‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologieChapitre 38 sur 171 · DES OS SÉSAMOÏDES ET PÉNIEN · texte numérisé non relu

DES OS SÉSAMOÏDES ET PÉNIEN

quatrième au côté externe dans le tendon du cubital antérieur, et collé contre le pisiforme , je ne l’ai vu dans aucun Petit-ours. Les sésamoïdes de l’articulation métacarpo-phalangienne sont en général trop peu ossifiés pour avoir été conservés sur les squelettes des espèces de ce groupe dont nous étudions l’ostéologie ; mais quelquefois aussi ils l’ont été , et ce sont de très-petits osselets sigmoïdes.

Les sésamoïdes des membres postérieurs sont :

La rotule , assez large encore et fort épaisse en haut dans le Blaireau et le Mydaus , un peu moins et plus allongée dans les Ratons et les Coatis , presque circulaire , mince et arquée dans le Kinkajou ainsi que dans l’Arctitis.

De ceux de l’articulation fémoro-tibiale , j’ai trouvé celui du tendon d’origine du gastrocnémien externe avec sa forme ordinaire , dans le Blaireau , dans le Coati , le Raton , et même chez les Caudivolves de l’Inde ; mais il paraît ne pas exister dans le Mydaus.

Enfin, au pied , le sésamoïde du long péronier collé contre le cuboïde m’a semblé ne se trouver dans aucune des espèces que j’ai examinées ; mais il s’en trouve un assez petit à la partie interne du scaphoïde, provenant du tendon du tibial antérieur ; et les sésamoïdes des articulations métatarso-phalangiennes sont comme à la main , ceux du pouce les plus forts.

DE LOS PÉNIEN

Cet os, que nous avons vu encore assez médiocre dans les Ours, existe à un haut degré de développement chez tous les Petitsours, Blaireaux, Ratons, Coatis, et probablement chez les Mydaus et les Pandas ; mais certainement il n’y en a aucune trace dans les deux espèces de Caudivolves.

L os pénien du Blaireau est assez long, un peu courbé dans son corps, qui est triquètre , subcanaliculé en dessous et anguleux en dessus ; un peu renflé en massue rugueuse à son extrémité postérieure , il est au

Métacarpe.

Aux Membre?

postérieurs.

Du Genou.

Au Jarret.

Au Pied.

En général.

En particulier.

Chez

le Blaireau.

CARNASSIERS; SUBURSUS.

contraire aplati , dilaté et comme bilobé en avant , les deux lobes s étant réunis et ne laissant plus qu’un trou ovale médian , indice de leur ancienne séparation.

Le Raton. Chez le Raton , cet os est proportionnellement bien plus considérable, et surtout beaucoup plus recourbé en cz>, principalement à la partie antérieure , qui est fortement arquée en dessus. Son corps est du reste aussi renflé en massue en arrière, subtriquètre , arrondi jusqu’en avant , où il se comprime et se termine par un petit renflement bifurqué par une gouttière.

j.e coati. l’os pénien du Coati ressemble assez à celui du Raton ; il est seulement un peu plus grêle , plus comprimé , et surtout beaucoup moins courbé à l’extrémité antérieure , terminée par une dilatation cordiforme.

Je ne connais pas cet os dans le Mydaus ni dans le Panda, où sans doute il existe ; mais je me suis assuré qu’il n’y en a pas même de traces Les dans le Kinkajou ni dans le Rinturong.

Caudivolves.

DES DENTS

du Système gj Squelette des animaux carnassiers que nous avons réunis sous engènéraiet le nom commun de Petits-ours ne nous a offert dans son ensemble, adulte. et même dans beaucoup de ses particularités, que des différences assez peu importantes , et qui se sont pour ainsi dire nuancées depuis les Mydaus, les plus Ours, jusqu’aux Caudivolves , les plus Mustelins, au point que la plupart ne sont saisissables que par riconographie , nous allons voir qu’il n’en est pas de même pour le système dentaire, qui varie d’une manière tout à fait singulière, aussi bien dans le nombre total des dents que dans la forme, mais seulement, comme chez tous les véritables Carnassiers, pour les molaires; les incisives étant toujours en même nombre , et les canines presque de même forme.

