‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologieChapitre 16 sur 171 · I.es Ratons · texte numérisé non relu

I.es Ratons

Le Kinkajou.

L Arctitis.

Sauf l’Australie , la Sud-Afrique et Madagascar , on peut dire que ce genre a , dans toutes les parties du monde , quelque espèce qui le représente, et même le Blaireau, qui en est le type, est encore un animal qui se trouve dans toutes les parties septentrionales surtout de l’Europe, de l’Asie et de l’Amérique.

Quant aux Petits-ours à longue queue non prenante, les Coatis et les Ratons n’existent que dans le nouveau monde ; mais ils sont représentés dans l’ancien , et seulement jusqu’ici dans l’Inde , par le Panda.

Les Petits-ours à queue longue et prenante, ou Caudivolves, existent aussi parle Kinkajou dans la Sud- Amérique, et par l’ Arctitis en Asie.

Il n’y a que l’Afrique qui ne nous a encore olfert aucune espèce de ce genre, du moins au delà de l’Atlas, car l’animal nommé quelquefois Blaireau du Cap n’appartient pas à ce genre , et le Blaireau proprement dit ne paraît exister que sur le versant septentrional de l’Atlas. Madagascar est dans le même cas, et toute l’Australie, c’est-à-dire l’archipel Indien et la Nouvelle-Hollande n’ont pas d’animaux de ce genre.

Des Mustelas.

En générai. Dans l’état de nos connaissances , au sujet de la distribution géographique actuelle des Mustelas à la surface de la terre , nous pouvons assurer que ce genre se trouve réparti dans tous les pays, sauf toujours la Nouvelle-Hollande et les îles de la mer du Sud.

On en connaît en effet aussi bien dans les pays chauds que dans les pays froids ; dans les vallées et sur le bord des rivières aussi bien que

dans les pays de montagnes jusque dans le voisinage des neiges perpétuelles.

Il y a cependant certains groupes d’espèces qui sont propres à des régions plus ou moins circonscrites.

C’est le nouveau continent qui me paraît réunir le plus de formes particulières de Mustelas, puisqu’il nourrit à la fois des Moufettes, des Putois , des Grisons , des Martes et des Loutres.

C’est au contraire la Nouvelle-Hollande qui en offre le moins, puisque aucune espèce ne s’y trouve.

Ainsi , il n’y a de véritables Moufettes ou de Putois plantigrades que dans l’Amérique, et cela sur les deux versants des Cordillières.

Les Gloutons peuvent, jusqu’à un certain point, les représenter dans le nord de l’Europe , où ils existent seulement.

Les Ratels et les Zorilles sont de la Sud-Afrique la plus avancée.

Les Mélogales , de l’Asie méridionale exclusivement.

Les Grisons , qui commencent les Martes proprement dites , sont exclusivement de l’Amérique méridionale.

La subdivision des Putois présente des espèces de toutes les parties du monde, plus cependant des contrées cliaudes que des contrées froides.

Les Martes , qui sont aussi d’Europe, d’Afrique, d’Asie et d’Amérique , sont au contraire plutôt des régions froides ; et l’on n’en connaît même pas encore de la Sud- Amérique. La collection d’anatomie comparée du Muséum possède cependant un crâne d’une espèce de ce genre envoyé par M. d’Orbigny, et probablement de l’Amérique méridionale.

Le Bassaris , espèce de Marte viverroïde , appartient exclusivement au nouveau continent, au Mexique , et semble y représenter, quoique incomplètement, le genre des Yiverras, qui manque entièrement en Amérique.

Quant aux Martes aquatiques ou Loutres, il s’en trouve également partout -, seulement certaines espèces bien distinctes sont limitées à des pays circonscrits.

En particulier.

Pour

les Moufettes.

Les Gloutons.

Les Ratels et Zorilles.

Les Mélogales.

Les Grisons.

Les Putois.

Les Martes.

Le Bassaris.

Les l.outres.

C ARN A SSI ERS ; V IV ERRAS.

Ainsi la grande Loutre marine est bornée au Kamstchatka et sur les rivages de l’Asie et de l’Amérique qui s’éloignent peu du détroit de ce nom.

