‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologieChapitre 28 sur 171 · HISTOIRE ARTISTIQUE · texte numérisé non relu

HISTOIRE ARTISTIQUE

que le dessinateur de la Mosaïque, sous des noms connus d’animaux égyptiens , représentait ceux-ci d’après son imagination plutôt que d’après la réalité.

Les peintures d’Herculanum , les vases étrusques, n’offrent aucune image que l’on puisse, de près ou de loin , rapporter à cet animal; et je ne connais non plus aucun bas-relief, de chasse ou autre , où il soit représenté.

Je ne vois pas non plus qu’il ait été employé par les anciens Égyptiens comme signe hiéroglyphique de leurs écritures sacrées; mais Hérodote, liv. II, dans son énumération des animaux considérés comme sacrés , y range les Ours dans cette phrase : Ursos qui sacri ut Lupos non multo vulpibus grandiores , Ægyptii ei loci sepeliunt ubi jacentes invenimus , ce qui prouve que les Ours existaient autrefois sans doute dans la Haute-Égypte. Cependant jusqu’ici les nombreuses fouilles qui ont été faites dans les catacombes de Thèbes , n’ont encore mis à découvert aucune momie ou portion de momie que l’on pourrait attribuer à un Ours.

M. de Paravès m’a cependant assuré que Champollion avait rapporté d’Égypte le calque d’une peinture dans laquelle sont représentés des Ours que des hommes font danser; mais ces animaux pouvaient avoir été tirés de la Syrie , où il en existe encore.

Toujours est-il que M. Rosellini ne fait aucune mention d’Ours dans son ouvrage sur les Monuments civils des Egyptiens.

Nous avons vu plus haut qu’aujourd’hui il n’existe certainement plus d’Ours en Angleterre; mais ne peut-on pas induire d’une coutume assez singulière, il est vrai, existante à Oxford, et qui consiste à promener processionnellement dans les rues, le jour de Noël, une tête d’Ours couronnée, que cet animal existait encore dans ce pays depuis l’époque de la création de l’Université d’Oxford?. On attribue en effet cette coutume à ce qu’un professeur de l’Université, se promenant dans la forêt de Soltowher en lisant Aristote, fut attaqué par un Ours, et qu’il-eut le courage de l’attendre de pied ferme et de lui enfoncer le volume

G. Ursus. 6

Dans

les Peintures.

Dans les Hiéroglyphes.

Dans

les Monuments égyptiens.

Mais fréquents à l'èlat fossile.

En Allemagne.

Notés pur

.) . Paterson Hayn ,

Vollgnad ,

dans la gueule en lui criant avec force : Mange, c’est du grec!

Mais si nous ne trouvons aucune trace immédiate d’un animal de ce genre dans l’histoire artistique de l’homme, il n’en est pas de même dans celle du globe que nous habitons. En effet, c’est indubitablement l'Ours, dont les ossements, considérés comme fossiles, ont été remarqués les premiers et en plus grande abondance dans toute l’Europe, et surtout en Allemagne , d’abord comme substance thérapeutique sous le nom de Licorne fossile, et ensuite comme os et pièces de squelette.

Nous trouvons en effet , non pas, il est vrai, dans des couches un peu anciennes , mais dans des terrains d’alluvion, et peut-être même dans le diluvium, une très-grande quantité d’ossements qui ont sans doute appartenu à des animaux de ce genre , et c’est surtout en Allemagne, dans les nombreuses grottes ou cavernes dont le calcaire jurassique de ce pays est creusé, que l’on a le plus recueilli de ces ossements.

1672. Le premier auteur qui en ait parlé paraît être «J. Paterson Hayn, quoiqu’il ne les prît pas pour ce qu’ils étaient, et qu’il les ait signalés, suivant une tradition populaire, comme des os de Dragon. On reconnaît, en effet, ainsi qu’Esper l’a fait remarquer depuis longtemps, dans les pièces qu’il a décrites et figurées (Éphém. des Cur. delanat., III ann., observ. i3g, p. 220, et obs. 194)7 un axis et deux autres vertèbres, une portion de crâne, une moitié de mâchoire inférieure, un humérus , une moitié de bassin , quelques os du métacarpe , un sacrum, un fémur et des dents, qui avaient été trouvés dans une des cavernes des monts Krapacks.

1673. Les mêmes ossements, augmentés d’une tête entière et même d’un squelette entier qui avait six aunes de long, ainsi que d’une mâchoire à laquelle on voyait encore un reste de la peau, également recueillis par Paterson Hayn , firent le sujet d’une autre notice insérée dans le même recueil, observ. 170, an. IV, p. 226, par Henri Vollgnad, mais toujours considérés comme des os de Dragons, ainsi que le faisaient les habitants des Karpathes à cette époque , et comme ayant brisé les grands os d’autres animaux qui leur avaient servi de nourriture.

1 709. Mylius ( Memorabilia Saxoniœ subterraneœ , pl. II , p. y 5) donne la figure de différents autres morceaux tirés de la caverne de Schartzfels.

1 749. C’est ce que fit également Leibnitz dans la pl. II. de sa Pi otogée, mais sans désignation aucune des objets qu’il a figurés, et que Soemmering a spécifiés dans son mémoire sur les os fossiles gravés dans la Protogée de Leibnitz ( Grosse. Magaz. pour l’Hist. nat. de l’homme, tom. 3, p. 60, en Aliéna.).

1725 — 1732. Bruckman, dans sa description des cavernes de Hongrie, publiée d’abord dans les Mémoires de Breslau ( Bresl . Saml ., p. 628), et ensuite dans son Epistola itineraria , p. 32, fit beaucoup mieux, nonseulement en faisant l’observation que les ossements de ces cavernes ne différaient pas de ceux des cavernes du Hartz , mais par la comparaison qu’il en fit avec ceux des Ours.

Kundman et Walsh , l’un dans ses Rariora naturœ et artis , tab. 1 r , f. 1 , 6, 7, 8 ; l’autre dans ses Commentaires sur les monuments du déluge de Knorr, 11, 2 , page 207, tab. 1, f. 1,2, 3, en firent encore connaître quelques fragments, mais sans rapprochements heureux.

1774. C’est donc à Esper (1), dans sa Description des Ostéolithes des cavernes de Franconie, qu’est dû d’avoir essayé de rapporter à des espèces distinctes les nombreux ossements qu’il a trouvés et en partie figurés; et, ce qu’il y a de remarquable, c’est qu’il crut pouvoir porter le nombre des espèces dont ils provenaient à neuf. Malheureusement, à défaut d’objets de comparaison , il n’osa pas se décider formellement sur la nature de ces débris, qui sont évidemment d’Ours. Cependant on voit très-bien que, malgré ses incertitudes, c’est la grande différence de taille qui l’a empêché de se prononcer pour un rapprochement définitif avec ce genre; ainsi il dit, page 67 : « Le seul genre des Ours mérite d’être examiné plus près, » et, en effet, après une comparaison incomplète,

(1) Description détaillée de Zoolithes nouvellement découverts (en allemand), Nuremberg, 1774 , 69 pages ; et Soc. des Nat. de Berlin , IX, p. 188.

Mylius,

Leibnitz ,

Bruckman .

Kundman.

Walsh.

Esper,

il termine par cette phrase : « Si nos Ostéolithes n’ont pas appartenu à Y U. arctos , à cause de la différence de grandeur, n’ont-elles pas appartenu à une espèce perdue ou qui n’est pas assez connue ; peut-être à l’Ours blanc? » Mais la difficulté de concevoir comment tant d’os de ces animaux avaient pu être accumulés dans les cavernes de Franconie, lui lit abandonner cette hypothèse; et cependant, page 7 4, il est encore obligé de convenir, avec plusieurs savants ses prédécesseurs, que les dents de l’animal inconnu fossile étaient ressemblantes à celles de l’Ours.

1784. Aussi cet auteur, s étant procuré plus tard une tête osseuse d’Ours blanc, pensa en avoir reconnu l’identité avec celle de l’Ours des cavernes (Écrits par la Société des Naturalistes de Berlin, V, 1784); opinion que Fuchs adopta dans une note insérée dans le tome VI du même Recueil.

1786. Ce rapprochement ne fut cependant pas admis par Camper, du moins à ce qu’en dit Merk , dans sa troisième Lettre géologique imprimée en 1786, et cela surtout à cause de l’absence de la première avant-molaire, existant toujours chez les Ours.

1794. Il fut encore repoussé bien davantage par Rosenmuller qui, ayant eu en sa possession une tête complète d’Ours fossile provenant de Gaylenreuth , et ayant pu en faire la comparaison avec celle d’un Ours brun, ainsi qu’avec celle d’un Ours blanc décrite par Pallas, conclut, d’abord dans une dissertation latine imprimée en 1 794 , puis dans un recueil allemand intitulé : Matériaux pour servir à l histoire et à La connaissance des os fossiles (1795), que ces trois crânes provenaient de trois animaux différents.

1794. La chose n’était cependant pas tellement évidente que cette assertion ne pût être contestée, et c’est en effet ce que fit J. Hunter dans un mémoire inséré dans les Transactions philosophiques pour 1794, page 407, tab. 19-20, et où, après avoir donné deux excellentes figures des crânes fossiles qui lui avaient été envoyés par le prince margrave d’Anspach, il dit que les diverses têtes d’Ours des cavernes diffèrent autant entre elles quelles diffèrent de l’Ours blanc maritime, et

que toutes ces différences ne surpassent pas celles que 1 âge peut produire dans les animaux carnassiers; assertion que, malgré l’opinion de feu M. G. Cuvier qui la déclare vague et erronée, nous regardons comme en grande partie hors de doute.

1804. Aussi Rosenmuller (1), en revenant une troisième fois sur ce sujet dans sa Description des os fossiles de l’Ours des cavernes (Weimar, 1804), dans laquelle, outre le crâne qu’il avait figuré en 1795, il donne la figure d’un assez grand nombre d’autres os de grandeur naturelle, crut devoir attribuer au sexe les différences qu’il aperçut entre des crânes dont on a fait depuis des espèces distinctes.

On commençait en effet, à peu près à cette époque, à vouloir distinguer deux espèces d’Ours fossiles dans les cavernes d’Allemagne , comme on peut le déduire d’un passage de Camper cité par Merk dans sa troisième Lettre sur les fossiles, page 34, où il dit qu’outre les os de l’Ours inconnu, on trouve des restes de Lion, de Tigre, de vrai Ours et de Chien.

M. G. Cuvier cite aussi une lettre d’Adrien Camper, dans laquelle celui-ci lui faisait remarquer de grandes différences entre deux fémurs dont il lui envoyait les dessins.

Enfin M. Blumenbach , dans ses lettres à M. Cuvier, formulait nettement cette opinion de deux espèces distinctes d’Ours fossiles dans les cavernes d’Allemagne, en donnant à l’une, la plus anciennement connue, à front bombé, le nom d 'U. spelœus, et à l’autre , celui d U . Arctoïdeus , voulant indiquer par là ses rapports plus prochains avec l’Ours actuellement vivant en Europe, U. Arctos , L.

Cependant Blumenbach, en revenant sur ce sujet (/ specim. Archœlog. telluris, p. 1 3, i8o3), ne donne pas les caractères propres à les distinguer. Il se borne en effet à dire qu’il y a eu discussion pour savoir si les ossements du genre des Ours, si communs dans les cavernes d Alle-

(1) Description des os fossiles de l' Ours des cavernes , avec fig., Weimar, 1804, in-folio ( en allemand).

Kosenmuller,

Camper et Merk.

Adr. Camper.

