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DEUXIÈME PARTIE

OSTÉOMYÉLITES A STAPHYLOCOCCUS ALBUS, CITREUS, CEREUS.

Les cas où le staphylococcus albus existe seul dans le pus sont assez rares. Se basant sur les recherches de MM. G. Roux, Bertoye, Lannelongue et Achard, M. Condamin émet les conclusions suivantes :

1° Le staphylococcus albus est une forme atténuée du staphylococcus aureus;

2° Les lésions déterminées par l’albus sont moins graves et affectent une marche plus torpide;

3° Dans les ostéomyélites prolongées où les symptômes locaux ou généraux sont peu intenses, on trouve assez souvent le staphylococcus albus seul, ou mélangé avec une très petite quantité d’aureus.

MM. Lannelongue et Achard ont en effet démontré qu’il faut injecter aux animaux une dose notablement plus forte de staphylococcus albus pour avoir des lésions caractéristiques, et encore cette plus forte dose met-elle un temps plus long pour produire les mêmes désordres qu’avec une quantité bien moindre de staphylococcus aureus. Les désordres sont donc moins considérables mais ils revêtent les mêmes formes : abcès sous-périostiques,

OSTÉOMYÉLITES A STAPHYLOCOQUES.

abcès intra-osseux, séquestres, décollements épiphyaires des os longs. Les abcès ont une couleur blanche différente de la couleur jaune verdâtre des abcès produits par le staphylococcus aureus.

Quant à l’ostéomyélite à staphylococcus citreus , nous ne pouvons que citer l’observation rapportée par MM. Lannelongue et Achard. L’enfant, âgée de 9 ans, fit une chute sur le poignet; 3 jours après seulement, elle commença à souffrir. On crut à une fracture et le poignet fut immobilisé pendant six semaines. Un abcès se développa et on constata que le radius était le siège d’une hyperostose notable; on trouva dans le pus la présence du staphylococcus citreus.

Ces auteurs firent des inoculations avec ces cultures et reproduisirent toute la série des lésions osseuses et viscérales qu’on obtient avec les autres staphylocoques.

La virulence paraît intermédiaire à celles du staphylococcus aureus et de l’albus, ou du moins il fallait, en employant les cultures non atténuées, une dose plus élevée du citreus que de l’aureus pour produire les mêmes lésions. Le staphylococcus citreus, en raison de sa couleur propre, de sa fixité, paraît être bien un type distinct capable de produire une ostéomyélite (Lannelongue et Achard).

Gangolphe, contrairement à Rodet et Jaboulay, pense que l’albus est d’une espèce différente de l’aureus, car il n’a pas pu noter les transformations de l’albusen aureus, car, après plus de cinquante générations, le staphylocoque aureus conservé pendant 22 mois et l’albus pendant 1 an ont gardé intacte leur coloration primitive.

M. Dor a présenté, au Congrès de Chirurgie de 1893, quelques considérations sur les ostéites expérimentales

chez les animaux avec le staphylococcus cerevs flavus de Passet. Cet expérimentateur a réussi à produire avec ce microbe des décollements épiphysaires, des périostites albumineuses, des ostéo-arlhropathies, des abcès séreux parostaux. En réalité, il ne s'agit pas d’un staphylocoque, mais d’un champignon qui prend l’aspect d’un staphylocoque sur certains milieux nutritifs. Ce champignon, inoculé à de jeunes cobayes, produit dans l’espace de 15 jours à trois semaines, un décollement de toutes les épiphyses sans suppuration. Inoculé à de jeunes lapins, il produit aussi des décollements épiphysâires sans suppuration , mais en même temps apparaissent une périostite diaphysaire et des collections parostales ou intra-articulaires. Inoculé à des animaux un peu plus âgés, il produit simplement des ostéo-arthropathies hypertrophiantes. Ce microbe a été trouvé souvent dans les ganglions tuberculeux du cou. Une fois il a été isolé d’une collection séreuse d’une périostite albumineuse et une autre fois d’un abcès séreux parostal.

Garré, cité par Gangolphe, a décrit aussi des décollements aigus des épiphyses sans suppuration. Dor admet que parmi les produits solubles du staphylocoque pyogène, les uns sont nécrogènes , les autres pyogènes.

Quant aux formes associées , c’est-à-dire aux ostéomyélites polymicrobiennes à staphylocoque et à streptocoque, nous ne ferons que les citer; leur histoire clinique est peu connue. Nous avons vu que pour beaucoup d’auteurs, ces formes associées étaient des formes graves. Pour Mollière et Bertove cependant, la présence du staphylococcus albus dans ces formes indique une atténuation de l’infection. Notons que dans le service de notre excellent maître, M. Le Dentu, nous avons observé une forme très

OSTÉOMYÉLITES A STAPHYLOCOQUES.

grave et foudroyante d’ostéomyélite de l’omoplate, compliquée de septicémie; l’examen bactériologique, que M. Achard a bien voulu faire, montre qu’il s’agissait du staphylocoque doré et du bactérium coli commune associés.

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