Les Loutres sans ongles sont de l’Afrique australe.

Quant aux autres espèces plus ou moins voisines de notre Loutre d’Europe, il y en a une, la plus grande de toutes, la Saricovienne , de l'Amérique méridionale, et peut-être au delà; deux autres de l’Asie continentale et insulaire.

Il n’y a toujours que la Nouvelle-Hollande et Madagascar qui ne nous aient pas encore fourni de Loutres.

Des Viverras.

En générai. Toutes les espèces de ce groupe jusqu’ici connues appartiennent exclusivement à l’ancien continent, et, sauf une, des contrées chaudes de l’Europe , à l’Afrique et à l’Asie.

En particulier C’est évidemment en Afrique que l’on a reconnu le plus de formes distinctes appartenant à ce genre.

rour les La division des Ichneumons est , par exemple , presque exclusivement

Ichneumons. , „ . c . , . r ,, , , . , ,

propre a 1 Afrique dans les formes que 1 on a désignées sous les noms de Surikate, Cynictis , Lasiopus, Athïlax , de Vansire et de Crossarque; quant aux Ichneumons proprement dits , ils sont également de l’Asie et de l’Afrique, et même septentrionale.

LEupière. Madagascar a fourni dans cette division le singulier animal nommé Euplère par M. Doyere, et qui rappelle réellement une forme d’insectivore.

ces Par contre, la division des Viverras plantigrades et à longue queue

J’aradoxures. , * •, •• i

plus ou moins volubile, est peut-être entièrement asiatique , sous quelque forme dentaire quelle se présente ; aussi les Paradoxures proprement dits et les sections nommées Ambliodon , Payerna, Hémigale, Cynogale, Prionodonte , sont toutes de l’Asie continentale ou insulaire.

IJ n’y a peut - être que le singulier Cryploproctci de Bennett qui soit d’Afrique ou mieux de Madagascar.

Les Civettes se retrouvent , une espèce en Afrique, une en Asie et une autre à Madagascar, et meme cette dernière est-elle plutôt une Genette.

Celles-ci sont dans le même cas, une en Asie et une en Afrique; mais celle-ci s étend en Europe dans le périple de la Méditerranée, et un peu au delà , dans les provinces du sud-ouest de la France.

Des Felis.

Le genre des Felis, que l’on peut considérer comme le type le plus élevé du groupe des Carnassiers, celui dont l’action d’harmonie sur la création animale est la plus puissante, est aussi celui qui se trouve répandu de la manière la plus uniforme , ou mieux la moins inégale , à la surface de la terre; aussi trouve-t-on des espèces de ce genre dans toutes les parties du monde, si ce n’est à la Nouvelle-Hollande, dans tous les climats, à toutes les hauteurs; cependant en plus grand nombre dans la zone torride, mais dans les deux continents.

Certains groupes d’espèces, comme celui des Lynx, paraissent cependant appartenir aux régions froides, soit par latitude , soit par altitude ou élévation au-dessus du niveau de la mer.

L’Europe ne possède que le Chat sauvage et deux espèces ou variétés de Lynx.

L Afrique, beaucoup plus riche en espèces de ce genre, nourrit le Lion, la Panthère, le Serval, le Caracal, le Chat botté, le Chat ganté, qui se trouvent aussi dans l’Inde, et de plus, le Chat du cap de Bonne- Espérance , qui lui est propre.

L’Asie, outre les six ou sept espèces qui lui sont communes avec 1 Afrique , possède en propre le Tigre , qui appartient à sa partie la plus élevée, ainsi que les F. Javanensis et les R. vivericeps.

L Amérique méridionale surtout présente huit espèces de ce genre, dont aucune ne peut être identique avec une espèce de l’ancien continent. Ce sont , parmi les espèces unicolores , les F. concolor ou Couguar et le G. Carnassiers. 11

Les Civettes.

En général.

En Europe.

En Afrique.

En Asie.

En Sud- Amèrique.

En Afrique.

Mégalotis.

Cynohyœna.

