‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologieChapitre 40 sur 171 · SUR LA DISTRIBUTION MÉTHODIQUE DES ESPECES · texte numérisé non relu

SUR LA DISTRIBUTION MÉTHODIQUE DES ESPECES

Le groupe de mammifères carnassiers auquel nous donnons le nom de Subursus ou de Petits-ours, à peine connu des anciens naturalistes (i ), a longtemps été confondu avec les Ours, tant qu’on n’a eu égard qu’au nombre des incisives dans le système dentaire, et à celui des doigts ainsi qu’à la forme du tarse dans le système locomoteur; mais aussitôt qu’on a fait entrer, comme élément mammalogique, le nombre, la disposition et la forme des dents molaires, ainsi que quelques autres particularités tirées principalement des organes des sens, on est arrivé à former dans ce groupe presque autant de genres que d’espèces, comme le prouve le tableau suivant :

Meles. Par Linné, 1748; pour une espèce.

Procyon. Par Storr, 1780; pour deux espèces.

Nasua. Par Storr, 1780; pour une espèce.

Caudivolvulus. Par M. de Lacépède, 1798; pour une espèce.

Myclaus. Par M. Fréd. Cuvier, 1825 ; pour une espèce.

Arctonyx ( 2). Par M. Fréd. Cuvier, 1826 ; pour une espèce.

Adurus. Par M. Fréd. Cuvier, i825; pour une espèce.

Arctictis. Par M. Temminck , 1820; pour une espèce.

Toutefois les zoologistes ont séparé ces différents genres de celui des

(1) Pline 11’emploie en effet le mot de Meles qu’en un seul endroit, lib. VIII , parag. 58, pour désigner un animal terrestre qui gonfle sa peau pour se défendre contre les coups de l’homme et les morsures des animaux.

(2) Il est aujourd’hui bien prouvé par M. Ogilby que ce genre n’avait pour type qu’une mauvaise figure du Blaireau ordinaire, qui existe dans les parties septentrionales de l’Inde.

CONCLUSIONS

Ours, du moins ils les en ont presque constamment rapprochés, quoique presque toujours ils les aient mal disposés entre eux en prenant en considération exclusivement le système dentaire, quelquefois même mal interprété.

Le principe de la classification des Petits-ours doit en effet reposer non sur le système dentaire, mais sur le degré de rapprochement ou deloignement des Ours qui les précèdent dans la série , ou des Mustelas qui les suivent, ce que la proportion des doigts et des tarses, ainsi que la queue, indiquent bien mieux que le système dentaire. En effet , le degré de carnivorité ou d’omnivorité au minimum dans les uns, peut atteindre presque le maximum dans les autres, comme la disposition locomotrice être terrestre ou aquatique, sans marcher nécessairement parallèlement avec la dégradation sériale, qui dispose les espèces en trois sections i° Les Meles , comprenant le Teleggo et le Blaireau ; 2° les Procyons, comprenant le Panda, les Ratons et le Coati; 3° les Caudivolves, renfermant le Kinkajou et le Binturong.

2° SUa LE SYSTÈME DENTAIRE.

Dans le système dentaire , le nombre des incisives ne varie jamais , six en trois paires en haut comme en bas, circulairement rangées.

Les canines sont souvent tranchantes et comprimées.

Les molaires varient de f à f , et la variation porte principalement sur le nombre des molaires postérieures plus que sur les antérieures.

Les avant-molaires ne sont jamais au-dessus de trois et ne descendent pas au-dessous de deux , et encore par la caducité précoce de la première.

La principale est rarement carnassière ou la plus forte des molaires ; sa forme étant presque toujours triquètre.

Les arrière-molaires, toujours plus ou moins tuberculeuses, varient en nombre d’une à deux, et même à trois, du moins en haut, car en bas elles ne sont jamais au-dessous de deux.

Principes de zooclassie.

Incisives.

Canines.

Molaires.

Avant

Molaires.

Principale.

Arrière-

Molaires.

108 CARNASSIERS; SUBURSVS.

La distinction des espèces est parfaitement établie par la proportion de la dernière molaire et surtout de la supérieure.

3° sur l’ostéolog 1 E.

Appendices

Membres

antérieurs.

Dans l’appareil locomoteur , qui renferme nécessairement le système digital, le nombre des vertèbres ne varie que fort peu, si ce n’est à la queue, nullement dans les vertèbres céphaliques et cervicales; d’une à peine dans le tronc, étant toujours en somme de vingt avec une simple variation d’une en plus ou en moins dans la région dorsale, compensée dans la région lombaire. Au sacrum, le nombre est constamment de trois, dont quelquefois cependant une seule articulaire; mais à la queue il varie de dix à plus de vingt, ou du simple au double, en suivant une gradation dans l’ordre sérial.

La série sternale ne varie guère dans le nombre des sternèbres, qui est presque constamment de neuf, y compris le manubrium et le xiphoïde, mais un peu plus larges dans les espèces supérieures que dans les inférieures.

Les appendices céphaliques n’offrent rien qui soit absolument propre aux Petits-ours, dans leur partie radiculaire pas plus que dans leur partie terminale. En effet, fort courts chez les Caudivolves d’Amérique, ils deviennent assez allongés chez les Coatis. On peut cependant donner comme plus général dans ce genre que dans les autres Carnassiers le prolongement des palatins en arrière, et celui du prémaxillaire en haut , vers le frontal.

Les côtes, en général assez étroites, moins cependant que dans les véritables Carnassiers, ne varient guère que de quatorze à quinze, dont six sont sternales et quatre ou cinq asternales , et constituent une poitrine assez peu comprimée.

Les membres antérieurs, généralement courts, sont constamment dépourvus de clavicules dans tous les Petits-ours; elles n’y sont pas même

CONCLUSIONS

à l'état rudimentaire (i). L’omoplate est en général assez large , l’humérus assez raccourci et robuste, pourvu d’une crête deltoïdale descendant fort bas, et toujours percé d’un trou au condyle interne. Les os de l’avant-bras sont constamment distincts et bien mobiles l’un sur l’autre. Le radius avec la tête assez arrondie , le cubitus pourvu d’un olécrane robuste, tordu, et s’articulant assez largement avec le carpe.

Cette partie de la main est large , courte , formée constamment de trois os à la première rangée, et de quatre à la seconde, le trapèze existant toujours, et même assez développé.

Les doigts, constamment au nombre de cinq, sont en général courts, robustes dans les os métacarpiens et dans les phalanges qui les constituent. Cette brièveté est même un caractère assez distinct de ces os chez les Petits-ours, le cinquième métacarpien et ses phalanges ayant une tendance à égaler ou même à surpasser les autres en épaisseur; et le pouce, quoique évidemment plus petit, conservant une proportion relative assez forte. Les phalanges onguéales ont aussi une longueur proportionnellement plus grande que les autres, étant en général droites ou peu courbées.

Les membres postérieurs offrent aussi l’aspect raccourci des antérieurs, et surtout dans la jambe et le pied.

La ceinture osseuse est robuste , l’os des des étant encore assez large dans ses fosses.

Le fémur, large et comprimé, est en général droit ou peu courbé, mais

Omoplate.

Clavicule.

Humérus.

Cubitus.

Métacarpiens.

onguéales.

— postérieurs.

Os des iles.

Fémur.

(1) Je dois d’autant plus insister sur ce fait de l’absence complète de clavicules et d’os claviculaire dans tous les Petits-ours, que si M. G. Cuvier ( Anatom . comp., I, p. 264) a admis une clavicule rudimentaire chez l’Ours, le Raton et le Coati, M. F. Cuvier a généralisé cette erreur à tous les Carnassiers plantigrades ( Essai sur les nouveaux caractères pour les genres île mammifères , Annal, du Mus. X,/?. 11), et qu’il en a attribué une parfaite au Kinkajou. Ainsi non-seulement cette assertion erronée s’est propagée; mais plus malheureusement elle a servi à appuyer le rapprochement de ce dernier animal des Quadrumanes et à expliquer le plus grand degré de préhension admis peut-être à tort chez les Carnassiers plantigrades , comme l’a lait par exemple M. de Hauch, p. 163, de sa dissertation : Annotationes ad motum arbitrarium cum organis ad motum pertinentibus comparatum in animalibus vertebris instructis.

lio CARNASSIERS; SUBURSUS.

toujours plus court que la jambe, au contraire de ce qui a lieu chez les Ours.

osdeia.iambe. Les deux os de la jambe sont bien distincts, bien complets et souvent même encore assez courts, si ce n’est dans les Ratons et les Coatis, où ils se rapprochent davantage de ce qu’ils sont chez les Felis et les Canis.

os du Pied. Mais ce sont surtout les pieds et les os qui les constituent qui sont Astragale, caractéristiques de ce genre. D’abord, dans l’astragale, dont la poulie est assez basse et l’apophyse scaphoïdienne large et peu saillante, ensuite calcanéum, dans le calcanéum, dont l’apophyse épaisse, robuste, est moins longue que la partie articulaire antérieure, contrairement à ce qui existe dans scaphoïde, les Carnassiers digitigrades; enfin dans le scaphoïde, dont la facette articulaire interne est presque aussi grande que les deux autres, ce qui indique un premier cunéiforme et par conséquent un pouce fort développé.

Métatarsiens. Les doigts étant du reste assez bien comme à la main , les métatarphaianges. siens et les phalanges sont aussi généralement courts et épais, moins cependant que leurs correspondants aux membres antérieurs ; aussi sont-ils reconnaissables par plus de gracilité et un peu plus d’arqure en dessous.

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