Blumenbach.

magne, devaient être rapportés à une espèce vivante ou non; qu’ils l’ont été à l’Ours blanc, U. maritimus , celui dont ils s’éloignent le plus dans son opinion, plus convenablement à l’Ours commun U. Arctos , dont ils ne semblent différer que parla taille; mais qu’à en juger d’après trois crânes d’Ours commun et un d’Ours blanc qu’il a sous les yeux, ils s’éloignent de toutes les espèces à lui connues. A quoi il ajoute en note que M. Cuvier a aidé cette comparaison en lui communiquant, non-seulement la description et les mesures, mais encore des figures très-soignées, faites par lui- même, des espèces citées plus haut, ainsi que d’un crâne de la collection du Muséum, différant autant de l’Ours commun que de l’Ours blanc, mais dont on ignore la patrie.

1 796. Tel était l’état des choses lorsque feu M. G. Cuvier publia sa première note sur les têtes d’Ours fossiles dans les cavernes de Gaylenreuth ( Bulletin des Sciences , par la Société philomatique , n° 5o) , puis son travail tout entier dans un mémoire ad hoc en 1 806 , d’abord dans les Annales du Muséum , Vil, p. 3oi , et ensuite dans le recueil de ses mémoires en 1812.

Ayant à sa disposition :

i° La notice la plus complète de tout ce qui avait été publié à ce sujet avant lui, notice qu’il devait à l’amitié d’Aatenrieth , comme il a soin d’en prévenir lui-même (1);

20 Les dessins des objets existants dans la collection de Camper , dans celles de la Société des naturalistes de Berlin , de Benzemberg , du landgrave de Hesse-Darmstadt , et de Blumenbach ;

3° La collection très-considérable et en parfait état de conservation des ossements de Gaylenreuth , qui avait été donnée à Buffon par le dernier margrave d’Anspach quelques années avant qu’il n’en parlât dans son Supplément à la théorie de la terre , ou ses Époques de la nature (Supplément , V, p. 49 C 1 7 7 8 ), et en outre plusieurs morceaux de Scliartzfels que M. de Jussieu lui donna, une tête et différents morceaux du tuf de

(1) Recherches sur les ossements fossiles, V‘ édition , t. lit et uon dans la seconde.

HISTOIRE PALÉONTOLOG1QUE. 47

Gaylenreuth , que lui donna également M. Félix de Rossy , et dont M. Cuvier put tirer beaucoup de petits os;

Il lui fut aisé de reprendre ce sujet avec toute l’étendue convenable, et d’autant mieux que , grâce à l’établissement d’une ménagerie d’animaux vivants au Jardin du Roi , devenu Muséum d’histoire naturelle, et à la prise, par suite de l’invasion des Français en Suisse, des Ours que Berne nourrissait dans ses fossés, il avait pu observer un plus grand nombre de ces animaux vivants, et surtout comparer à la fois un plus grand nombre de squelettes.

Aidé de ces nombreux secours, M. Cuvier, prenant le sujet pied à pied, en traitant successivement des crânes, des dents et de presque toutes les autres parties du squelette, arriva à la confirmation de ce que Blumenbach avait formulé par les noms d’ U. spelœus et d’ U. Arctoïdeus , savoir , que les crânes et quelques-uns des grands os trouvés dans les cavernes d’Allemagne présentent des différences telles , qu’on doit les regarder comme provenant d’espèces d’Ours différentes de celles que les naturalistes ont déjà décrites jusqu’ici.

i° Ces crânes et quelques-uns de ces grands os, les humérus et les fémurs , par exemple , diffèrent assez entre eux pour que l’on doive croire que les os de deux espèces d’Ours ont été ensevelis pêle-mêle

2° Quelques-uns des os de l’une des deux étaient plus semblables à ceux des Ours d’aujourd’hui que ceux de l’autre. Il y en a même parmi ceux de l’une, comme l’humérus, etc., qu’on ne distinguerait point, si on les voyait seuls , de ceux des Ours vivants les plus communs. Il y en a d’autres qui paraissent être dans ce cas-là dans les deux espèces, comme ceux du carpe, etc.

3° Mais les crânes suffisent pour fournir des caractères qui ne laissent pas de doute raisonnable ; et comme, parmi ceux-ci , les crânes fossiles qui ont le front bombé paraissent s’écarter de ceux de nos Ours plus que les crânes fossiles à front plat, il est naturel de rapporter aux premiers ceux des os des membres qui s’écartent dans le même degré de leurs analogues dans nos Ours communs, les os du corps ou des membres qui

Par

M. Goldfuss, en 1810.

ressemblent davantage à ceux-ci seront alors donnés aux crânes à fiont plat dans la répartition que l’on fera.

Et quoique ce mode de raisonner ne fût pas à l’abri de fortes objections, et que M. Cuvier manquât d’un grand nombre de pièces pour compléter le squelette des deux espèces, il n’en établit pas moins comme résultat constant :

L’existence dans les cavernes des os de deux espèces d’Ours jusqu’ici inconnues parmi les Ours vivants, l’une à front bombé, et l’autre à front plat, auxquelles on pourra, dit-il, laisser les noms employés par M. Blumenbach.

Les procédés employés par M. Cuvier pour arriver à ce résultat étaient si spécieux , et en même temps si simples et si faciles , puisqu’il ne s’agissait presque que de prendre des mesures linéaires et angulaires, que cette manière de voir fut généralement adoptée, et , malheureusement aussi , cette manière de procéder , et l’on vit alors les paléontologistes devenir ostéologisles avec une facilité que je ne crains pas de taxer de déplorable, et dont nous ferons ressortir les fâcheux résultats sur la géologie rationnelle ou étiologique , lorsque nous aurons passé en revue les restes fossiles que la classe des Mammifères a laissés dans le sein de la terre.

1810. Dans l’intervalle de temps qui sépare la première édition du Mémoire de M. Cuvier, de la seconde qui parut en 1823 , nous n’avons à noter que le Mémoire de M. le professeur Goldfuss (1), dans lequel il crut devoir établir, d’après des ossements provenant des cavernes de Franconie comme les précédents, une troisième espèce d’Ours fossiles qu’il nomma U. priscus. Conséquent aux principes donnés par M. Cuvier, M. Goldfuss établit cette espèce d’après une tête osseuse complète offrant suivant lui des caractères qui la rapprochent à la fois de l’Ours brun, variété des Alpes, de l’Ours brun d’Europe, et de l’Ours d’Amé-

(1) Nova Acta academ. cur. Nat., tom. X, ann. 1820, et die Umgebrungen von Muggendorf, von Dr G. A. Goldfuss. Erlangen , 1810, 273 p.

rique, pour l'éloigner des deux espèces jusque-là reconnues dans ces mêmes cavernes, et qui doivent la constituer comme distincte.

Quant aux nouvelles localités où l’on découvrit pendant le même intervalle des ossements d’Ours fossiles, elles se bornèrent:

Au Val d’Arno, où M. Nesti(i) trouva quelques morceaux de mâ- m. Nesti. choires armées de dents qui faisaient partie du cabinet de Targioni Tozzetti , et dont M. Cuvier a constitué par la suite une espèce nouvelle sous le nom de U. Etruscus ou U. cultridens ;

Aux environs de Plymouth , en Angleterre, dans la caverne d’Ores- m. e. Home, ton , avec des os d’Éléphant et de Rhinocéros en très-grand nombre , comme nous l’apprend une note insérée parM. E. Home dans les Transactions de la Société royale de Londres pour 1821; mais dans laquelle il se borne à dire que l’on trouva dans cette caverne deux incisives , deux canines et des portions de deux tibias d’un Ours brun ou noir, avec une dent de Rhinocéros et d’une espèce de cerf ;

Dans la haute Autriche, aux environs de Krems - Münster dans une M. Buckiand. carrière de gravier consolidé d’après M. le professeur Ruckland qui a publié à ce sujet une note sur quelques ossements d’Ours trouvés en Allemagne, page 49 de son grand travail sur la caverne de Kirkdale

Malgré cette tendance des paléontologistes à suivre les errements de M. g. Cuvier M. Cuvier sur la multiplication des espèces d’Ours fossiles; celui-ci, en1823 éclairé par un plus grand nombre de matériaux récents et fossiles, et entre autres par des ossements provenant des cavernes d’Adelberg , en Carintbie, envoyés parM. le prince Metternich, et par la vue à Brémen de l’immense collection qu’Ebel avait fait faire à Gaylenreuth pendant plusieurs années, mais surtout par un examen plus sévère du sujet, tendait au contraire à en restreindre le nombre, comme on peut s’en assurer en lisant attentivement, mais surtout comparativement avec la première, la seconde édition qu’il publia alors en 1823 de son Mémoire sur

(1) Lettera terza di nlcune Ossa fossili al signor Paolo , in -4°.

G. Ursds. 7

les Ours fossiles, dans le tome IV de ses Recherches sur les ossements fossiles.

Quoique les procédés de comparaison ne soient pas améliorés, consistant toujours en différences de mesures linéaires poussées jusqu’aux millimètres, et sans avoir préalablement apprécié les limites de variations, suivant les sexes , les âges et les individus dans les espèces vivantes, on peut lire, p. 358, n° 5 , après une comparaison des tètes et sous le titre de résumé :

Les circonstances qu 'il y a deux formes pour les autres os et que ces os different assez entre eux pour la grandeur , me porteraient à revenir de mes premières idées et à conjecturer que les deux grandes sortes de. crânes qu on a nommées U spelœus et U. Arctoïdeus ne sont que des variétés de la même espèce ; et cependant dans le résumé général , quelque modifié qu’il soit de ce qu’il était dans la première édition, par la suppression du cinquième alinéa, l’emploi d’expressions bien plus dubitatives , et même l’abandon de la supposition caractéristique que la première fausse molaire n’existait pas dans l’espèce fossile , au contraire des vivantes, etc., on trouve ce passage :

« Parmi les grands crânes, il en est de moins bombés qui pourraient » bien former une autre espèce que ceux qui le sont davantage. Appelant » ceux-ci U. spelœus, on laissera hypothétiquement le nom d ' U . Arcloi- » deus à ceux-là. Il en existe en outre de plus petits qui forment bien » certainement une espèce distincte des grands et très-voisine des Ours » d’aujourd’hui ( U. priscus , Goldf.). Parmi les autres os, il s’en trouve » aussi au moins de deux espèces , dont quelques-uns étaient plus sem- » blables à ceux des Ours d’aujourd’hui que les autres, et dont même » quelque fois l’humérus ne pouvait se distinguer de ceux des Ours » d’aujourd’hui.

» Les ossements fossiles d’Ours trouvés dans des couches meubles en » Toscane , appartiennent à une espèce qu’on pourrait nommer provi- » soirement U. Etruscus , et qui diffèrent de ceux des cavernes pour se » rapprocher encore plus des Ours bruns. »

Mais, tandis que M. Cuvier, qui avait établi d’abord les espèces d’Ours fossiles d’une manière si tranchée, devenait de moins en moins affirmatif à mesure que les matériaux devenaient plus abondants , quoique dans la dernière édition de son Discours préliminaire , éd. in-8° , i 83o, p. 356, il donne de nouveau , comme espèces distinctes dans les cavernes, les U. spelœus, Arctoïdeus et priscus , l’impulsion qu’il avait malheureusement donnée se continuait et s’exagérait dans les mains de paléontologistes peu versés dans ces sortes de questions, et le nombre des espèces d’Ours fossiles allait toujours en augmentant.

1828. Nous en voyons plus ou moins la preuve :

Dans les Recherches sur les Ossements fossiles du Puy-de-Dôme , par Par

... MM. B ravard

MM. Bravard , Croizet et Jobert (1825- 828) qui crurent devoir distin- c:roizet , euer, d’après une canine seulement, un U. cultndens que M. Bravard lobert, rapportait au genre Relis ; un U. Arvernensis d’après des mâchoires et un humérus caractérisé par un trou au-dessus du condyle interne; un U. Neschersensis , d’après une demi-mâchoire inférieure.

1 83o. Dans les Recherches sur les ossements fossiles du midi de la deSerres France , par M. Marcel de Serres ( Bulletin univ. des Sciences naturelles , 1830

i83o, 19, p. 161-162, tom. XII), qui établit aussi deux autres es¬

pèces; l’une sous le nom à'ü. Pitorrii, et l’autre sous celui de U. Metoposcainus.

