‹ Otites et surdités de guerreChapitre 22 sur 67 · SURDITÉS PAR LÉSION DES VOIES NERVEUSES · texte numérisé non relu

SURDITÉS PAR LÉSION DES VOIES NERVEUSES

est exposé dans le conduit auditif interne et dans l’étage postérieur du crâne à des compressions par fracture, exostoses, crommes, plaques'de méningite, abcès. Le nerf facial 1 accompagne, aussi observe-t-on surdité, paralysie du nerf vestibulaire, paralysie faciale. Pareille association -se rencontre dans certaines otorrhées compliquées de labyrinthite, mais alors la lésion auriculaire est évidente et le doute n’est pas permis.

Les compressions par une tumeur de l’angle ponto-cérébelleux donnent lieu à une symptomatulogie bien étudiée par Lannois et Chavanne : névralgie du trijumeau et paralysies oculaires s’ajoutent à la surdité, à la paralysie faciale et aux

Ve L^umeürs cérébrales produisent l’hypoacousie bilatérale- •par compression du tronc de la huitième paire et pari hypertension céphalo-rachidienne. . .......

Les tumeurs du cervelet produisent une surdité bilatérale, ou unilatérale en général associées la paralysie faciale.

Bulbe et Isthme de l'Encéphale. - La décussation des fibres nerveuses auditives est incomplète; la surdité unilatérale est donc partielle quand elle est consécutive a unelésion du bulbe ou de l’isthme de l’encéphale. Ces fibres audi tives se séparent des fibres vestibulaires, et la surdité se dissocie

du vertige Les foyers bulbaires de ramollissement consecut ifs

à des lésions artérielles sont susceptibles d’engendrer des symptômes variés où prédominent parfois les troubles vertigineux, mais où la surdité est incomplète et ordinairement

^Les* tumeurs du bulbe causeraient de l’hypoacousie dans un quart des cas et du côté de la lésion. Les tumeurs prolubérantielles causent une surdité quelquefois croisée ; celles des tubercules quadrijumeaux une surdité bilatérale si ellesmêmes sontbilatérales, ou unilatérale et croisée dans le cas contraire.

Surdité cérébrale. - On a qualifié ces temps-ci de cérébrales toute une variété de surdités qui paraissent très-

différentes les unes des autres. Certaines sont appelées ainsi simplement parce qu’elles ne paraissent pas dépendre d’une lésion auriculaire, certaines parce qu’elles participent d’nn syndrome où des phénomènes dits cérébraux tels qu’amnésie, hébétude, confusion mentale prédominent, d’autres enfin parce -qu’il y aurait lieu de les rattacher à des lésions corticales.

Ces surdités cérébrales, on les appelle aussi, psychiques, émotionnelles, commotionnelles, hystériques...

Semblable confusion n’est pas digne de l’otologie moderne. Nous devons absolument réserver le nom de cérébrales aux surdités causées par une altération des centres corticaux auditifs.

Nous devons absolument définir une surditépar l'analyse de ses caractères cliniques précis plutôt que par l’appréciation des troubles émotionnels qui lui sont associés, faute de quoi nous ne rendons aucun service aux neurologistes.

Un commotionné ne présentera aucun trouble psychique qui aura cependant une surdité hystérique; tel autre sera atteint d’une lésion réelle et indiscutable de l’oreille interne, qui accusera d’autre part des phénomènes émotionnels intensés.

Ceci dit, les traumatismes produisent-ils fréquemment des lésions cérébrales causant la surdité? Nous ne le croyons pas.

Une secousse, un choc violent déterminent ce qu’on appelle la commotion cérébrale, c’est-à-dire une sorte d’ébranlement des cellules nerveuses, peut-être de petites hémorragies; il en résulte des troubles de la motilité et de la sensibilité qui peuvent aller de l’obnubilation à l’inconscience et à l’immobilité absolues. Tous les sens sont atteints, et l’audition comme les autres. Mais ces troubles sensoriels d’origine commotionnelle sont fugaces à moins qu’il ne s’y ajoute un élément de pithiatisme.

En dehors de cet « étourdissement » qui suit le choc, existe-t-il une surdité permanente produite par des lésions durables des centres nerveux de l’audition?

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