‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologieChapitre 92 sur 171 · Canin viver · texte numérisé non relu

Canin viver

rière la dent indiquée, et qui est une principale , il existe trois trous alvéo- roïde.s. laires, ce qui indique deux arrière-molaires , la première à deux racines et la dernière à une seule, absolument comme dans les Canis; aussi mentionnerons-nous ce fragment dans notre mémoire sur l’ostéologie des animaux de ce genre sous le nom de Canis viverroïdes.

80 CARNASSIERS; FI FERRAS.

Dent Molaire Nous lui rapporterons aussi une partie antérieure de première arrière- Canig viver. molaire gauche, qui a été trouvée dans l’argile plastique des environs roides. de Paris , à Meudon , et que M. d’Orbigny a considérée , dans son mémoire sur ce terrain, comme une portion de dent molaire inférieure carnassière d’une Loutre; la partie correspondante de la dent analogue dans les Loutres est toujours bien moins soulevée et les trois pointes bien moins aiguës, surtout l’interne. Il eût été plus vraisemblable de l’attribuer à une Civette ou à une Mangouste ; mais sa très-grande ressemblance avec son analogue dans le fragment attribué par M. Cuvier à une Mangouste, me porte à l’attribuer à mon Canis viverroïdes.

Outre ces deux fragments , que nous croyons ne pas devoir rapporter à des Viverras, nous pensons qu’il faut encore retrancher de ce genre les ossements suivants :

Tète inférieure i° Une tête inférieure d’humérus, et même l’humérus tout entier, que

et Humérus. M. ^uvier a indiqués d’abord comme provenant d’un Felis de la gran-

Taxo- deur d’un Chat domestique, puis, plus tard, comme avant plutôt therium. , \ 1

appartenu a une Civette, et qui sont figurés par lui , Pl. 70 , fig. 1 , 2, 3,

pour la tête inférieure d’humérus, du tome III delà seconde édition de ses Recherches sur les ossements fossiles de quadrupèdes , parce que je les ai rapportés à l’espèce que j’ai nommée Taxotherium dans le genre des Subursus.

cubitus. 20 Un cubitus presque entier, lequel, reconnu d’abord comme d’un Car

therium nassier en général, en 1 807 et 1 8 1 2 , par M. G. Cuvier , dans son mémoire sur les Carnassiers des carrières à plâtre des environs de Paris, a été considéré en 1825, dans la seconde édition de ses Recherches, comme ayant appartenu à un Carnassier à jambes courtes tel que les Civettes, les Loutres, la Mangouste, et surtout à celle-ci, et cependant rapporté à la tête du paragraphe II , intitulé : D’un genre de la famille des Ratons et des Coatis, animaux dont le cubitus est remarquablement grêle.

Nous avons en effet rapporté ce cubitus à la tète dont parle M. Cuvier, mais en la considérant comme d’un genre voisin des Blaireaux, sous le nom de Taxotherium.

PALÉONTOLOGIE

3° Un péroné et un calcanéum trouvés ensemble et considérés d’abord par M. Cuvier (Tom. 111, p. 2 83, PI. 69, fig. 8) comme ayant des rapports sensibles avec leurs correspondants chez la Civette et la Loutre, et cependant rapportés depuis sans hésitation à la tête du prétendu Coati ; ce que j’ai établi par des raisonnements positifs dans mon mémoire sur les Subursus , en regardant cet os comme du genre Taxotherium.

4° Un os métacarpien du doigt médian , suivant M. Cuvier, et dont il a parlé Tome III , p. 282, en le regardant comme n’étant pas sans rapport avec celui delà Civette, mais qui le dépasse d’un tiers, et qu’il figure PL 70, fig. 4 > 5 , 10 et 1 1. Il a été question pour la première fois de cette pièce , dans le mémoire de M. Cuvier sur les Carnassiers de Montmartre , pag. 8 , PL unique , fig. 4 » 5 , 10, x x , comme d’un os métacarpien du troisième doigt, qui n’est pas sans rapport avec celui de la Civette , mais qui le dépasse d’un tiers.