1 833. Dans les Recherches sur les ossements fossiles dans les cavernes schmeriing. de la province de Liège, par feu M. Schmeriing peu d’années après, et 183,i qui, malgré qu’il eût relevé plusieurs erreurs échappées à M. Cuvier, fut aussi entraîné par son exemple à établir plusieurs espèces nouvelles, d’après des matériaux plus ou moins incomplets, mais certainement extrêmement nombreux , au point qu’il a pu retirer plus de deux cents demi-mâchoires d’une même localité. En sorte qu’il conclut que dans le pays de Liège, dont il a si bien exploré les cavernes, vivaient anciennement cinq espèces d’Ours et deux variétés, savoir : les U. spelœus et Arctoïdeus de Blumenbach, Y U. priscus de M. Goldfuss; et, comme nouvelles, les U. giganteus et Lcodiensis.

Thirria.

Cartel.

Baker et Durand.

Cauleley et Faleoner.

.tlil ne Edwards.

Depuis ce temps on a aussi trouvé des ossements d’Ours dans d’autres parties de l’Europe. Ainsi, les cavernes du Jura dans le département du Doubs, en ont fourni en grande quantité, qui ont été envoyés à notre Muséum par M. le préfet du Doubs et par M. Thiria, ingénieur des mines.

M. Lartet nous a aussi adressé quelques dents canines et quelques métacarpiens provenant d’un calcaire tertiaire moyen de Sansans, près d’Auch; et enfin, nous avons trouvé, dans la collection de M. l’abbé Groizet, quelques fragments dont il a formé son U. Neschersensis.

On en a même signalé dans des pays extra-européens.

Ainsi, dans la Sud-Amérique, M. Sellow a envoyé au Muséum de Berlin des dents d’Ours qui ont à peine une apparence fossile, trouvées dans la Bande orientale à l’extrémité méridionale de la chaîne du Brésil, et dont M. Weiss a donné la description avec celle d’autres ossements fossiles des mêmes pays dans les Mémoires de ï Académie royale des sciences de Berlin pour 1 83o.

Dans ces dernières années, MM. Baker et Durand, d’une part (Journ. of the Asiatic Soc. of B engal. 1 856, p. 293), et, de l’autre, MM. Cauteley et Faleoner, viennent de signaler une grande et nouvelle espèce fossile dans les monts Himalayas, à laquelle ils donnent le nom d 'U. Sivalensis.

Enfin, M. Milne Edwards a signalé quelques fragments d’un animal de ce genre dans des brèches de l’Algérie. Thèse de laFac. des Sc , 1 83j , prop. 2 1 , et il a bien voulu en enrichir les collections du Muséum.

Tels sont jusqu’aujourd’hui les travaux qui ont eu pour objet les Ours fossiles, et d’après lesquels il résulterait qu’il aurait existé, outre celles vivantes de nos jours, dont il n’est fait nulle mention , les espèces suivantes :

En Europe.

i° 1797. U. spelœus ( Blumembach ).

20 1797. U. Arctoideus (Blumembach).

3° 1810. U. priscus ( Goldfuss).

4° 1825. U. Etruscus (Cuvier).

5" 1828. U. Arvernemis (Croizet et Jobert).

U. minimus (Devèze et Bouillet).

6° 1828. U. cullridens ( Croizet et Jobert ).

70 i83o. U. Pitorrii (Marcel de Serres).

8° i83o. U. Metoposcainus (Marcel de Serres).

90 i833. U. giganteus (Schmerling).

10“ 1 833. U. Leodiensis (Schmerling).

11” 1 83g. U. Neschersensis (Croizet).

En Asie :

12“ 1837. U. Sivalensis ( Falconer et Cauteley ).

Voyons maintenant sur quelles parties du squelette reposent les caractères à l’aide desquels ces espèces ont été établies , en nous servant , pour cet examen critique, des principes que l’histoire naturelle , la physiologie et l’anatomie comparée nous ont fournis , et qui ont été exposés plus haut avec détails dans l’ostéographie et l’odontographie.

1” De l’Ours des cavernes ( U. spelœus).

Cette espèce d’Ours fossile, à laquelle on donne quelquefois le nom Synonymie. d’Ours à front homhé ( U. fornicatus) , est bien évidemment celle dont on a recueilli le plus grand nombre d’ossements (au point qu’on a pu artificiellement en construire des squelettes entiers); et cela, dans toutes les parties de l’Europe centrale, mais surtout en Allemagne (1), à la Lieux

... , . , ■ . i , • . , . , . . où il se trouve

fois entassés pêle-mêle, jamais rapproches, jamais reunis (2), quoique contenus à des profondeurs différentes dans le sol argileux qui jonche le sol des cavernes creusées au pied des montagnes jurassiques ou même de transition.

(1) La quantité des ossements d’Ours était si considérable dans la caverne de Ga\lenreuth , que M. Goldfuss a porté le nombre des individus dont il avait recueilli quelques parties à 800.

(2) M. Marcel de Serres dit cependant que dans une caverne à ossements nouvellement découverte à Caunes, département de l’Aude, les ouvriers lui ont assuré avoir trouvé un squelette presque entier; mais il 11e paraît pas l’avoir vu.

Auteurs qui en ont parlé.

Ses Caractères.

Tirés

de la Taille.

de la Forme de la Tète.

des Dents.

Exposés par Schmerling.

Un grand nombre d’auteurs en ont figuré des fragments plus ou moins considérables, et surtout des crânes, depuis Esper jusqu’à Schmer- Jing, qui a donné les meilleures figures, surtout parce quelles sont de grandeur naturelle.

Les ostéographes qui ont prétendu la mieux distinguer, non seulement des espèces vivantes actuellement en Europe, mais encore des autres espèces fossiles, surtout de Y U. Arctoideus , l’ont caractérisée .

i° Par sa taille, qu’ils évaluent d’après le crâne et les os longs qu’ils ont pu se procurer en assez grande abondance , à un cinquième au moins au-dessus de celle de nos plus grands Ours européens actuels, sous-entendu de ceux qu’ils ont vus élevés en domesticité; car je ne connais aucun squelette d’un individu sauvage dans nos collections.

2° Par la forme de la tête et surtout celle du front, qui, au point de jonction avec le chanfrein du nez , se renfle et se relève presqu’à angle droit en se partageant en deux bosses frontales considérables.

3° Par les crêtes temporales plus promptement rapprochées, formant par conséquent en arrière un angle plus obtus ; ce qui a lieu même dans des crânes plus jeunes que ceux de l’espèce suivante, évidemment âgés.

4° Par moins d’étendue de la barre ou de la longueur entre la molaire principale et la base de la canine.

5° Par l’absence des fausses-molaires et même de la première , ainsi que de leurs alvéoles qui disparaissent beaucoup plus tôt que dans les espèces vivantes. Car, pour la forme et la proportion des dents entre elles, il faut qu’il y ait une bien grande similitude pour que M. G. Cuvier (p. 348) dise que, pour les incisives, les canines et les grandes mâchelières, il a pu s’en servir pour donner la caractéristique de tout le genre.

M. Schmerling, quia eu l’occasion de recueillir , dans les cavernes de la province de Liège, un très-grand nombre de crânes fossiles, paraît en outre avoir confirmé l’observation d’Esper (Soc. des natur. de Berlin, IX, p. 1 88), qu’il y a dans ces cavernes des têtes très-petites en comparaison des autres, d’une forme arrondie, ayant des canines plus grosses

que celles des plus grandes têtes, et ressemblant davantage aux têtes de Dogue.

M. Schmerling ajoute , qu’outre la grandeur, ces têtes, plus petites, s’éloignent de plus grandes par une plus grande élévation de la crête sagittale, qu’elles ont une forme arrondie, le museau plus court et plus relevé vers la racine du nez; les bosses frontales moins élevées; le front étant plus large en proportion, et moins enfoncé vers son milieu antérieur; les crêtes temporales se réunissant à peu près au milieu du crâne , interceptant par conséquent un espace libre plus grand ; la crête sagittale formant une ligne plus courbe, ayant sa plus grande élévation dans le milieu; les arcades zygomatiques plus droites et les orbites plus grands.

Mais toutes ces différences , sur lesquelles repose la distinction faite dans l’Ours ordinaire des cavernes, de deux variétés, U. fornicatus major et U. fornicatus minor, par M. Schmerling, et qui semblent encore plus grandes par une exposition énumérative quelles ne sont réellement, tombent à l’aspect seul des figures sur lesquelles elles sont à peine saisissables, quoique celles-ci soient de grandeur naturelle ; mais elles cessent surtout d’être spécielles lorsqu’on se rappelle combien sont étendues les limites de variations individuelles, et, par exemple, les caractères remarqués minutieusement dans la tête, la seule partie qu’on doive réellement envisager, puisque ce n’est que très-hypothétiquement qu’on lui rapporte les autres os , sont évidemment des différences d âge et de sexe, qui, déjà sensibles d’assez bonne heure , se prononcent déplus en plus avec lage.

D’abord la différence dans la taille étant comme 4^7 : 363, en com- Appréciés parant deux crânes de même âge à peu près, savoir : celui d’un vieux pour 1,1 ,'"11 Ours noir d’Europe , laissé par Daubenton , et le plus grand de nos fossiles, montant à un cinquième ou même un quart en sus en faveur de celui-ci, n’a rien d’extraordinaire, quand on réfléchit que l’un, choisi parmi tous ceux que l’on connaît de plus grands, provenait d’un animal mort naturellement, et ayant joui pendant sa longue vie de toute sa

pour les Bosses frontales.

pour

les Fosses temporales.

liberté et de toutes les circonstances les plus favorables, à une époque où l’espèce humaine ne pénétrait que fort rarement dans les immenses forêts habitées par ces animaux , et qui était parvenu au maximum du développement dont il était susceptible; tandis que l’autre provenait d’un animal peut-être aussi âgé , mais vieilli dans les bornes étroites d’une loge ou tout au plus d’un fossé, dans une débilitante captivité, sans passion de rivalité, sans emploi de ses forces. Mais, bien plus, on trouve même chez les animaux sauvages des différences presque aussi considérables dans toutes les espèces animales , suivant que dans la zone quelles habitent elles se tiennent à des hauteurs notablement et constamment différentes.

Quant aux dissemblances dans le développement des bosses frontales, dans celui des fosses temporales , de la crête qu’elles forment à leur limite supérieure et de l’angle produit par leur rapprochement, dans la proportion de la face et du crâne , il n’est pas d’anatomiste un peu physiologiste qui ne sache combien il y a de différences sous tous ces rapports entre un jeune individu et un individu adulte, et surtout âgé; entre un individu mâle et un individu femelle; et, dans le même sexe, entre un individu hardi, courageux, vigoureux, et un autre de nature plus faible, plus pusillanime. Dans les uns, la succession des efforts prolongés pendant certains actes de locomotion , et surtout pendant ceux qui suspendent la respiration ou prolongent l’inspiration ; l’intensité même de l’acte respiratoire dans des lieux plus découverts, où l’air est plus vif, plus sec, plus frais, développe tous les sinus qui se trouvent sur le trajet de l’air, et, dès lors, les frontaux sont dans ce cas aussi bien que tous ceux qui entourent les fosses nasales ; dès lors aussi, par l’écartement des deux lames de l’os, le gonflement des bosses frontales, indépendantes et séparées par un sillon.