Jaguaroudi ; parmi les espèces à taches ocellées, le F. onçci ou Jaguar, qui représente très-bien la Panthère de l’ancien continent ; parmi les plus petites espèces, les F.pardcilis, mitis ou Chatï, le Margay, ou F. tigrina , le F. pajeros , et enfin , parmi les Lynx , le F. canadensis , et plusieurs autres espèces bien voisines et peut-être même nominales.

En sorte que l’assertion de Buffon , qu’aucune espèce de mammifère de l’ancien continent ne se trouve dans l’Amérique du sud, peut être , pour les Felis, étendue à toute l’Amérique; ce qui ne laisse pas que d’être un fait extrêmement remarquable.

Des Canis.

La distribution géographique des espèces actuellement vivantes du genre Canis est bien plus difficile à apprécier d’une manière un peu satisfaisante , d’abord parce que la distinction des espèces est bien moins facile que dans le genre précédent, et surtout parce qu’une espèce au moins, et dont la souche sauvage n’est pas encore complètement assurée, s’est trouvée partout où l’homme existait , et dont elle semble être le parasite utile et d’association. En faisant cependant abstraction du Chien domestique; on sait que ce genre est véritablement ubiquiste, habitant les climats chauds comme les climats froids, mais surtout ceuxci , dans les régions polaires les plus avancées aussi bien au nord qu’au sud; les pays de plaine, cependant, plus que les pays montueux, mais avec des degrés d’abondance ou de rareté pour lesquels 1 espèce humaine n’a pas été sans influence très-appréciable.

Toutefois, il est encore digne de remarque que c’est 1 Afrique qui possède le plus de formes particulières de Canis; ainsi le C. megalotis , dont le système dentaire est si singulier, qu’on a cru devoir en former un genre distinct sous ce dernier nom; l’espèce qui est dépourvue de pouce aux pieds de devant comme à ceux de derrière , ce qui l’a fait nommer Cynohyœna ; cette autre, dont les oreilles sont si grandes et les ongles si aigus, le Fennec, se trouvent exclusivement en Afrique; et de plus,

communément des Chacals, des Renards et même des Loups, qui semblent cependant rester plus septentrionaux.

L’Asie , avec des Renards , des Loups et des Chacals , possède quelques En Asie, formes nouvelles , et entre autres celle qui n’a que six dents aux deux mâchoires, ou le C. primœvus de M. Hogdson.

L’Amérique, à ses deux extrémités septentrionale et méridionale, ne En Amérique, nourrit que des Loups et des Renards , au nombre desquels il faut compter très-probablement, du moins pour la Nord-Amérique , le Loup et le Renard ordinaires, mais en outre plusieurs espèces nouvelles, comme les C. mexicanus, antarcticus, Azarœ au sud, et le Canis Lycaon, Virginianus, decussatus , nubilus , latrans , au nord.

De toutes ces espèces l’Europe n’en a encore offert que trois ou quatre, En Europe, le C. Lupus, V ulpes , Melanogaster (i), bien plus abondants au nord qu’au sud , au point que le loup manque en Sardaigne et le Chacal ,

C. aureus, dans la partie orientale et méridionale, seulement.

Enfin la Nouvelle-Hollande n’a encore présenté aux voyageurs qui EnNouveiiel’ont visitée, et même seulement à letat domestique, qu’un Chien, que HolIande- Blumenbach a nommé C. Dingo , et dont la souche pourrait bien habiter le versant méridional des Himalayas.

Madagascar est encore une partie de la terre dans laquelle on n’a pas a Madagascar, encore trouvé d’espèce de ce genre, du moins à l’état sauvage. Il semble même que les espèces de Canis sont en général plus continentales qu’insulaires, de même quelles sont plutôt polaires ou des contrées froides, qu’intertropicales ou des pays chauds.

Quant aux espèces dont la patrie est évidemment le plus répandue, ce sont : le Loup, Je Renard, à l’occident, et le Chacal, à l’orient.

Des Hyènes.

Les espèces du genre Hyène, il est vrai beaucoup moins nombreuses, En générai.

(1) Il est douteux que cette espèce, établie parM. Charles Bonaparte, dans $a Faune d’Italie, diffère réellement du Renard commun.

