‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologieChapitre 60 sur 171 · Des Mouffettes · texte numérisé non relu

Des Mouffettes

Les Mouffettes véritables, exclusivement américaines, et qui, pour la taille du moins , rappellent assez bien les Mouffettes africaines , s’en rapprochent aussi assez sous le rapport du squelette.

Le premier auteur qui ait écrit et figuré une partie du squelette des ftlouffettes est sans doute M. Lichtenstein. En effet , Daubenton n’a pu dire quelque chose que de leur système dentaire, et M. Cuvier s’est borné à quelques mots sur un petit nombre de parties du squelette sans rien figurer.

J’ai pu étudier, dans la collection du Muséum , un squelette de Mouffette des Etats-Unis et un assez bon nombre de crânes de sexe généralement inconnu.

L’ensemble du squelette de la Mouffette, M. chinga, a évidemment encore beaucoup de rapports avec celui de la Fouine, quoique évidemment un peu plus plantigrade.

Le nombre total des vertèbres est de cinquante-cinq , dont quinze au dos, cinq aux lombes et vingt et une à la queue, absolument comme dans le Zorille.

La forme générale de la tête est celle du type; la face est seulement peut-être un peu plus longue; mais en outre les apophyses orbitaires sont presque effacées ; la caisse est fort petite et très-peu saillante ; les osselets de l’ouïe plus ramassés , et surtout le marteau plus court dans son col; la voûte palatine, très-peu prolongée, dépasse à peine la ligne dentaire ; l’ar-

Phalanges

onguéales.

postérieurs.

Vertèbre*.

céphalique*.

cervicales.

dorsales.

lombaires.

eoccygiennes.

Sternèbres.

Membres

antérieurs.

Clavicule.

Omoplate.

Humérus.

Radius.

Cubitus.

Phalanges

onguéales.

postérieurs.

Os innommé.

Fémur.

Tibia.

Péroné.

Pied.

-20 CARNASSIERS; MUSTELA (Mephi(is).

eade zygomatique est très-faible, et l’apophyse angulaire delà mandibule

plus courte et plus obtuse.

Dans les vertèbres cervicales l’apophyse épineuse de l’axis est convexe dans tout son bord supérieur, et les apophyses transverses des quatrième , cinquième et sixième , et surtout dans cette dernière, sont plus étroites.

Aux vertèbres dorsales et lombaires , au contraire , l’apophyse épineuse est bien plus large, ce qui tient à plus de force dans la queue.

Cette partie est en effet plus longue par l’augmentation de quelques vertèbres et surtout par plus de longueur de celles-ci.

La série sternale, aussi bien dans l’hyoïde que dans le sternum, ne m’a présenté que de trop légères différences pour pouvoir être décrites; mais les côtes sont bien plus fortes , de manière à être plus rapprochées et à former un thorax beaucoup plus résistant que chez les Fouines et surtout que dans les Belettes.

Quant aux os des membres , les différences deviennent à peine susceptibles d’être exprimées autrement que par l’iconographie.

Quoique la clavicule soit encore très-petite, cartilagineuse et prise dans l’extrémité scapulaire de l’aponévrose des muscles de l’épaule comme dans la Fouine, l’omoplate est cependant généralement plus large par plus d’épanchement de ses deux bords ; l’humérus , plus robuste, plus arqué , se distingue surtout de celui de tous les Mustelas parce qu’il n’est pas percé au-dessus du condyle interne; le radius et le cubitus sont aussi plus accentués dans leurs lignes d’insertion musculaire ; mais l’apophyse odontoïde de ce dernier est beaucoup moins large ; les os des mains sont en général plus courts et les phalanges onguéales un peu moins arquées, et surtout plus longues.

Les mêmes différences générales se remarquent dans les os des membres postérieurs. L’os innominé est plus fort , un peu moins parallèle à la colonne vertébrale, et la symphyse pubienne bien plus rejetée en arrière; le fémur est court, large et aplati dans toute son étendue , plus en haut qu’en bas; le tibia un peu plus long que lui, et le péroné droit et très-grêle ; quant au pied , on peut se borner à dire qu’il est peut -

être un peu plus court, surtout dans les métatarsiens: en effet il n’égale pas Je tibia en longueur.

Les deux dernières espèces de MusteJas dont il nous reste à examiner le squelette, en suivant l’ordre qui monte du Putois aux Petits-ours, sont de taille bien supérieure à celle des autres espèces ascendantes et complètement plantigrades : aussi ont-elles été souvent rangées dans la division des Subursus, ce qui n était pas convenable par l’ensemble des caractères ; ce sont le Glouton et le Ratel : le premier, du nord de l’Europe, de l’Amérique et de l’Asie; le second, du sud de l’Afrique et de l’Inde.

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