De tordre Pour l’ordre à suivre dans cette description du système dentaire des a suivre. Petits-ours, quoiqu’il fût possible, et peut-être même plus rationnel

DENTS

aux yeux des personnes qui se sont laissé entraîner à ranger les Carnassiers d’après la considération unique du système dentaire , de faire nos descriptions dans l’ordre de son degré de complication , nous préférons suivre celui que nous avons adopté pour l’ostéographie , c’est-àdire prendre un type et lui comparer les autres combinaisons.

Chez les Blaireaux , que nous prenons pour type, comme nous l’avons fait pour le squelette , le nombre total des dents est au minimum de ce qu’il peut être dans tout le groupe; en effet, il n’est ordinairement que de neuf en haut comme en bas, dont voici la formule .

c’est-à-dire trois incisives, une canine en haut comme en bas, trois avant-molaires, une principale et une arrière-molaire en haut, deux avant-molaires , une principale et deux arrière-molaires en bas.

Les incisives disposées presque transversalement et terminales en haut comme en bas ; la troisième supérieure plus grosse que les autres et subcaniniforme ; la troisième inférieure élargie en palette , inégalement bilobée, et notablement plus forte que la seconde, plus rentrée que la première , la plus petite de toutes.

Les canines sont robustes, mais courtes, coniques, assez arquées, surtout les inférieures, plus en crochet et moins carénées que les supérieures.

Des trois avant-molaires supérieures, la première, quand elle existe, est très-petite, simple, gemmiforme, un peu rentrée et caduque (i); la seconde et la troisième subsemblables , si ce n’est pour la grosseur, n’ont qu’une seule pointe subcomprimée, avec un rudiment de talon en arrière. Les deux seules (2) inférieures sont aussi subsemblables; la

(1) Aussi ne se trouve-t-elle pas sur tous les individus.

(2) Il y a un moment où il en existe réellement trois, et alors la première est extrêmement petite.

De l\ Couronne.

En

particulier

Chez

le Blaireau.

Incisives :

supérieures, inférieures.

Canines :

Avant-

Molaires

supérieures

inférieures, 2.

G. Sübdrsus.

CARNASSIERS; SUBURSUS.

Principale :

supérieure.

Arrière- Molaires :

supérieure , 1 .

inférieures, 2.

Chez

le Mydaus ou Tclagon.

Incisives :

supérieures, inférieures.

postérieure étant cependant plus large, à son collet surtout, et toutes deux à une seule pointe mousse.

La principale d’en haut est triquètre, avec le bord externe tranchant à deux pointes, l’antérieure bien plus saillante que la postérieure, et un assez large talon ayant à son bord postérieur un seul tubercule excavé : celle d’en bas plus petite , est presque semblable à la dernière avant-molaire , si ce n’est quelle est plus grosse. Aussi n’a-t-elle qu’une seule pointe «à peine comprimée et médiane, avec deux arrêts basilaires plus marqués.

La seule arrière-molaire d’en haut, qu’on peut considérer ainsi que chez les Ours , comme représentant les deux des Coatis qui se seraient soudées, est remarquable par sa largeur, son étendue, son peu de hauteur, étant formée au bord externe par trois pointes basses décroissant de la première à la dernière, et par un large talon creusé de deux excavations sigmoïdes produites par le bord interne de la dent et par une saillie intérieure en croissant.