Les différences observées dans le développement des surfaces d’insertion des muscles temporaux ou élévateurs de la mâchoire inférieure, sont absolument dans le même cas, c’est-à-dire tiennent à la différence de force et de vigueur, suivant le sexe, et surtout suivant l’âge. En effet,

HISTOIRE P A LÉON TOLOGIQUE .

dans le très-jeune âge , les fosses temporales sont tellement peu profondes que leur limite est à peine marquée. Dans un âge un peu plus avancé, elles se creusent , elles s’élargissent de manière à intercepter entre elles un espace qui, d’abord à peu près parallélogrammique , forme bientôt, par la rencontre des deux lignes en arrière , un angle se raccourcissant de plus en plus, au point, dans un âge très-avancé, de dépasser à peine la sagutaTtT. ligne orbitaire postérieure. Mais , en même temps que la fosse temporale s’étend, son bord supérieur dépasse la ligne médiane, et , s’adossant contre celle du côté opposé, il en résulte une crête médiane, dont la force et l’étendue sont également en rapport direct avec la force et la vigueur dépendantes de lage et du sexe.

L’absence ou mieux la chute plus rapide des avant-molaires, et par Les Dents

Suite la disparition de leurs alvéoles , sont également sans importance , Molaires, parce que cela signifie seulement que les canines, en acquérant plus de développement, ont, par leur racine située au-dessous ou au-dessus d’elles , éteint de bonne heure la vitalité vasculaire et nerveuse de ces dents, ce qui en a déterminé la chute. Et d’ailleurs, un caractère établi sur une particularité variable ne peut jamais devenir spécifique.

D’après ces différentes considérations , nous regardons comme presque conclusions, hors de doute que les crânes de l’Ours fossile attribués à VU. spelœus proviennent d’individus adultes du sexe mâle les plus vigoureux, et ne constituent nullement une espèce. Et en effet, toutes les parties caractéristiques que nous avons exposées dans notre Ostéographie et dans notre Odontographie, ne présentent rien de différent de ce que nous trouvons dans l’ U. Arctos , et surtout dans VU. Arctos ferox de l’ouest de l’Amérique septentrionale.

2° De l’Ours arctoïde (U. A rctoïdeus).

Cette seconde espèce, souvent désignée, par opposition avec la précédente , sous le nom d'Ours fossile à front plat , à crâne moins bombé , ce que M. Oken a traduit en la nommant U. planus, se trouve com-

Lieux où elle se trouve'

Os sur lesquels elle repose.

Ses Caractères.

Tirés •lu Crâne.

de la Face.

delà Mandibule.

Comparée avec l'Ours d'Amérique ,

munément confondue avec elle dans les mêmes localités, mais bien plus rarement. En effet, M. Goldfuss, dans la caverne de Gaylenreuth , sur huit cent soixante-dix Ours, n’en compte que soixante de l’ U. Arctoïdeus et le reste du spelœus.

Successivement admise avec plus ou moins de doutes par Camper, Esper, Rosenmuller, Blumenbach et Cuvier, elle a fini par être regardée comme non distincte par Hunter, Rosenmuller, et même par Cuvier lui-même qui ne la considérait plus que comme fort hypothétique.

Elle repose, comme VU. spelœus , sur un certain nombre d’ossements, et principalement sur plusieurs crânes en état plus ou moins parfait de conservation, et qui se trouvent absolument dans les mêmes circonstances et dans les mêmes localités que ceux sur lesquels on a établi l’Ours des cavernes.

Les caractères distinctifs qu’on lui assigne sont, comparativement avec la précédente, d’avoir:

1° Le crâne et le front plus longs, plus étroits; les bosses frontales peu marquées, et par conséquent le front plus aplati, les crêtes temporales moins prononcées, moins tôt rapprochées, formant un angle moins ouvert , et la crête sagittale en portion de cercle.

2° Le museau également plus allongé , plus étroit , et par suite la barre maxillaire plus étendue.

3" Les arcades zygomatiques plus longues , plus arquées en dessus et plus minces dans toute leur longueur.

4" Les orbites plus longs.

5° La mandibule plus étroite , plus droite à son bord inférieur, avec l’apophyse coronoïde plus aiguë et la fosse d’insertion du crotaphite plus unie et plus conchoïdale.

Comparé avec les espèces d’Ours vivantes, M. Cuvier avait d’abord pensé , dans la première édition de ses Ossements fossiles , que c’était de l’Ours noir d’Amérique que l’Ours arctoïdese rapprochait le plus; mais

dans la seconde, c’est de l’Ours noir d’Europe, et plus tard nous avons rours déjà dit qu’il la regarde comme problématique. «l'Europe.

Toutefois M. Schmerling, quoique dans le très-grand nombre de crânes qu’il a trouvés dans les cavernes des environs de Liège , il n’en ait rencontré qu’un de cette forme, n’en conclut pas moins que les différences que nous venons d’énumérer d’après lui , indiquent à l’œil le moins exercé une espèce distincte.

Cependant il suffit de comparer ces différences avec celles qui ca- conclusions, ractérisent Y U. spelœus pour voir qu’étant entièrement en opposition, elles indiquent le sexe femelle, dont celui-ci est le mâle, comme J.

Hunter, anatomiste bien autrement profond que tous ceux qui se sont occupés de cette question, l’avait parfaitement reconnu.

En sorte que, puisque les crânes de Y U. ArctoïcLeus ont été ainsi nommés justement à cause de leur grande ressemblance avec l’Ours d’Europe, on est forcé d’en conclure qu’il en doit être de même de Y U. spelœus.

3° De l’Ours antique ( U. priscus ).

C est celui dont M. Cuvier a parlé sous le titre de crâne plus petit et sa moins différent des Ours vivants que les deux précédents. Dénomination.

11 est établi d’abord sur la considération d’un seul (i) crâne in- os sur lequel crusté de stalactites et trouvé dans les parties les plus profondes de la ellc^b,ie' caverne de Gaylenreuth , décrit et figuré par M. Goldfuss, Nouv. Act. des Cur. de la Nat., X , 2, p. 259, tab. 20, f. B. C. , et depuis par M. Cuvier dans la pl. 27 bis, fig. 5-6 du tom. IV de la nouvelle édition de ses Ossements fossdes ; ensuite sur quelques fragments de mâchoires supérieure et inférieure, des dents canines séparées, quelques os des ex- Autres os. trémités trouvés dans les cavernes des environs de Liège par M. Schmer-

(t) M. Goldfuss, dans les huit cent soixante-dix Ours qu’il a trouvés dans la caverne de Gaylenreuth , en admet cependant dix de son U. priscus.

Ses Caractères.

Tirés.

Du Front.

Des Crêtes temporales.

Des Arcades zygomatiques .

De la Barre.

Des Fausses Molaires.

De la Dent principale.

Conclusions.

ling , et décrits et figurés par lui clans ses Recherches sur les Ossements fossiles des cavernes des environs de Liège , tom. I, p. i 10.

Les caractères qu’on lui assigne comme espèce sont d’avoir :

i" Une taille un peu moindre que celle d’un grand Ours noir d’Europe, et d’être par conséquent bien plus petit que l’Ours des cavernes. Aussi. M Schmerling, dans sa méthode de procéder pour l’établissement de ses espèces d’Ours fossiles, lui rapportait-il les os qu’il trouvait les plus petits.

2° D’une grande ressemblance dans son profil avec l’Ours brun des Alpes , ayant le front plat dans tous les sens , sans concavité sensible , ce qui le rapproche, dit-on, plus des Ours noirs d’Europe que des Ours bruns.

3° Les crêtes temporales concaves en dehors et se rapprochant en se touchant de bonne heure en avant, de manière à former un triangle court, ce qui, suivant M. Cuvier, le fait ressembler davantage à l’Ours noir d’Amérique, dont il diffère du reste par plus de brièveté du museau.

4° Les arcades zygomatiques moins écartées que dans l’Ours noir d’Europe; le crâne plus large à l’occiput et aux tempes que dans l’Ours brun , et les apophyses postorbitaires du frontal allant un peu en descendant.

5° La barre maxillaire un peu plus longue que dans cette espèce.

6° Et enfin, caractère sur lequel on insiste le plus, les alvéoles de la première et de la seconde avant-molaire en haut bien visibles , ce qui manque presque toujours dans les autres Ours des cavernes.

7° A quoi M. Schmerling ajoute, p. 1 1 8, 1, que la dent principale d’en bas n’a pas d’éminence interne, que l’éminence principale est placée plus au milieu , que le talon postérieur est divisé en deux ; en un mot , que cette dent est plus simple que dans les autres Ours fossiles.

Tous ces caractères tirés d’un seul crâne , de quelques fragments que M. Schmerling rapporte à cette espèce par la seule considération de la taille, et des avant-molaires conservées sur de. jeunes individus , et qui paraissent suffisants à MM. Cuvier et Schmerling pour en conclure que,

malgré la ressemblance extrême qu’ils offrent avec les Ours brun et noir, ils n’en indiquent pas moins une espèce différente, aussi bien des XJ. spelœus et Arctoiideus fossiles que des XJ , niger et Arcios , sont évidemment bien trop peu importants , pour dépasser les limites de variations individuelles, ou bien de sexe ou d’âge différents. En sorte que pour nous , ce crâne et ces ossements seraient un degré encore plus rapproché de l’Ours d’Europe.

4° De l’Ours d’Étrurie ( XJ. Etruscus).

Ce nom a été provisoirement employé par M. Cuvier pour désigner une espèce d’Ours fossile , dont les fragments ont été trouvés dans les couches meubles qui remplissent le Val d’Arno, près de Florence (i).

Ces fragments, décrits et figurés par M. Cuvier, Ossements fossiles , IV, p. 378, PI. 27 bis , f. 8-9-10-11, consistent en trois morceaux de mâchoire supérieure. Les deux premiers montrent les alvéoles des trois premières fausses-molaires aussi bien conservées, dit M. Cuvier, que dans aucun Ours vivant d’Amérique ou de l’Inde , la principale et la première arrière-molaire plus ou moins usées. Les deux autres morceaux ne présentent au contraire que les trois molaires vraies dans les proportions ordinaires chez l’Ours d’Europe, et extrêmement usées.

Sur ces fragments, M. Cuvier se borne à dire, ne les connaissant, si je ne me trompe, que d’après les dessins qui lui en ont été remis, que c’est à l’Ours brun qu’ils ressemblent le plus, mais quilny a pas, dans cette ressemblance, de motif suffisant pour établir l’identité d’espèce, conclusion tout à fait contraire aux principes que nous avons établis sur l’importance du système dentaire dans la distinction des espèces. Au reste , la ressemblance n’est peut-être pas tout à fait hors de doute , du moins pour le fragment de la figure 10, où la proportion des arrière-

(1) M. Hermann de Meyer cite aussi la caverne de Sandwich comme contenant quelque» fragments de cette espèce ; mais j’ignore quels fragments et d après qui.

Synonymie.

Lieux où elle a été trouvée.

Fragments sur lesquelselle est établie.

Ses Caractères.

Tirés

des Avant- Molaires.

Canines attribuées à tort à cette espèce.

molaires rappelle un peu ce qui a lieu chez les Ours de la derniere division ou des Helarctos. Mais doit-on avoir une confiance absolue à ces figures? C est ce dont je doute un peu. Cependant, ce qui pourrait faire penseï que ces fragments fossiles dOurs semblent indiquer une espèce distincte, c’est la note rapportée par M. Cuvier dans les additions à ce volume, p. 507, qu’une tête entière, découverte à Figlino, surpassait à peine en grandeur celle de l’Ours noir d’Amérique, et que, d’après M. Pentland , les trois avant-molaires remplissaient entièrement l’espace compris entre la canine et la principale.

Cette espèce serait encore plus distincte de toutes celles que l’on connaît aussi bien à letat vivant qu’à letat fossile, s’il était certain qu’on dût lui rapporter des dents canines arquées, comprimées presqu’en couteau, et qui, trouvées d’abord à Darmstadt, se sont rencontrées depuis en Angleterre, en Auvergne et en Italie, dans le Val d’Arno, mais toujours absolument isolées, et dont on a fait un genre sous le nom de MachcCirodus d’abord, et ensuite sous celui de Stenodon.

