‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologieChapitre 14 sur 171 · DANS LES PETITS-OURS · texte numérisé non relu

DANS LES PETITS-OURS

Quoique nous ne connaissions malheureusement pas d’une manière suffisante toutes les espèces que l’on a rangées dans cette division des Carnassiers , dont une ou deux ne nous sont pas même connues sous le rapport du système dentaire, nous en savons cependant assez pour pouvoir établir sur des bases rationnelles leur distribution systématique , dont, jusqu’ici , les zoologistes se sont , du reste , assez peu occupés.

Le squelette des Petits-ours n’offre presque aucune différence dans le nombre des os qui le composent , et ne fournit au zoologiste aucun caractère un peu certain pour établir ou pour confirmer leurs rapports et la série; ainsi tous ont le tronc formé de vingt-trois vertèbres, dont quinze costifères, cinq lombaires, et de trois sacrées; mais il n’en est pas de même pour les vertèbres caudales, qui, au contraire, varient beaucoup par la grande différence de longueur de cet organe.

Aucun Petit-ours n’a plus de clavicules qu’un autre , et tous ont l’humérus percé d’un canal au condyle interne pour le passage du nerf médian , ce qui n’existe au contraire jamais chez les Ours , si ce n’est dans la dernière espèce , l’Ours des Cordilières. Enfin tous ont cinq doigts bien

CLASSIFICATION

complets aux pieds comme aux mains , le pouce sur le même rang et dans un même degré de développement que les autres doigts.

Le canal intestinal scruté par l’anatomiste n’offre non plus rien d’assez différentiel pour aider le zoologiste. En effet, tous ces animaux ont une langue douce et aucun ne présente de cæcum même rudimentaire, l’intestin étant tout d’une venue, sans séparation ou distinction entre ses deux parties.

Il n’en est pas de même des particularités de la terminaison du canal ou de l’anus; en effet, toutes les espèces, comme tous les Carnassiers, ont de chaque côté de l’anus une glande plus ou moins considérable , dont le canal excréteur s’ouvre à sa marge , que le rectum offre ou non une dilatation à sa terminaison ; mais il est un certain nombre d’espèces chez lesquelles c’est hors de la cavité intestinale que cette terminaison a lieu, comme chez les véritables Blaireaux.

L’organisation profonde des Petits-ours n’offrant au zoologiste qu’assez peu de prise pour leur distribution systématique , voyons si l’extérieur n’en présentera pas davantage.

D’abord la forme générale plus ou moins ramassée , ou au contraire plus ou moins allongée , ce qui est dans un rapport direct avec la longueur de la queue, indique évidemment l’éloignement des Ours et le rapprochement des Carnassiers vermiformes qui suivent.

On peut en dire autant du museau ou de la longueur des mâchoires, qui, au contraire, assez longues dans les premières espèces, se raccourcissent dans les dernières , de manière à donner à la tête quelque ressemblance avec celle des Chats.

La longueur, l’élévation et la pilosité des tarses , offrent aussi des caractères propres à indiquer la série que forment les Petits-ours; en effet, court, large, complètement nu dans certaines espèces, il s’élève, se rétrécit et se couvre en partie de poils chez d’autres.

Les ongles offrent aussi quelques variations dans la forme, plus ou moins propres à fouir, comme dans les Blaireaux, ou plus ou moins

Du Canal intestinal.

Du Cæcum.

Des Glandes anales.

De la Forme générale.

de la Queue.

du Museau.

des Tarses.

des Ongles.

CARNASSIERS; SUBURSUS.

Du Système dentaire.

et Canines.

Molaires.

D'où

la Disposition des Espèces.

grimpeurs et aigus, comme dans les Caudivolves, qui vivent dans les arbres.

Mais c’est surtout dans l’étude du système dentaire, que l’on peut plus aisément trouver des différences assez nombreuses, assez fixes, pour non-seulement distinguer les espèces d’une manière tranchée, mais les disposer en série, et même caractériser presque autant de genres qu’il y a de celles-ci, comme cela a été fait par les zoologistes qui, sous ce rapport, ont admis les principes de M. Fréd. Cuvier.