Des deux arrière-molaires d’en bas , la première est assez semblable à celle de l’Ours, étant assez étroite, allongée; mais sa moitié antérieure est plus régulièrement triquètre et a trois pointes , l’externe postérieure la plus forte et la plus élevée; tandis que la partie postérieure est, au contraire, plus large, plus arrondie, son bord élevé étant à deux pointes en dehors comme en dedans. Quant à la dernière arrière-molaire, elle est beaucoup plus petite, tout à fait ronde, en cupule, à bords relevés, l’externe subbifide.

Quoique le Mydaus ait les mâchoires plus allongées que le Blaireau , son système dentaire a les plus grands rapports avec celui de cet animal ; d’abord c’est le même nombre et la même formule :

dont

mais la ressemblance va encore plus loin.

Les incisives supérieures sont cependant plus égales, un peu plus en cercle, et la seconde des inférieures est aussi moins rentrée.

DENTS

La canine supérieure, plus longue que l’inférieure, est aussi notablement comprimée, comme cela a lieu dans la plupart des Petits-ours, tandis que l’inférieure, un peu déjetée en dehors, est assez courte et subconique ou peu comprimée.

Les avant-molaires supérieures sont plus inégales. Ainsi la première est presque rudimentaire et caduque de très-bonne heure, et la seconde est bien moins grande que la troisième , assez pointue ; les inférieures offrent la même disproportion entre la première et la seconde ( i ).

La principale supérieure est triquètre comme dans le Blaireau ; seulement sa pointe antérieure est plus grande et moins médiane , ce qui donne au tubercule du talon plus de largeur. L’inférieure a aussi un peu le même caractère comparée à son analogue dans le Blaireau , c’est-àdire que sa pointe est moins médiane.

Mais l’arrière-molaire d’en haut est surtout bien moins considérable que dans cet animal ; le bord externe n’ayant que deux dentelures subégales, et le talon étant beaucoup moins large avec deux dentelures marginales, l’antérieure plus élevée.

Quant aux deux arrière-molaires inférieures, elles ont la même forme, la même proportion que dans le Blaireau. Seulement la partie postérieure de la première est un peu moins étendue et n’a qu’une pointe en dehors comme en dedans à son rebord. La dernière est toujours en cupule ou salière.

Les espèces suivantes de Petits-ours qui constituent les genres Panda, Raton et Coati des zoologistes récents, rentrent davantage dans le système dentaire des Ours proprement dits , du moins sous le rapport du nombre. En effet, sa formule est presque constamment celle-ci :

dont

Dans le Panda, formant le G. Ailurus , le système dentaire est fort

Canines :

supérieure, inférieure.

A vaut - Molaires :

supérieures, 3 inférieures, 2

supérieure.

Arrière- Molaires, supérieure , 1 .

inférieures, 2

Chez le Panda.

(1) Comme dans ce petit Blaireau il y a une barre assez étendue , il est probable qu’à un tain âge on trouve la première avant-molaire caduque.

36 CARNASSIERS; SUBURSUS.

rapproché de ce qu’il est dans le Coati , quoique les mâchoires soient beaucoup plus courtes. On admet cependant qu’il y a une avant-molaire de moins à la mâchoire supérieure , ce qui donne la formule ,

Avant- Molaires, supérieures, 2.

Les incisives, en haut comme en bas, sont très-petites, subégales, la troisième à peine plus longue que les autres , et toutes transversalement rangées presque en ligne droite.

Les canines sont verticales , coniques, cannelées, fort pointues , droites ou à peine subarquées , et égales aux deux mâchoires.

Les avant-molaires sont remarquables en ce quelles sont moins simples que dans aucun autre carnassier ; les supérieures, au nombre de deux seulement, par absence de la caduque, comme souvent dans le Mydaus; toutes deux larges , tranchantes à leur bord externe ; la postérieure pourvue d’un large talon interne à deux pointes en dedans , et presque semblable à la principale.

Les avant -molaires de la mâchoire inférieure sont restées au nombre de trois; la première, simple, gemmiforme et fort petite, surtout proportionnellement aux deux autres, qui ont une assez grande ressemblance avec leurs correspondantes en haut; seulement la dernière, plus comprimée , n’a pas de talon interne.