Dans la réunion des mémoires , en 1 8 1 2 , il n’y a encore rien de changé ni d’ajouté, Tome 111, p. 8 , PL unique, fig. 4, 5, 10, 11; disant qu’on peut sans crainte rapporter cet os à la même espece que le cubitus presque entier, que depuis il a attribué à un Coati, et nous à notre Taxotherium.

Enfin, dans la seconde édition, Tome III, p. 282, cet os est le sujet d’un article particulier sous ce titre : Os métacarpien d’une espèce particulière , os qui n’est pas sans rapport avec celui de la Civette , mais qui le surpasse d’un tiers; qu’il est bien difficile de rapporter à la tête du n° 1 1 (prétendu Coati), ou au cubitus n° 1 (auquel cependant il le rapportait d’abord sans ci’ainte dans son premier mémoire ) mais alors indiquant une espèce nouvelle.

C’est cependant cet os qui est la base du V. zibetha indiqué comme fossile dans un terrain tertiaire d’Europe , par Fréd. Moll , dans son Manuel des pétrifications , en allemand, page 35.

Ayant examiné attentivement cet os, qui fait partie des collections du Muséum, je pense d’abord que c’est plutôt un quatrième métacarpien

G. VlVERRA. 11

Péroné.

Calcanéum.

Taxotherium.

Os

Métacarpien.

ParM. Cuvier.

De Civette.

De Coati.

De Zibelh.

Fr. Moll.

De Félis.

Suivant mo:.

82 CARNASSIERS; VIVERRAS.

qu’un troisième, et qu’il doit être rapporté à une espèce de Felis de la taille d’une Panthère , et non pas à un Viverra pas plus qu a un Subursus. Nous en donnerons les raisons dans le mémoire sur les Felis qui suivra celui-ci.

Des os fossiles Je dois encore faire mention de quelques ossements fossiles qu’on a suffisamment" raPPortés a ce genre et dont je trouve la citation dans les recueils de indiqués, paléontologie.

i-ar m. jaeger. En Europe: M. Herman de Meyer cite aussi, p. 48 de son ouvrage, i n Allemagne. jeux eSpèces de Viverras, comme observées par M. Jaeger dans un terrain tertiaire; mais il n’indique ni les ossements sur lesquels repose cette asser tion , ni la localité où ils ont été trouvés. Aussi M. de Keferstein ranget-il ces Viverras parmi les espèces douteuses, l’ar m. cuvier. M. Cuvier, dans un rapport verbal à l’Académie des sciences, au sujet

Kn Auvergne, ossements fossiles de la montagne de Perier , compte deux ou trois

espèces de Viverras, mais sans dire sur quoi repose cette présomption; non plus que M. Bravard, qui, dans sa Monographie de deux Felis du Puy-de-Dôme, en parlant de cette annonce de M. Cuvier, se borne à dire que celui-ci a en effet sous les yeux des ossements de ce genre , mais qu’ils proviennent de terrains plus anciens. Il est alors fort probable qu’il est question ici de quelques ossements signalés plus haut et provenant de la collection de M. l’abbé Croizet.

M. Brown, dans sa Lethaea , p. 83 2 , cite dans son tableau des Mammifères fossiles, une espèce de Mangusta ou Herpestes pour lui, sous le nom de H. ferreo-jurassica , une espèce de Genette qu’il nomme aussi G. ferreo-jurassica , et même une espèce de Mephytis faisant partie d’un genre qu’il désigne par le nom de Palœoméphytis , mais sans nous apprendre rien autre chose que le terrain et le lieu de leur position ; ce qui conduit nécessairement à considérer ces assertions à peu près comme non avenues, du moins provisoirement.

En Asie : M. Pentland a figuré dans la PI. /fi , sous le n° 6 , de la deuxième partie du Tome II de la nouvelle série des transactions de la Société géologique de Londres , une dent molaire trouvée dans un ter-

Par M. Brown.

En Allemagne.

M. Pentland.

En Asie.

PALÉONTOLOGIE. 83

rain tertiaire du Bengale, et qu’il rapporte au genre des Viverras ; mais sans en donner ni description, ni signification , ni même aucune raison , ce qui était cependant chose essentielle en pareille matière. Le fait est , à en juger du moins par la figure que je crois de grandeur naturelle, que c’est une arrière-molaire probablement inférieure, à deux racines connées ou réunies avec une couronne obronde ou subcirculaire, denticulée presque également dans toute sa circonférence. Or, cette disposition, qui n’existe pas dans les Viverras proprement dits, approche davantage de ce qui est dans les Paradoxures ; encore suis-je assez loin d’assurer que cette dent ait certainement appartenu à une espèce de cette section des Viverras.