Ce n’est cependant ni dans les incisives, ni dans les canines, que l’on peut trouver ces différences; mais bien dans les molaires, et surtout dans la principale et les arrière-molaires.

D’abord dans le nombre total.

En effet, quelquefois def il peut descendre à j, puis dans celui des avant-molaires; car les arrière-molaires ne sont jamais au-dessus de deux; puis enfin , et surtout , dans la forme et dans la proportion de la principale et des arrière-molaires qui prennent plus ou moins le caractère omnivore ou carnassier suivant l’égalité ou l’inégalité du bord externe , simplement tuberculeux comme l’interne , dans le premier cas , et s’élevant et devenant tranchant dans le second.

Toutefois, la considération unique de ce système dentaire empêcherait d’apercevoir réellement la série naturelle des animaux de ce genre, de quelque manière qu’on l’envisageât, tandis que la longueur proportionnelle de la queue nous semble indiquer ou traduire beaucoup mieux l’orclre passant des Ours aux Mustelas , qui doivent immédiatement suivre, d’après les raisons exposées plus haut.

Dès-lors , on voit comment cette division des Carnassiers , commençant par les Midans qui ont la queue très-courte, doit se continuer par les Blaireaux , comprenant les Arctonyx, parles Pandas ou Ailurm , les Ratons ou Procyon , les Coatis ou Nasua, et finir parles Kinkajous ou Caudivolvulus et les Arctitis , qui ont la queue très-longue et prenante.

CLASSIFICATION

4° DANS LES MUSTELAS.

Les principes de la distribution systématique des espèces de ce genre linnéen n’ont pas été beaucoup plus scrutés que pour les genres précédents ; quoique les zoologistes aient cru devoir établir un assez grand nombre de coupes génériques, d’après la considération d’organes souvent peu importants, et surtout d’après celle du système dentaire.

Leur organisation interne n’offre cependant pas de grandes différences, qu’on les compare entre elles , ou avec les autres Carnassiers.

Le nombre des vertèbres de la partie troncale est toujours de vingt; mais le plus souvent formé de quatorze vertèbres costifères et de six lombaires; les Moufettes seulement, c’est-à-dire les Mustèles de la Sud- Amérique , ayant seules quinze vertèbres costifères et cinq lombaires.

11 y a quelquefois un rudiment très-appréciable de clavicules, comme dans les Martes par exemple.

L’humérus est toujours percé d’un canal au condyle interne.

11 n’y a jamais de cæcum au point de jonction des deux parties de l’intestin qui est tout d’une venue; et l’anus est toujours pourvu à sa terminaison, d’un paire de glandes sébacées qui varient seulement dans le degré de leur développement , et surtout dans l’odeur de la matière quelles produisent.

A l’extérieur , les Mustèles présentent peut-être encore moins de variations.

La forme du corps, toujours assez allongée, est cependant en général plus grêle, plus cylindrique, en un mot, plus vermiforme dans les espèces qui occupent le milieu delà série, comme les Putois, que dans celles qui sont au commencement , comme sont les Moufettes plus Petits-ours; ou, à la fin, comme les Martes proprement dites, évidemment plus Felis; et c’est ce qui est assez bien indiqué par la proportion de la queue.

La nature du pelage démontre également assez nettement cette gra-

Principes de leur classification.

Tirés :

à l’intérieur.

Du Squelette.

Des Clavicules.

De l'Humérus.

Du Cæcum.

Des Glandes anales.

à l'extérieur.

De la Forme du Corps.

O u Pelage.

Du Système de coloration.

Des Doigts.

Du Tarse.

Des Ongles.

Des Dents.

Dans

le Nombre total.

Dans leur Disposition.

Dans la Forme des Canines.

Des Molaires :

ei surtout de l'Arrière- Molaire supérieure.

dation ; en effet , assez grossier dans les premières espèces , il devient très-lin et très-doux dans les dernières.

Le système de coloration est généralement uniforme , ou mieux , bicolore; mais dans une espèce cependant, il commence à être varié ou annelé , du moins à la queue , comme dans les Viverras et les Felis.