La principale, en haut comme en bas, ressemble beaucoup à la dernière avant-molaire qui la précède , avec cette différence quelle est plus grande, et surtout bien plus épaisse; aussi celle d’en haut offre-t-elle la troisième pointe de son talon bien plus prononcée.

Les arrière-molaires sont encore bien plus épaisses, presque carrées en haut , parallélogrammiques en bas ; la première, la supérieure, divisée en deux lobes triangulaires, subtranchants, ayant chacun un tubercule au bord externe , avec un très- large talon basilaire hérissé de deux pointes aplaties et bordé en dedans d’un bourrelet frangé ; la seconde un peu plus petite, mais, du reste, semblable à la précédente. La pre-

DEJNTS.

mière d’en bas un peu plus longue que la seconde , mais présentant l’une et l’autre les deux bords égaux et partagés en denticules peu élevés, deux en dehors plus tranchants et trois en dedans obtus.

Dans les Coatis et les Ratons, la formule dentaire est constamment ainsi :

-, dont 6’

Les incisives supérieures du Coati sont moins terminales et plus en arc de cercle que dans les espèces précédentes; la première un peu plus grande que la seconde , et la troisième , assez distante de celle-ci , est fort pointue, un peu déjetée en dehors et tranchante.

Les inférieures sont plus terminales , fort petites , très-déclives ou presque dans la direction de la mandibule; la seconde non rentrée, et la troisième en pince oblique.

Les canines prennent décidément la forme en couteau que nous allons trouver dans toutes les espèces suivantes, c’est-à-dire quelles sont comprimées, tranchantes, un peu déjetées en dehors à la manière des défenses de sangliers. Outre cela , elles sont séparées des autres dents, et surtout des molaires , par une sorte de barre assez étendue.

Les avant-molaires , constamment au nombre de trois en haut comme en bas, croissent de la première à la troisième , celle-là étant cependant beaucoup plus petite; du reste, triangulaires, faiblement comprimées , avec le talon un peu en croissant en haut, et en bas un peu plus en crochet, avec le talon postérieur plus marqué.

La principale supérieure est assez bien comme dans le Blaireau ; mais ici il y a deux pointes externes bien marquées, la postérieure la plus haute, et l’inférieure, qui égale presque celle d’en haut, commence à avoir un second tubercule externe postérieur et un talon en fossette en dedans, de manière à être subtriquètre.

Les deux arrière-molaires sont presque égales et presque semblables en haut comme en bas , c’est-à-dire carrées , à deux tubercules presque

Chez

les Coatis.

Incisives :

supérieures.

inférieures.

Canines

Molaires, 3.

supérieures.

inférieures.

Principale.

supérieure.

inférieure.

Arrière- Molaires :

supérieures, 2.

CARNASSIERS; SUBURSUS.

inférieure.

les Ratons.

Incisives :

Canines :

molaires.

Principale

Arrièremolaires.

Dans le R. laveur.

Dans le R. crabier.

égaux en dehors comme en dedans; seulement la postérieure d’en haut, triquètre, n’a qu’un tubercule intérieur, et l’antérieure d’en bas a son tubercule antérieur interne bifide ; ce qui rend la moitié antérieure de la couronne tricuspide comme d’ordinaire , et la distingue parfaitement de la postérieure , dont, en outre, les deux tubercules postérieurs sont obliques.

