SEL
« Prends, dit CRoLLIUS, du sel naturel de Cracovie, ou sel de mer bien desséché, ou calciné si tu veux, environ quatre livres, jettes-y dessus de l’eau de pluie et puis fais une pâte de cela avec deux livres d’argile blanche et récente passée par le tamis de soie; prends la masse ainsi faite et fais-en de petites boules rondes desquelles tu rempliras à demi une retorte bien lestée. les ayant auparavant bien fait sécher en un jour. A cette retorte joins un récipient assez ample, observant toujours les degrés du feu jusau’à ce que le phlesgme soit tout sorti. sur la fin pousse bien sur un feu violent, continue jusqu’à ce que tous les esprits de couleur blanche soient dehors. La distillation se fait ensuite de même facon que l’eau forte. »
« C’est une merveille, ajoute CROLIIUS. que cet esprit a une singulière antipathie et contrariété avec le sel commun », « à raison de la soif car c’est certain que le sel excite la soif, et au contraire l’esprit de ce sel la chasse, comme appert aux hydropiques auxquels il est donné. »
Or la Matière Médicale Homæopathique nous apprend que Natrum Muriaticum supprime la soif exagérée — par exemple, la polydipsie de certains diabétiques — et fait disparaître certains œdèmes.
Dans la description de CROLLIUS, nous retrouvons
les indications caractéristiques que tous les Homæopathes connaissent bien : « Sécheresse de la bouche avec soif insatiable et désir de boire souvent de grandes quantités d’eau froide. Œdèmes partiels surtout
après un violent exercice. »
PARACELSE, écrit CROILIUS, connaissait bien ses vertus car il donnait facilement cette liqueur, trois gouttes par mois, afin, disait-il, de renouveler le sang
et le corps.
Puis CROLLIUS énumère les indications du Sel sui-
vant les « eaux convenables » qui l’accompagnent
Aux hydropiques dans de l’eau d’absinthe; aux migraineux, dans de l’eau de lavande, marjolaine ou sauge; pour l’estomac, avec de l’eau de menthe, il redonne l’appétit perdu; pour les douleurs du foie, avec de l’eau de laitue. de chicorée ou de charbon bénit..
Il semble donc que nous devons voir dans cette thérapeutique une application de la loi d’analogie. Ce serait parce que le Sel provoque la soif et l'apparition d’æœdèmes que CrRoLLIUS le donne aux polydipsiques et aux hydropiques après lui avoir fait subir une préparation que les homæopathes appellent aujourd’hui
« dynamisation ».
Or l’analogie tient une grande place dans l’œuvre
de CROLLIUS puisque son second ouvrage y est consa-
cré, c’est la Doctrine des Signatures.
Le