Les doigts, toujours en même nombre, quelquefois libres , sont assez souvent réunis par une membrane intermédiaire plus ou moins étendue ; et dans les dernières espèces le pouce commence à être sensiblement plus petit que les autres.

Les pieds, d’abord courts et avec Je tarse nu, s’étendent de plus en plus et se couvrent de poils, comme dans les Martes; en sorte que la considération du degré de nudité du tarse a pu être employée avec avantage pour la distinction et pour la distribution des espèces, même dans le genre des Loutres.

Il en est de même des ongles qui , d’abord fossoyeurs et fixes , finissent par être courts, aigus, arqués et demi-rétractiles.

Le système dentaire, quoique évidemment fort semblable dans tout le groupe, présente cependant des nuances différentielles qui indiquent fort bien le passage des Petits-ours aux Viverras.

D'abord sous le rapport du nombre, du moins dans la partie molaire, il y a quelques différences ; elles ne reposent cependant que sur une avantmolaire de plus aux deux mâchoires, ce qui porte le nombre minimum | au maximum f, et même à f .

Sous le rapport de la disposition des dents, c’est dans ce genre que la seconde incisive rentre davantage entre les deux autres, mais encore à des degrés très- différents.

Quanta la forme, il faut noter que les canines des Mustelas, et surtout les inférieures, sont plus coudées que dans aucun autre genre de Carnassiers.

Mais c’est surtout dans l’étude minutieuse de chaque molaire en particulier, considérée dans sa forme et dans sa proportion , que l’on peut trouver des caractères spécifiques plus certains. La proportion de l’ar-

CLASSIFICATION

rière-molaire supérieure par rapport à celle qui la précède, et des deux parties qui la composent , est surtout d’une grande importance; et c’est dans la considération de sa grosseur plus grande, et diminuant assez graduellement , que j’ai trouvé le meilleur signe de la disposition sériale naturelle des espèces de ce genre, en commençant parles Moufettes, les Ratels, les Gloutons , les Melogales, lesZorilles, les Grisons, les Putois, les Martes, les Loutres ou Martes aquatiques ; et enfin , en terminant, par les Bassaris, qui sont évidemment des Mustelas Viverrins, et dont en effet le système dentaire est Viverrin et le reste Mustek.

5“ DANS LES VIVERRAS.

Nous ne voyons pas que l’organisation de ces animaux offre assez de différences avec ce que nous venons de trouver dans les Mustelas ou Carnassiers vermiformes , pour que les principes de leur classification puissent être bien différents.

Le nombre des vertèbres du tronc est toujours de vingt, mais presque toujours de treize costifères et de sept lombaires, et fort rarement de quatorze pour les premières et de six seulement pour les secondes.

Il n’y a pas de traces de clavicules dans la division des Ichneumons , et seulement un noyau osseux dans les Yiverras proprement dits.

L’humérus est percé d’un trou au condyle interne, dans le groupe des Ichneumons, et ne l’est pas dans les deux autres.

Mais en quoi ce genre diffère des précédents, c’est que l’intestin présente à son point départagé en ses deux parties , un cæcum court, il est vrai, mais toujours bien évident dans toutes les espèces.

Le système crypteux perianal offre des différences assez importantes pour quil suffise presque à lui seul pour caractériser les divisions subgénériques des Ichneumons , des Paradoxures et des Civettes.

Dans l’organisation extérieure les différences caractéristiques portent avec beaucoup d’avantages :

G. Carnassiers. 9

D'où

la Disposition des Espèces.

Principes de leur classification.

Tirés :

à l’intérieur.

Du Squelette.

Clavicule.

Humérus.

Du Cæcum.

Des Glandes anales.

à l'extérieur.

De la Forme générale.

Du Pelage.

Du Système de coloration .

Des Oreilles.

Des

Moustaches.

Du Tarse.

Des Doigts ;

■ libres ou réunis.

Des Ongles.

Des Dents.

