‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologieChapitre 24 sur 171 · SÉRIE · texte numérisé non relu

SÉRIE

STËRNÉBRALK.

moins les deux premières, par la disposition un peu élargie de leurs apophyses transverses; car les autres deviennent subtétragonales, courtes, et décroissent peu rapidement jusqu’à la dernière. Aucune des dix n’a du reste ni arc ni apophyse épineuse, ni même d’os en V (i).

La série sternébrale est assez bien comme chez les autres genres de Carnassiers, seulement un peu plus courte.

Hyoïde.

Ses cornes.

L’hyoïde a son corps en petite barre transverse presque droite , ses cornes antérieures médiocres , formées de trois articles assez épais , croissant du premier au dernier, un peu claviforme , et les postérieurs simples et assez grêles.

Stornèbres, 9.

Le sternum est composé de neuf sternebres, comme dans tous les Carnassiers, mais en général assez courtes et robustes. Le manubrium est obtus, comme tronqué en avant sans prolong ment cartilagineux. Les intermédiaires sont épaisses, assez comprimées latéralement, décroissant un peu en longueur pour augmenter en largeur de la première à la pénultième , la dernière étant fort courte , presque cubique.

Le xiphoïde est aussi assez court, étroit, conique, médiocrement dilaté ou spatulé à sa terminaison.

Côtes, 14.

Les côtes, au nombre de quatorze , dont neuf vraies et cinq fausses,

(1) C’est à fort que M. G. Cuvier ne donne aux Ours ordinaires que six vertèbres coccygiennes, ne dépassant pas la symphyse pubienne; je n’en ai jamais trouvé moins de neuf, quand la queue était complète , ce qui est en effet assez rare , par défaut de préparation ; et elle dépasse toujours le bord postérieur du bassin.

sont généralement longues, et bien plus que clans les autres grands Carnassiers. Elles croissent en longueur de la première à la neuvième pour décroître -ensuite, cependant sans que la dernière soit aussi courte que la première. Toutes sont en général comprimées, surtout supérieurement, moins cependant que celles des Félis, leur bord antérieur savançant assez sur la gouttière de leur bord , et leur gracilité augmentant de la première à la dernière.

Les cornes ou cartilages sternaux , croissant assez régulièrement en longueur du premier au dernier ou dixième , sont du reste assez grêles, sauf le premier qui est notablement plus dilaté.

Le thorax de l’Ours est grand , assez large , c’est-à-dire moins comprimé que dans les autres Carnassiers, mais peut-être aussi moins allongé.

Les membres en général sont robustes, assez courts , sub-égaux , ceux de devant cependant peut - être un peu plus longs , mais assez peu distants ou éloignés entre eux , et se fléchissant presqu a angle droit au carpe et au tarse.

Les antérieurs sont surtout remarquables par leur grande force.

L’omoplate est en effet aisément caractérisée par son grand développement aussi bien en largeur qu’en hauteur , et par sa forme presque parallélogrammique. Le bord dorsal est en effet très-large, arrondi à ses deux angles, le bord céphalique est au moins aussi long, presque droit, s’arrondissant en se dilatant largement vers son extrémité humérale ; le postérieur le plus court, excavé dans sa moitié glénoïdale, élargi vers son angle dorsal par une sorte d’appendice quadrilatère assez saillant. La face scapulaire externe est complètement séparée par une crête oblique, prolongée en une apophyse acromion assez large , arrondie et dépassant de beaucoup l’angle articulaire , en deux fosses sub-égales et élargies , l’antérieure par l’arrondissement du bord céphalique , la postérieure par l’appendice de son angle dorsal , que limite une sous-crête marginale. Quant à la cavité glénoïde, elle est fort grande, ovale, allongée, sans apophyse coracoïde , ni rétrécissement colliforme un peu marqué.

Cornes , 9.

Thorax.

Des Membres.

En général.

En particulier

antérieurs.

Clavicule, 0.

Humérus.

Inférieurement.

Avant-bras.

Radius.

Supérieure

Il n’y a aucun rudiment de clavicule , pas même suspendue dans les chairs , comme nous en verrons cependant chez plusieurs genres de Carnassiers moins élevés.

L’humérus, gros et robuste, est assez court, car sa longueur ne dépasse pas celle des onze premières vertèbres dorsales; sa tête est fort large, arrondie , sub-sessile , ou sans col bien marqué , à l’extrémité de l’arqure du corps de l’os. Au même niveau qu elle, sont les deux tubérosités fort épaisses, fort larges, surtout l’externe, arrondie à son bord supérieur, etséparées l’une de l’autre par une gouttière bicipitale large et profonde.

Le corps de l’os, assez arqué en avant, est sub-triquètre dans sa partie supérieure par la disposition d’une large surface plane , triangulaire , à bords saillants , occupant les deux tiers de sa longueur , et constituant une énorme empreinte deltoïdienne , dont la crête se prolonge bien au delà de la jonction des deux bords aux trois quarts de l’os.

L’extrémité inférieure de l’humérus est assez large et même aplatie; sa tubérosité interne est très-épaisse , mais non percée (i) ; l’externe est assez remontante et élargie en une sorte de crête arrondie , recourbée en avant. La cavité olécranienne est oblique et rendue très-profonde parla saillie du bord postérieur de la tubérosité externe , et l’extrémité articulaire fort large présente une double poulie formée par trois saillies séparées par deux gorges ou cavités fort peu marquées, en sorte qu’on a pu dire que la poulie est presque unie en portion de cylindre.

L’avant-bras n’est pas tout à fait aussi long que l’humérus, au contraire de ce qui a lieu chez les autres grands Carnassiers , outre qu’il est en général bien plus robuste que chez eux.

Le radius est surtout épais et tourmenté. Sa tête est sub-arrondie, élargie en bilboquet à bords épais et ronds, avec une saillie remontante de son bord antérieur bien prononcée. De là le corps de l’os, après une surface étendue d’articulation avec le cubitus, se courbe un peu, s’é-

(1) M. G. Cuvier dit à tort que c’est pour le passage de l'artère radiale, t. II , p. 284; car c’est pour celui de l’artère brachiale et du nerf médian.

largit assez fortement devenant presque tranchant sur ses bords, et se termine par une surface articulaire ovale , limitée en dedans par une inférieurement, sorte de malléole élargie assez saillante , et en dehors par une surface de contact avec le cubitus de forme presque ronde. La face dorsale de l’os est en outre creusée de deux gouttières peu profondes , dont celle de l’extenseur commun est assez interne.