Suivant M. Pentland , cette dent a été trouvée avec des ossements d’Anthracotherium, de Moschus, et d’un petit pachyderme , dans un terrain tertiaire des confins du N.-E. du Bengale, et découverte par M. Colebrooke.

Il est à observer que M. Brown , dans sa Lethaea , p. 65 , a rapporté à cette espèce d’Ava, déjà assez douteuse , celle que M. Clift avait d’abord annoncée comme des carrières à ossements de la Nouvelle-Hollande, et qui ne repose que sur des ossements de Dasyure.

En Amérique : M. Lund a aussi fait mention d’os fossiles de Viverras ; mais il est évident que c’est du Kiverra vittata , qui n’est autre chose qu’un Grison faisant partie du G. Mustela. Nous ne connaissons en effet aujourd’hui en Amérique que le Bassaris qu’il soit possible de rapporter aux Viverras, en n’envisageant, il est vrai, que le système dentaire.

Enfin , on trouve même inscrits dans les catalogues paléontologiques, par exemple dans celui de M. Herman de Mayer, p. 48 , des ossements fossiles de Viverras, comme ayant été trouvés dans les brèches osseuses de la Nouvelle-Hollande. Mais depuis, M. Glift, qui paraît avoir fait cette annonce à la Société géologique de Londres, en 1827, s’est aisément assuré que ce prétendu Viverra n’était autre chose qu’un Dasyure, c’est-à-dire un Carnassier didelphe d’un genre bien éloigné des Viverras.

Par M. Lund.

En Sud- Amérique.

Par M. Clift.

Nouvelle- Hollande.

CARNASSIERS: V1FERRAS.

RÉSUMÉ

i ° Sur la disposition méthodique des espèces.

A peine connus des anciens dans deux ou trois espèces seulement qui se trouvent encore aujourd’hui, dans le périple de la Méditerranée, à letat sauvage ou domestique, le nombre des animaux de ce genre s’est successivement accru d’abord par les travaux de Buffon et de Daubenton dans le dernier siècle, et dans celui-ci , à la suite des voyages exécutés en Afrique et en Asie, par ceux de MM. Frédéric Cuvier, Horsfield, Gray, Smith, etc., au point qu’aujourd’hui j’ai pu, dans mon système des Animaux mammifères, porter le nombre des espèces de cette division des Carnassiers à quarante; mais, je dois en convenir, sans les avoir toutes suffisamment étudiées, à défaut d’examen antoptique.

Par suite des différences que ces espèces présentent sous le rapport du nombre , surtout dans le système dentaire et dans le système digital , les zoologistes récents les ont réparties dans vingt genres ou sous-genres au moins auxquels ils ont donné les dénominations particulières suivantes que nous allons énumérer dans l’ordre de date de leur proposition , en y joignant la citation de l’ouvrage où ils se trouvent proposés par leurs auteurs :

1 708. Vi verra (Lin.).

( System . nal. X.)

Pour cinq espèces , parmi lesquelles deux ont été reportées , l’une dans les Subursuset l’autre dans les Mustelas, mais qui ont été successivement portées à dix par Schreber et Erxleben en 1772, et à treize dans Gmelin en 1789, en ne comptant pas celles qui , en même nombre , ne sont pas de ce genre. 1761-1776. Mangoustes, Civettes, Genettes (Buffon et Daubenton).

( Hist. nat. des Quadrup., t. IX à t. III , Supplément.)

Pour neuf espèces, dont quatre delà première section, deux de la seconde , deux de la troisième , et de plus , une de la division des V. Plantigrades ou Paradoxures, sous le titre de Genette de pays inconnu dans le texte, et de G. de France sur la planche.

17??. Mangusta (Olivier).

J’ignore dans quel ouvrage ?

Pour une espèce connue avant Linné, V. Ichneumon.

1756. Galera (Brown).

(Jamaic. hisl. nat., p. 485.)