D'Afrique.

Des Changements dans la distribution des Espèces.

qu’on y comprenne ou non ces fausses Hyènes que l’on a découvertes dans ces derniers temps , et qu’on a nommées H. Viverroïde et H. peinte, offrant encore des formes animales assez particulières pour qu’on en ait fait autant de genres distincts; toutes sont encore des productions de l’Afrique, et une seule , l’Hyène rayée, l’Hyène commune, se retrouve en Asie, mais seulement dans l’Asie continentale.

Ainsi les Hyènes sont aujourd’hui exclusivement des animaux de l’ancien continent, et dont on ne connaît pas même le moindre équivalent dans le nouveau.

11 est aussi à remarquer que les deux ou trois espèces d’Hyènes connues , ne se trouvent que dans la partie continentale et centrale de l’ancien monde , que composent l’Afrique tout entière, l’Asie occidentale, jusque dans le Dekan, où M. Sikes nous apprend qu’on les apprivoise comme des Chiens. L’Europe orientale même, c’est-à-dire la Grèce, la Turquie d’Europe, ne paraissent pas nourrir d’Hyènes aujourd’hui, quoiqu’on y trouve encore le Chacal , qui semble l’accompagner partout.

En terminant ce chapitre sur la distribution actuelle des espèces de Carnassiers à la surface de la terre, nous devons faire l’observation importante que depuis les temps historiques nous connaissons des changements plus ou moins étendus que cette distribution a éprouvés, et qui sont le résultat d’une action plus ou moins immédiate de la part de l’espèce humaine ; en effet, des animaux de cet ordre ont abandonné certains pays, soit que les conditions d’existence n’y existassent plus pour eux, soit parce qu’eux- mêmes ont été le sujet de chasses, de poursuites, qui ont fini par détruire certaines espèces, ou les refouler dans des contrées nouvelles , après avoir quitté celle quelles habitaient.

La science possède en effet des preuves que les Phoques, et surtout certaines espèces des mers du sud , non-seulement sont devenus beaucoup moins abondants depuis les expéditions nombreuses de pêche que les Nord- Américains, les Anglais et les Français ont envoyées dans ces parages , mais qu’ils ont abandonné certaines localités plus au nord , et où ils trouvaient les dispositions les plus favorables à leur existence ,

pour se retirer plus au sud. On doit peut-être en dire autant du Phoque commun en Europe , et du Phoque moine de la Méditerranée.

Le premier s’est en effet de plus en plus retiré vers le nord , abandonnant nos rivages de la Manche et de l’Océan , tandis que le second n’existe plus que sur quelques points de l’Adriatique , et semble s’être réfugié dans la mer TNoire.

Il en est de même pour l'Ours commun d’Europe , qui , par suite des Pour les Ours, embûches continuelles auxquelles il est exposé , n’existe plus que dans les parties les plus inaccessibles de nos Alpes et de nos Pyrénées , et qui existait dans toutes nos montagnes européennes un peu élevées , et depuis les temps historiques, comme objet de chasse chez les Grecs, les Romains, et les peuples de l’Europe, jusque vers le XVe siècle.

Les petites espèces de Carnassiers, comme les Blaireaux, et surtout les Martes, les Fouines, les Belettes, les Putois et les Hermines, ayant pu échapper à l’action de l’homme par la facilité qu’ils ont de se cacher et de trouver aisément leur principale condition d’existence , étaient sans doute réparties à peu près comme elles l’ont toujours été. Mais il n’en est pas de même des grands Carnassiers des genres Felis , Canis et Hyœnci.

Pour les Hyènes, nous n’avons pas de preuves historiques de leur ancienne extension au delà de ce quelles en ont aujourd’hui.

11 n’en est pas de même des Lions et même des Panthères , sur les- pour ies Li()ns quels les anciens auteurs grecs , poètes , mythographes , historiens de et

, il les Panthères.

1 homme ou de la nature , nous ont laissé des preuves indubitables de leur existence dans les parties orientales et méridionales d’Europe.

Et même pour le Loup nous avons la date certaine de l’époque à pour les coups, laquelle il a disparu de l’Angleterre.

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