‹ Ostéomyélite Aiguë: De la Colonne LombaireChapitre 8 sur 31 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Au point de vue anatomo-pathologique, l’ostéomyélite lombaire ne diffère pas de l’ostéomyélite en général. Suivant la localisation primitive de l’infection, on peut envisager trois formes : périostite externe, périostite phlegmoneuse, ostéomyélite épiphysaire et juxta-épiphysaire.

La périostite externe, relativement bénigne, est caractérisée par la formation d’un abcès qui siège entre le périoste et les muscles.

La périostite phlegmoneuse détermine un abcès sous-périostique avec des lésions osseuses superficielles : le périoste hyperémié, enflammé s’épaissit et se remplit de leucocytes; puis, le pus s’infiltre entre l’os et le périoste, les décolle, détruit les vaisseaux sous-périostés, dénude et ronge l’os pour aboutir à la formation d’un abcès. L’infection peut progresser et envahir l’os de plus en plus et former des séquestres, plus ou moins volumineux, qui sont extraits au cours d’une intervention ou s’éliminent pendant les suites opératoires.

L’ostéomyélite épiphysaire ou juxta-épiphysaire est l’ostéomyélite du corps vertébral, des lames et des apo-

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physes. Ici, le foyer infectieux initial se fait en plein tissu osseux, qui s’enflamme et se congestionne ; bientôt, dans le tissu spongieux infiltré du pus, apparaît une tache noire formée par une zone où le tissu spongieux a disparu, où les vaisseaux sont détruits et où il ne reste plus que du sang mêlé de pus. Parfois, on peut observer un décollement épiphysaire : les disques épiphysaires supérieur et inférieur peuvent se séparer du corps vertébral. « Somme toute, les lésions observées sont : le décollement périostique, la disjonction épiphysaire, l’ostéite raréfiante et la destruction du réseau vasculaire » (GRI- SEL).

Les lésions que nous venons de décrire, se rencontrent dans les ostéomyélites aiguës ou subaiguës. Dans la forme suraiguë qui se termine d'habitude par la mort, on trouve à l’autopsie une infiltration diffuse, pouvant aller jusqu’à une nécrose massive du corps vertébral avec une fonte purulente du disque intervertébral.

L'’ostéomyélite touche, soit le corps, soit l’arc postérieur, soit les deux parties en même temps. Suivant la statistique de BORCHERS, sur 19 cas la localisation était 8 fois l’arc, 7 fois le corps et 4 fois les deux parties en même temps.

L'ostéomyélite du corps vertébral a une forte tendance à diffuser à toute la vertèbre et à envahir les masses latérales et l’arc postérieur, réalisant ainsi une ostéomyélite totale. Le pus peut perforer le disque intervertébral et infecter une vertèbre voisine. C’est la localisation la plus grave à cause de la fréquence de complications nerveuses. Les lésions du corps avec infiltration purulente massive, décrites par LANNELONGUE, se ren-

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