LA DOCTRINE DES SIGNATURES
Des Signatures et de la vraie Anatomie du Grand
et du Petit Monde, du Macrocosme et du Microcosme.
Notez qu’anatomie ici n’a pas le sens moderne, niais signifie étude de l’effigie, observation de la Forme comme l’entendait PARACELSE.
Dieu, dans sa bonté infinie, nous a tout donné. Tout est dans tout. Tout est signifié. Tout peut être retrouvé. Mais c’est à nous de le chercher. En effet. « La vraie médecine est couverte d’une grande variété d’écorces, matrices et réceptacles », dit CROLLIUS, « à limitation des amandes et autres noyaux, lesquels sont cachés sous diverses pellicules et écorces; la nature de la châtaigne est de ne donner jamais son noyau, que sous l’aspérité d’une robe autant fâcheuse que piquante. »
Et Crozrius de constater : « Le froment ne croît sans ivraie, ni la farine ne se trouve sans son, ni le miel sans aiguillon » mais réciproquement quelques pages plus loin : « En toutes les grandes œuvres de Dieu où il y a du mal, il y a aussi le remèle, où il y a du venin, il y a de la vertu. »
Ainsi consolés, il nous faut tout retrouver. Au reste cela ne doit pas être très difficile, les animaux réussissent bien eux : C’est ainsi que « la cigogne
cherche sa santé en mangeant des serpents, le pour-
ceau blessé par les serpents use des escarbots pour sa médecine ordinaire, les sangliers du lierre, les grues du jonc; la tortue se sentant piquée d’un serpent mange de l’origan, auquel par un secret de nature sa santé est cachée; si le crapaud se sent mordu par quelque autre animal, il court à la rue ou à la sauge contre laquelle il frotte la partie affectée. »
& C’est aux fols et insensés de croire que Dieu ait voulu cacher ces trésors si précieux aux hommes, et de fait ce serait en vain qu’il aurait créé ces choseslà... » Or ajoute CrorrIus « C’est aux trois familles végétales, animales et minérales (desquelles on peut assez retirer de médicaments pour la santé ou conservation du corps humain.) que se trouve cachée cette vraie et spécifique médecine. »
Et CRoLLIUS entreprend de nous aider dans notre recherche : Dieu dans la création a essayé de nous souffler. Il l’a fait en donnant une certaine analogie de formes. un certain air de famille aux substances naturelles susceptibles d’être utilisées comme remèdes et aux différentes parties ou organes du corps humain
risquant d’être malades.
C’est ainsi que toutes les plantes capillaires auront une action heureuse sur le cuir chevelu et CRoL- LIUS cite Adiantum, Trichomanes et Polytrichon et le Thapsia en rappelant qu’AViCENNE n’avait pas trouvé
un meilleur remède pour combattre l’alopécie.
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Puis CROLLIUS passe en revue tous les organes du corps, opposant à chacun, diverses plantes dont les fleurs, les feuilles ou les graines rappellent par leur forme celle de l’organe correspondant.
Aux oreilles : les feuilles d’Asarum.
Aux yeux : la Scabieuse, lAnthémis, l’Hiéracium, les fleurs d’Euphrasia officinalis, la Potentilla Tor- -mentilla dont la fleur a beaucoup d’analogie avec la pupille. Il est curieux de noter que ces deux dernières plantes entrent de nos jours dans la composition de Bains Oculaires spécialisés.
Aux gencives : le Sédum qui croît sur les murailles.
Aux dents : Hyosciamus, la jusquiame dont le réceptacle floral peut être comparé au maxillaire, les fruits du Pin qui présentent tant d’analogie avec les dents.
Au cœur : le citron, les racines d’Anthora, les
feuilles du Mélyssophyllon.
Au poumon : la Pulmonaire.
Aux mamelles : les yeux des plumes de paon qui ont la forme des seins et qui, suivant CROLLIUS, ont une action remarquable sur les affections mammaires.
Aux intestins : Calamus aromaticus, Cassia fistula.
Ici la concordance est indiscutable !
À la vessie : Physalis alkekengi: