‹ Otites et surdités de guerreChapitre 18 sur 67 · BLESSURES DE LA RÉGION MASTOÏDIENNE · texte numérisé non relu

BLESSURES DE LA RÉGION MASTOÏDIENNE

postérieur du conduit auditif. On remonte vers l’antre en suivant dans la profondeur la traînée cellulaire intersinusofaciale de Lombard et en réséquant la corticale externe a la pince gouge.

b) Elargissement de proche en proche de 1 oritice de trépanation en se dirigeant vers le foyer de fracture que Ion

attaque par sa périphérie.

Ablation des esquilles, du projectile éventuel et du tissu osseux au delà de la zone traumatisée.

La cavité opératoire doit se présenter aisément aux yeux dans toute son étendue, une fois que l’opération est finie; le chirurgien l’explorera du regard et du stylet pour se rendre compte qu’aucun fragment mobile ne persiste sur aucune paroi, qu’il n’y aura pas de zone de rétention ou de stagnation pendant la réparation, que le drainage sera efficace. Il portera une attention spéciale au bord postérieur du conduit osseux qui sera laissé en place s’il est normal, qui sera réséqué s’il est fracturé. On terminera en suturant les deux tiers supérieurs de la plaie ; on placera un drain, si l’on veut, dans l’angle inférieur de la plaie, on ne l’y laissera que quelques jours; on ne tamponnera pas du tout, et l’on aura une guérison rapide, sans suppuration, si on a la sagesse d éviter toute exploration, tout attouchement, tout contact ultérieur de la cavité. .

Cette technique est réservée aux 'cas, rares il est vrai, ou la plaie est uniquement mastoïdienne, sans déchirure du conduit auditif. On termine différemment l’opération quand celui-ci est lésé : il faut alors comme dans la dernière partie de l’évidement pétro-mastoïdien, ouvrir le conduit membraneux, soit en réséquant sa paroi postérieure, soit en y taillant un large lambeau inférieur, ceci selon la forme de la cavité mastoïdienne et les préférences de chacun. Pour finir, suture totale de l’incision rétro-auriculaire; les pansements seront pratiqués par le conduit, ils consisteront en un tamponnement suffisant pour le drainage et le maintien d|un large méat. La plaie guérit par.comblement et épidermisation.

Plaies infectées. — Masloïdites traumatiques avec intégrité

PLAIES DE EU ERRE

du conduit et de la caisse. — La trépanation d’une apophyse fracturée et infectée s’inspire des mêmes principes que ia curé d une mastoïdite ordinaire. L’infection est supposée avoir gagné de proche en proche toutes les cellules, l’apophyse doit être ouverte de haut en bas, après résection totale de la corticale externe et avec découverte des cellules dites aberrantes. S’en tenir aux lésions grossièrement apparentes, n’ouvrir l’autre que par sa partie inférieure, négliger les profondes cellules de la pointe ou les rétro-faciales, ou encore les postérosupérieures, c'est vouer le blessé à la fistulisation, aux opérations réitérées ; la preuve n’est plus à faire.

Il y a beau jour que nous ne tamponnons plus les cavités mastoïdiennes, nous suturons par le haut plus ou moins, et nous pansons à plat.

Mastoïdite traumatique avec déchirure d,u conduit membraneux et intégrité de la caisse. — Trépanation large comme ci-dessus, résection' partielle du conduit osseux, résection de la paroi postérieure du conduit membraneux. Suture rétroauriculaire totale. Pansements par le conduit.

Mastoïdite traumatique avec otite moyenne traumatique. — L’ouïeest généralement définitivement compromise, vous n’hésiterez pas à pratiquer d’emblée un évidement pétro-mastoïdien classique, à moins que, peut-être, les lésions auriculaires ne vous paraissent tout à fait minimes. L’évidement, est vraiment presque toujours indiqué.

Traitement des complications. — Paralysie faciale. — Nous-ne nous occuperons que des paralysies faciales consécutives à une lésion intrapétreuse.

Elles relèvent tantôt d'une simple compression par un fragment osseux ou peut-être un épanchement sanguin, tantôt d’une contusion du nerf qui peut être en même temps partiellement dilacéré, tantôt d’une section ou même d’une destruction portant sur 1 centimètre et plus de son trajet. La paralysie consécutive à la compression guérit rapidement après l’évidement mastoïdien correctement effectué.

Un nerf simplement contus ou partiellement dilacéré donne

blessures de la région mastoïdienne 57 également, après l’évidement, des symptômes de résurrection fonctionnelle qui sont de bon augure.

