Dü MÉLOGALE
Le Mélogale que Hardwicke a désigné sous le nom de Gulo orientalis ne m’est non plus connu que dans une assez petite partie de son squelette, une tète de jeune âge, avec les pieds et les mains, et, de plus, une partie antérieure de tête adulte du M. personata.
Ce que j’ai vu de la tête de cet animal rappelle mieux les Martres à museau un peu allongé, comme le Pékan et le Vison, que les Putois et les Mouffettes; la face est en effet assez étroite, subcanaliculée dans la ligne médiane , et non tronquée comme chez ces derniers; la partie céphalique , à en juger par le peu qui en reste , devait offrir au chanfrein une bande plate entre les deux rebords épaissis et presque parallèles des fosses temporales, particularité que nous retrouverons dans quelques espèces de Renards; de plus, les apophyses orbitaires sont presque nulles, un peu comme dans les Mouffettes; le palais, peu prolongé en arrière, est assez largement ouvert; l’arcade zygomatique est assez forte pour le genre, mais aussi peu arquée en dessus; le trou sous-orbitaire est rond et grand. La mandibule est assez forte et courbée sur ses deux bords , avec une apophyse coronoïde large , arrondie au sommet , un peu rétroverse ; le condyle élevé un peu au-dessus de la série dentaire , et l’angulaire courte , épaisse , en crochet triangulaire.
Les mains et les pieds, les seules parties du reste du squelette que j’ai pu examiner, avec quelques os longs , les deux os de l’avant-bras et le tibia, sont en général larges et courts , plus peut-être que dans les Mouffettes.
Le radius est court , plat , fortement élargi inférieurement, et rappelle en très-petit la forme de celui de l’Ours.
Le cubitus est aussi assez robuste , mais surtout large et fort comprimé ; il est pourvu d’un olécrane épais , large et recourbé.
Les os du carpe , au nombre de sept , sont de proportion , et même de forme assez bien comme dans les autres Mustelas. Les métacarpiens
sont courts et proportionnellement assez gros, et surtout le cinquième tandis que les phalanges conservent assez bien les mêmes proportions; les onguéales étant en soc de charrue non recourbé.
Le seul os long de l’extrémité inférieure que je connaisse de ce petit Tibia, animal n est pas plus long que le cubitus : il est par conséquent assez court et fortement élargi à ses deux extrémités, l’apophyse malléolaire étant très-saillante.
Le tarse est proportionnellement assez long, puisqu’il est le tiers Tarse, de toute la longueur du pied , et cependant l’apophyse du calcanéum , excavée à son extrémité, est large et courte; mais le cuboïde et les trois autres os de la première rangée sont assez longs : les métatarsiens , quoique plus longs que les métacarpiens , sont encore peu grêles. Les phalanges sont dans le même cas.
5 Du Zorille.
Le Zorille ou Mouffette du Cap, NI. Zonlla , ne s’éloigne pas encore beaucoup delà Fouine, sous le rapport qui nous occupe.
Daubenton na rien dit du squelette de cet animal, dont il n’a décrit qu’une peau bourrée (BufTon, Hist. jiat. , XIII , p. 3o2); M. Cuvier n’en
pas dit beaucoup davantage; mais M. Lichtenstein a donné une bonne figure de la tête osseuse.
J ai eu à ma disposition trois squelettes rapportés du Cap par Delalande , et un assez bon nombre de crânes, dont un provenant d’un individu du Sennaar et que je dois à M. P.-E. Botta.
Le nombre des vertèbres est toujours à peu près le même , cinquante- vertèbres, six à cinquante-sept , dont vingt et une à vingt-trois à la queue ; mais celles du tronc sont un peu différemment réparties : quinze au dos et cinq aux lombes.
C est cependant avec le Putois qu’il y a le plus de ressemblance , aussi céphaliques, bien pour le squelette que pour la tête; toutefois la partie postérieure de celle-ci est encore un peu moins longue proportionnellement ; la
G. Mdstela.
CARNASSIERS; MUSTELA ( Zorilla ).
caisse est plus plate, plus pointue en avant; le museau est moins court ; les os du nez sont quadrilatères, au lieu d’être triangulaires; les apophyses orbitaires sont plus prononcées , et le trou sous-orbitaire est plus petit.
cervicales. Aux vertèbres cervicales nous avons observé que l’apophyse épineuse de l’axis se projette entièrement en avant, n étant nullement ensellée , et que les autres en sont entièrement dépourvues , et s’imbriquent par leurs lames. Les apophyses transverses sont aussi moins prononcées , surtout celles de la sixième , dont la lame interne est beaucoup plus petite.
dorsales. L’apophyse épineuse des vertèbres dorsales est courte , au contraire de celle des lombaires , qui est assez large et élevée , arrondie, et courbée en avant à l’extrémité.
sacrées. Sur un squelette, je n’ai trouvé que deux vertèbres sacrées soudées entre elles et à l’iléon ; mais sur deux autres il y en avait trois réunies, comme à l’ordinaire.
■occygiennes. Les vertèbres coccvgiennes assez nombreuses, comme il a été dit plus haut , diminuent assez graduellement , et sont en général médiocrement allongées.
siernèbres. La série sternale est formée de onze sternèbres, en comptant le manubrium et le xiphoïde , en général larges et courtes , plus que dans les Fouines.
côtes. Les côtes sont au nombre de quinze , dont onze vraies et quatre fausses, et généralement aussi un peu plus fortes.
Membres Les membres antérieurs sont formés comme dans toutes les espèces de anterieurs. ce genre: d’une clavicule rudimentaire, cartilagineuse; d’une omoplate Humérus, assez semblable à celle de la Fouine; d’un humérus assez court et percé Radius. au condyle interne; d’un radius court, dont la saillie du bord antérieur
cubitus. de la tête est bien prononcée ; d’un cubitus fortement canaliculé à la
face externe; d’une main foi te, surtout en largeur : aussi les os qui la composent sont-ils plus courts, bien plus robustes que dans les Martres;
ceux du cinquième doigt plus que les autres , et les phalanges onguéales plus longues que les secondes.
Les membres postérieurs ressemblent davantage à ceux du Putois dans la proportion des parties. En effet , les pieds sont bien plus allongés, bien plus grêles que les mains, et surtout dans les os du métatarse; car les doigts sont courts, les phalanges onguéales toujours plus longues que les secondes.