Le cubitus est moins robuste proportionnellement que le radius. Son cubitus, extrémité supérieure offre une apophyse olécrane oblique très-courte , Sl'^“',irc'

quoique fort large et épaisse à son extrémité interne, un peu recourbée en dedans ; une cavité articulaire humérale en oo de chiffre oblique fort étendue , et une cavité sigmoïde transverse presque externe. Le corps de l’os est du reste épais , un peu arqué , à peine légèrement excavé au bord postérieur , et la tête par laquelle il se termine inférieure- inférieurement ment est prolongée en une apophyse odontoïde épaisse et arrondie.

La main , en totalité , est bien plus courte que l’avant-bras; mais elle La Main

, . en totalité.

est large et robuste.

Le carpe n’offre à la première rangée qu’un scaphoïde très -épais, os du carpe, large et arrondi en arrière, pourvu en dedans et en dessous d’une apophyse considérable , remplaçant probablement le sésamoïde du radial antérieur, et creusé en avant de trois échancrures articulaires profondes; un triquètre ou cunéiforme trapézoïde assez mince , ayant à son côté Triquètre. externe une large excavation pour contribuer à la formation de la cavité digitale articulaire du cubitus, complétée par un pisiforme considérable Pisiforme, allongé et en forme de petit calcanéum.

La seconde rangée est complète. Le trapèze comprimé , multiangu- 2« rangée, leux, un peu plus grand que le trapézoïde cunéiforme; celui-ci plus que TJgp^ie le grand os triangulaire, très-comprimé, pourvu au côté interne de deux Graud osfacettes à peine séparées pour l’articulation du métacarpien de l’index ( i ) ,

(1) Par inadvertance sans doute, M. G. Cuvier a commis ici une erreur analogue à celle qu’il avait relevée si justement dans Rosenmuller, c’est-à-dire qu’il a figuré PI. XXVI, fig. 6 et 7, tom. VI, de ses Ossements fossiles, un grand os de Lion pour celui d’un Ours; et cela en indi-

CARNASSIERS; URSüS.

Unci forme.

Os du Métacarpe.

En général.

Les extrêmes.

T.e premier.

Le cinquième.

Intermédiai¬

res.

premières.

secondes.

troisièmes ou Onguéales.

et le plus petit de tous, du moins à la face dorsale, car à la face palmaire il est assez élargi, moins cependant que l’unciforme analogue du cuboïde au pied , également le plus considérable de la rangée , et offrant cinq larges facettes articulaires, mais sans apophyse inférieure.

Les os du métacarpe, presque tout à fait droits, sont en général remarquables par leur force , leur longueur médiocre et subégale , l'étendue de leurs extrémités articulaires, plates, étroites et épaisses, avec le carpe, en tète arrondie et subcarinée en dessous avec les phalanges. Les extrêmes dont le premier est le plus court et le plus grêle, tandis que le cinquième est presque le plus long et le plus épais, n’ont que deux facettes articulaires, l’une terminale, l’autre latérale bien plus petite, leur côté libre étant tubériforme, surtout et échancréeà l’externe. Quant aux trois intermédiaires dont celui du quatrième doigt est le plus long et le plus fort, celui du second doigt à peine plus petit que le médian, leur tête carpienne large et très-comprimée, est marquée d’au moins trois facettes d’articulation , les latérales étant souvent partagées en deux par une fosse d’insertion ligamenteuse, et les terminales obliques et un peu en gouttière.

Les phalanges sont encore proportionnellement plus courtes que les métacarpiens , les premières d’un tiers plus longues cependant que les secondes; du reste, les unes et les autres fort robustes, épaisses, avec leur engrènement articulaire très-prononcé; celles-ci bien plus subégales que les premières, aplaties et comme relevées en dessus, sont parfaitement symétriques dans leurs deux côtés : aussi, les troisièmes ou onguéales sont-elles assez peu comprimées à leur gaine radiculaire assez épaisse et saillante au bord inférieur, au contraire du supérieur un peu abattu; de plus, leur pointe assez peu arquée, quoique assez comprimée, est bien plus longue que la gaine.

quant cependant la particularité distinctive du grand os du Lion : une excavation arrondie pour la partie inférieure de la facette d’articulation avec le métacarpien de l’indicateur, séparée de la supérieure par une fosse ligamenteuse profonde.

INous avons déjà fait l’observation que les membres postérieurs de Des Membres l’Ours d’Europe sont peut-être un peu plus courts que les antérieurs ; postérieur*mais certainement ils sont plus grêles ou moins robustes.

L os innominé ou le demi-bassin est même fort remarquable sous ce Os innommé, rapport et en ce qu’il n’est pas tout à fait parallèle à l’axe vertébral.

L’iléon est assez court, mais large et épais, solidement articulé avec les iléon, deux premières vertèbres sacrées, ayant son épine antérieure et supérieure très-épaisse; aussi tout son bord évasé se déjette fortement en dehors, formant ainsi une fosse iliaque externe assez profonde. Le pubis est éga- rubis lement remarquable par l’étendue et la largeur de sa symphyse et enfin liskion est assez court, mais fortement élargi en arrière, de ma- îskion. nière à constituer avec le pubis un trou obturateur grand et arrondi.

La tubérosité iskiatique est du reste large et assez épaisse.

La cavité cotyloïde formée par la réunion de ces trois os est ronde, cavité profonde, et largement échancrée postérieurement. coty,oïde'

Enfin le bassin lui-même considéré en totalité est large, grand et Bassin, allongé; son détroit supérieur assez oblique; le détroit moyen également considérable, arrondi ainsi que le postérieur.

Le fémur est le plus long de tous les os de l’Ours brun; notablement Fémur, plus que 1 humérus, mais également bien plus grêle; presque tout à fait dioit dans son corps qui est en outre sensiblement comprimé, sa tête supérieuresupérieure est bien arrondie, creusée d’une fossette d’attache du ligament me,u' rond, peu profonde, mais bien évidente (i), portée sur un col long et oblique; le trochanter externe est assez fort, mais moins élevé que la tête ; 1 interne au contraire très-petit ; le premier marginal et contribuant ainsi à l’élargissement de l’os, fort notable en cet endroit. L’extrémité i„«rie»r«,eni . inférieure prend au contraire une épaisseur assez considérable, moindre cependant de moitié environ que la largeur; ses condyles assez inégaux, 1 interne descendant beaucoup plus que l’externe, sont séparés

(1) C est donc à tort que M. G. Cuvier, dans son Ostéographie des Carnassiers ( Ossem . foss., p. 287) , a dit que la tète du fémur de l’Ours n’a pas de fossette pour le ligament rond.