Je sais bien que M. Cuvier dit dans le supplément de son dernier volume, d après M. Pentland, que l’une de ces dents en couteau a été trouvée attachée à un morceau de mâchoire fossile dans le Val d’Arno, ce qui même a déterminé M. Cuvier à changer le nom provisoire d '(J. Etruscus qu il avait donné à cette espèce en celui d 'LJ. cultridens ; mais d après ce que m’a assuré M. Mac-Enry , qui a visité la collection de Florence depuis M. Pentland, il est très-probable qu’il y a eu erreur de la part de celui-ci ; en effet , il n’y a dans cette collection aucune de ces dents tranchantes qui soient adhérentes. Il faut en effet remarquer qu’en parlant de la tete trouvée entière à Foligno, M. Pentland n’a nullement fait mention de canines aussi singulières et qui l’auraient sans doute frappé.

D après ces observations, il serait encore fort possible que Y U. Etruscus ne fut aussi qu une simple variété de taille de YU. Arctos comme 1 U. priscus de M. Goldfuss, vivant à une époque moins reculée que les variétés dites U.spelœuse t U. Arcloïdeus , et par conséquent dans des

circonstances de développement bien moins favorables. Cependant Nesti ayant pu juger par la forme des alvéoles d’un morceau observé par lui , que les dents canines devaient être comprimées , il se pourrait que ce fût une espèce distincte; peut-être la même que la suivante.

5° L’Ours d’Auvergne ( U. Arvernensis ).

(U. minimus, Devèze et Bouillet. Montagne de Boulade, p. 75, tab. 1 3, f. 1-2.)

C’est sous ce nom tiré du lieu de l’observation que MM. l’abbé Croizet et Jobert ( Ossem.J'oss. du Puy-de-Dôme , 1, p. 188, pl. 1, f. 3*4) ont désigné une cinquième espèce d’Ours fossile.

Les fragments sur lesquels ils l’ont établie consistent en une grande partie de la face et de la mâchoire supérieure armée de ses dents, mais altérée évidemment par une compression assez forte , et ils lui rapportent, à cause d’une proportion convenable, une vertèbre atlas, un fragment d’omoplate , une grande partie d’humérus , et la partie supérieure d’un tibia , trouvés dans le même pays.

Depuis lors, M. l’abbé Croizet avait recueilli , dans la collection fort intéressante qu’il a bien voulu céder au Muséum , un autre fragment de tête et deux demi-mandibules presque entières, et du même individu.

Le morceau de tête présente la première paire d’incisives et les alvéoles des deux autres paires ; les alvéoles des canines qui d’après la coupe devaient être ovale-allongées d’avant en arrière; et, en effet, ces dents d’après un autre fragment faisant partie de la collection de M. de Laizer, sont très-aplaties , plus que dans toute autre espèce vivante ou fossile, moins pourtant que dans Y U. jmltridens , les trois alvéoles des trois avant-molaires, toutes arrondie^ et également espacées; la principale bien entière, triquètre, à trois pointes mousses et nullement usées; les deux arrière-molaires dont la première plus petite et presque carrée et la seconde plus longue , mais avec une queue un peu moins forte peut-être que dans l’Ours d’Europe.

Synonymie.

Fragments sur lesquels elleest établie.

Mâchoire

Autre

Mâchoire

supérieure.

2 Mâchoires inférieures.

Ses Caractères tirés

des Dents.

Comparaison .

Les deux demi-mandibules de la collection de M. l’abbé Croizet, maintenant dans celle du Muséum, ne sont presque formées que par la branche horizontale, sans apophyses coronoïde ni angulaire, et seulement sur l’une avec le condyle articulaire transverse et en portion de cylindre. Du reste, la forme de cette branche est assez étroite et proportionnellement assez allongée , presque tout à fait droite sur ses deux bords, et ressemble un peu à ce quelle est dans un Ours noir d’Amérique de petite taille.

Le système dentaire qui se trouve sur ces deux fragments est presque complet, ce qui reste sur l’une étant justement ce qui manque sur l’autre; sauf pour les incisives, dont l’externe existe seule entière sur un des fragments. On peut cependant s’assurer sur ce même morceau qu’il y en avait deux autres et que la seconde était fortement rentrée comme à l’ordinaire. La canine droite est bien complète, sauf la dernière pointe qui est cassée. Elle a tout à fait la forme de celle des Ours ordinaires, forte, robuste et à peine comprimée, n étant ovale qu’à la coupe de son collet. Mais les trois avant-molaires sont des deux cotés parfaitement conservées et semblables, assez également espacées entre elles, la première la plus forte, et la seconde à peine un peu plus petite que la troisième, assez éloignée de toucher la principale. Celle-ci est assez simple , quoique de forme accoutumée , ainsi que les trois arrière-molaires , dont la dernière est ovale-arrondie.

Comparée avec les espèces vivantes, MM. Croizet et Jobert concluent que leur Ours d’Auvergne ressemble à l’Ours brun d’Europe, parce que les dents occupent à peu près la même longueur ; mais qu’il en diffère i parce que la ligne du chanfrein est beaucoup plus droite; 2" le museau plus étroit au niveau des premières molaires, ce qui est évidemment dû à la compression que le morceau a éprouvée ; 3“ et qu’il est plus court et plus élevé.

Comparée avec les espèces fossiles , celle d’Auvergne est des deux cinquièmes plus petite que les U. spelœus et U. Arctoïdeus ; la ligne dentaire formée par les molaires est d’un cinquième moins longue que dans

HISTOIRE PALÉOJNTOLOGIQUE. 65

VU. pnscus; la largeur du museau un tiers plus petite, au contraire de sa hauteur plus grande , et les trois dernières molaires occupent un espace beaucoup plus petit que dans VU. Etruscus , auquel cependant VU. Atvernensis ressemble d’ailleurs par la conservation plus prolongée des alvéoles des avant-molaires.

M. Bravard, dans son Mémoire sur deux espèces fossiles de F élis , p. g3, avait dit aussi que l’Ours fossile d’Auvergne devait avoir à peu près la taille de l’Ours brun , et qu’il en différait : 1 ° par la forme des canines légèrement comprimées et faiblement dentelées aux arêtes antérieure et postérieure; 20 par les trois fausses molaires qui existaient à tout âge; 3° enfin par l’humérus , qui est percé d’un trou au-dessus du condyle interne.

Ainsi cette espèce se distinguerait surtout d’une manière tranchée par inclusions, la forme des canines , et cette distinction semblerait bien confirmée par Je trou dont'l’bumérus est percé au condyle interne ; mais est-il certain que cet humérus provienne du même animal que la tête, quoique trouvé dans le même terrain? Cela n’est peut-être pas hors de doute.

Ne serait-ce pas celui d’un Amphicyon? Quoi qu’il en soit, on peut croire que l’Ours fossile en Auvergne constitue une espèce distincte , et même quelle indique une forme assez rapprochée des dernières espèces de ce genre; et comme dans l’Ours des Cordillières ( U. ornatus) l’humérus est percé au condyle interne, on pourrait en inférer que le rapprochement fait par M. Bravard, et ensuite par MM. Croizet et Jobert, devrait être accepté comme légitime.

Mais alors, ne serait-ce pas la même espèce que VU. Etruscus de M. Cuvier?

6° L’Ours de Pitore ( U. Pitorrii).

C’est à M. Marcel de Serres qu’est due la proposition de cette espèce Proposé par fossile, abondante dans les cavernes du midi de la France, et entre se^gg autres dans celles de Sallèles et de Fausan, établie d’abord ( Bulletin G. Ursüs. 9

66 CARJVASS1ERS; URSUS.

univ. (les Sc. Nat. et de Géologie , i83o, Janv.,p. 1 5 1-162, et Journ.de sur des frag- Géologie, III, p. 2Ô2 ) d’après un morceau de mâchoire inférieure, et sur la seule considération que la dent principale a deux racines, et par conséquent deux trous alvéolaires bien distincts, ce qu’il suppose n’être pas aussi prononcé dans les autres espèces; mais plus tard, dans la Revue du Midi, d’après l’examen d’un assez grand nombre de crânes proveues cavernes nant des cavernes des départements de l’Hérault et du Gard, dont du Midi. Dejuc avaiti dès 1772, recueilli une demi-mâchoire inférieure trouvée comparé, dans un faubourg de Boutonnet.

, En les comparant minutieusement avec ceux des U. spelœus et Arc-

toïdeus, mais cependant sans mesures linéaires d’aucune sorte, et sans ligures qui puissent y suppléer, M. Marcel de Serres trouve le front plus déprimé que dans le premier (1 ) , quoique les bosses frontales soient bien plus saillantes que dans le second; la crête temporale très-marquée; la crête sagittale infiniment plus étendue et plus saillante; la fosse temporale plus grande proportionnellement ; le museau plus aigu et plus effilé ; la mandibule plus allongée, quoique moins large que dans m. spelœus ; la symphyse moins longue, au contraire de la barre; la première molaire, sans doute la principale, moins longue d’avant en arrière que dans l’Ours des cavernes, et ses deux racines tellement rapprochées quelles se soudent et semblent n’en former qu’une seule.

Ce que M. Marcel de Serres résume en disant que son U. Pitorru , d’une taille un peu supérieure à celle de VU. spelœus, avait la tête plus allongée, le front plus déprimé, le museau plus aigu et plus effilé, et qu’il était intermédiaire aux CJ. spelœus et Arctoïdeus. conclusions. Or, cette conclusion, ainsi que les notes différentielles, qui ne sont évidemment que des nuances individuelles, ne portant sur aucune considération importante . suffiraient seules pour montrer que c’est encore une espèce nominale. Mais c’est ce que nous avons pu confirmer en examinant plusieurs ossements et dents envoyés par M. de Christol au

(1) A ce sujet il reconnaît avoir supposé à tort qu’il était au contraire plus bombe.

Muséum, et surtout en comparant une belle tête presque complète que M. Larrey de l’Institut a rapportée de Nîmes, et qu’il a donnée à l’Académie des sciences, et ensuite au Muséum; c’est indubitablement un des exemplaires les plus complets, les plus manifestes de ce que l’on est convenu jusqu’ici de nommer U. spelœus , comme il sera possible de s’en convaincre dans notre iconographie , où elle est figurée.

Quant à YU. Metoposcairnus , que je trouve également indiqué parle mêmeM, Marcel de Serres, comme provenant d’une brèche diluvienne des enviions de Perpignan dans les Annales des sciences d’observations , tom. I, p. 229, ann. i83o, il paraît l’avoir abandonné, ou du moins il n en est plus question dans l’article de la Revue du Midi que nous venons de citer ; ainsi tout se borne à savoir qu’il est extrêmement rapproché de l’Ours noir d’Europe, et de la taille de l’Ours des cavernes.

70 L’Ours de Liège ( U. Leodiensis).

Nous avons vu plus haut , en parlant de Y U. spelœus , que M. Schrnerling , dans son excellent travail sur les ossements fossiles des cavernes de la province de Liège , avait reconnu parmi les crânes à front bombé deux variétés, dont l’une d’une taille supérieure à l’autre, d’où ses U. fomicatus major et U , fornicatus minor. C’est ce qui a également eu lieu pour l’Ours à front plat. Il a rencontré dans une sorte de brèche osseuse, contenant trois portions de tête de l’Ours à front bombé et autres os, une petite tète de celui à front plat, et il en adonné une excellente figure de grandeur naturelle pi. i5 de son ouvrage.

Cette tête, évidemment adulte, est presque complète, sauf quelques dents qui manquent. En la comparant avec celle du grand Ours à front aplati, M. Schmerling dit :

« Le museau est allongé, mais moins large; l’ouverture nasale plus » longue et d’une forme plus quadrangulaire; les os du nez plus courts » et un peu plus élevés; l’espace interorbitaire plus grand; les apophyses » postorbitaires du frontal plus proéminentes; l’espace intercepté par

Proposé par M. Schmerling.

D’après un crâne.

Des environs de Liège.

Comparé.

Dans la tète.

