‹ Ostéomyélites de la croissanceChapitre 27 sur 39 · OSTÉOMYÉLITES DE LA FIÈVRE TYPHOÏDE · texte numérisé non relu

OSTÉOMYÉLITES DE LA FIÈVRE TYPHOÏDE

affirma l’ostéomyélite, Terrillon admit trois degrés : 1° la périostite avec abcès sous-périostique et très peu de lésions osseuses ; 2° la périostite avec ostéites simples ou nécrosiques; 3° la périostite externe du professeur Du play.

Plus récemment M. Dehu admit plusieurs formes anatomo-pathologiques : 1° la forme d’ostéomyélite suppurative^0 l’ostéomyélite hémorrhagique (collection sanguine sous-périostée) rappelant ce que M. Tédenat avait déjà décrit, 3° l’ostéomyélite avec nécrose superficielle et formation d’un tissu de granulations et production d’une exostose (cas de MM. Gornil et Péan).

La forme suppurée a une faible durée ; sur onze observations, huit fois il y avait une collection purulente complètement formée en moins d’un mois. Dans tous les cas, la guérison a été obtenue sans récidive.

Parmi les formes non suppurées, la lésion ostéomyélitique peut revêtir les caractères de la tuberculose osseuse. M. Déhu en rapporte un exemple bien intéressant. La complication était survenue silencieusement, tardivement, sans réaction générale ou locale; on avait cru tout d’abord à un rhumatisme chronique osseux; puis, en présence des ulcérations, on pensa à la tuberculose, puis, étant donnée leur marche, il fallut admettre l’origine typhoïdique de l’affection. Melchior rapporta aussi un exemple d’abcès osseux et musculaire post-typhoïdiques et se développant sans réaction à la manière d’abcès froids évoluant pendant un an. Le pus ne contenait que des bacilles d’Erberth. Le fait est à rapprocher de ceux de MM. Chantemesse et Widal qui, dans des abcès froids développés quinze mois après la pyrexie, ont noté la présence du seul bacille d’Eberth.

Il faut donc reconnaître quatre types principaux d’ostéite

typhique au point de vue de la marche de l’affection.

1° Forme bénigne rhumatoïde se terminant spontanément par résolution.

2° Forme aiguë suppurée avec phénomènes généraux et locaux très accentués aboutissant à la suppuration après quatre semaines environ.

3° Une forme chronique suppurée débutant plus tardivement, évoluant très lentement avec des symptômes inflammatoires réduits à leur minimum, comme dam les abcès froids (Chantemesse et Widal).

4° Enfin une forme chronique, non suppurée, très douloureuse, procédant par poussées intermittentes, avec formation d’exostoses.

Le diagnostic de la forme rhumatoïde ne sera possible que si l’existence d’une fièvre typhoïde est reconnue dans les commémoratifs.

La forme aiguë suppurée peut présenter la plus grande ressemblance avec l’ostéomyélite des adolescents; l’âge, le siège (tibia), les douleurs, la fièvre, les phénomènes généraux sont parfois les mêmes dans les deux maladies et, en fait, il sera parfois difficile de distinguer une fièvre typhoïde avec localisation osseuse, d’une ostéomyélite avec symptômes typhoïdiques. Mais dans la fièvre typhoïde c’est plus tardivement qu’apparaissent les phénomènes osseux; l’ostéite typhique occupe plutôt la diaphyse, même lorsqu’elle atteint un haut degré d’activité : elle est essentiellement circonscrite et ne montre aucune tendance à l’envahissement. Enfin, dès que la suppuration est établie, l’examen bactériologique lèvera tous les doutes.

La forme chron ique de l’ostéomyélite éberthienne peut être confondue avec la tuberculose. L’âge, les antécédents pourront aider à faire le diagnostic. De plus, c’est le

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