G. Ursus.

Os de la jambe.

Kn général.

Tibia.

Péroné.

Inférieurement

Os du Pied.

du Tarse.

Astragale.

Calcanéum.

Scaphoïde.

en arrière par une entaille carrée profonde et en avant par une fosse rotulienne assez large et excavée, obliquement remontante.

Les os de la jambe , plus courts que le fémur de plus d’un quart et à peine plus longs que ceux de l’avant-bras , sont aussi assez robustes et plus que dans aucun autre grand carnassier.

Le tibia presque droit, triquètre dans son corps , est très-large à sa tète supérieure, avec une crête fort épaisse, fort saillante, descendant obliquement jusque vers la moitié de sa longueur. L’extrémité inférieure est également assez large, épaisse, pourvue d’une malléole assez saillante , d’un espace de connexion péronienne assez étendu et d’une large surface articulaire en contre-poulie assez oblique et peu profonde.

Le péroné très-comprimé, au point detre tranchant sur ses deux bords, est fortement élargi supérieurement et surtout inférieurement, où il constitue une malléole externe très-saillante.

Le pied ressemble beaucoup à la main dans sa grandeur, les proportions de ses parties , et même assez bien dans leurs formes.

Le tarse fort court est formé d’un astragale aussi large que long, sans l’apophyse calcanéenne , aplati et dont la poulie supérieure est assez profonde , oblique en dehors , et inégale , la gouttière au tiers interne ; la face inférieure concave à ses deux facettes articulaires sub-égales, l’externe plus large et plus ovale, et l’apophyse antérieure en tête ovale, transverse , arrondie , portée sur un col fort court.

Le calcanéum, également peu allongé, est au contraire robuste et épais, non-seulement dans son corps fortement élargi en dessus et en avant par deux auricules apophysaires, l’externe arrondie et plus large, l’interne plus saillante, et portant une facette articulaire pour l’astragale; mais même dans son apophyse épaisse en tous sens presque cubique et même peu ou point relevée à sa terminaison.

Le scaphoïde est assez étendu et triangulaire, mince et surtout peu élevé à son bord inférieur, et même assez semblable à celui de l’homme ; les trois iacetles de son extrémité antérieure étant larges et bien distinctes, surtout les deux externes.

Le cuboïde est dans Je même cas, c’est-à-dire qu’il a quelque ressemblance avec celui de l’homme; il est cependant moins cubique, plus comprimé , et son bord externe présente une apophyse comprimée entre deux échancrures. Des trois cunéiformes le second est le plus petit ressemblant beaucoup au trapézoïde de la main, le premier le plus comprimé et le troisième est presque cubique, plus épais cependant que large.

Les métatarsiens et même les phalanges du pied de l’Ours brun sont si semblables aux métacarpiens et aux phalanges des mains, qu’il est très-difficile autrement que par une iconographie détaillée d’en faire sentir la différence. On remarque cependant que les métatarsiens sont en général un peu plus grêles, plus longs et un peu plus arqués que les métacarpiens, qu’ils ont surtout leur tête tarsienne un peu plus comprimée ou plus épaisse de haut en bas, et principalement moins excavée en gouttière à leur surface articulaire tarsienne.

Quant aux phalanges qui sont aussi proportionnellement un peu moins épaisses, les onguéales seules sont susceptibles detre aisément distinguées de celles des mains, par plus de brièveté dans la pointe qui les termine.

Les différences que les espèces d’Ours présentent sous le rapport du squelette ne sont pas considérables et ne portent guère que sur des nuances de formes et très-rarement sur le nombre des os.

Lela est du moins certain pour toutes les variétés ou espèces que plusieurs zoologistes ont cru devoir distinguer en Europe. Nous n’avons en effet trouvé dans les squelettes de l’Ours noir d’Europe, de l’Ours de Norwége, dans ceux de l’Ours de Pologne, des Alpes, des Pyrénées, des Asturies que nous avons examinés, aucunes différences qui puissent s élever au-dessus de celles que peuvent présenter des individus de sexe ou d’âge différents , ou qui ont vécu dans des circonstances plus ou moins favorables.

M. G. Cuvier , dans sa dissertation sur les Ours vivants ( Ossements fossiles , t. IV, p. 3i5, 2e édition), donne cependant comme différences

Cuboïde.

Cunéiformes.

Du Pied.

Métatarsiens.

Phalanges.

Des différences sur les espèces.

Dans l'Ours noir et l’Ours brun d’Europe.

{U. Àrclos.)

CARNASSIERS; U HS US.

ostéologiqucs , entre l’Ours brun et l’Ours noir d Europe, que dans le premier le front est bombé dans les deux sens longitudinal et transversal , tandis que dans le second il est aplati et même excavé transversalement ; et que dans l’un la crête sagittale ne commence qu auprès de la crête occipitale , tandis que dans l’autre elle commence beaucoup plus tôt par la réunion des arêtes limites des fosses temporales. Mais ces différences, quand même elles auraient été trouvées trauchées dans un assez grand nombre d’individus, ne peuvent certainement pas être considérées comme spécifiques. En sorte que, s’il est certain, comme le dit M . G . Cuvier, qu’il a observé le front arrondi chez des individus de sexe et d’âge différents de l’Ours brun, ce ne serait alors qu’une différence individuelle.

chez tours L’Ours noir d’Amérique qui , de l’aveu de tous les zoologistes , est, riquc depuis Pallas, considéré comme une espèce distincte, montre en effet

( l . America- plusieurs différences ostéologiques évidentes et assez faciles à reconnaître.

