‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologieChapitre 90 sur 171 · C. Dépôt tertiaire d’eau douce de Sansans · texte numérisé non relu

C. Dépôt tertiaire d’eau douce de Sansans

Le célèbre dépôt de Sansans, exploré d’une manière si intéressante par M. Lartet , a fourni aussi à la paléontologie un certain nombre de fragments qui ont appartenu à des espèces du genre des Yiverras , du moins à ce qu’il me semble , et comme M. Lartet l’avait présumé dans ses annonces sur la découverte de ce riche dépôt.

1 0 Mandibule du côté gauche ( Y. exilis).

Je commencerai par une mandibule du côté gauche, presque complète, appliquée et fortement adhérente à la surface d’une roche calcio-siliceuse , de manière à ne pouvoir montrer que la face externe. Elle est remarquable par sa petitesse , puisqu’elle n’a pas plus de douze à treize lignes de long sur une et demie de large, la gracilité , la courbure légère et dans le même sens des deux bords de la branche horizontale, et par la manière dont la branche verticale s’épate ou s’élargit en se divisant à sa circonférence en trois lobes formant , le supérieur une apophyse coronoïde peu considérable , arrondie et un peu rétroverse; le moyen, un condyle se portant obliquement en arrière et fort élevé audessus de la ligne dentaire; et l’inférieur, une apophyse angulaire en

G. VlVERRA. 1°

Rapporté à l’Espèce précédente.

De Sansans.

Vw. exilis.

D’après une Mandibule décrite

en elle-même.

CARNASSIERS; FI FERRAS.

Dans

son Système dentaire.

Incisives.

Canines.

Avant-

Molaires.

Principale.

Arriére-

Molaires.

Conclusions.

Espèce de Genette.

crochet assez marqué, et un peu descendant, mais bien éloigné de dépasser l’aplomb du condyle.

Le système dentaire de cette mandibule est malheureusement fort incomplet.

Des incisives, on ne peut voir aucun fragment, ni même quelque trace de leurs alvéoles.

La canine, qui existe en partie, est évidemment assez forte proportionnellement et recourbée en crochet sans stries ni carène.

Après une barre ou intervalle vide trop considérable pour ne pas croire qu’il y avait une première avant-molaire uuiradiculée , qui a disparu , on voit une seconde avant-molaire à deux racines subégales, la première correspondant à une pointe assez élevée, et la seconde à un talon oblique bien marqué; entre cette dent et la seule autre qui existe , se trouve encore un intervalle qui me porte k penser que la troisième avant-molaire manque; et, en effet, on voit au bord externe du plan delà mandibule les deux petits demi-cercles indices de deux alvéoles fort serrées. Dès lors , celle qui est encore en place serait la principale ; elle est cependant assez simple quoique biradiculée, n’étant formée que par une pointe médiane triangulaire assez pointue et assez élevée entre deux petits talons dont le postérieur est le plus marqué.

Au delà , il n’y a plus de dents , mais des alvéoles mal conservées , même dans le bord externe , et dont la largeur semble indiquer une première arrière-molaire considérable , sans doute carnassière , et une seconde et dernière plus petite, mais dans une proportion dont il est bien difficile de juger. Je supposerais cependant volontiers que cette arrière-molaire était notablement plus grosse que dans la Genette ordinaire , comme cela a lieu dans la Fossane.

Malgré cette incertitude, il nous semble véritablement difficile de ne pas rapporter cette mandibule fossile à une espèce de Genette , en prenant en considération le rétrécissement qui existe au point de jonction de ses deux parties ou branches , la forme de la fosse massétérienne , celle de l’apophyse angulaire , de l’apophyse coronoïde , et même du

PALÉONTOLOGIE. 75

condyle , quoique son aplomb se prolonge en arrière bien au delà de ‘ l’apophyse angulaire , ce qui n’a lieu dans aucune espèce connue de Viverras

Toutefois , si c était une espèce de ce genre , elle était bien différente Distincte, de celles qui existent aujourd’hui , du moins dans l’état de nos connaissances, d’abord par une taille moitié moindre que la plus petite Genette que notre collection possède , et ensuite par une gracilité bien plus grande dans les mâchoires , et probablement dans le reste du squelette; au point que j’ai pensé un moment que le fragment fossile dont il est ici question pouvait avoir appartenu à une espèce d’insectivore terrestre.

On pourra nommer provisoirement l’espèce dont provient ce fragment V. exilis ou gracilis , pour indiquer sa petitesse, qui, d’après la grandeur de la mandibule, ne devait pas dépasser quinze pouces de longueur totale.

2° Fragments de mandibule droite (V. Zibethoïdes).

Je crois devoir encore rapporter à une espèce de Viverra , de la taille à peu près d’un grand Zibeth , deux petits fragments de mandibule du côté gauche, portant, l’un, la principale et la première arrière-molaire , et l’autre , cette même dent avec l’alvéole de la seconde. Aucun de ces fragments ne peut me donner les dimensions de la mandibule , mais on peut cependant présumer quelle était plus haute et un peu moins épaisse que dans le Zibeth. Quant aux dents qui les arment, elles sont au contraire presque semblables à leurs analogues dans cet animal. Ainsi , la principale a tout à fait la même forme et les mêmes proportions. La première arrière-molaire est dans le même cas; peut-être cependant un peu plus carnassière par plus de compression. Enfin , l’alvéole postérieure du second fragment, un peu ovale, indique une seconde arrière-molaire dans la même forme et la même proportion.

On peut présumer, d’après un troisième fragment venant du même

Zibethoïdes.

D’après des fragments de Mandibule gauche.

Des Dents.

Principale.

Avant-

Molaires.

Arrière-

Molaires.

Une Dent séparée.

Un autre fragment «l'Auvergne.

Conclusion.

De Soissoms.

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