Molaires.

g (j CARNASSIERS ; VIVERRA.

i 0 Sur la forme générale de moins eu moins vermiforme , et sur celle de la queue conique ou cylindrique ;

2° Sur la nature du pelage plus ou moins dur et long, ou doux et court, ce qui indique un passage vers les Chats, et sur le système de coloration , qui, uniforme, piqueté ou tiqueté, par annelures des poils dans le premier groupe , devient ensuite orné de bandes ou de taches plus ou moins foncées, arrondies, avec la queue annelée dans le dernier, livrée qui devient presque caractéristique du genre Felis ;

3“ Sur la longueur des oreilles, qui, d’abord assez courtes pour être peu apparentes, deviennent au moins aussi grandes que dans les Chats ;

4° Sur la longueur des moustaches qui deviennent de plus en plus prononcées ;

5° Sur la hauteur et la nudité du tarse, quelquefois entièrement plantigrade , autant que dans les Petits-ours, et d autres fois aussi digitigrade que chez les Chats ;

6° Sur le nombre et le plus ou moins d’inégalité des doigts qui , nominalement de cinq, le premier ou pouce étant plus court que les autres, finissent par n 'être plus qu’au nombre de quatre , d’abord aux pieds de derrière , ensuite aux deux paires des membres;

f Sur la liberté plus ou moins complète des doigts, quelquefois serrés et réunis jusqu’à la phalange onguéale, tandis que dans d autres ils sont complètement libres dans toute leur étendue ;

8° Sur la forme des ongles d’abord assez fouisseurs et enfin aigus , arqués, comprimés et rétractiles;

9° Et enfin sur la partie molaire du système dentaire, envisagé sous le rapport du nombre total , ou mieux sous celui des avant et des arrière-molaires, et sur la forme de chaque dent correspondante.

Le nombre normal des dents molaires aux deux mâchoires est de six : dont trois avant-molaires , une principale et deu x arrière-molaires; mais il arrive quelquefois que par manque d’une avant-molaire, soit en haut, soit en bas , soit enfin aux deux mâchoires , le nombre total soit réduit

CLASSIFICATION

à f , à f , à f , et même , dans une espèce seulement , à { , par absence de la seconde arrière-molaire.

Quant à la forme et à la proportion de ces dents molaires, on peut assurer que pas deux espèces ne se ressemblent complètement; mais on trouve trois formes principales : celle des Mangoustes, chez lesquelles les arrière-molaires sont triquètres et insectivores par la manière dont leur couronne est hérissée de tubercules; celle des Viverras plantigrades ou Paradoxures, chez lesquels les mêmes dents et même les principales sont tuberculeuses et omnivores, au point de ressembler beaucoup à celles des Petits-ours, et enfin celles des Civettes ou Viverras muscifères dont les molaires reprennent le caractère insectivore et la forme triquètre, et où les avant-molaires sont denticulées au bord postérieur de la pointe principale qui les constitue; ce qui n’a jamais lieu , du moins au même degré, dans les deux autres sections.

Par suite de ces considérations, la série s’établit en ayant égard à la nudité du tarse et au système de coloration , et surtout à la forme des ongles. Comme c’est le genre Felis qui doit suivre les Viverras , il est évident que les espèces qui doivent terminer ceux-ci doivent être celles qui s’en rapprochent le plus, ce qui détermine la place des Viverras portemusc ou des Civettes et des Genettes à la fin ; mais avant les Civettes doivent être nécessairement placés les Viverras plantigrades qui se nuancent d’une manière si insensible des espèces les plus omnivores à celles qui sont les plus carnassières ; et dès lors les Mangoustes doivent commencer les Viverras, et en effet ce sont celles qui sont les plus vermiformes, les plus voisines des Mustelas.

Quant à la disposition et à la distinction des espèces dans chacune de ces trois subdivisions intérieures , c’est encore à la considération du système dentaire qu’il faut avoir recours pour les déterminer, comme on le verra dans l’odontographie de ce genre.

Insectivores.

Omnivores.

Carnivores.

D'où

la Disposition des Espèces ,

et leur Distinction.

Principes de leur classification.

Tirés :

à l'intérieur.

Du Squelette.

Clavicule.

Humérus.

Phalanges

ongueales.