Ce n’est cependant pas dans le nombre des os du squelette , car il est absolument le même , mais bien dans la forme et la proportion de cera u iéte. taines parties : ainsi la tète est en général plus petite et surtout plus courte par plus de brièveté de la face et des mâchoires ; le front est bombé dans les deux sens (i), assez peu cependant en traversai ce n’est dans la femelle et à un certain âge du mâle; le chanfrein s’arquant assez bien tout d’une venue de l’occiput vers le milieu des os nasaux, qui se relèvent un peu vers leur extrémité bilobée également , le lobe moyen arrondi et plus saillant. La crête sagittale s’avance assez loin pour atteindre les arêtes de limite des fosses temporales. L’arcade zygomatique est notablement moins arquée en haut et en dehors; mais ce qui me semble bien plus caractéristique, c’est la forme plus relevée et plus saillante

(1) Dans les neuf têtes de cette espèce que j’ai étudiées, et qui existent dans notre collection , .

j’ai cru remarquer, comme pour l’Z7. Arctos , que le mâle adulte a le front plus plat, et par conséquent moins bombé transversalement que la femelle et que le mâle jeune; et je n ai pas besoin d’ajouter que cette différence tient principalement au moindre développement des crêtes temporales et de l’apophyse orbitaire.

de l’apophyse orbitaire, plus rapprochée de celle du jugal, également aussi un peu plus saillante, et encore mieux la forme plus arrondie, plus courte et plus portée sous le canal auditif externe de l’apophyse mastoïde. Le crochet de l’apophyse ptérygoïde interne est aussi plus vertical , triangulaire et non recourbé en arrière. Mais l’Ours polaire , blanc ou maritime , car on lui donne l’un ou l’autre de ces noms, présente des différences beaucoup plus sensibles et dans un bien plus grand nombre de parties du squelette, du moins en le comparant avec notre Ours d’Europe ; car avec l’Ours noir d’Amérique , il y a plus de rapports surtout dans la tête.

Au nombre des caractères distinctifs que donne M. G. Cuvier ( t. 1Y, p. 332 ),de la tête de l’Ours blanc polaire, je suis obligé d’en restreindre plusieurs. Bien certainement l’occiput est beaucoup plus large que haut de près de moitié, et la crête sagittale commence dans les animaux vigoureux et bien adultes à peu de distance des apophyses orbitaires, et, par conséquent, bien avant la jonction des frontaux et de6 pariétaux; enfin , le sillon longitudinal qui règne sur le milieu de la face, depuis l’entre-deux des tempes jusqu’au bout du museau , existe bien dans l’exemplaire, assez petit du reste, observé par M. Cuvier, mais ne se trouve dans aucun des autres crânes de la collection. Ce n’est donc qu’une particularité individuelle.

Cependant la tête , en totalité, est plus allongée, plus étroite, quoique le museau soit encore assez court. En effet, la distance du bord nasal au bord orbitaire est un peu plus du quart de la longueur totale jusqu a la crête occipitale; tandis que dans l’Ours d’Europe, noir ou brun, elle est seulement du tiers ; aussi l’arcade zygomatique est-elle plus longue et même un peu plus étroite et plus droite , en avant surtout , que dans l’Ours d’Europe. Les apophyses post-orbitaires du frontal sont peut-être un peu moins saillantes, mais certainement plus larges et plus arrondies. L’apophyse orbitaire du jugal est aussi plus large et comme bifide. L’ouverture naso-palatine est plus étroite que dans les autres espèces ; mais, en outre, son bord est presqu’au milieu de la longueur basilaire

de la tête , au lieu d’être bien au delà en arrière , comme dans les Ours d’Europe, noir ou brun ; aussi le palais est-il notablement moins allongé. L’apophyse mastoïdienne est plus courte, mais plus épaisse, au contraire de celle de l’occipital latéral qui est même excavée pour le sinus veineux. Enfin, si dans certains individus la ligne médio-dorsale ou le chanfrein total de la tête est , en général, plus doucement arrondi que dans les autres espèces , cela est bien moins marqué , lorsque les crêtes sagittale et occipitale ont tout leur développement , et alors l’espace frontal inter-orbitaire est plus large peut-être et même plus excavé que dans le crâne de l’Ours noir d’Europe de Daubenton.

Parmi les six têtes d’Ours blanc que j’ai examinées, une seule nous est connue sous le rapport du sexe , qui est femelle. Aussi est-elle bien moins forte et moins accentuée que nos plus grandes que je suppose provenir d’individus mâles.

a la mâchoire Quant à la mandibule , quoique plus droite et plus étroite peut-être

inférieure. , , . , ,, ,

que dans les autres especes, elle est réellement moins courte, proportionnellement à la longueur totale de la tête , puisqu’elle est dans la proportion de i : 2 j au lieu de 1 : 3 comme dans l’Ours noir, et de 1 : 3 ^ comme dans l’Ours brun de Pologne. a 1 os hyoïde. L’os hyoïde est composé du même nombre de pièces que celui de l’Ours d’Europe; mais elles sont toutes plus larges et bien plus aplaties; des trois de la grande corne, la plus longue est celle du milieu , et la plus courte la seconde; et celle qui forme la corne postérieure égale la troisième de l’antérieure , mais elle est bien plus large.

Dans le reste Le reste du squelette de l’Ours blanc présente aussi quelques points Ainronc. différents. Ainsi le nombre total des vertèbres serait de quarante -sept ;

mais il n’y aurait que treize vertèbres dorsales et six lombaires. L’augmentation porterait principalement sur les sacrées , qui seraient de sept, suivant Cuvier , et sur les coccygiennes , au nombre de onze ; mais je crois qu’il y a erreur pour ces deux derniers nombres. Le sacrum n’est certainement formé que de cinq vertèbres comme dans les autres espèces, et la queue de l’Ours d’Europe, complète dans l'individu pro-

venant des Asturies, en a au moins, neuf. Quant aux sternèbres, leur nombre et leur forme sont comme dans les Ours ordinaires.

Dans les membres, M. G. Cuvier admet que l’omoplate est moins large à proportion que dans les Ours bruns, et surtout que dans l’Ours noir; mais la différence est si faible , et le nombre des omoplates comparées si petit , que cette différence , si elle existe , pourrait bien n’être qu’individuelle.

Le même raisonnement me semble applicable aux autres différences indiquées par le même M. Cuvier , à l’humérus plus large et plurâplati d’avant en arrière à son extrémité inférieure , au radius plus arrondi en avant, et plus plat inférieurement que dans les autres espèces, au bassin moins élargi et moins excavé, à la face externe ; tout cela peut très-bien provenir de lage , du sexe et même de la force des individus observés. En effet, M. Cuvier qui, au sujet de la tête d’Ours blanc, n’avait à sa disposition qu’un squelette provenant de cet animal , a pu dire que dans cette espèce elle égalait tout au plus en grandeur celle de l’Ours noir ; mais depuis ce temps nous avons pu nous en procurer qui la surpasse presque d’un cinquième , ce qui est en rapport avec ce que l’on savait de différence de grandeur des deux espèces vivantes.