Pour une espèce connue depuis Buffon sous le nom de Vansire. M. galera (Erxleb.).

1795. Mungos (G. Guv. et E. Geoffroy).

(Melhod. mam., Mag. enc. II, p. 187.)

Pour les mêmes espèces que Buffon.

1795. Civetta (G. Guv. et E. Geoffroy).

(Melhod. mam., Mag. enc. II , p. 187.)

Pour les espèces de Civettes et de Genettes anciennement connues.

1798. Ichneumon (Lacépède).

(System, de mam., p. 7.)

Pour les Mangoustes.

1 804. Surikata (A. Desmarest).

(N. dicl. dhist. nat., t. XXIV, p. 16 des Tableaux méthodiques.) Pour une espèce déjà connue , V. letradaclyla (Schreb.). 1812. Ryzoena (Illiger).

(Prodrom. Syst. mam., p. 1 34* )

Pour la même espèce.

1812. IIerpestes (Illiger).

(Prodrom. Syst. mam., p. 1 34* )

Pour les espèces de Mangusta.

*« CARNASSIERS; FI FERRAS.

1816. Zibetta (Oken).

( Zoolog ., p. 1007.)

Pour les espèces connues de véritables Civettes.

1816. Genetta (Oken).

(Zoolog., p. 1 1 10.)

Pour les espèces alors connues de Viverras à taches rondes. 1821. Prionodon (Horsfield).

( Zoolog ., Research, in Java. )

Pour une espèce nouvellement connue, Viv. linsang d’Hardwick.

1821. Paradoxurus (Fréd. Cuvier).

(Mamni. in-folio , t. II.)

Pour une espèce anciennement connue , la Martre de pays inconnu de Buffon , Viverra Hermaphrodita de Pallas.

1825. Crossarchus (Fréd. Cuv.).

(Mammifères , in fol., t. III.)

Pour une nouvelle Mangouste de Madagascar.

1826. Athylax (Fréd. Cuvier).

(Mammifères, in fol., t. III )

Pour une espèce de Mangouste anciennement connue. M. Calera (Schreb.).

1830. Martes (JVagler).

(System, mamm. , p. 29.)

Pour les espèces de Mangustas.

1 83 1 . Paguma (Gray).

(Zool. miscellan., p. 9.)

Pour une espèce déjà connue de la division des V. Plantigrades ou Paradoxures, Gulo larvatus de Griffith.

1832. Cryptoprocta (Bennett).

(Proced. zool. soc., p. 4 6.)

Pour une nouvelle espèce de Madagascar.

RÉSUMÉ

i833. Cynictis (Ogilby).

{Trans. zool. soc., 1. 1, p. 29.)

Pour une espèce déjà connue, XHerpestes penicillatus (G. Cuv.) i835. Platyschista (Otto.)

Nov. Acta Acad. Cœs Léopold , XVII , p. 1090.

Pour une espèce déjà connue , V. hermaphrodila , de Pallas. 1 835. Euplerus (Doyère),

{Ann. des sc. nat. , 3' série, t. IV, p. 370.)

Pour une espèce nouvelle de Madagascar (E. Goudotü).

1 835. Cynopus (Isid. Geoffroy S.-H.).

{Cours d’Hist. nat. des mam., p. 57.)

Pour une espèce connue , la M. penicillata .

1 835. Lasiopus (Isid. Geoffroy S.-H.).

{Cour d Hist. nat. des mam., p. 57.)

Pour une espèce également connue, la M. albicauda.

1837. Ichneumia (Isid. Geoffroy S.-H.).

( Compte rendu des séances de l'Acad des sciences Par. , p. 582.)

Pour trois espèces de Mangoustes africaines, déjà connues, dont celle type du G. Lasiopus.

1 837. Galidia (Isid. Geoffroy S.-H.).

{Compte rendu. Ac. sc. Par., 2e sem. , p. 58o.)

Pour trois nouvelles espèces de Madagascar.

1 837. Galidictis ( Isid. Geoffroy S.-H.).

{Compte rendu. Ac. sc. Par., p. 58o.)

Pour une espèce anciennement connue. Mustela striata. Gmel.

1 837. Ambliodon (Jourdan).

{Compte rendu. Ac. sc. Par.).