Du Canal intestinal.

Des Glandes anales.

A l’extérieur.

A la Tête.

6° Dans les Felis.

Quoique ce grand et beau genre de Carnassiers renferme peut-être à lui seul plus d’espèces que les précédents réunis, cependant les nuances de dégradation ou de passage au genre suivant ou à celui des Canis sont beaucoup moins manifestes , même quand on les envisage sous le rapport du système dentaire, qui n’offre presque aucune différence dans le nombre, ni dans la forme ni dans la proportion des dents qui le constituent. On peut même dire avec Pallas, le créateur de l’anatomie zoologique, que ce groupe d’animaux doit être cité comme un type véritable de ce qu’on doit nommer genre en zoologie.

En effet, toutes les espèces ont absolument le même nombre de vertèbres costifères et lombaires , ainsi que de sternèbres.

Toutes ont un rudiment de clavicule plus prononcé que dans aucune espèce de cet ordre, et, sous ce rapport, sembleraient devoir être remontées dans la série , si les mains et les pieds n’étaient pas évidemment dégradées.

Toutes ont l’humérus percé d’un canal au condyle interne.

Enfin toutes ont une modification particulière dans la seconde phalange digitale, comme excavée au côté interne pour donner à la phalange onguéale , de forme également assez particulière, la faculté d’être constamment relevée dans le repos.

Le canal intestinal est pourvu d’un cæcum conique assez long au point de jonction des deux parties de l’intestin, et il y a à la marge de l’anus une paire de glandes sébacées.

A l’extérieur, le genre Felis n’est pas moins uniforme dans ses caractères.

Ainsi la tête est toujours large et arrondie , par la grande arqure des arcades zygomatiques; le museau est toujours fort court ; les yeux trèsgrands, avec la pupille ronde ou verticale. Les oreilles courtes, arrondies, mais larges et très-ouvertes à leur base ; la langue hérissée d’épines.

CLASSIFICATION

Le corps, médiocrement allongé, est terminé par une queue trèsvariable en longueur, mais toujours cylindrique.

Les membres robustes, à carpe et à tarse assez élevés, constamment et entièrement velus , sont toujours terminés par des doigts raccourcis, dont le pouce, plus court que les autres en avant, manque constamment en arrière, et tous armés d’ongles ou griffes rétractiles, surtout en avant.

Le pelage , formé de poils doux, courts, ànnelés, est presque constamment orné de taches diversiformes de couleur plus foncée que le fond.

Quant au système dentaire, nous avons déjà fait remarquer qu’il est peut-être encore plus uniforme que le reste, aussi bien pour le nombre des dents que pour leur forme et leur proportion. La seule différence observée dans le nombre des molaires , qui est normalement de

consiste en ce que , chez certaines espèces , l’avant-molaire supérieure manque constamment , et que, dans d’autres qui la possèdent , elle est pourvue de deux racines , au lieu d’une quelle a ordinairement. Du reste, dans tous les Felis, la principale supérieure est assez petite, triangulaire, comprimée à deux racines; la première arrière-molaire est bien plus grande, également triangulaire, avec un petit talon interne en avant ; et la seconde arrière-molaire est très-petite et transverse.

A la mâchoire inférieure, l’avant-molaire est fort petite, la principale est un peu plus grande , triangulaire et comprimée avec une dentelure simple et rarement double au bord postérieur, et l’unique arrière-molaire est à deux lobes tranchants presque égaux.

D’après ces observations et en remarquant que le genre qui va suivre est celui des Canis, dont le caractère essentiel sérial est d’être de plus en plus digitigrade , avec des ongles fixes fossoyeurs , on voit comment la disposition des espèces de Felis doit être telle que les espèces à ongles non rétractiles et moins aigus doivent être à la fin. Parmi celles qui ont les griffes aiguës et essentiellement rétractiles, et c’est le bien plus

Du Corps.

Des Membres.

Des Doigts.

Du Pelage.

Des Dents.

Nombre total.

supérieures.

inférieures.

D’où

la Disposition des Espèces.

Distinction.

Principes de leur classification.

Tirés :

Du Système digital.

grand nombre , on peut avoir égard à l’absence ou à la présence de l’avant-molaire supérieure , et surtout au système de coloration uniforme, ou varié de bandes ou de taches rondes pleines ou ocellées ; mais cette dernière considération n’a rien de véritablement sérial.

Quant à la distinction des espèces elles-mêmes, il est à remarquer que celles dont la coloration est uniforme ont une livrée dans le jeune âge, c’est-à-dire sont tachetées, et que les sexes offrent quelquefois une différence dans le système pileux; et surtout que la saison même, dans les espèces boréales, y produit des changements considérables aussi bien que dans la couleur qui, de fauve plus ou moins roussâtre, peut descendre d’une part jusqu’au blanchâtre dans les pays froids , ou monter jusqu’au noir dans les contrées chaudes.

Pour le système dentaire dans le jeune âge, il y a comme dans tous les Carnassiers trois molaires à chaque côté des deux mâchoires , une avant-molaire , une principale et une arrière-molaire , différant un peu de celles qui les remplaceront, mais ayant avec elles une grande ressemblance.

7° Dans les Canis.

Nous avons déjà eu l’occasion de faire observer que la place de ce genre est assez difficile à déterminer, et qu elle doit être très-différente , suivant qu’on a égard au système dentaire ou au système digital, et que dans le premier cas on envisage le nombre total des dents ou la forme de certaines de ces dents , par exemple de celle qu’on a nommée la carnassière, ou de la dernière tuberculeuse.

En effet , en prenant en première considération le système dentaire , le G. Canis doit suivre immédiatement les Civettes et les Paradoxures, comme ayant la dent carnassière, en haut comme en bas, méritant davantage cette dénomination qui s’accroîtra encore dans les Hyènes pour atteindre le summum dans les Felis ; mais en mettant au contraire en première ligne le système digital , comme nous le faisons d’après les principes que nous avons déjà exposés plusieurs fois , on voit qu’étant

CLASSIFICATION

plus digitigrades, moins clavicules que les Chats, ils doivent passer après eux et précéder les Hyènes.

D’après cela, l’ordre dans lequel les espèces de ce genre doivent être rangées se déduisant du même principe, celles qui n’ont que quatre doigts en avant comme en arrière doivent être à la fin ; et parmi les autres bien plus nombreuses qui en ont cinq en avant comme les Felis, celles qui ont la pupille verticale comme ceux-ci, c’est-à-dire les Renards, devront être à la tête. Toutefois, après le C. Megalotis, dont le système dentaire est si particulier , étant presque comme dans les Paradoxures les plus omnivores.

On pourra ensuite avoir égard au système dentaire et même à la longueur des oreilles, si l’on veut admettre les sections génériques proposées ; mais il se pourrait que l’on rompît ainsi la série naturelle.

La distinction des espèces de ce genre ne laisse pas que d’être assez difficile quand on veut n’avoir égard qu’au système de coloration extrêmement variable non-seulement suivant lage et le sexe , mais surtout suivant la saison, chez les espèces septentrionales ou alpines , leur pelage devenant alors beaucoup plus touffu , plus long, et de couleur bien plus blanche.

Suivant les sexes , les différences sont à peu près comme dans les autres mammifères , c’est-à-dire que les femelles sont toujours plus petites , plus grêles dans la tête et les membres , et moins vivement colorées.

L’âge apporte aussi des différences analogues dans la taille et le pelage ; mais surtout dans le système dentaire, qui passe par deux phases avant detre parfait. Dans la première, le système dentaire est ainsi composé en totalité :

- - + - , dont - H - 1- - ;

dans la seconde , il devient

Du Système de coloration ;

suivant la saison ,

Du Système dentaire ; variable

suivant

l'âge.

Des Caractères différents des Espèces.

Tirés :

De la Pupille.

De la Queue.

Des Oreilles.

De la Dernière Molaire De l’Apophyse angulaire.

De

la Mandibule.

Des Principes de leur classification.

Tirés :

à l intèrieur.