» les crêtes temporales beaucoup plus considérable; celles-ci réunies en » un angle très-aigu pour former une crête sagittale plus petite, et of- » frant au point de jonction de ces crêtes le culmen ou le point le plus » élevé du crâne; les orbites plus grands et moins obliquement disposés; » les arcades zygomatiques moins relevées en haut, et cependant plus » arrondies en dehors. »

Dans la mà- Quant à la mâchoire inférieure, M. Schmerling ayant rencontré un chmre og mancpbuiaire qUj lui paraissait s’éloigner notablement des autres, il l’a rapporté à son U. Leodiensis en lui assignant comme caractères d’être mince dans toute sa longueur, d’avoir le bord inférieur moins droit que dans le grand Ours à front plat , l’apophyse coronoïde trèslarge à sa base et en pointe plus aiguë au sommet.

Dans sa taille. Enfin M. Schmerling donne à son Ours fossile de Liège une taille un peu moindre que celle de Y U. Arctoïdeus , la tête du premier n’ayant que 410 millimètres au lieu de 44 ° à 47° que peut avoir celle du second.

Mais toutes ces différences sont encore si légères , surtout quand on les étudie sur les figures excellentes et de grandeur naturelle données par Schmerling , que l’on ne peut y l ien trouver de spécifique. En effet , en comparant la figure del’t/. Leodiensis avec celles données par M. Cuvier, il est impossible de ne pas reconnaître qu’il a les plus grands rapports avec le crânefiguré pi. 27 bis, f. 3 des Recherches sur les Ossements fossiles, comme Y U. Arctoïdeus , et dont le bombement du front est même assez prononcé pour avoir porté M. Cuvier à le regarder comme faisant le passage à Y U. spelœus.

Conclusions. Je crois donc que le prétendu U. Leodiensis , établi sur un seul échantillon , 11’est qu’un U. Arctoïdeus , ou un individu femelle âgé de l’espèce dont Y U. spelœus est le mâle, c’est-à-dire de notre Ours d’Europe actuel , grandement dégénéré, surtout dans nos individus de ménageries.

8° L’Ours sivalien ( U. Simlensis).

Signalé par MM. Cauteley et Hugh Falconer d’après des ossements

trouvés dans les monts Sivaliens, versant méridional des Himalayas , et reposant sur une tête osseuse presque entière. Cette espèce difîère sans doute de tout ce que nous connaissons en Europe, pour ressembler plus ou moins aux Ours actuellement vivant dans l’Inde; mais c’est ce que nous ne pouvons assurer, le travail nécessairement fort intéressant des observateurs anglais ne nous étant pas connu.

9° L’Olrs de Neschers ( U. Neschersensis).

C’est à M. l’abbé Croizet que la proposition de cette espèce est due; en effet , nous en avons trouvé l’indication dans le manuscrit qu’il a fait parvenir à l’administration avec sa collection.

Elle repose sur une mandibule du côté droit, à laquelle il ne manque que l’apophyse coronoïde et les dents incisives. J’ignore au juste sur quelles considérations différentielles M. Croizet établissait cette espèce. Ce que je puis assurer, c’est que cette mandibule a tous les caractères de celle de l’Ours des cavernes de la plus grande taille; en effet, elle surpasse celle figurée par M. Schmerling sous le nom d’ U. spelœus major de près de 5 centimètres. Du reste elle a la même longueur, en sorte quelle semble avoir un peu plus d’étroitesse proportionnelle; le plus de longueur porte sur celle de la barre qui est sans traces de dents ni d’alvéoles, comme à l’ordinaire. Quant aux dents qui restent, c’est-à-dire, toutes les arrière-molaires et la racine de la principale , c’est la même forme et la même proportion que dans l’Ours des cavernes. Ainsi il nous semble que cet Ours de Neschers doit encore être rapporté à l’Ours d’Europe ancien.

Quant aux dents canines d’Ours trouvées dans la Sud-Amérique par Sellow , et figurées, comme il a été dit plus haut, par M. Weiss, dans les Mémoires de Berlin , il est fort probable quelles proviennent de l’Ours actuellement vivant dans ces pays ; mais c’est tout ce que nous pouvons en dire, ces canines n’étant pas de ces parties sur lesquelles il soit possible d’établir une caractéristique spécifique suffisante. Il me semble seu-

Proposé par M. Cauteley d’après un crâne des monts Sivaliens.

Proposé par M. Croizet.

D’après une mandibule d’Auvergne.

U. Neschersensis.

Des canines de l'Ours de la Sud-Amérique.

Des autres os fossiles d'Ours d'Europe.

Vertèbres.

Atlas.

Axis.

Sacrées.

Sternèbres.

Côtes.

Omoplate.

Jement qu elles indiquent un animal bien plus grand que les deux individus dont nous possédons le squelette, mais qui étaient évidemment assez jeunes et avaient été élevés en domesticité.

Avec les crânes et les mandibules trouvés fossiles dans les cavernes de toute l’Europe, on a aussi recueilli un très-grand nombre d’autres pièces du squelette de ce genre d’animaux , au point qu’on a pu en rétablir un entier par approximation; mais il a été difficile, comme on le pense bien , de les rapporter d’une manière un peu satisfaisante aux têtes ou crânes sur lesquels on avait établi les espèces; cependant on l’a essayé, comme nous allons l’exposer, en suivant dans notre examen l’ordre que nous avons adopté dans notre Ostéographie.

Les vertèbres ont été trouvées en quantité considérable et presque toujours parfaitement conservées.

M. Scbmerling cite cinquante atlas assez entiers dans la seule caverne de Golfontaine, et de dimensions assez différentes; un moins grand nombre d’axis, et également de deux grandeurs, et un nombre prodigieux d’autres vertèbres du col , du tronc, et même delà queue.

Notre collection possède deux sacrums entiers : l’un provenant de Gaylenreutli , figuré par M. G. Cuvier; l’autre provenant des Grottes d’Oselles , dans le J ura.

Parmi les autres pièces du tronc , M. Scbmerling mentionne quelques sternèbres provenant d’un jeune animal , et il les figure pl. 35, f. 19, ABC; mais il paraît quelles sont rares dans les cavernes, sans doute à cause de leur nature plus spongieuse et plus périssable.

11 n’en est pas de même des côtes. M. Schmerling dit quelles y sont communes et qu’il en a retiré par centaines; mais qu’il est fort rare d’en trouver d’entières , à cause de la fragilité de ces os. Il en a cependant figuré trois des plus complètes, qui ressemblent parfaitement à leurs analogues dans le squelette d’un Ours d’Europe.

L’omoplate, dont nous ne possédons qu’un fragment d’extrémité articulaire, provenant de Gaylenreuth , est rarement entière; M. Schmerling en a cependant recueilli plus de cinquante portions dans les cavernes de

la province de Liège , et surtout dans celle de Gofïbntaine, le plus souvent d’adultes, quelquefois de jeunes, et de deux dimensions principales.

Comme à son ordinaire il donne les plus grandes à VU. spelœus et les plus petites à V U. priscus.

L’humérus parait être assez commun dans les cavernes d’Europe , et en Humérus, bon état de conservation ; quelquefois cependant un peu fruste ou usé aux apophyses.

On peut dire qu’il y en a de dimensions très-différentes, d’épiphysés, et même de très-jeunes.

M. G. Cuvier, sans autre raison que les os qui s’éloignent le plus de Percé au conceux de l’Ours vivant doivent être rapportés à la tête qui est dans le d-,eint<rne même cas, applique l’humérus unique percé au condyle interne aux crânes à front bombé, c’est-à-dire à VU. spelœus. Mais M. Schmerling, qui a rencontré un nombre considérable de crânes à front bombé et pas un seul humérus percé (i), n’accepte pas cette distribution, avec juste raison. Pour lui c’est toujours la grandeur qui le dirige; et alors il en trouve pour toutes ses espèces et variétés, pour VU. giganteus, pl. 23, f. i ; U. spelœus major , pl. 23 , f. 2, A B ; U. spelœus minor, pl. 24, f. 4; U. Leodiensis , pl. 24, f. 2; U. priscus , pl. 24, f. 3 , sans avoir égard à d’autres caractères qu’à des mesures linéaires.

Le radius est aussi assez commun en entier ou en fragments. Nous en Radius, possédons quelques-uns de diverses localités. M. Schmerling en avait recueilli plus de quatre-vingts bien entiers, sans compter tous ceux qui n’étaient indiqués que par des fragments.

M. Cuvier n’en avait eu à sa disposition qu’un seul des cavernes de Franconie; mais, en le comparant avec un autre plus court et presque aussi large représenté par Rosenmuller, et après avoir fait l’observation que dans les cavernes il y avait des radius de deux sortes, il ajoute ; « Il serait

(1) Du moins au condyle interne; car il en a trouvé un seul qui l’était dans la fosse olécranienne, comme chez les Canis et les Hyènes; mais ce n’est ici qu’un résultat de l’exagération dans la profondeur des deux fosses.

» donc très-possible que l’un de ces deux radius eût appartenu au » deuxième des humérus décrits plus haut ; mais il est difficile de savoir » précisément lequel. A tout hasard ( ce qui est une assez singulière »> manière d’agir en pareil cas), je crois qu’on peut attribuer le plus » grand des deux au grand humérus à condyle percé. »

M. Schmerling prend toujours ses dimensions minutieuses, et ainsi il répartit aisément ses radius à trois de ses espèces , les plus grands et les plus abondants à VU. spelœus les seconds , médiocres, à VU. Leodiensis ; et les plus petits à V U. priscus.

cubitu*. Le cubitus est à peu près dans le même cas. M. Cuvier n’en possédait que deux fragments assez considérables. Mais M. Schmerling en a recueilli plus de cent, tant de l’extrémité supérieure que de l’inférieure, outre deux douzaines de parfaitement entiers et conservés. La collection du Muséum en possède aujourd’hui au moins une demi-douzaine, dont ceux figurés par M. G. Cuvier provenant des cavernes d’Allemagne, d'Adelsberget du Jura.

Suivant M. Cuvier, les fragments qu’il possédait étaient tellement semblables à la même portion dans les Ours communs qu’on ne peut y voir de différences sensibles.

Je n’ai pas pu en apercevoir non plus que sous le rapport de la taille, dans tous ceux que j’ai examinés , et c’est cette seule considération qui a porté M. Schmerling à en admettre de quatre espèces parmi les siens : la première , la plus grande, qu’il attribue à son U. giganteus; la deuxième, plus large, mais presque aussi longue, à VU. spelœus major ; la troisième, plus courte, moins large et très-rare, à son U. Leodiensis; et enfin, comme à l’ordinaire, la quatrième, la plus petite, et dont il n’a recueilli qu’un seul échantillon, à VU. prisais de M. Goldfuss. du carpe. Les os du carpe ont été, pour la plupart, en la possession de M. Cuvier. M. Schmerling s’est assuré qu’après les dents, ce sont les plus abondants et les mieux conservés dans les cavernes des environs de Liège. Notre collection en a aussi un assez bon nombre de celles d’Allemagne et de la Franche-Comté.

M. Cuvier n’a trouvé de différences, pour le scaphoïde, que des dimensions plus fortes d’un cinquième; pour le triquètre ou cunéiforme et le pisiforme, que detre aussi un peu plus grands; pour le trapézoïde, dêtre un peu plus large à proportion de sa longueur; pour l’unciforme, d’un cinquième plus grand Quant au grand os, M. Schmerlinga mis hors de doute que l’os figuré sous ce nom par M. G. Cuvier provenait certainement dun Lion et non d’un Ours; ce qu’au fait celui-ci soupçonnait lui-même un peu.

M. Schmerling, qui a eu en sa possession quelques douzaines de scaphoïdes, en a reconnu de quatre dimensions différentes; lesplus grands, * qu’il attribue à son U. giganteus, elles plus petits à son U. prisons, étant les plus rares; ceux de la seconde grandeur, étant les plus communs, sont appliqués à Y U. spelœus ; e t ceux de troisième, plus rares, à Y U Leodiensis probablement. Le triquètre, recueilli également en très-grand nombre , ne s’est présenté à lui que sous trois grandeurs assez différentes poui les i apporter à trois espèces, la plus petite certainement à Y U. priscus. Le pisiforme, dont il possédait plusieurs douzaines, est dans le même cas, cest-à-dire qu’ils se distinguent entre eux par leur longueur.