Mais si , même chez les Ours noir d’Amérique et blanc polaire , qui sont cependant des espèces bien distinctes, nous avons à peine pu trouver des différences ostéologiques assez marquées pour être exprimées d’une manière suffisante, autrement que par l’iconographie, il n’en est pas de même pour les espèces descendantes, faisant le passage vers les Petits-Ours.

Dans les deux espèces de l’Asie, du continent ou de l’archipel Indien, U. labiatus (i) et U. malayanus , les seules dont je connaisse le sque-

(1) J’ai vu de cette espèce deux squelettes; l’un d’un individu mâle adulte, envoyé de l’Inde par M. Duvaucel , en 1825 ; et l’autre, d’un individu femelle, mort à la ménagerie en 1825; plus une tête très-jeune , rapportée par M. Leschenault , en 1822 ; une autre, moins jeune , envoyée par M. Duvaucel, et provenant du Thibet.

Aux Membres.

Omoplate .

Humérus.

Dans l'Ours à grandes lèvres. ( £/. labiatus).

lette, ou du moins les crânes, nous allons cependant trouver quelque chose de plus que de simples modifications de forme et de proportions.

a la tête Dans le premier , par exemple , l’Ours à grandes lèvres ou paresseux , dont notre ménagerie doit plusieurs individus vivants à M. Dussumier, et dont nous avons un squelette et plusieurs crânes ; nous devons signaler dans ceux-ci la forme du chanfrein très-élevé au haut du front (jui, du reste, est assez convexe en travers, et assez rapidement déclive, plus en avant cependant qu’en arrière , et le plus grand élargissement du crâne au-dessus du conduit auditif externe , et non au front , du reste assez bombé en travers, mais presque sans apophyse orbitaire externe ; la plus grande élévation des os du nez entre les frontaux ; la a la mâchoire forme arrondie des apophyses mastoïdes du temporal , à peine plus ope n me jongUes que ce]ies Je l’occipital ; la brièveté et la forme un peu arrondie du crochet vertical de l’apophyse ptérygoïde interne, la grandeur delà lame horizontale de l’os palatin , assez excavée du reste et qui occupe autant d’espace dans le palais que le maxillaire, ainsique la forme large , très-surbaissée et transverse de l’ouverture palatine ; la forme peu arquée et même comme aplatie en avant de l’arcade zygomatique ; la forme a la mâchoire générale de la mandibule large, haute, fortement sinueuse à son bord m u u »re. |nfér|eurj dont l’apophyse angulaire est très-élevée , et dont la symphyse, singulièrement longue et oblique, commence par une apophyse geni assez marquée.

Aux autres Les autres parties du squelette de Y U. labiatus n’offrent pas autant squelette" de différences un peu importantes que la tète. Cependant le nombre

Au tronc. des vertèbres dorsales est certainement de quinze, aussi n’y a-t-il que

cinq lombaires, avec six sacrées et neuf coccygiennes fort effilées. Le vertèbres nombre des sternèbres est cependant de neuf comme à l’ordinaire , dont la première sans prolongement cartilagineux, et la dernière fort longue avec appendice zyphoïde spatulé; mais les côtes sont au nombre de quinze, dont neuf sternales, et toutes en général bien plus épaisses et plus fortes que dans les autres espèces.

La proportion des membres et de leurs parties est aussi un peu différente. Mais c’est ce que l’Iconographie seule peut montrer.

La forme générale de la tête , la seule partie que nous connaissions du squelette de l’Ours malais, est presque celle d’un Félis, tant elle est large et courte dans ses deux parties, mais surtout pour la face, dont la longueur est à la longueur totale comme i : 4 2 /3; son chanfrein est aussi singulièrement homhé, arrondi dune manière égale depuis la nuque jusqu’à l’extrémité des prémaxillaires; les os du nez assez larges, s excavant d abord pour se relever vers leur terminaison, plus largement que profondément échancrée ; le front est en outre très-bombé transversalement , avec une dépression médiane et des apophyses orbitaires fort petites. La crete sagittale n’existe pas , et l’occipitale est fort peu prononcée, chez un individu, il est vrai , assez peu âgé, quoique bien pourvu de toutes ses dents. Les apophyses mastoïdiennes temporales et occipitales, assez courtes, sont presque égales en longueur, fort distantes, et lune et 1 autre fort obtuses; les ptérygoïdiens sont assez larges, mais très-surbaissés, le crochet fortement porté en arrière et droit; le palatin rentre assez bien dans la forme ordinaire , mais l’ouverture qu’il forme est moins serrée, et son bord fort peu échancré est presque exactement à égale distance des deux extrémités de la ligne basilaire; l’apophyse malaire du maxillaire est fort saillante; l’arcade zygomatique, très-étroite, est médiocrement arquée dans les deux sens; la branche montante du prémaxillaire atteint le frontal au dernier tiers de los du nez; la mandibule ne présente de particularités un peu différentielles que dans sa brièveté , dans son épaisseur, et dans la hauteur de sa symphyse, presque verticale, de forme ovale et trèslarge.

Enfin, dans l’Ours des Cordillières , dont M. G. Cuvier mettait encore en doute l’existence dans la seconde édition de ses Ossements fossiles , en 1825, malgré ce qu’en avait dit La Condamine dans son Voyage au Pérou , et dont notre collection possède aujourd’hui un squelette et deux crânes , on peut observer des différences encore plus

G. Ursüs. 4

chez l’Ours malais

( U. mal a y anws).

A la tète.

Aux Mâchoires.

Chezl'Oursdes

Cordillières.

( U.ornatus ).

Aux màchoi- Supèrieure.

A la série vertébrale.

importantes, puisqu’elles portent sur le nombre des pièces aussi bien que sur la forme.

La forme de la tête, quoique plus petite, est si semblable à celle de l’Ours malais, qu’au premier aspect on pourrait croire quelle appartiendrait à la même espèce ; mais en y regardant de très-près , on aperçoit bientôt quelques légères différences dans les parties les plus caractéristiques; ainsi les os du nez sont un peu plus larges proportionnellement ; les apophyses mastoïdes sont un peu plus dissemblables et moins écartées ; les ptérygoïdiens sont plus saillants , plus arrondis et plus recourbés en arrière ; le bord palatin est échancré en trèfle peu profond : l’arcade zygomatique est plus large et plus arquée; l’os incisif ne remonte pas si haut et est plus large ; mais surtout la mandibule est encore plus différente. En effet, l’apophyse coronoïde a la forme de l’extrémité d’une serpette , le tranchant excavé et recourbé en pointe aiguë en arrière, et le dos convexe en avant; le condyle est assez court; l’apophyse angulaire est assez épaisse, indivise et presque droite, et la fosse massétérienne, profonde, est séparée en deux par une crête élevée et subverticale.

