. Canis.

Monum. cio., et que nous avons fait copier dans notre planche des C. antiqui.

Des traces matérielles de l’existence des Canis à la surface de la Terr e.

Chez

les Égyptiens.

Le Chien.

Par Moi.

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