Quant au trapèze et au trapézoïde, M. Schmerling n’en a trouvé que fort peu; ce qui ne lui a pas permis de les répartir en espèces; mais ce qu’il a continué de faire pour Je grand os et l’unciforme, très-communs dans les cavernes des environs de Liège, et que les différences de grandeur lui ont fait attribuer à trois espèces.

La collection du Muséum possède aujourd’hui un assez grand nombre des os du carpe trouvés dans les cavernes d’Allemagne et de France, ne différant en effet de leurs analogues chez l’Ours d’Europe que par la grandeur.

Les os métacarpiens en la possession de M. Cuvier n 'étaient qu’au o* métacarnombre de quatre sans celui du pouce (i); mais dans les cavernes des piens’

(I) JVotre collection possède les quatre métacarpiens gauches signalés et figurés par M. Cuvier omme se convenant assez bien pour être considérés comme provenant du même individu ; G. LFrsüs.

environs de Liège, ils étaient en nombre si considérable, d’après M. Schmerling, que rien ne lui a été plus facile que d’en réunir les cinq qui ont formé les pieds de devant. Il paraît même qu’il a pu avoir à la fois les cinq os du métacarpe de la main gauche du même individu. 11 en a trouvé depiphysés, et même d’assez petits pour être attribués à des fœtus.

J’ai observé dans nos collections, outre ceux décrits et figurés par M. Cuvier, un certain nombre de ces métacarpiens, qui, pour la plupart, sont plus gros et plus courts que dans les squelettes de nos collec- * dons; mais je ne crois cependant pas que cette différence, déjà moins sensible quand la comparaison porte sur notre squelette de l’Ours féroce, puisse être un caractère spécifique, la dimension d’épaisseur marchant plus vite que celle de longueur dans l’augmentation de la taille des animaux.

M. Schmerling , d’ailleurs, en a signalé de plus grands et de plus petits, mais sans les appliquer positivement à telle ou telle de ses espèces, phalanges. C’est ce qu’il aurait également pu faire pour les trois sortes de phalanges, que l’on trouve en très-grande quantité dans toutes les cavernes à ossements; mais ici la chose était bien autrement difficile, celles des mains n’étant pas même faciles à distinguer de celles des pieds, et encore plus celles de chaque doigt de la même extrémité , de l’aveu même de M. Cuvier. Je crois cependant la chose plus possible qu’il ne le croyait, en ayant égard à là symétrie de l’extrémité en contre-poulie de chaque phalange; en effet, celle du doigt médian est la plus régulière, la plus égale dans ses deux côtés; tandis qu’aux phalanges des doigts internes ou externes, c’est l’un ou l’autre côté qui prédomine sensiblement , moins cependant que pour les doigts extrêmes.

A ces observations , je dois ajouter que dans les ossements d’Ours des

mais cela me semble absolument impossible pour le dernier ou l’auriculaire; il est en effet beaucoup trop gros pour cela. Aussi ne ressemble-t-il nullement à cet os que nous possédons de la caverne d'Éclioz. Je suis même porté à penser que ce u’est peut-être pas un métacarpien d'Ours.

cavernes les phalanges sont, comme les métacarpiens, proportionnellement plus courtes et plus larges que dans l’Ours vivant.

L’os innominé constituant les parties latérales du bassin , et le bassin Os innominé lui-même, paraissent fort rares dans le sol diluvial des cavernes à osse- etBassin ments. Rosenmuller en a publié un assez complet, M. Cuvier un autre qui l’est moins, et M. Schmerling n’en a recueilli aussi qu’un seul, et encore d’un individu non adulte; mais, en outre, des fragments d’os innominé, dont un presque entier qu’il attribue, à cause de la taille, à f U. priscus.

Outre celui décrit et figuré par M. Cuvier, notre collection en possède un autre assez complet provenant des cavernes du Jura. On peut aisément reconnaître qu’il serait impossible de tirer quelques caractères spécifiques satisfaisants de la comparaison de cet os avec son analogue dans nos squelettes d’Ours vivants, et cela d’autant plus que M. G. Cuvier a fait la juste observation que les Ours diffèrent beaucoup entre eux par les proportions de leurs bassins (p. 366).

Le fémur est plus commun que l’os innominé, ordinairement assez Fémur, complet, mais quelquefois aussi un peu mutilé à ses extrémités , adulte ou encore épiphysé.

M. G. Cuvier en décrit et figure deux, l’un plus grand et plus svelte, l’autre plus gros et plus court, et il en avait encore deux autres , venant l’un d’Alstenstein , l’autre d’Adelsberg.

M. Schmerling en possédait aussi plusieurs bien entiers, quoiqu’il ne les ait pas trouvés très-communs dans les cavernes des environs de Liège, et de cinq sortes : le premier, plus grand et plus large que le plus grand de M. Cuvier; le second , de la même taille que ce plus grand de M. Cuvier ; le troisième , plus svelte; un quatrième , plus court et plus gros en proportion, de mêmes dimensions que le second de M. Cuvier; enfin un cinquième plus petit et plus mince, représenté dans la planche 3o, figure 4-

La collection du Muséum possède aujourd’hui , avec ceux indiqués par M. Cuvier, six fémurs d’Ours des cavernes, dont trois proviennent de celles du Jura. Certainement il n’y en a pas deux de rigoureusement

semblables, ni pour la grandeur, ni pour les proportions : mais il est également certain qu’il serait impossible d’en tirer des caractères spécifiques.

Tibia M. Cuvier n’a eu à sa disposition qu’un seul tibia d Ours adulte des ca¬

vernes, semblable, dit-il, à celui qu’avait figuré Rosenmuller, et ne différant en rien, suivant lui, de celui de son squelette de l’Ours commun, si ce n’est qu’il est un peu plus gros à proportion.

M. Schmerling a été beaucoup plus heureux; il en a recueilli plus de quarante bien conservés, parmi lesquels, outre une extrémité supérieure de la plus grande dimension et qu’il rapporte à son U. giganleus, il en distingue trois autres sortes : la première et la plus commune, qu’il rapporte à l’ U. spelœus major; la seconde, plus petite , au fémur de la seconde espèce; et la troisième, la plus petite, semblable au fémur figuré par M. Cuvier.

J’ai vu au moins quatre de ces os dans la collection du Muséum, se dégradant presque insensiblement du premier, quia om,290 de long, jusqu’au dernier, qui n’en a plus que ora, 260 ; mais je ne vois pas comment on pourrait les regarder autrement que des os d’individus de taille et de sexe différents.

Péroné. Le péroné, comme os bien plus grêle que le tibia, s’est trouvé plus rarement entier que ce dernier. M. G. Cuvier n’en a eu qu’un incomplet, peu différent par sa forme, et même ses dimensions, de celui de l’Ours commun. M. Schmerling en a recueilli, outre une grande quantité d’extrémités supérieure et inférieure, plusieurs bien entiers, parmi lesquels il en signale un plus grand, un second un peu plus court avec la même largeur , et un troisième un peu plus petit de trois millimètres , qu’il répartit, suivant sa coutume , à trois de ses espèces d’Ours. os du Tarse. Les os du tarse, comme gros et courts, sont les plus communs dans les cavernes, mais surtout l’astragale, le calcanéum et le scaphoïde.

Astragale. M. G. Cuvier n’a eu que deux astragales, l’un un peu plus grand que l’autre, qui est plus entier; mais tous deux très-semblables à celui de l’Ours.

M. Schmerling a remarqué dans les astragales, qu’il avait en nombre

considérable et d’une rare conservation, cinq grandeurs différentes, dont les plus grands surpassent beaucoup ceux que M. Cuvier donne comme les plus grands , et les plus petits n’en sont presque que la moitié ; aussi ce dernier est-il rapporté à l’ U. priscus.

Nos collections en possèdent aussi un certain nombre de grandeurs assez différentes, et se nuançant de la première à la dernière ; aucun d’eux ne se ressemblant complètement.

Le calcanéum est absolument dans le même cas. M. Cuvier n’en a eu calcanéum, que deux , l’un un peu plus grand que l’autre ; celui-ci ne différant pas sensiblement, même pour la taille, de celui du grand Ours brun de notre collection , et celui-là étant un peu plus grêle à proportion , avec l’apophyse latérale plus pointue.

Dans les cavernes de la province de Liège, M. Schmerlinga remarqué une différence notable dans la grandeur et les proportions relatives des calcanéums qu’il y a trouvés , de manière à pouvoir en signaler quatre sortes: une très-grande, une plus petite, une plus petite encore, et enfin yne dont la taille est encore inférieure à celle-ci, et de près d’un tiers moins grande que la première.

J’ai trouvé dans nos collections des calcanéums retirés des cavernes , dont un était encore plus grand que le premier de M. Schmerling, et dont un autre est remarquable par sa grosseur proportionnelle.

Le scaphoïde n’a été signalé par M. G. Cuvier que d’après un seul scaphoïde, échantillon qu’il dit de dimensions non supérieures à celui de son plus grand Ours vivant, et M. Schmerling en a eu de trois grandeurs différentes parmi les cent et plus qu’il a examinés, et dont aucun ne lui a donné une différence dans la forme. Le plus grand avait cinquantetrois millimètres de long, et le plus petit quarante millimètres, c’est-àdire un quart de différence.

Les scaphoïdes que j’ai vus ne m’ont certainement rien offert de spécifiquement différentiel.

Le cuboïde, dont M. Cuvier n’a vu qu’un seul échantillon, qui lui a paru cuboïde, ressembler à celui de l’Ours vivant, excepté qu’il est un peu plus écrasé

Cunéiformes.

Des Métatarses.

Phalanges.

Os Sèsamoïdes.

Du Genou ou Rotule.

à proportion de sa largeur , a été trouvé très-abondamment dans les cavernes des en virons de Liège, et M. Schmerlingen a encore distingué de trois grandeurs ; mais il n’en donne pas le chiffre.

Le premier cunéiforme, dont M. Cuvier n’a vu cependant qu’un seul échantillon , est regardé par lui comme différant de cet os dans le vivant, parce qu’il est un peu plus écrasé. M. Schmerliug paraît aussi n’en avoir eu qu’un.

Il n’en est pas de même pour le second, que n’avait pas vu M. Cuvier, et encore moins pour le troisième , dont un seul échantillon avait été observé par lui; M. Schmerling représente deux grandeurs différentes du premier, et dit du second qu’il en a dans sa collection qui ont appartenu à des espèces de grandeurs très-différentes.

Quant aux métatarsiens, dont M. Cuvier n’avait pu réunir que quatre qu’il supposait dans leur ordre naturel du côté gauche, ils conservent, suivant lui, la même brièveté que les métacarpiens, d’un cinquième de moins que dans les Ours vivants, à grandeur égale, ce qui est confirmé par M. Schmerling qui a recueilli de ces os en abondance, de manière à en former assez aisément des métatarses entiers. D’après leur grandeur, il a également séparé ces os en ceux de Y U. spelœus et de Y U. priscus.

Les phalanges des trois sortes de pieds de derrière de l'Ours des cavernes ont été indiquées par M. Cuvier, et encore mieux par M. Schmerling. Les collections du Muséum en possèdent plusieurs ; mais on n’a pas essayé de les répartir suivant les espèces supposées.

Les os sèsamoïdes d’Ours ne sont pas plus rares que les autres dans les cavernes à ossements. Rosenmuller dit cependant n’en avoir jamais trouvé; mais M. Cuvier en possédait plus de trente, et M. Schmerlingen avait aussi recueilli un grand nombre de différentes grandeurs , même de jeunes animaux.

