QUATRIÈME PARTIE
OSTÉOMYÉLITE AIGUE A PNEUMOCOQUES.
Cas de Leyden. — Mariage et Netter. — Lannelongue et Achard.
— Bénignité relative de l’affection. — Prédominance de
l’arthrite et absence d’abcès sous-périostique.
Les propriétés pyogènes du pneumocoque sont maintenant trop bien démontrées pour que nous y insistions. Tantôt ce microbe détermine une pneumonie, puis à distance il se produit des localisations dans d’autres viscères ou organes. Tantôt, au contraire, le pneumocoque se localise en un point de l’économie sans paraître être passé par le poumon comme porte d’entrée. Il se localise ainsi dans les synoviales articulaires, le péritoine, les méninges, etc. Or cet agent infectieux peut aussi se localiser dans la moelle des os.
Jusqu’à une époque tout à fait récente, sauf le cas de Leyden, dans lequel, au cours d’une pneumonie franche, une ostéomyélite du fémur se déclara, aucun cas d’ostéomyélite aiguë infectieuse avec suppuration franche produite par le pneumocoque n’avait été observée en dehors d’une pneumonie.
Zaufal, Verneuil, Netter, signalèrent tout d’abord la
présence du pneumocoque dans les suppurations mastoïdiennes consécutives à des ostites.
MM. Netter et Mariage rapportèrent ensuite un cas où le pneumocoque avait déterminé la suppuration d’un foyer de fracture costale non ouverte. Quant à la porte d’entrée, c’est évidemment le poumon, s’il y a eu une pneumonie antérieurement; quand il y a eu un traumatisme sans plaie, ou meme quand il n’y en a pas eu, c’est la voie sanguine qui est le lieu de dépôt ou de passage du pneumocoque. Mais comment y est-il entré? Est-ce par la bouche, là où il existe normalement, comme l’ont démontré MM. Gamaléia et Netter même chez les sujets sains?
Ce furent encore MM. Lannelongue et Achard qui démontrèrent l’existence de l’ostéomyélite aiguë à pneumocoques sans solution de. continuité de l’os, sans pneumonie, ni méningite.
La porte d’entrée du microbe est restée inconnue, mais il est certain que son transport jusqu’à l’os s’est fait par la voie sanguine et la constatation d’une endocardite confirme la réalité de l’infection sanguine.
L’affection survient aussi chez les jeunes sujets. Elle donne lieu à un décollement épiphysaire, à de vastes collections purulentes intra- et extra-articulaires ; l’état général grave, une réaction vive, un gonflement considérable et une dilatation marquée des veines superficielles.
MM. Lannelongue et Achard insistèrent sur la prédominance de l’arthrite et l’absence d’abcès sous-périostique, contrairement à ce qui a lieu presque toujours dans les ostéomyélites à taphylocoques. 11 est remarquable, d’autre part, de constater qu’une lésion qui s’était étendue , d’une façon rapide et avait produit des délabrements
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considérables, peut s’éteindre en quelque sorte aussi vite et se réparer d’une manière aussi simple.
Dans le premier cas rapporté par MM. Lannelongue et Achard, la mort survint au bout d’un mois par affaiblissement de l’état général. L’articulation était en voie d’ankylose fibreuse et il n’y avait pas traces de séquestres, et nous avons pu constater facilement cette tendance à la restitution ad integrum de l’articulation.
Cela n’est pas étonnant, le pneumocoque produit en effet des désordres rapidement intenses, mais dont la durée est. courte et qui tendent à une réparation prompte. Sa virulence est vite épuisée : aussi les lésions locales qu’q détermine sont-elles ordinairement bénignes.
Dans un mémoire spécial, nous avons étudié les arthrites suppurées à pneumocoques et nous avons noté également leur bénignité relative.