Le système dentaire des Ratons n’offre rien de bien différent de celui du Coati. En effet, le nombre , la disposition des dents sont absolument les mêmes, quoique les barres post-canines soient moins étendues et même presque nulles. Les incisives sont également petites, mais plus en ligne droite ; les supérieures toutes contiguës, et les inférieures presque verticales. Les canines sont moins déjetées en dehors et moins tranchantes, surtout dans le Raton crabier. Les trois avant-molaires sont aussi plus coniques dans leur pointe, moins cependant chez le Raton ordinaire que dans ce dernier; la principale supérieure est surtout plus grosse et moins triquètre : aussi son bord externe a-t-il trois denticules , un médian plus grand au milieu de deux égaux, et son talon large et arrondi offre ses deux tubercules plus marqués. Quant aux deux arrière-molaires, c’est assez bien la même forme et la même proportion , du moins pour le Raton commun ; car dans le Raton crabier la dernière molaire, aussi bien en haut qu’en bas, est, proportionnellement avec l’avant-dernière, bien plus petite, ce qui caractérise parfaitement les deux espèces, et ce qui confirme aussi que , dans la série , le Raton crabier doit suivre le Blaireau, puis le Raton ordinaire , avant le Coati.

Chez les Petits-ours à queue volubile, le système dentaire présente des particularités qui le rapprochent davantage de celui des Ours en ce qu’il est entièrement tuberculeux dans sa partie molaire.

La formule dentaire est celle-ci :

•- + T+-, dont

mais il y a quelques différences entre les deux espèces.

DENTS

Dans le Kinkajou, dont les mâchoires sont très-courtes, les incisives sont proportionnellement fortes, terminales, mais un peu en cercle, tranchantes à la couronne verticale , bien rangées, de manière à ressembler un peu à celles de l’homme, du moins à la mâchoire supérieure.

Les canines sont assez courtes , subconiques , cannelées , assez peu arquées, un peu tranchantes en arrière.

Les avant-molaires sont assez caniniformes ; la première un peu plus forte que la seconde ; celles d’en haut un peu plus comprimées que celles d’en bas.

La principale est assez peu triquètre, avec deux tubercules en dehors et un talon aplati et arrondi en dedans en haut et en arrière en bas.

Les deux arrière-molaires sont presque rondes, très-plates, la postérieure bien plus petite que la seconde, avec le bord externe à peine relevé, surtout en bas, où elles sont aussi plus parallélogrammiques, à angles arrondis.

Le Caudivolve d’Asie ou le Binturong olfre dans son système dentaire les plus grands rapports avec ce que nous venons de décrire dans celui d’Amérique, quoiqu’il ait quelquefois une avant-molaire de plus à la mâchoire supérieure, ce qui lui donne pour formule :

Chez

le Kinkajou.

Canines.

molaires,

Principale.

Arrièremolaires, 2.

supérieures, inférieures.

Chez le Binturong.

dont

Toutes les dents étant plus ou moins espacées.

Les incisives sont subterminales ou un peu en cercle , peu serrées ou incisives, non contiguës (i); la paire externe un peu plus forte que les autres, du moins à la mâchoire supérieure.

Les canines sont longues, comprimées, tranchantes aussi bien en avant canines, qu’en arrière ; les inférieures plus courtes que les supérieures.

Les avant-molaires, proportionnellement assez fortes, sont au nombre Avant

A molaires,

(1) Comme le sujet de ma description avait les incisives usées presque jusqu’au collet, il en 5

est résulté que ces dents étaient nécessairement plus distantes qu’elles ne le seraient sans doute avec la couronne.

supérieures, 3.

inférieures, 2.

Principale :

supérieure, inférieure.

molaires, supérieures, 2.

inférieures, 2.

Dks Racines.

Canines :

Avant molaires :

inférieures.

40 CARNASSIERS; SUBURSUS

de trois supérieurement, subégales, la postérieure cependant un peu plus épaisse, et l’antérieure bien plus petite. Des deux inférieures, la première est un peu plus élevée que la seconde plus large (i).

Les principales sont, en général, petites ; la supérieure, triquètre , a une seule pointe obtuse en dehors et un talon évident ; l’inférieure, ovale-arrondie , a deux pointes mousses sur le même rang antérieur.