Le reste du squelette présente des différences peut-être encore plus essentielles que celles signalées dans la tête.

Dans la colonne vertébrale il a d’abord une vertèbre de moins au dos, c’est-à-dire qu’il n’y en a que treize au lieu de quatorze ; mais aussi il y a une lombaire de plus , ce qui porte les vertèbres troncales au même nombre , en donnant au troue quelque chose de plus élancé. Le nombre des sacrées n’est que de quatre , et celui des coccygiennes de huit. Il y a cependant toujours neuf sternèbres ; mais le manubrium se prolonge en avant en une longue pointe cartilagineuse, et le xiphoïde, fort étendu dans son corps, se termine en spatule.

Le nombre des côtes n’est que de treize , dont neuf vraies et quatre fausses; elles sont presque aussi étroites que dans les Félis.

Les membres sont en général plus grêles et même un peu plus

OS SÉSAMOIDES. 27

élevés que dans les autres espèces; ou mieux, peut-être, moins courts, et certainement moins robustes.

Aux antérieurs , l’omoplate est sensiblement moins large ; son bord antérieur est aussi moins arrondi et moins avancé inférieurement.

L’humérus est surtout assez différent de celui des Ours; d’abord parce (ju’il est plus long proportionnellement, moins courbé anguleusement en avant, et que l’empreinte deltoïdale descend beaucoup moins bas; mais surtout parce que le condyle interne est percé , comme dans toutes les espèces de Petits-Ours, et comme aucune autre espèce d’Ours proprement dite ne l’a montré jusqu’ici.

Les différences que présentent les autres parties du squelette rentrent dans celles que l’iconographie peut seule convenablement exprimer.

DES OS SÉSAMOÏDES.

Le nombre de ces os est assez considérable dans le squelette des Ours , comme dans celui de tous les grands Carnassiers, et généralement ils prennent un développement considérable.

Aux membres de devant je n’ai cependant jamais rencontré le sésamoïde du radial antérieur , qui semble être remplacé par un développement remarquable de l’apophyse carpienne inférieure du scaphoïde; aussi celle-là n’offre-t-elle pas la facette articulaire quelle présente chez le lion.

Je n’ai pas non plus rencontré le sésamoïde au côté externe de la main, et je ne connais aucun ostéographe qui en ait parlé.

Mais il n’en est pas de même de ceux qui sont sous l’articulation des métacarpiens avec les premières phalanges ; ils sont comme de coutume au nombre de deux ; leur forme est ovoïde , allongée , comprimée ; moins développée cependant que chez les Félis.

Aux membres postérieurs, nous commençons toujours par la rotule, remarquable dans l’Ours d’Europe par sa forme large , arrondie, épaisse ,

Antérieurs.

Omoplate.

Humérus.

En général.

En particulier.

Aux Membres antérieurs.

Aux Membres postérieurs.

Rotule.

Au pied.

Os du cœur.

Os du pénis.

En particulier.

Hans l’Ours brun.

28 CARNASSIERS ; ÜRSUS.

assez régulière , et même un peu symétrique; en sorte quelle rappelle assez bien celle de l’homme.

Je ne connais pas de sésamoïdes des tendons d’origine du gastrocnémien , et encore moins du muscle poplité.

Mais au pied j’en ai trouvé un assez petit, subcirculaire, en forme de petite calotte épaisse , appliqué par sa face concave articulaire contre Je scaphoïde , à son côté interne.

Sous l’articulation métatarso-phalangienne se trouvent groupés, deux à deux, comme à la main, mais peut-être encore plus petits, les sésamoïdes de la gaine des fléchisseurs des doigts.

de l’os du pénis.

Il n’existe certainement pas d’os dans le cœur de l’Ours brun ; mais celui de la verge est considérable , et forme en effet une grande partie de cet organe. Il est par conséquent assez long , subcylindrique , canaliculé à sa face supérieure , et terminé en avant, après s’être renflé un peu , par une pointe qui occupe la partie inférieure du renflement.

Je ne le connais dans aucune autre espèce.

DES DENTS

Le système dentaire de l’Ours brun , que nous continuons à prendre pour type, est parfaitement normal et prend le caractère que nous allons trouver chez tous les Carnassiers; c’est-à-dire que non-seulement les trois sortes de dents seront toujours parfaitement distinctes, mais de plus, qua une seule exception près, la Loutre marine, les deux premières sortes seront toujours en même nombre et ne manqueront jamais. Les différences porteront donc essentiellement sur les molaires , qui varieront non-seulement de nombre, mais aussi de proportions et de forme , ce qui déterminera assez bien le degré de carnivorité.

Dans l’Ours brun, comme dans toutes les espèces d’Ours jusqu’ici

DENTS

connues, le nombre des dents en haut est de dix, et de onze en bas-, savoir : trois paires d’incisives, une paire de canines, et six paires de molaires en haut et sept en bas , que l’on peut formuler ainsi :

42 en tout.

mais dont quelques avant-molaires sont caduques de bonne heure ; en sorte que les zoologistes en comptent une ou deux paires de moins à chaque mâchoire.

Les trois paires d’incisives sont en général fortes , et disposées un peu en arc plutôt qu’en ligne droite.

Des supérieures, la première est un tant soit peu moins large que la seconde ; mais elles ont assez bien la même forme à la couronne un peu pointue, avec un talon postérieur échancré en deux lobes; la troisième est notablement plus forte et un peu caniniforme , avec un assez large talon en dedans.

Les inférieures , tout à fait terminales ; la première la plus petite , avec une seule échancrure vei'S le bord externe ; la seconde assez rentrée , en forme de coin, est marquée en arrière de deux sillons qui aboutissent à autant de petites échancrures du bord de la couronne ; enfin , la troisième , à laquelle la seconde commence à ressembler , est large, assez pointue, avec un lobe latéral bien séparé à sa face externe.

Les canines, chez l’Ours brun, sont coniques, arquées, mais certainement moins longues, moins effilées et moins aiguës que dans lesFélis, avec deux arêtes plus ou moins prononcées séparant le tiers interne , aplati, de la circonférence, des deux tiers externes convexes. La supérieure a sa couronne un peu plus longue, moins aplatie au côté interne, et plus régulièrement arquée dans le même plan, tandis que l’inférieure, plus courte, plus plate en dedans, et aussi plus subitement crochue dans la partie émaillée, est comme courbée en dehors, la racine étant convexe en dedans.