La section complète, pour laquelle on ne peut jamais prévoir les rapports anatomiques des deux fragments, comporte un pronostic beaucoup-plus grave. Le professeur Meure a propre ( ) de découvrir systématiquement le nerf dans le canal de ballope, immédiatement au-dessous et en arriéré de la ; *«n€d e ovale, après un large évidement pétro-mastoïdien-, il le suit ainsi dans tout son trajet mastoïdien, et, s il le ^uve sectionné, il le suture. Il a réalisé plusieurs fois cette del cate intervention; le. résultats loi »• '"““'ïïï ’’

sera tout à fait intéressant de connaître l’avenir éloigné de ces

bl Ankylosé de la mâchoire. - N’oubliez jamais de surveiller les mouvements de l’articulation temporo-maxi! aireu La moindre tendance au trismus indique formellement la mob.hsation précoce, c’est-à-dire l'écartement graduel au moyen 4’ouvre bouches appropriés. Méconnaître cette partie du traitZÎ, c'est vouer ..malade à «n, inftrmite ««rememeo.

8 *“”nk,lose ancienne, organisée, n... mobilisable, «* jMjjciable d un traitement chirurgical, Morest.n donne la prttçfence à l’opération de Le Dent», nous n avons pas a la décrire, nous sortirions de notre sujet.

Blessure du sinus latéral. - Les chirurgiens n ont pas du voir beaucoup de blessures du sinus; les blessés seront mors avant leur arrivée à la salle d’opération; une hémostase provisoire spontanée ne nous paraît cependant pas ^possible sojs certaines conditions. Une déchirure dn yaisseauseprodvn quelquefois au cours d’une trépanation de 1 a P°P^ se SUTt ^ kne esqnillectomie. La conduite à temr ^

les deux cas. Ces hémorragies veineuses s arrêtent très

lement par le tamponnement. Une plaie du «mus latéral n e pas grave par l’hémorragie quand on arrive a temps, elle est grave par le danger d’infection sanguine.

(1) La Presse Médicale, 1916

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immL!T t emie V tamP ? nemènt ® r ° SSier ’ d ’ ur g ence > est fait ““T 3 ? C 3 g3Ze qd Sert à étancher le sang penrhnv ° P a ,0n; aide main(ient Ce tam Pon ; le chirurgien oisit une lanière de gaze aseptique, ou iodoformée, il la prend assez petite a l’extrémité d’une pince droite ou coudée ™l SanS gnffes et assez mousse; l’aide enlève lentement lé tampon provisoire, et immédiatement le chirurgien place sa gaze sur le sinus, autant que possible sur le sinus, non dans sa cavité; il la tasse, et par-dessus il place un autre tampon; il continue son opération vers la pointe, vers le haut, vers le conduit, la ou il doit aller et où il trouve accès. Car il faut terminer operation et ne pas laisser un sinus ouvert an contact d esquilles, d’un foyer infecté.

Dès le lendemain, le pansement extérieur sera fait; dès'le surlendemain, toutes les mèches qui tamponnent la cavité mastoïdienne sont enlevées, doucement décollées avec l’eau oxygénée. Seule la' mèche sinusale demeure. Le pansement est recommence chaque jour. Au quatrième, on commence à tirer sur la meche sinusale après décollement, et on coupe ux ciseaux ce qui veut bien‘venir sans difficulté et sans hémorragie. Au sixième jour, en général, on peut ainsi enlever le tout. F

La température est prise régulièrement chaque jour; on

S 3 .. 1 ® T! 6 friSS011 ’ l6qUel ““Porterait l’ablation immédiate de la mèche sinusale et son remplacement

trait r ici ia t^ombo- P hi é bite d^a latéral et la pyémie consécutive sans sortir du cadre de cet ouvrage. Nous renvoyons le lecteur aux traités classiques Blessures de la dure-mère. - La dénudation et môme 1 ouverture de la dure-mère dans un milieu non infecté ou précocement désinfecté ne comportent pas un très mauvais pronostic. On se gardera bien de mobiliser les bords d’une P aie méningée pour éviter de rompre des adhérences fort utiles; ce qui importe avant fout, c’est la recherche et l’ablation de oute esquille.et de tout corps étranger dans le voisinage : la mort peut survenir pour un minuscule copeau osseux qui aura glissé entre la dure-mère et le toit de

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l’antre; aussi il ne faut pas craindre de dénuder la méninge sur une étendue suffisante pour être tout a fait assure qu il ne reste rien entre elle et sa doublure osseuse.

La méningite suppurée, l’abcès du cerveau seront traités selon les méthodes connues; ils peuvent guérir quelquefois surtout l’abcès. Le pronostic de l’encéphalite diffuse est, au contraire, fatal.

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