‹ Otites et surdités de guerreChapitre 13 sur 67 · PLAIES DU PAVILLON · texte numérisé non relu

PLAIES DU PAVILLON

Étiologie. - Les plaies du pavillon sont assez fréquentes et produites surtout par les éclatements de grenades qui déterminent généralement des blessures multiples et superficielles de la face et du cuir chevelu. .

Les plaies isolées du pavillon par balle ou éclat d obus sont plus rares. Nous n’en n’avons jamais observé par arm* blanche.

Symptômes. - On voit toutes les variétés, depuis la simple éraflure de la peau jusqu’aux plaies perforantes ou déchiquetées avec perte de substance partielle ou totale

La plaie peut siéger sur le bord libre, la conque, le lobule de l’oreille ouïe tragus; le projectile qui aborde perpendiculairement le pavillon vient se perdre dans la région mastoïdienne, la parotide ou les muscles du cou.

Ces plaies se cicatrisent rapidement en raison de a riche vascularisation de la régio'n. Quelquefois cependant, elles suppurent, surtout celles qui sont déchiquetées, ou le cartilage meurtri est exposé et où le traitement a été insuffisant.

L’infection se propage au cartilage, d’où chondrite : celle-ci

PLAIES DE GUERRE

très tenace aboutit à l’élimination du cartilage et aux cicatrices rétractiles inesthétiques.

La disparition du pavillon entraîne une certaine difficulté pour localiser les sons dans l’espace; l’obturation du méat auditif par un moignon cicatriciel altère l’audition.

Traitement. — Le chirurgien a un double but : prévenir l’infection et la péricbondrite, éviter la déformation postcicatricielle.

La plaie sera soigneusement nettoyée et suturée le plus tôt possible après la blessure : on réséquera aux ciseaux, mais avec économie, les parties contuses; la suture à points perforants évitera le chevauchement des lambeaux.

Si la périchondrite apparaît, il faut au plus vite libérer et exciser au bistouri la portion de cartilage infecté : c’est le seul moyen de limiter les dégâts.

Plus tard, on traitera la déformation cicatricielle.

Dans les cas simples, on tentera la réparation autoplastique suivant la méthode dite « en jeu de patience » de Morestin : on excisera le tissu cicatriciel et on libérera des languettes cutanées qui seront suturées les unes aux autres.

Mais, lorsque la perte de substance est d’une certaine étendue, et porte.sur le cartilage de soutien, il est préférable d’avoir recours à un appareil prothétique, pour masquer la déformation. Pont, chef du service de prothèse de la XIV e région, préconise un appareil en pâte plastique que le malade modèle lui-même dans un moule préalablement établi : il est maintenu en place par une colle spéciale. On arrive ainsi à masquer des moignons difformes, et des pertes partielles ou totales du pavillon.

Les figures de la planche VI, prêtées aimablement par l’auteur, représentent deux cas de réparation'obtenue par ce procédé.

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