Les arrière-molaires sont : en haut, une première subtriquètre, à peine bilobée au bord externe, avec un assez large talon en dedans, et une seconde beaucoup plus petite et tout à fait ronde ; en bas , une première ovale , la plus grande de toutes , formée d’une partie à trois tubercules obsolètes en avant, et d’un large talon en arrière, et une seconde un peu moins petite que sa correspondante en haut.

Les racines des dents chez les Petits-ours sont , comme à l’ordinaire , proportionnelles à la force et à la complication de leur couronne.

Pour les incisives, elles sont toujours simples en haut comme en bas , coniques, aiguës, sans bourrelet à l’origine de la partie émaillée et plus longues qu elle.

Pour les canines , la racine est également simple , conique ou comprimée, suivant la forme de la couronne, et généralement aussi au moins aussi longue quelle.

Les avant-molaires d’en haut ont, comme dans tous les Carnassiers, deux racines coniques , bien distinctes , quand elles ne sont qu’au nombre de deux, comme dans le Panda et le Kinkajou; et quand il y en a trois, comme dans le Blaireau , leMydaus, les Ratons, les Coatis et quelquefois dans le Binturong , la première n’a qu’une racine.

En bas, lorsqu’il n’y a que deux avant-molaires, comme dans le

(I) Comme les six individus observés par M. Temminck , le sujet de notre observation n’offrait que cinq molaires inférieures; mais comme M. Raffles en compte six dans son Binturong, et qu’en effet il y a une barre assez large derrière la canine , il ne serait pas étonnant qu’a un certain âge il y eût en bas une première avant-molaire caduque , comme il y en a une en haut ; et alors la mâchoire inférieure serait pourvue de trois avant-molaires, d’une principale et de deux arrière-molaires.

DENTS

Blaireau, le Mydaus et les Caudivolves , la première, comme la seconde, en a deux; mais quand il y en a trois, toutes ont deux racines, si ce n’est quand le Blaireau a trois avant-molaires , la première n’a qu’une racine.

La principale en haut a trois racines, deux en dehors et une en dedans, proportionnelle à l’épaisseur du talon, et elle n’en a jamais que deux en bas.

La première arrière-molaire a ses racines plus compliquées dans le Blaireau, où la couronne est la plus étendue; il y en a , en effet, deux en dehors, une seule grande en dedans, suivant la sinuosité de la couronne, et une intermédiaire en arrière; mais toutes ces racines sont fort basses Elle est au contraire la plus simple dans le Kinkajou et le Binturong, où elle est presque unique, tant les trois radicules sont rapprochées. Intermédiairement se trouveront le Raton crabier , le Raton ordinaire et le Coati.

La seconde arrière-molaire d’en haut est dans le même cas, lorsqu’elle existe: ainsi, dans le Raton ordinaire, où elle atteint le plus grand développement, elle est pourvue de trois racines principales, deux en dehors et une en dedans, tandis que dans les Caudivolves, où elle est à son minimum , elle n’en a qu’une conique.

Les racines des arrière-molaires inférieures sont toujours bien plus simples, puisqu’elles ne sont jamais au-dessus de deux principales; seulement, quand la première est très-étendue, comme dans le Blaireau, il y a quelques petites radicules intermédiaires ; et , quand la seconde devient très-petite, comme dans le même animal, le Mydaus, et surtout dans les Caudivolves, elle n’a plus qu’une seule racine.

D’après cela , il est aisé de déterminer à priori le nombre et la disposition des alvéoles au bord des os qui constituent les mâchoires.

A la supérieure comme à l’inférieure , il n’y a jamais que trois paires de trous simples pour les incisives , et dans la disposition et la proportion déterminées par leurs racines.

Après ces trois trous et un petit intervalle en haut, et presque nul

G. SüBDRSDS. 6

Principale.

supérieure.

inférieure.

Arrière-

molaires.

Supérieures.

Première.

Seconde.

Inférieures.