Nombre.

Disposition.

Incisives.

Supérieures.

Inférieures.

Canines.

Supérieures.

Inférieures.

Avant-

Molaires.

Inférieures.

Principales.

Supérieure.

Inférieure.

Arrière- Molaires.

En général .

En particulier.

Supérieures.

Première.

Dernière.

Les avant-molaires de l’Ours brun sont remarquablement petites en haut comme en bas.

Des trois supérieures, la première, souvent collée à la base de la canine, est un peu plus grande que la seconde, la plus petite, la plus caduque des trois, et à égale distance de celle-ci et de la troisième, qui, un peu plus petite que la première, est serrée contre la principale.

Les trois avant-molaires inférieures sont presque absolument comme les supérieures, mais peut-être encore moins développées et plus caduques; la première assez large et assez plate, bien plus grosse que la seconde , excessivement petite et gemmiforme.

Les principales, chez l’Ours, sont également fort singulières par leur peu de développement; toutefois en conservant assez bien leur caractère. Ainsi, celle d’en haut (i) est subtri quètre et par conséquent partagée en trois lobes, deux externes, dont l’antérieur plus large et subtranchant, et un interne, le plus petit des trois, formant avec le postérieur obtus de ceux-là une sorte de talon; la principale d’en bas (2), encore plus petite que celle d’en haut, est un peu comprimée, fort basse, avec une pointe unique assez saillante, oblique au milieu, accompagnée d’un talon fort petit en avant et d’un plus grand en arrière.

Enfin , les arrière-molaires de l’Ours sont encore plus caractéristiques que les autres , par leur grosseur, leur peu d’élévation, et ensuite parce qu’entièrement plates et tuberculeuses, elles se correspondent exactement par la couronne, le bord externe étant à peine plus élevé que l’interne.

Des deux d’en haut, la première (3), quoique forte, est cependant bien moins considérable que la seconde ou dernière; elle est à peu

(1) Antépénultième de M. Cuvier.

(2) Antérieure d'en bas de M. Cuvier.

(3) Pénultième de M. Cuvier.

DENTS

près rectangulaire et hérissée de deux grosses éminences coniques avec une très-petite en avant et en arrière en dehors, et de trois bien moins marquées, l’intermédiaire moins que les autres, en dedans. Enfin, la dernière des molaires, de beaucoup la plus grande de toutes, est fort oblongue , plus large en avant , avec trois éminences dont l’antérieure est la plus grande au bord extérieur , l’interne n 'étant presque que crénelé irrégulièrement, tant les trois lobes sont peu marqués, et se rétrécissant en arrière en une sorte de queue inégalement ridée, et à bords à peine saillants.

Les trois arrière-molaires inférieures sont moins dissemblables. Les deux premières (i) sont composées de deux parties presque égales; l’antérieure a trois pointes dont deux externes, la postérieure formant un large talon bicuspide; seulement, ce qui est fort distinct pour la première plus comprimée , l’est beaucoup moins pour la seconde de forme ovale, parallélogrammique. Enfin , la dernière, la plus petite, est ovale, arrondie à la couronne garnie de tubercules irréguliers formant cependant deux et quelquefois trois dentelures en dehors comme en dedans, mais souvent presque obsolètes.

L’âge apporte au système dentaire de l’Ours des différences assez considérables.

Dans le premier, dans celui de livrée, il y a, comme chez tous les Carnassiers, un système dentaire de lait, composé de trois incisives à chaque mâchoire, d’une canine et de trois molaires seulement , dont deux avant-molaires et une principale; leur forme est seulement un peu différente de ce qu’elle est dans l’animal adulte. C’est cependant ce que je ne puis assurer que par analogie dans l’Ours d’Europe. En effet , dans les plus jeunes individus de cette espèce que j’ai pu examiner, et qui étaient à peine gros comme de petits chiens, j’ai trouvé le même système dentaire que dans l’adulte ( ce qui montre que le changement se fait de très-bonne heure), avec ces différences que les ca-

Infèrieures.

Les deux premières.

La dernière.

Différences suivant l'âge.

Premier Système dentaire.

(t) Aiüèpènulti'eme et pénultième de M. Cuvier.

Dans

l'O. paresseux.

Incisives.

Canines.

Deuxième Système dentaire.

Ses

changements.

nines étaient plus droites dans la partie exserte, que les avant-molaires existaient toutes, quoique la première fût à peine sortie ainsi que la dernière arrière-molaire, et que toutes celles qui l’étaient offraient les pointes de leur couronne dans un état d’intégrité parfaite.

Mais l’Ours paresseux (U. labiatus) m’a parfaitement montré le système dentaire de lait, sans aucun mélange de l’autre. J’ai donc pu voir que les incisives , en haut comme en bas , sont espacées et bien plus petites, assez pointues, sans lobures , mais assez bien avec les mêmes proportions entre elles que celles de l’adulte. Les canines son lit peine proportionnellement plus grêles; et des trois molaires presque contiguës, la première, fort distante de la canine, est mousse et la plus petite , surtout en haut; la seconde, un peu plus forte , moins comprimée en haut qu’en bas, est encore unicuspide , mais avec un talon postérieur ; et enfin la troisième a tout à fait la forme de la principale de l’adulte avec la différence de grandeur.

Au-dessous de ce système dentaire de premier âge, on trouve le second dans un état plus ou moins avancé, en sorte qu’il est impossible d’admettre l’idée que M. G. Cuvier a émise , que les petites dents de l’Ours adulte pourraient bien être les dents de lait qui n’auraient pas été rejetées lors de l’éruption des dents persistantes. ( Ossem.foss., IV, p. 23i.) Les deux dernières avant-molaires, et la principale de remplacement à la mâchoire inférieure, sont même justement au-dessous de celles quelles doivent remplacer, et dans l’intervalle vide après la canine de lait, on voit, sous la gencive, la première avant-molaire d’adulte, ce qui en fera trois dans la seconde dentition. Quant à la mâchoire supérieure, il y a une avant-molaire de remplacement de plus que de lait,

c’est-à-dire trois.