La rotule , dont Rosenmuller a décrit et figuré un échantillon , a été passée sous silence par M. G. Cuvier, quoiqu’il en existât dans les collections du Muséum à l’époque où il écrivait ; mais M. Schmerling, qui en

possédait plus de cent tirées des cavernes des environs de Liège , en a fait figurer de dimensions^xtrêmes.

Quant aux os sésamoïdes des doigts, c’était de ceux-là que possédait Des doigts. M. Cuvier, et qui existent encore dans nos collections; je ne voudrais cependant pas assurer qu’ils ne proviendraient pas d’une grande espèce de Félis, tant ils sont robustes et arqués.

M. G. Cuvier dit même avoir vu, dans la collection d’Ébel, à Brémen, ospénieu. un os du pénis, et M. Schmerling en cite aussi comme trouvés dans les cavernes de Liège ; mais il n’en figure pas , et nous n’en possédons pas.

Quant aux clavicules d’Ours que ce dernier dit aussi conserver dans sa collection, I , p. 1 52 , il y a probablement erreur. Car l’Ours n’en est certainement pas pourvu , pas même d’os claviculaires -, comme les Félis ; c’est même un des caractères ostéologiques les plus singuliers des Ours proprement dits.

Nous devons faire remarquer, avant de passer à l’examen du système État dentaire des Ours considérés comme fossiles, que dans le sol des cavernes qui préSentent les renferme leurs os en si grande abondance, pêle-mêle , fracturés, brisés, on HS d0urs fosen trouve qui ont appartenu à des individus très-âgés , à des adultes bien formés, à des adultes jeunes, avec quelques os encore épiphysés, à de jeunes individus dont tous les os sont encore épiphysés et séparés de leurs épiphysés, et même, d’après M. Schmerling, à des individus à peine sortis, ou peut-être encore contenus dans le sein de leur mère.

Nous devons également assurer que la plupart de ces ossements présentent assez rarement des traces certaines d’avoir été roulés, mais surtout beaucoup moins encore d’avoir été attaqués, rongés, brisés par la dent d’un autre animal carnassier. M. Schmerling, qui en a tant extrait des cavernes des environs de Liège , est parfaitement d’accord sur ce dernier point ; mais pour l’autre, il s’est au contraire convaincu que ces ossements, arrondis aux cassures, ont été plus ou moins roulés par les eaux.

Les dents qui nous restent à examiner sont an nombre des restes d’Ours ues Dents, que l’on trouve en plus grande abondance dans les cavernes à ossements.

Esper assure qu’on aurait pu en extraire par charretées de la caverne de

Leur

abondance.

Comparées avec celles des Ours vivants par M. Cuvier.

Incisives.

Canines.

Molaires.

M. Schmerling.

Gaylenreuth ; M. Schmerling en dit à peu près autant de la quantité de dents qu’il a trouvées dans les cavernes des environs de Liège. Celles du Jura paraissent aussi en contenir en grand nombre de toutes les sortes et môme de différentes grandeurs.

M. G. Cuvier, qui en avait plus de cent à sa disposition , commence par les regarder comme parfaitement semblables, pour les incisives, les canines et les grandes mâchelières, à celles de nos Ours du Nord, au point qu’il a cru pouvoir donner les ligures de ces dents fossiles pour exprimer les caractères de tout le genre. Cependant, suivant lui, leur grandeur annonce déjà des espèces particulières, parce que les plus petites des fossiles sont tout au plus égales aux plus grandes dents vivantes qu’il avait sous les yeux , et les plus grandes en général d’un quart au-dessus. M. Cuvier ne se hasarde cependant pas à rapporter ces dents à telle ou telle des espèces qu’il admettait parmi les Ours fossiles, et il convient que ce sont les autres parties qui en ont rendu la distinction plus claire. Mais il devient plus hardi pour les petites dents nommées par lui fausses molaires, et que j’ai décrites dans l’Ostéographie sous la dénomination d’avant-molaires. Il assure , en effet , que la première de ces dents ne manque jamais aux Ours vivants, quel que soit leur âge , et que jusqu’à présent on ne l’a jamais vue aux fossiles de la grande espèce , ni jeunes ni vieux , ce qu’il affirme pour les huit ou dix crânes qu’il a examinés , mais exclusivement pour la mâchoire supérieure ; car à l’inférieure , il l’a trouvée deux fois sur vingt. Quant à la dernière avant-molaire, il l’a également trouvée deux fois, ou mieux son alvéole dans des fragments provenant l’un de Gaylenreuth, l’autre de Sandwich.

Toutefois, M. Cuvier ne trouvait encore dans ces différence^ qu’un caractère distinctif des grandes espèces fossiles avec les espèces vivantes , portant d’abord sur le nombre total des dents , mais ensuite et plus convenablement sur leur degré de caducité.

M. Schmerling, qui a pu étudier plus de mille de ces dents d’Ours des cavernes, a été plus tranchant, et il est digne de remarque que, malgré qu’il ait déjà trouvé des différences assez notables dans la grandeur des

incisives des deux côtés pour être certain quelles proviennent d’espèces très-distinctes, il ne veut cependant pas se prononcer sur de telles données, et il trouve des preuves plus positives dans les canines , la sorte de canines, dents qui varient peut-être le plus dans le système dentaire des mammifères. 11 en mesure et figure , en effet , cinq variétés dans celles d’en haut : une première des plus grandes et des plus communes, une seconde un peu moins longue et cependant proportionnellement plus large à la racine , une troisième plus longue que les précédentes et presque aussi large que la première , une quatrième plus petite et beaucoup plus mince, enfin une cinquième encore un peu plus courte et de même grosseur; et, comme on le pense bien, M. Schmerling trouve également cinq variétés de canines inférieures, correspondantes aux supérieures.

La même manière d’argumenter est appliquée aux molaires per- Molaires, sistantes, en annonçant qu’il en possédait de dimensions plus fortes que ne le sont les plus grandes mentionnées par M. Cuvier, aussi bien que de moindres que ses plus petites.

Quant aux avant-molaires, il en possédait aussi quelques-unes, et il se- Avanttait assuré que, dans les grandes espèces fossiles, elles se rencontrent Molairesquelquefois, comme cela avait déjà été indiqué par plusieurs observateurs et par M. Cuvier lui-même.

Depuis la publication de la seconde édition des Recherches sur les Ossements fossiles de M. Cuvier, en 1825, nos collections du Muséum ont reçu une assez grande augmentation sous le rapport des dents d’Ours des ca- rar moi. vernes. J’ai donc pu les étudier d’une manière assez complète et je puis dire que, sauf les dimensions plus grandes et nécessairement en rapport avec la Et trouvées supériorité de taille , sauf l’accentuation plus marquée des tubercules des ^j^eT" mamelons qui en hérissent la surface , plus peut-être à la principale inférieure qu’à aucune autre, ce qui indique en général une force plus sauvage , je n ai pu trouver aucun caractère spécifique dans aucune de ces dents, comparées avec leur analogue dans notre Ours commun, et surtout avec celui de l’Amérique occidentale, connu sous lenomd’O. féroce

En général peu usées.

ou d’O. gris , le seul dont nous ayons un squelette bien adulte et provenant d’un individu sauvage.

Sans doute les molaires sont en général parfaitement conservées, peu usées, quoiqu’on en trouve aussi qui le sont, comme l’a fait observer M. Schmerling, et comme nous en possédons dans la collection du Muséum , provenant des cavernes des environs de Besançon ; mais en conclure que ces Ours étaient plus carnivores que les nôtres , parce qu’en effet dans les squelettes d’Ours provenant de nos ménageries, elles le sont toujours bien davantage; cela me parait assez hasardé. Toutefois , il reste certain, comme fait géologique , que la très-grande partie des dents d’Ours que l’on trouve dans les cavernes ne sont pas usées, et indiquent que ce n’est probablement pas de vieillesse que ces animaux sont morts; d’autant plus, comme nous l’avons fait déjà observer , d’après M. Schmerling, que dans la môme caverne on trouve des restes d’individus de tous les âges. Nous devons cependant faire remarquer que, d’après les observations de M. Marcel de Serres , les dents d’Ours trouvées dans les cavernes à ossements du midi de la France, et entre autres celles de Fausan , département de l’Hérault, et de Caunes, département de l’Aude, sont extrêmement usées ; aussi en conclut-il que ces animaux se nourrisssaient sans doute principalement de substances ligneuses; ce qui est fort peu probable, aucun animal mammifère végétivore ne mangeant le bois quand il est un peu ancien , et l’Ours bien moins qu’un autre.

CONCLUSIONS

Les animaux que nous désignons aujourd’hui sous le nom d’Ours, paraissent avoir été connus sans interruption depuis les temps historiques les plus reculés jusqu’à nous, sous le nom

De Dob chez les Hébreux, nom que lui donnent encore les Arabes modernes;

D ' Arctos chez les Grecs;

CONCLUSIONS

D'Ursus chez les Latins, d’où ses dénominations dérivées dans toutes les langues néo-latines.

De Beer chez les nations germaniques.

Et sans que l’on ait trouvé encore une étymologie un peu satisfaisante d’aucune de ces dénominations (i).

Nous n’avons cependant encore trouvé aucun ouvrage d’art ancien , de quelque nature que ce soit , dans lequel un animal de ce genre soit représenté.

Nous n’en connaissons non plus aucune partie qui en ait été conservée ni dans les tombeaux , ni dans les nécropolis égyptiennes.

[ Dans le passage où j’ai cité Hérodote pour avoir parlé des Ours comme d’animaux sacrés chez les Égyptiens, j’ai suivi la traduction donnée par Gesner ( Quadrup ., p. g53 ad Jin.). Mais je dois dire que cet auteur paraît avoir un peu modifié le passage d’Hérodote.

Voici en effet comment Larcher le traduit. Après avoir parlé des Chats, des Chiens, des Ichneumons, des Musaraignes , des Éperviers et des Ibis, qu’après les avoir embaumés on mettait dans des caisses sacrées pour les envoyer dans des villes déterminées, il ajoute : « Mais les Ours, qui sont rares en Égypte , et les Loups qui n’y sont guère plus grands que des Renards, on les enterre dans le lieu même où on les trouve morts; » par conséquent sans les embaumer. Ainsi il n’y arien détonnant que leurs ossements ne soient pas parvenus jusqu a nous. Mais il n’en résulte pas moins que les Ours existaient alors en Égypte , ce qui est confirmé par Prosper Alpin ( Hist . nat. Ægypt., lib. IV, cap. 9, p. i5i), dans ce passage : « Ursis , Lupis , Vulpibusque ea provincia non est desütuta ,

(1) J’ai été curieux de savoir si la langue chinoise offrirait quelque chose de plus satisfaisant. M. de Paravès auquel je me suis adressé a eu la complaisance de faire presqu’extemporanément des recherches sur les noms que les Chinois donnent à l’Ours. Je ne puis malheureusement employer dans un ouvrage de la nature du mien , la note étendue et fort intéressante qu’il a bien voulu m’envoyer. Mais ce qu’il en résulte de plus général , c’est que d’après les noms inscrits dans les dictionnaires sous six clefs différentes , les Chinois distinguent plusieurs espèces d’Ours , d’après la couleur ou d’après la taille : une blanche , une jaune , et une très-grande ; et qu’ils connaissent en outre les principales particularités de mœurs et d’usages de ces animaux.

etiam hœc animalia non admodum ibi sint copiosa. Ursi ovibus nostratibus haud majores visuntur; ornnesque fere albicant et cicures nostratibus faciUiis redduntur minüsque feraciores sunt. Ainsi c était probablement la mêmevariété trouvée dernièrement en Syrie par M. Ehrenberg.]

Les Ours étaient cependant sans doute bien plus abondants qu’ils ne le sont aujourd’hui à la surface de la terre , et surtout dans notre Europe tempérée (i), à en juger par l'énorme quantité d’ossements qu’ils ont laissés dans des terrains de nature et d’ancienneté très-différentes.

On en a trouvé en effet :

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