Première.

Seconde.

Des Alvéoles.

des Incisives.

Des canines.

Des Molaires.

Chez

le Blaireau.

Supérieures.

inférieures.

Chez

' le Mydaus.

Chez le Panda.

en bas, vient une alvéole bien plus grande, ronde ou ovale, pour la canine.

Ensuite, et quelquefois aussi après une barre ou espace vide, vient la série des alvéoles des molaires.

En haut, la série est toujours double longitudinalement, du moins dans sa partie postérieure, car elle commence par être simple; tandis qu’en bas elle est toujours ainsi.

Dans le Blaireau on remarque, en haut, une série externe de sept trous : un premier en trou de serrure, deux arrondis, plus petits et rapprochés; deux inégaux , le postérieur plus grand , et deux postérieurs, et une interne de trois, un solitaire et deux plus grands et rapprochés en arrière. En bas, une série de neuf trous (i): les deux premiers, les plus petits , fort rapprochés obliquement ; les deux suivants à peine plus grands et se touchant presque , mais dans la même ligne , ainsi que les cinquième et sixième, augmentant graduellement de diamètre; vient ensuite une grande fosse, à chaque extrémité de laquelle est un trou conique , le postérieur bien plus grand que l’antérieur , et entre deux , deux très-petits trous sur le même rang; enfin une alvéole terminale assez grande, mais peu profonde.

Les alvéoles du bord des mâchoires du Mydaus sont, à peu de chose près, comme dans le Blaireau. Ainsi, à la mâchoire supérieure, après celle delà canine il n’y a que sept trous en dehors et deux seulement au second rang ; tandis qu’à l’inférieure , après une petite barre , la série n’est que de huit, un solitaire, puis quatre rapprochés deux à deux , deux autres à l’extrémité d’une grande fosse, et enfin un dernier infundibuliforme.

INous ne connaissons pas complètement la disposition et la proportion des alvéoles dans le Panda, dont nous n’avons pu examiner que des bouts de mâchoires sans la dernière arrière-molaire. Avant elle nous avons reconnu en haut comme en bas, après la série simple formée par les alvéoles très-petites, très-serrées des incisives, celle arrondie et assez

(1) S’il y avait six dents, on trouverait derrière la canine un très-petit trou rond.

DENTS

grande des canines; après quoi Ton trouve supérieurement une série externe de six trous rapprochés deux à deux, et une interne de deux beaucoup plus grands, répondant à l’intervalle des deux groupes postérieurs externes; inférieurement , après une très-petite alvéole ronde, presque inférieurement, ponctiforme, percée dans la marge de celle de la canine, s’ensuivent six en série longitudinale, rapprochées deux à deux et croissant de la première à la dernière.

Chez les Ratons et les Coatis, les alvéoles sont absolument en même nombre, quoique dans des proportions un peu différentes, puisque c’est le même nombre de dents portant le même nombre de racines.

Dans le Raton, après celle de la canine et sans intervalle, se trouvent <;lie/ leRaUm en haut une série externe de onze alvéoles, parce que la première avantmolaire n’a qu’une racine, doublée en arrière par une plus courte rangée interne de trois trous seulement, et un peu plus grands; et en bas , inférieurement, une rangée simple de onze trous, deux pour chaque dent, sauf la première qui n’en a qu’un.

Dans le Coati, après un intervalle assez considérable derrière les ca- chez le Coati, mnes, on compte un trou de plus à la série externe, en haut comme en bas, parce que la première avant-molaire a toujours deux racines.

Dans les Caudivolves, les alvéoles sont plus simples par confusion chez les que dans les espèces précédentes ; mais c’est toujours à peu près la même Caudivolves chose.