Du Squelette.

enfin, dans l’état complet, il devient

Les véritables caractères différentiels des espèces portent, outre le nombre des doigts et celui des dents , et la forme de la pupille dont il a été déjà question , sur la taille en général ;

Sur la proportion de la queue et la manière dont elle est chargée de poils également dans toute sa circonférence , comme dans les Renards , ou bien plus en dessous qu’en dessus , comme dans les Loups ;

Sur la grandeur proportionnelle des oreilles et la forme de l’échancrure basilaire du bord externe;

Sur la forme et la proportion delà dernière arrière- molaire comparée à la précédente ;

Et enfin sur la forme du crâne en général, et surtout sur celle de l’apophyse angulaire de la mâchoire inférieure , et peut-être sur celle de l’apophyse coronoïde. Malheureusement ce caractère est tout à fait anatomique ; car c’est celui qui me paraît de beaucoup le plus constant de tous ceux que j’ai signalés jusqu’ici.

8° Dans les Hyènes.

Ce que nous venons de dire tout à l’heure pour déterminer la place des Canis dans la série des Carnassiers , s’applique ici d’une manière rigoureuse, et montre comment les Hyènes ayant de tous le moindre nombre de doigts 4"4 » et surtout offrant dans la grande élévation des membres, principalement des métacarpes et des métatarses, la disposition la plus quadrupède , doivent nécessairement occuper la fin de l’ordre des Carnassiers.

Le genre quelles forment est réellement distinct par la considération de toutes les parties de l’organisation.

En effet, à l’intérieur, on remarque une combinaison des vertèbres du tronc qui lui est particulière : seize costifères et quatre lombaires;

CLASSIFICATION. 73

sternèbres; absence complète de clavicules, de canal au condyle interne de l’humérus ; la langue douce ; un cæcum assez considérable à l’intestin ; les glandes anales versant dans une poche intermédiaire à la queue et à l’anus ; point d’os dans la verge.

Et à l’extérieur des oreilles encore plus grandes que dans les Chiens , et sans incision à la base de leur bord externe ; un pelage grossier, touffu , hérissé, de couleur variée de bandes ou de taches plus foncées; un système digital et même un système dentaire qui sont propres à ce genre.

Ce système, intermédiaire à celui des Gloutons parmi les Mu stelas, et à celui Felis, est formé de { dents molaires, dont 7+7 + 7-

Les avant molaires à trois lobes, dont le médian beaucoup plus grand que les autres ; les principales tranchantes et les arrière-molaires trèscarnassières , surtout celle d’en bas, bilobée et tranchante comme dans les Chats.

Du reste , le nombre des espèces d’Hyènes est trop peu considérable pour qu’il soit besoin de principes pour les disposer et les distinguer. Nous devons cependant faire observer que la coloration offre un trop grand nombre de variations d’âge, de sexe, et surtout individuelles, pour qu’on puisse appuyer sur sa considération la distinction des espèces; mais qu’il n’en est pas de même en recourant aux particularités du système dentaire. On trouve en effet dans l’existence ou l’absence d’un tubercule au côté interne antérieur de l’arrière- molaire inférieure, un caractère distinctif d’autant meilleur, qu’il est en même temps sérial sous le rapport de la carnivorité ; mais comme il y a encore quelques variations assez étendues dans le talon de cette dent , la considération de la dent tuberculeuse ou de la dernière molaire de la mâchoire supérieure est d’un usage à la fois plus facile et plus certain.

Quant à la place de ce genre dans la série , on trouve ici la même difficulté que pour les deux autres grands genres de véritables Carnassiers , et par conséquent se présente de nouveau la question de savoir si la considération de la partie molaire du système dentaire doit l’emporter sur celle du système digital. Ayant déjà donné les raisons qui nous ont fait G. Carnassiers. 10

A l’extérieur des Oreilles.

Des Denis.

Molaires.

D’où

Distinction des Espèces.

Place du Genre.

donner la préférence à celui-ci , nous n’avons pas besoin d’y revenir pour démontrer pourquoi nous avons dû placer les Hyènes à la fin des Carnassiers, par conséquent finir par elles l’ordre des Secundcit'es.

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