Pour une espèce déjà connue de la division des V. plantigrades ou Paradoxures.

1837. Hemigalea (Jourdan).

{Compte rendu. Acad. sc. Par.)

Canines,

Molaires F.n général

«8 CARNASSIERS; Fl VERRAS.

Pour une espèce déjà connue de la division des Paradoxures. 1837. Mungoz (Ogilby).

{Proc. zool. soc., p. io3.)

Pour une espèce nouvelle de Mangouste {V. vitticollis.)

1837. Cynogale (Gray).

(Magaz. of nat. hist., 2' série, p.577.)

Pour une nouvelle espèce (C. Bennettii).

1837. Lamictis (Blainv.)

( Compte rendu. Acad. sc. Par., 2' sem. , p. 56.)

Pour une espèce de la division des Paradoxures, reconnue plus tard pour la même que le type du G. Cynogale.

1839. Potamophilus (Salom. Muller).

{Faun. archip. lnd. Introd., p. io3.)

Pour la même espèce.

2° Sous le rapport odontographique.

Dans aucune espèce de ce genre le système dentaire n’est jamais complet , c’eSt-à-dire qu’il ne monte pas au maximum de nombre à aucune des mâchoires.

Jamais non plus il ne présente d’anomalie véritable , comme nous avons pu en voir dans les Primatès et même dans les premiers grands genres des Secundatès.

Comme dans tous les véritables Carnassiers, le nombre des incisives est constamment de six en trois paires aux deux mâchoires , l’externe un peu plus forte que les autres, et en disposition terminale plus ou moins transverse , l’Euplère excepté.

Les canines médiocres , ordinairement coniques et peu ou point cannelées, sont au contraire rarement comprimées, ainsi qu’elles le sont souvent chez les Subursus.

Quant aux molaires, elles diffèrent un peu de nombre total et même de forme.

RESUME

Pour le nombre , elles ne vont jamais , de chaque côté , au-dessus de f , dont | avant-molaires , f principale et \ arrière - molaires , et jamais elles ne descendent au-dessous de j, dont 7 avant-molaires, 7 principale et 7 arrière-molaires, la diminution portant sur la première avant-molaire d’abord , et sur la dernière arrière-molaire ensuite , et encore je n’ai trouvé qu’une fois sur un individu de Surikate l’absence de cette dent.

Pour la forme , les avant-molaires varient un peu par plus ou moins de largeur , de compression , et aussi parce que la première est à une ou plus souvent à deux racines.

Les variations de la principale sont beaucoup moindres et ne portent guère que sur un degré de plus oii de moins dans le développement du talon postérieur de celle d’en bas.

Les arrière-molaires varient davantage d’abord dans leurs proportions entre elles , et ensuite dans leur disposition plus ou moins tuberculeuse ou plus ou moins insectivore , déterminée surtout par l’élévation ou l’abaissement de la partie antérieure de la première d’en bas.

Le système dentaire du jeune âge est toujours à peu près le même , et les molaires au nombre de trois comme dans tous les Carnassiers , sauf les Felis, une avant-molaire, une principale et une arrière-molaire.

3° Sous le rapport ostéologique.

La série vertébrale , toujours assez allongée et généralement atténuée à ses deux extrémités, ne varie pas dans le nombre des vertèbres céphaliques , cervicales et troncales , qui forment constamment un total de trente et une, quatre à la tête, sept au cou et vingt au tronc, cellesci diversement réparties au dos et aux lombes, i3, i4> *5 à celui-là, et par conséquent 7 , 6 , ou 5 aux lombes ; mais au sacrum , et surtout à la queue, le nombre peut varier de 2 à 3 pour l’un, et de 18 à 32 pour l’autre.

La tête des Yiverras est toujours assez étroite et allongée dans sa

Nombre.

En particulier.

Avant-

Molaires.

Principale.

Arrière-

Molaires.

Système dentaire du jeune âge.

Vertèbres :

En général.

En particulier, céphaliques, cervicales, troncales.

lombaires, sacrées, coccygiennes.

Tête.

G. VtVERRA.

Face.

Côtes.

Hyoïde.

Sternum.

Thorax.

Membres :

antérieurs.

Omoplate.

Clavicule.