Une fois le système dentaire de remplacement complètement développé , les modifications qu’il présente portent sur l’écartement des avantmolaires entre elles par l’allongement de la mâchoire , sur le reculement en dedans de l’incisive intermédiaire inférieure, reculement qui existe cependant dans le jeune âge, sur la chute successive, mais très-varia-

DENTS

ble pour l'époque ( i), de ces avant-molaires, d’abord de l’intermédiaire de très-bonne heure, puis de la première plus tard, et enfin de la troisième la dernière , et cela par la sortie des parties de plus en plus larges de la base des canines, et des arrière-molaires.

Après cela, les dents s’usent à leur pointe pour les incisives, à leur pointe et à leur côté de contact pour les canines , et enfin à la surface entière de la couronne premièrement, et surtout sur les bords, pour les molaires , en marchant de la première à la dernière. Résultat qui n’est pas rigoureusement en rapport avec l’âge, comme on le pense trop souvent, mais aussi avec la nourriture habituelle de l’animal.

Le sexe ne doit apporter, et n’apporte en effet de différences un peu suivant le notables dans le système dentaire de l’Ours d’Europe, que pour la grandeur , et surtout pour celle des canines, toujours un peu plus grêles dans les femelles; mais il n’en est pas de même des espèces. Le système dentaire , convenablement étudié , les différencie fort bien et mieux qu’aucune autre partie de l’organisation des Ours. Malheureusement ces différences sont plus faciles à sentir qu’à exprimer, même par l’iconographie.

En examinant attentivement toutes les parties du système dentaire chez les individus de l’Ours d’Europe que j’ai pu me procurer, et qui font partie de la collection du Muséum, je n’ai pu saisir aucune différence véritablement appréciable, et qui pût aller au delà de différences individuelles; telles sont celles, par exemple, qui tiennent à la grosseur de chaque dent. Il est tout simple qu’un individu petit comme notre Ours des Asturies, n’ait pas les dents aussi fortes , aussi grosses que notre Ours féroce de la Californie, qui le surpasse de près d’un cinquième en grandeur, quoique de même espèce.

(1) Ces variations dans la chute des avant-molaires paraissent avoir lieu dans d’autres espèces d’Ours que dans VU. Arctos ; en effet, MM. Cauteley et Falconer citent une tête osseuse de VU. Thibetanus qui, malgré qu’elle provînt d’un vieil animal, avait ses trois fausses-molaires supérieures de chaque côté, tandis qu’un plus jeune n’en avait que deux ; une autre qui n’en avait pas à gauche , tandis qu’il n’y en avait qu’une à droite, la mâchoire inférieure ayant ses trois fausses-molaires de chaque côté.

G. Ursüs. S

CARNASSIERS; URSTJS.

Suivant l'es¬

pèce.

Dans

VU. America-

l U. labial w.

orna tut.

Mais il n’en est pas de même aussitôt que l’on compare à notre Ours d’Europe une espèce réellement distincte ; l'étude du système dentaire confirme très- bien la distinction. Ainsi, dans l’Ours noir d’Amérique , les deux premières paires d’incisives supérieures n’ont pas leur talon lobé, mais bien entièrement arrondi; la principale inférieure est bien moins forte ; la dernière molaire supérieure a son talon proportionnellement moins long; enfin, la dernière inférieure est encore assez grosse et assez ovale.

L’Ours blanc offre encore des différences plus évidentes et dans un plus grand nombre de points. D’abord toutes les dents sont en général plus petites, du moins pour les incisives et les molaires; car les canines sont évidemment plus robustes. Mais surtout la dernière molaire supérieure a encore sa partie postérieure bien plus courte et l’inférieure est plus ronde.

L’Ours à grandes lèvres est peut-être l’espèce qui s’éloigne le plus de toutes les autres sous le rapport du système dentaire; en effet, les incisives sont en général plus petites , plus espacées , plus pointues , et tout à fait lisses en avant comme en arrière , souvent même réduites à deux paires en haut ; les canines , moins fortes , sont plus déclives ; les trois avant-molaires sont plus espacées, moins inégales entre elles et moins caduques; les principales et les arrière - molaires sont proportionnellement plus petites; la dernière supérieure et l’inférieure presque rondes.

Les Ours des Cordillières et malais présentent encore un système dentaire fort reconnaissable, d’abord en ce qu’il forme des lignes bien plus serrées, et ensuite par des particularités de forme. Les incisives, très-contiguës, un peu comprimées, sont comme coudées verticalement à l’origine de leur couronne, dont le talon, en arrière, présente une disposition qui a quelque ressemblance avec la fourchette de la sole du pied du cheval; les canines, très-larges à la racine, ont leur pointe assez courte; les avant-molaires son.t très-fortes, surtout la première, très-corîtiguës et comme pressées entre la principale et la canine; la prin-

DENTS

cipale inférieure est fort petite; les arrière -molaires sont en général raccourcies en haut, étroites en bas; la dernière supérieure, avec un talon médiocre , et l’inférieure presque ronde. Elle l’est davantage chez l’Ours malais, dont le système dentaire est en outre encore plus serré, plus robuste, formant une ligne plus courte que dans l’Ours des Cordillières.

Ces différences dans la forme , dans la proportion , et même dans la disposition des dents chez les espèces d’Ours, sont, jusqu’à un certain point , traduites par les racines et par les alvéoles de ces dents.

Chez l’Ours d’Europe, les incisives n’ont, comme dans la très-grande partie des Mammifères, qu’une seule racine longue, aiguë, un peu comprimée pour les deux premières, surtout en bas, et conique pour les externes.

La racine des canines de l’Ours est toujours conique, robuste, renflée à sa base , et plus considérable que la couronne.

Les trois avant-molaires n’ont aussi qu’une racine , en général courte , épaisse et comprimée pour la première , conique pour la seconde , et encore un peu comprimée à la troisième.

La principale , en haut comme en bas , n’a que deux racines assez longues , subconiques et au moins divergentes ; la dernière de la dent supérieure assez large.

Les arrière-molaires supérieures ont constamment deux rangées longitudinales de racines, deux en dehors bien distinctes, dont l’antérieure est la plus petite, et une seule fort large en dedans pour la première; trois en dehors , dont les postérieures subconnées , et deux fort larges en dedans pour la dernière.

Quant aux trois arrière-molaires inférieures, elles n’ont toujours que denx racines proportionnelles à la partie de la couronne quelles supportent, et par conséquent la postérieure la plus forte; mais à la dernière elles sont complètement connées , et ne forment ainsi qu’une large lame triangulaire amincie au milieu.

Chez les autres espèces d’Ours la différence dans la force et dans la

■ U. Malaya-

Dans

les racinès.

Chez

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