Les changements dans le système dentaire des Petits-ours sont assez Ses bien comme chez les Ours et chez tous les Carnassiers en général; c’est- chaTments

, ,. ° ’ suivant

a-dire quil commence par une première dentition qui paraît après 'âge la naissance, dure un temps assez peu long, et est remplacée parcelle que nous avons décrite , qui persiste toute la durée de la vie de l’animal après une usure plus ou moins prononcée. Nous aurons peu de chose à dire sur ces changements du système dentaire adulte, mais nous devons décrire celui de jeune âge.

Nous ne le connaissons pas dans toutes les espèces: mais il est probable

1er degré.

Sur un Raton.

Incisives.

supérieures.

inférieures.

Canines.

Molaires , 3.

2r degré.

Sur un Raton

Sur un Coati.

3' degré.

Sur un Kinkajou.

qu'il est le même chez toutes, si ce n’est sans doute pour quelques particularités de forme assez peu importantes.

Nous ne possédons, dans la collection, qu’une tête de Raton crabier qui soit assez jeune pour offrir le système dentaire de lait sans aucun mélange. Elle ne présente en apparence que deux paires d’incisives en haut; mais en y regardant de près, on voit que l’interne est double, c’est-à-dire formée de deux dents soudées, et dont la soudure est indiquée par un sillon longitudinal. En bas , les trois paires existent bien distinctes , fort petites , si ce n’est l’externe un peu plus forte et échancrée , et toutes convergentes vers la ligne moyenne. Les canines, beaucoup plus faibles que celles d’adulte, sont aussi moins comprimées. Quant aux molaires, elles sont comme dans les Ours et dans tous les Carnassiers, quel que soit leur nombre dans l’état adulte ; c’est-à-dire qu’il n’y en a que trois en bas comme en haut, une avant-molaire, une principale, et une arrière-molaire , analogues , pour la forme et les proportions , à la troisième avant-molaire , à la principale et à la première arrière-molaire de l’adulte.

Une jeune tête d’Arctictis, provenant d’un squelette que j’ai trouvédans notre collection sous le nom de Pougouné , présente le même système dentaire ; mais ici , les incisives sont aussi régulières et de même forme que dans l’adulte.

Je trouve un second degré de combinaison dentaire dans celui qu’oflre une autre tête de Raton crabier, sur laquelle on observe les trois paires d’incisives de lait écartées par le bord de la première d’adulte, alors régulièrement trilobée en haut , les canines et les trois molaires de lait augmentées de la première avant-molaire d’adulte; ce qui fait quatre molaires en action.

On remarque ce même degré sur une tête de Coati, dans laquelle les incisives sont peu différentes, du moins à en juger par deux qui restent du côté droit.

Nous signalerons encore une troisième combinaison que nous avons remarquée sur une tête de Kinkajou , sur laquelle les trois paires d’in-

cisives adultes sont bien sorties avec les canines et les molaires de lait plus la première avant-molaire d’adulte.

Enfin, je dois encore noter comme un quatrième degré , la disposition que je trouve dans une préparation du système dentaire du Blaireau , sur laquelle on voit les dents incisives d’adulte, la canine de lait que presse déjà fortement en avant celle de remplacement; l’avant-molaire et la principale de lait, bien soulevées par celles qui doivent leur succéder; et enfin la première avant-molaire et la première arrière-molaire de remplacement.

Et comme toutes ces dents de lait ont des racines aussi longues que celles de remplacement , on voit comment le bord des mâchoires peut présenter une disposition d’alvéoles plus simple dans le premier degré, et se compliquant à mesure du,mélange des deux systèmes dentaires.

Quant aux changements qu’éprouve le système dentaire d’adulte , je ne vois à noter que la chute plus ou moins rapide de la première avant-molaire en haut comme en bas , qui se remarque dans le Blaireau, le Mydaus peut-être, le Panda et le Binturong; car l’usure paraît n’avoir lieu que fort tard , peut-être davantage sur les arrière-molaires , et plus généralement dans les Caudivolves que dans les autres espèces, sans doute à cause de l’état habituel de la nourriture.

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