Humérus.

Kadius.

Cubitus.

Carpe.

Métacarpe.

90 CARNASSIERS; Vl VERRAS.

partie céphalique ; mais il n'en est pas de même de sa partie faciale et appendiculaire , qui est quelquefois assez courte, jamais cependant peutêtre autant que dans les Mustelas et surtout que dans les Felis.

Les côtes varient un peu de nombre total, puisque, normalement de quatorze, elles peuvent descendre à treize ou monter à quinze; mais cette différence ne porte que sur les fausses côtes , les vraies étant toujours de neuf.

Dans la série inférieure ou sternale, l’hyoïde est comme dans tous les Carnassiers, formé de neuf pièces , dont le corps transverse est fort étroit, et les différences sont purement spécifiques.

Il en est de même du sternum , qui n’est jamais formé de plus de huit sternèbres et de neuf cornes ou cartilages.

Le thorax est un peu plus pyramidal que dans les Mustelas.

Les membres sont aussi proportionnellement plus élevés, plus rapprochés; cependant ils varient en ce que, digitigrades dans le plus grand nombre, ils arrivent quelquefois à être complètement plantigrades.

Aux membres antérieurs :

L’omoplate n’offre rien qui soit propre aux Viverras.

La clavicule, nulle ou en filet cartilagineux dans la plupart, est rarement tout à fait osseuse et bien visible.

L humérus offre les trois conditions : rarement de n’être nullement percé à sa partie inférieure, plus souvent de ne l’être qu’au-dessus du condyle interne , et quelquefois de l’être en outre au-dessus de la poulie.

Les deux os de l’avant-bras peuvent aussi offrir trois conditions . i° d’être assez mobiles , le radius sur le cubitus, la tête de celui-ci étant subarrondie; 2° de letre sensiblement moins, et alors la tête du radius plus ovale; et enfin de l’être fort peu, le cubitus tout à fait en arrière du radius, dont la tête occupe alors toute la largeur de l’articulation humérale.

Le carpe n’est jamais formé de moins de sept os.

Le métacarpe ne l’est jamais de moins de cinq, plus ou moins serrés et élevés, suivant le degré de digitigradie ; mais il arrive que le métacarpien

RESUME

du pouce soit fort petit , rudimentaire et confondu avec le trapézoïde.

Les doigts sont toujours courts , le pouce bien plus que les autres, et pouvant même ne pas exister. Les phalanges onguéales en griffes , quelquefois assez pour déterminer un défaut de symétrie bien marqué dans les secondes phalanges, caractère des Felis.

Aux membres postérieurs :

Je ne vois rien qui soit particulier à ce genre de Carnassiers dans l’os innommé , le fémur, le tibia , ni le péroné.

Les proportions du pied par rapport à la jambe , celles du métatarse par rapport aux doigts, varient un peu , suivant que l’espèce est plus ou moins digitigrade ou plantigrade. Il en est de même de l’étroitesse , du rapprochement des métatarsiens, et surtout du développement du pouce, qui peut être réduit à un simple rudiment de métatarsien soudé avec le premier cunéiforme.

Les phalanges du pied peuvent donner lieu aux mêmes observations qu’à la main.

Quant aux os sésamoïdes, aucune différence importante avec ce qu’ils sont dans les Mustelas et les autres Carnassiers.

C’est ce qui ne peut être dit de l’os pénien ; en effet , nul dans un assez bon nombre d’espèces, il devient évident chez d’autres; mais, outre la différence de forme , il n’arrive jamais au développement qu’il a chez le plus grand nombre d’espèces de Mustelas.

4° Sous le rapport de la distribution géographique actuelle.

Le genre des Viverras est assez remarquable.

L’Europe n’en possède aujourd’hui qu’une seule espèce déjà fort rare et limitée à ses parties les plus méridionales et occidentales , en Espagne et en France, la Genette.

L’Afrique en possède des trois divisions, mais surtout de celle des Mangoustes, des Civettes et desGenettes, réparties dans toute sa surface et s’étendant même jusqu’à Madagascar.

Doigts.

[. postérieurs.

Pied.

Phalanges.

Sésamoïdes.

Os Pénien

En Europe.

En Afrique.

En Asie.

En Australasie.

En Amérique.

Genettes.

Civettes.

Mangoustes.

Paradoxures.

92 CARNASSIERS ; FlFERRÀS.

L’Asie est dans le même cas; c’est-à-dire quelle nourrit des Mangoustes en petit nombre , des Civettes et des Genettes ; mais surtout des espèces plantigrades ou Paradoxures en grand nombre , aussi bien sur le continent que dans l’archipel.

Au delà, il n’en existe plus aucune dans l’Australasie comme dans l’Océanie.

Enfin, et ce qui est digne de remarque, on n’a pas encore rencontré une espèce de ce genre dans aucune partie du nouveau continent.

Le groupe le plus répandu est celui des Genettes, puisqu’il s’en trouve dans les trois anciennes parties du monde , et que l’espèce commune remontant jusqu’en Europe, s’étend en Afrique, de la Barbarie au Cap , et du Sénégal à l’Abyssinie.

Celui des Civettes vient ensuite, quoique non européen ; en effet , la Civette commune se trouve dans une grande partie de l’Afrique et jusque dans l’île de Socotora, où elle est certainement sauvage, et le seul animal carnassier; et l’Asie nourrit le Zibeth, peut-être même de deux espèces , comme le suppose M. Gray.

Les Mangoustes ne sont pas dans le même cas que les Civettes, assez également réparties ; en effet , il y en a dans toute l’Afrique , et même un assez grand nombre d’espèces différentes, tandis qu’en Asie il n’y en a peut-être qu’une.

Les Paradoxures sont au contraire presque exclusivement asiatiques, continentaux et insulaires, et forment aussi plusieurs espèces. Toutefois, il paraît que l’Afrique et Madagascar nourrissent des Viverras qui en approchent beaucoup, du moins sous le rapport de la plantigradie.

5° Sous le rapport paléontologique , ou de l ancienneté des especes de ce genre à la surface de la terre.

Nous avons donné des preuves que les trois espèces de ce genre , existant encore en quelques endroits du périple de la Méditerranée, ont été connues des écrivains grecs les plus anciens.

RÉSUMÉ. 93

Nous avons également montré , d’après des indications consignées dans les monuments des anciens Égyptiens , que l’ichneumon , la Genette et probablement la Civette , leur étaient parfaitement connus.

En paléontologie, nous avons encore été plus heureux en montrant que notre France, et sans doute l’Europe méridionale, a nourri plusieurs espèces de ce genre.

Nous avons , en effet , rapporté avec quelque probabilité .

i° A une espèce de Viverra plantigrade, le V. Parisiensis de M. G. Cuvier , d’après l’examen d’une tête presque entière , d’un cubitus , d’une portion de bassin et d’un astragale trouvés dans les plâtres des environs de Paris ;

2° A une espèce de Civette proprement dite que nous avons nommée V. antiqua , des fragments de mâchoire et de mandibule recueillis par M. l’abbé Croizet en Auvergne ;

3° A une espèce de Zibeth , sous la dénomination de V. zibethoides , un fragment de mandibule du côté droit venant de la localité célèbre de Sansans, et que nous devons à M. Lartet;

4° A une espèce de Genette bien plus petite que la nôtre, et qu’à cause de cela nous avons nommée V. exilis, un côté gauche de mandibule recueilli également à Sansans par M. Lartet ;

5° Enfin, à une grande espèce de Vi ver ras de la division des Mangoustes , désignée par nous sous le nom de V '. gigantea , deux f ragments considérables de mandibules trouvés aux environs de Soissons , et que nos collections doivent au zèle éclairé de M. Graves , secrétaire de la préfecture de l’Oise, pour l’un, et de M. Becquerel, membre de l’Institut, pour l’autre.

Ces pièces fossiles ont été trouvées à l’état fragmentaire , mais anguleuses et nullement roulées, entièrement empâtées et enveloppées dans une roche de gypse tertiaire des environs de Paris , pour les ossements du V. Parisiensis; dans un dépôt également tertiaire et d’eau douce d’Auvergne pour le V . antiqua , ou de Gascogne pour les V. zibethoides et exilis des environs de Sansans ; et enfin , dans les argiles pyriteuses , considérées

Espèces

fossiles.

Aux environs de Paris.

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